Cambodge
Cambodge

Dimanche 11 Novembre

 

Nous avons donc passé la frontière Vietnamienne et sommes aux portes de la frontière cambodgienne. On avait lu beaucoup de témoignages disant que la police corrompue demande de l'argent à la frontière. ( Aucune solution pour le touriste si ce n'est de parlementer , dans l'espoir de ne rien payer.) On s'attend donc à tout mais avons fait nos visas par internet et donc avons déjà payé. En effet, en 2 minutes, le tampon est sur le passeport et nous pouvons entrer au Cambodge.

 

Attention toutefois car des gens à l'entrée te disent que tu peux rester avec ton vélo dehors ( pour są sécurité) qu'ils te prennent ton passeport et vont mettre le tampon dessus, mais contre rémunération. Non merci , on préfèrera garder le vélo et bagages en sécurité et aller faire tamponner nos passeports chacun son tour.

 

Nous sommes au Cambodge et malgré le visage peu souriant du douanier, nous verrons par la suite que les cambodgiens sont souriants et avenants.

 

Déjà à Bavet, la ville frontière, on nous lance des „Hello”. Au moment de chercher un endroit pour dormir, Jojo se fera offrir une bière par les conducteurs de tuktuk, qu'il boira en leur compagnie.

 

Nous retirons de l'argent. Nouveau pays, nouvelle monnaie : ici c'est le Riel (4 500 Riels correspondent à 1€) Mais étrangement, et sûrement lié à l'arrivée des USA pendant la guerre, le dollar est aussi utilisé.

 

Nous cherchons un hôtel un peu plus loin dans la ville, car ici ce sont des Hôtels Casino , et même par curiosité , on a pas eu envie d'aller voir le prix.

 

La route, goudronnée, est entourée de terre battue, qui à chaque passage de voiture ou camion lance un nuage de poussière.

 

Mes premières impressions me laissent penser que les gens au Cambodge sont des gens pauvres financièrement ( je n'ai fait aucune recherche en amont sur ce pays si inconnu et pour moi il ressemble de près à son voisin vietnamien) .

 

Nous verrons demain, l'heure est au repos.

Lundi 12 Novembre

 

Après une courte nuit dans la chaleur ( il faut savoir qu'ici, pour avoir la clim', il faut payer plus cher) et dans ce nouveau pays, entre excitation et questionnement, nous partons rapidement de l'Hôtel, dont l’électricité se coupe la moitié du temps et surtout parce que nous n'avons pas de fenêtre dans notre chambre, l'ambiance est étouffante.

 

Nous avions prévu de faire une 40ène de Kilomètres mais finalement nous en ferons 100 Au bout de 60 kilomètres nous cherchons un endroit où dormir, en vain, et déciderons de rallier la prochaine ville : Neak Loeung.

 

Il fait en revanche réellement chaud et l'air est lourd, on boit énormément sur le chemin. Le vent procuré par l'avancée du vélo nous fait du bien mais nous transpirons à grosses gouttes sous nos vêtements. Ici, le soleil est puissant et pas question de rester jambes et bras nus, nous sommes maintenant couverts comme les locaux, de la tête aux pieds. Il ne manque plus que les chaussettes à tong et on nous confondrait avec eux.

 

Les gens sourient, nous disent bonjour. Beaucoup ont de petites échoppes en bois en bord de route et vendent de la viande fraîche (Pattes et têtes nous laisse deviner de quel animal cette viande provient) des légumes parfois et des boissons.(Ah oui, et ici aussi ils mangent du chien.)

 

Ils ont tous leur Hamac et lors de notre passage dans l'après-midi, l'heure est à la sieste.

 

Nous croisons même des moines en toge orange (dont des enfants) et nous aurons le droit de rentrer dans l'enceinte de notre premier temple cambodgien , lumineux de peintures colorées et or, avec un grand bouddha visible depuis la route, qui avait attiré ma curiosité.

 

Le moral est bon et je me sens détendue. Malheureusement notre joie ne va pas durer.

 

Ce soir, nous sortons pour trouver un endroit où manger. Chouette, il y a une fête dans la rue avec écran géant et rediffusion d'évènement politique (?), petits stands de pop corn, sandwich, musique à fond, ballons et objets lumineux , et feu d'artifice… bref, une belle ambiance de joie et je suis contente de pouvoir être au milieu de cette foule.

 

Mais voilà, au milieu de ces stands, assis sur le sol , un homme tronc, avec des moignons en guise de bras et un peu plus loin un homme dont les jambes sont déformées mendient, toujours au sol ou déambulant dans les rues, des enfants aux visages malheureux.

 

Ceux assis par terre ont un serpent avec eux, et un autre a un singe.

 

L'enfant est assis, devant lui, le singe sur ses fesses, les deux pattes avant jointes et le regard vide mendie devant un seau. Il est enchaîné au niveau du cou et chaque fois qu'il lâche la position, l'enfant lui remet les mains liées.

 

Je suis littéralement sous le choc et resterais sans bouger quelques secondes. A ce moment là, je crois que j'en ai „voulu” à cet enfant.

 

Nous trouvons un endroit pour s'asseoir et manger. Jojo a vu les mêmes scènes que moi et a été touché aussi. Il me dit : „ Ça va aller ma Popo” car il voit bien que ma bouche tremble et que mes yeux brillent. Les larmes commencent à couler sur mes joues et je n'arriverai pas à m'arrêter avant la fin du repas ( que je ne finirai pas, trop nouée).

 

En écrivant ces lignes je pleure encore, c'est une scène terrible que je revois sans cesse dans ma tête, qui me fend le cœur. Et ça ne sera sûrement pas la dernière.

 

 

Cet enfant là, que je tenais pour responsable de cette maltraitance (parce qu'on cherche toujours un responsable avant même de réfléchir) sur ce pauvre petit singe, n'y est en réalité pour rien. Lui aussi, est astreint à la mendicité.

 

Pour comprendre un peu, j'ai fait des recherches sur ce pays. Même si chacun se doute que la traite des humains ( travail forcé chez les enfants , commerce sexuel et de la drogue) est réelle dans des pays pauvres, se retrouver devant la réalité est différent. La prise de conscience et totale et à moins de ne pas faire preuve d'humanité, on ne peut que être touché, secoué par ce qui se passe sous nos yeux.

 

Je l'ai déjà dit, le voyage c'est aussi ça , malheureusement.

 

Donc , le Cambodge est l'un des pays les plus pauvres et les moins développés du monde (après une majorité de pays d'Afrique) .

 

Près de 40% des familles vivent sous le seuil de pauvreté. (Là je comprend pourquoi aussi , le „riche touriste” est ponctionné de son argent)

 

Les gens sont vulnérables et le travail infantile est de près de 50% . Des chiffres édifiants!

 

(Nous n'en avons pas parlé au Vietnam car n'avons pas été confronté directement, et parce que la part est moins importante – la politique vietnamienne a à cœur aujourd'hui de masquer cette misère- mais il faut savoir que la prostitution d'enfants et le travail forcé existent aussi )

 

Je n'ai donc pas fini mon assiette et ai eu envie de rentrer rapidement à l'hôtel, les larmes continuant de couler et cette culpabilité grandissante d'être là mais de ne rien faire. Et c'est rapidement, et pour m'en soulager peut être (ça n'a pas fonctionné) que j'ai eu envie de finir d'écrire cette page de ma journée.

 

Mardi 13 Novembre

 

Deuxième courte nuit , a repenser à ce que j'avais vu la veille, et toujours dans cette chaleur nocturne.

 

Nous quitterons Neak Loeung, ne repasserons pas par la place de la veille et donc nous ne reverrons pas ce que nous avions vu.

 

Nous passons par le pont, connu pour être le premier plus grand pont du Cambodge (il mesure 2Km 200, il a été terminé en 2015 et offert par des investisseurs japonnais, ce pont apparait sur les billets de 500 riels.)

 

Ce pont traverse le fleuve du Mékong, et nous observons en contre bas une course de pirogues, elles sont d'une longueur incroyable et même à cette distance de l'eau ( 121m, merci écosia ) j'arrive à compter les locaux pagaient d'une seule voix. Ils sont plus de 50 par pirogue. Incroyable.

 

Nous découvrirons par la suite qu'une pirogue a été ajoutée hier dans le guiness des records pour être la plus longue pirogue du monde (87,3 mètres de long et 1,94 mètres de large, pouvant accueillir 179 personnes) Tu m'étonnes !

 

Donc c'était un évènement crée pour „fêter ce record”. On comprend donc mieux tout cet engouement.

 

Et pour la petite histoire , le Cambodge possède quatre records mondiaux dans le Livre Guinness des records.

 

Ses trois autres records sont:

 

  • le plus long foulard tissé à la main (1.149,8 m de long, 88 cm de large) = que nous verrons le lendemain au musée ethnologique à Phnom Penh.

  • la danse de Madison attirant le plus grand nombre de participants (2.015 personnes)

  • le plus grand gâteau de riz gluant (4,04 tonnes )

    ( C’était la minute Guinnessbook)

 

 

 

Nous croisons tout au long de nos 65 kilomètres ,pour rejoindre la capitale, encore beaucoup de locaux, le Cambodge est vivant, et c'est peu dire.

 

Des apprentis moines avec leurs „lunchbox” marchent sur le bord de la route, d'autres sont dans des tuktuk; des camions circulants à vive allure avec à leurs bords, et tout en haut du chargement, deux ou trois locaux, cheveux et foulard au vent; des hommes conduisant des camionnettes dont l'arrière est aménagé pour en faire une échoppe, où dorment les femmes et leurs bébés, parfois dans le hamac installé; des buffles dans les rizières au loin; des petites maisons de tôles sur pilotis au dessus de marécages parfois douteux; des zébus maigres et blanc( nous en avions vu des bruns au Vietnam) broutent l'herbe au milieu des plastiques à l'abandon. Bref, il y a plein de choses à observer, et au milieu de tout ça, des dizaines de hello ou de sourires échangés , encore aujourd'hui.

 

 

 

La circulation se densifie à l'approche de Phnom Penh, et l'air devient irrespirable, saturé de pollution.

 

Les tuktuks sont remplis de touristes et les voitures luxueuses dont plus nombreuses.

 

Deux chauffeurs de tuktuk au feu rouge, nous féliciteront d'ailleurs, l'un d'eux nous parlera quelques mots français ( que j'ai eu du mal à comprendre avec le bruit de la circulation)

 

Nous arrivons vers 13h à notre auberge „ManorHouse” dont les chambres en dortoirs sont à moins de 5 euros par personne. On avoue , on l'a aussi choisi pour są piscine, avec le programme chargé que nous avons prévu dans les rues de Phnom Penh et par cette chaleur, un petit barbotage nous fera du bien avant de reprendre la route sur notre Road'olphe.

 

Nous resterons ici trois nuits.

 

Nous irons manger dans un restaurant végétarien à moins d'un kilomètre de là. Le Sabay Vegilicious était à la base un restaurant de viande de chien – MIAM-. Les propriétaires actuels, Syna et Mong eux aussi propriétaires d'un restaurant de viande de chien en dehors de la capitale auparavant, ont voulu quitter cette tristesse et cette violence ( de leurs propres mots) pour se consacrer à ce projet , dans l'idée d'en faire non pas seulement un restaurant vegan ( car ici aucun produit animal n'est utilisé) mais aussi sensibiliser les gens à la cause.

 

Les repas sont très bons et dans un budget respectable .

 

 

 

Nous rentrerons ensuite pour prendre une douche et laver nos vêtements. L'après-midi sera une après-midi repos, après quelques kilomètres ce matin, on le méritait bien.

 

 

 

Mercredi 14 Novembre

 

Phnom Penh n'est pas la destination „idéale” de vacances au Cambodge : bruyante polluée et en 2 jours, il est possible d'en découvrir les trésors. Alors même si ce n'est pas notre „coup de cœur capitale”, on avait quand même envie d'en savoir plus sur la culture. Quoi de mieux que d'aller au Musée ethnologique ?

 

Pour aller au Musée, il nous faut marcher quelques kilomètres. Comme à notre habitude, nous aimons laisser notre tandem et parcourir les villes à pieds, soucieux de laisser nos cuculs se reposer.

 

Nous sortons de l'auberge et déjà des tuktuks nous demandent „ You need Tuktuk?” Non, on est pas comme ça, on va marcher!

 

Nous comprennons rapidement pourquoi nous ne croisons aucun touriste qui marche mais que tous se baladent ( ou plutôt se font balader) en tuktuk. Il fait une chaleur si lourde qu'il est difficile de marcher, en plein soleil c'est en deux secondes que nos fronts et nos dos ruissellent. L'avantage ? Nous avons la place pour marcher et même les locaux circulent motorisés. Les seuls que nous croisons sont les conducteurs de Tuktuk, faisant la sieste à l'ombre, sur le siège arrière.

 

Nous passons devant le palais royal, splendide de dorures. Impossible de le louper. Il dénote d'ailleurs avec le reste de la capitale poussiéreuse.

 

Le long du palais les murs et trottoirs sont peints en jaune.

 

Nous arrivons au musée,dégoulinants ( mais finalement les autres touristes sortis des tuktuks sont aussi suants que nous).

 

Le musée est rempli de statues et objets divers et variés de la culture Khmer. C'est très intéressant mais l'audioguide ( pour lequel on avait lu des retours plus que positifs) ne nous a pas enchanté. Nous pensions en apprendre plus sur la religion en elle même, car c'est relativement inconnu pour nous et que le bouddhiste a une part majeure dans la culture Khmer. Le conteur de l'audioguide utilise des mots que nous ne connaissons pas, et c'est dommage de pas les expliquer, puisqu'ils sont liés dirrectement à la religion. Peut être aurions nous dû nous imprégner de cela avant le musée.

 

Nous découvrons d’impressionnantes statues des divinités bouddhistes, dont beaucoup viennent des temples d'Angkor.

 

 

 

Nous trouvons un petit restaurant de Dosa, ce sont des crêpes indiennes. Super bon!

 

Sur le retour, nous longeons les quais Sisowath, qui longent la rivière du Mékong. Nous marchons un bon kilomètre ( sûrement pas l’endroit le plus touristique) et croisons plutôt la misère que les locaux heureux comme lu dans de nombreux blogs de voyage. Dommage pour nous, mais en même temps, c'est comme ça.

 

Nous rentrons, de cette petite balade pédestre, exténués et contents de trouver la piscine de l'auberge. Un Plouf et nous finirons la journée dedans.

 

Jeudi 15 Novembre

 

La chaleur d'hier nous a fatigué, et nous avions prévu ( peut être) d'aller visiter le camp de concentration et l'ancienne prison, mais finalement, nous décidons de nous reposer, sachant que les jours à venir , de pédalage, vont être intenses.

 

Est ce qu'on regrette de ne pas être allé sur les sites historiques et de souvenir du Cambodge ? Pas vraiment. Nous avons visité le musée du souvenir à Ho Chi Minh, qui nous a relativement bouleversé. Nous savons quel genre d'endroit nous aurions visité. Il est important de se souvenir et même si ces lieux sont considérés „incontournables” nous n'oublions pas pour autant l'histoire du Cambodge.

 

Nous ne faisons ici pas de résumé de cette guerre , cette vidéo ( en dessin, pas d'inquiétude) de 2 minutes aide à comprendre , simplement : https://www.youtube.com/watch?v=qf5BaTs9ICo&feature=youtu.be

 

Vendredi 16 Novembre

 

Nous nous sommes levés plus tôt ce matin, car il fait déjà très chaud en fin de matinée et l'après-midi est quasi insoutenable. C'est donc à 8h ( pas si tôt, on vous l'accorde) que nous entreprenons notre avancée vers la prochaine ville de notre parcours : Skun , à environ 78 kilomètres.

 

Nous quittons la capitale brumeuse de pollution et bruyante, sous les regards intrigués et parfois les bouches rieuses d'étonnement.

 

Nos rayons de soleil matinaux sont déjà levés et nous saluent dès les premiers mètres.

 

La route que nous empruntons en direction de Siem Rep ( Les temples d'Angkor) est une des routes principales du Cambodge . Il y a peu de route dans ce pays, et si l'on s'éloigne ce sont des pistes de terre ocre qui nous tendent les bras. Nous ne nous sentons pas aventureux de nous retrouver sur des chemins escarpés ou au milieu de rien, au risque de tomber sur des mines, encore présentes, et donc encore moins de nous éloigner dans la nature pour camper ( bouuuuuh les flippettes !!!)

 

Nous croisons encore aujourd’hui sur notre route toute sorte de chargements sur les camions, voitures, scooters. C'est comme des enfants que nous découvrons chacun de ces véhicules.

 

Nous croisons encore de nombreux temples, toujours aussi jolis de dorures, qui dénotent parfois avec les maisons en tôle sur pilotis des bidonvilles aux alentours.

 

Buffles et zébus, font encore partis de notre paysage du jour. Ils sont tellement maigres ces zébus blancs, mais je les trouve magnifiques. Ils sont hauts sur pattes et leurs grandes oreilles pendantes leur donne un air triste.

 

Nous nous arrêtons à une des ces petites échoppes de bord de route, dont les malles en plastique, remplies de boissons rafraîchies par un énorme glaçon nous font de l’œil. Un thé glacé plus tard, nous reprenons la route, pour arriver vers midi à 3 kilomètres de notre arrivée présumée. Il y a un restaurant, et nous sommes larges sur le timing, on décide donc de s'y arrêter pour notre pause déjeuner. Riz blanc et légumes variés nous ravirons les papilles.

 

Nous arrivons dans notre ville, et trouvons une”guest house” près d'un karaoké.

 

Nous avons encore du mal à nous y faire, mais ici, les prix sont en dollars. C'est donc 7 Dollars ( Environ 6 €) la nuit ( sans la clim, encore une fois c'était plus cher sinon) et le vélo dormira avec nous, dans la chambre.

 

J'avoue avoir parfois cette petite appréhension du lendemain matin, du vélo „disparu” mais de savoir qu'il est avec nous dans cette chambre me laissera dormir plus sereinement.

 

Les gens ici sont gentils, et le responsable nous dit qu'il a accueilli il y a peu, 3 cyclo-voyageurs allemands en voyage depuis 2 ans et demi. ( WAHOU)

 

Il est 13h30 passé et nous décidons de marcher dans les petites ruelles jusqu'au temple. Nous croisons des locaux, dont des enfants souriants sur des vélos.

 

On vous a déjà dit combien de fois que les Cambodgiens sont souriants ?

 

Nous rentrons à notre chambre et prend enfin la décision que me taraude l'esprit depuis quelques jours : me couper les cheveux!

 

MINUTE BEAUTÉ :

 

Six mois après le départ, sous le casque, les foulards ou le chapeau, mes cheveux ont pris une sacré claque : cassés et tout secs. Mais surtout ils ont poussé et mon crâne ne respire plus. Alors zou, méthode DIY, et Jojo m'aidera a couper 15 bons centimètres.

 

On aura bien rit, et j'aurai bien flippé qu'il me loupe aussi. Ça a l'air d'aller.

 

On soignera nos chevelures sèches et fatiguées avec le lait de coco en brique acheté la veille ( natourel ma chéwie, natourel! )

 

Nous marcherons le soir venu , près de 1,5 kilomètres pour manger des nouilles et des légumes, dans un petit restaurant. Beaucoup, pour aller simplement manger ? Pas lorsque l'on rencontre par hasard des locaux.

 

Somdy - il nous explique qu'il s'appelle „samedi”, „sunday” car son père et son grand père parlent Français , mais l'écriture est différente de ce que nous pensions.- Bref, Somdy, a 31 ans, vit ici avec są femme et są fille de moins d'un an. Sur son tee-shirt est écrit : „Enfant d'Asie” et il nous explique ,dans un anglais timide, qu'il a eu la chance de pouvoir aller à l'école grâce à cette association.

 

On lui demandera les bases de la langue cambodgienne que nous n'avons encore pas eu l'occasion d'apprendre : Bonjour = Sou sday; Merci = Orkurn; Aurevoir = Lee Hai . Ce moment d'échange nous fera rire tous les trois ensemble. Bon, on a un doute pour Bonjour parce que nos recherches sur le net nous montre cette écriture mais nous avions entendu „sous l'soleil” dans la bouche de Somdy.

 

Lors de notre repas, nous observons des dizaines et des dizaines de véhicules „camions pickup” remplis de femmes, vêtues pour la plupart d'un tee-shirt vert. Somdy nous expliquera que ce sont des travailleuses de la fabrique de vêtement et qu'elles sont plus de 20 000 à y travailler. Sérieusement ? C'est possible ? En tout cas, sans son explication nous aurions pu penser qu'ils évacuaient la région tellement la circulation était impressionnante.

 

Nous retournons donc à notre dodo, contents d'avoir fait cette jolie rencontre.

 

Nous avions contacté une „couchsurfing” pour demain mais elle n'habite malheureusement pas à la place indiquée. Dommage, nous ne dormirons donc pas chez elle. Elle nous indique par contre que cette semaine, les Cambodgiens, comme les habitants des autres pays d'Asie du Sud Est, vont fêter Kathina ( ou Bon Kathen), c'est une fête bouddhiste célébrée à la fin de Vassa (qui sont les trois mois de la saison des pluies) . En gros : la fête de l'eau.

Samedi 17 Novembre

 

Parce que les flocons d'avoine depuis 6 mois c'est un peu lassant, ce matin on ira prendre notre petit déjeuner dans la boulangerie du village. Escargots aux raisins et muffins natures. Miam, ça change un peu du petit déjeuner rituel „flocons d'avoine/ banane”.

 

Nous croisons encore beaucoup de scènes de vie aujourd'hui. La route empruntée longe les villages et nous assistons à la vie locale, pour mon plus grand plaisir. La route principale est toujours goudronnée mais le reste n'est que terre ocre.

 

Ici, une mère lave son enfant dans une grande bassine en inox, là, d'autres se lavent seuls, avec des seaux, pendant que maman s'occupe de vendre de la viande fraîche sur les étales, devant la maison.

 

Des hommes dans leurs sampots à carreaux rouge et blanc ( grand pagne autour de la taille), moines, enfants , buffles , zébus , véhicules au chargement étrange, sourires et hello, fotn encore parti de notre journée.

 

Nous croisons aussi les enfants qui sortent de l'école, en uniforme. Jupe noire en dessous des genoux pour les filles, pantalon noir pour les garçons et tous vêtus de chemises blanches, bientôt salies par la poussière que leurs vélos fait voler.

 

Ce sont encore des „Hello” joyeux et énergiques qui nous sont échangés. Mon motivateur quotidien.

 

Nous apercevons une fabrique de briques, dont j'avais vu un reportage sur les enfants travaillant dans ce genre d'endroit , et en effet, au loin, nous apercevrons des enfants.

 

 

 

La région est remplie de rizière et la culture du riz et une principale source de revenue pour beaucoup. 80 % des Cambodgiens de cette région sont agriculteurs.

 

Et ce n'est donc pas étonnant que le riz sèche sur les nattes au sol, devant les maisons en cette chaude journée.

 

L'air est difficilement respirable lorsqu'il y a des bourrasques d'air chaud mélangées à l'odeur des poubelles à ciel ouvert au bord de route (car les poubelles ici n'est pas le souci principal des habitants, sûrement peu éduqués à l'aspect écologique et sanitaire que cela représente.)

 

Nous arrivons vers midi dans un petit restaurant, à 30 kilomètres de notre objectif, riz et légumes, comme hier. On se fait la réflexion qu'ici , les repas coûtent plus cher qu'au Vietnam ( et pas seulement parce que nous sommes touristes) , lorsqu'il était aisé de manger à deux pour l'équivalent de 2 euros chez le voisin, ici c'est plutôt le double, voire le triple, qui nous est demandé. ( boisson comprise)

 

 

 

Nous passerons dans un village de tailleurs de pierre et aurons la chance de voir des dizaines de statues bouddhistes en cours de fabrication.

 

 

 

91 Kms plus loin que notre départ matinal, nous arrivons à Kompong Thom.

 

Nous sommes exténués mais trouvons encore le moyen de faire des longueurs et des poiriers dans la piscine de l'hôtel. Et j'ai un peu culpabilisé à l'idée de me dire qu'à quelques kilomètres de là à peine, des gens vivaient dans la misère, dans des maisons de tôle, avec parfois une maigre ration de riz.

 

Nous irons nous coucher après un repas typique de la région : tofu ( normalement c'est un plat de viande) pâte de curry rouge, pommes de terre et légumes , le tout mélangé dans du lait de coco , accompagné de riz. Un régal! Bien plus appétissant que les insectes grillés croisés en bord de route hier soir.

 

Dimanche 18 Novembre

 

L'objectif de ce soir, est de dormir chez les moines bouddhistes. Je suis intriguée par cette communauté et aimerait voir comment ils vivent et puis franchement, ça n'arrivera peut être qu'une fois dans notre vie.

 

Nous pédalerons sous encore cette chaleur tropicale accompagnés toujours de cette bonne humeur cambodgienne.

 

Les scènes du quotidien se répètent et se ressemblent, de part la proximité des villages avec la route. Aujourd'hui nous passerons dans le village où les locaux réduisent les grains de riz en poudre ( pour en faire de la farine).

 

Nous nous arrêtons quelques minutes pour observer cette petite fille, d'une dizaine d'année, travaillant avec są famille.

 

Une femme s'occupe de chauffer le riz dans une grande poêle sur le feu, la petite prend la casserole et verse le riz dans un mortier, dans lequel un pilon, géré mécaniquement, broie les grains et les séparent de leurs écorces, elle aide le travail avec une grande cuillère. Ses petits doigts sont à quelques millimètres de ce grand pilon qui tombe d'un fracas régulier toutes les deux secondes. Elle ne sourcille pas et fait son travail dans le plus grand silence. Certes, nous sommes dimanche et aujourd’hui il n'y a pas école, mais est-ce que cette petite fille a la chance de pouvoir étudier les jours de la semaine ? Pas sur …

 

Nous croiserons plus tard un bus de touristes accompagnés d'un guide, sur le bord de la route, près d'une autre famille locale, en plein travail.

 

Plus tard, nous croiserons d'autres travailleurs, de bambou cette fois.Ces femmes fabriquent des kralans , ce sont en fait des bambous coupés et évidés dans lesquels du riz gluant accompagné de coco et de sel/sucre sont insérés et cuits au feu de bois. ( Mais ça , on l'a su que après car nous  avions vu l'étape de la coupe du bambou, celle de la chauffe mais pas l'étape du riz. Dommage, nous aurons peut être l'occasion plus tard de nous arrêter et d'en goûter sur le bord de la route si l'occasion se représente.)

 

 

 

Quelques kilomètres plus loin c'est un homme conduisant une charrette remplie de bois, tirée par deux zébus que nous apercevrons , arrivant d'une petite rue de terre ocre. Nous l'attendrons au bout du chemin pour l'observer.

 

 

 

Pas de temple dans le village où nous comptions nous arrêter , nous continuerons donc quelques kilomètres supplémentaires pour trouver au bout d'une longue route de terre, où villageois nous saluent chaleureusement , un „village” de moine.

 

Nous avons parcouru 98 kms et espérons avoir un avis favorable pour ce soir.

 

Nous arrivons à l'intérieur de la zone, et découvrons des bâtiments plutôt vieux , dont l'un tombe complètement en ruines.

 

Au bout du chemin, quelques petites maisonnettes avec des hommes plutôt âgés ( qui ne portent pas de toge orange mais dont nous pouvons apercevoir les tatouages d'écriture dans le cou.)

 

Ils ne parlent pas anglais et nous indique d'aller voir quelqu'un d'autre.

 

Un jeune moine, assis sur un banc nous regarde au loin, le visage fermé. Je le salue.

 

Dans ma tête je me dis que c'est déjà non.

 

Je lui demande si nous pouvons dormir ici et d'un grand sourire il me répond que oui et nous montre une natte sous une moustiquaire sur une table surélevée. Ce lieu se situe sous un temple ( qui est sur pilotis) et ça ressemble à la salle à manger des moines. Tiens, d'ailleurs „moine” est un terme inapproprié, en réalité le vrai nom est Bikkhu.

 

 

 

Nous observerons des scènes de vie pendant 2 bonnes heures : Les enfants moines qui se lavent dehors, vont dans les rizières pour embêter les zébus (avec parfois un peu de violence).

 

D'autres sont au téléphone, et les autres sont surement dans leurs petites maisons.

 

Des enfants, non moines, sont là , avec nous. Ils semblent faire à manger et manger, puis viendrons nous proposer une assiette de riz blanc, avec du poisson séché. Puis de l'eau et du soda.

 

 

 

Deux locaux, avec leurs motos et leur chargement de cages à poules, paniers d'osiers, semblent se poser ici pour la nuit. Ils préparent leur repas et mangerons sur le péron. Ils ne sont pas invités à venir plus loin, et encore moins à manger ici.

 

Pendant ce temps, les moines s'apprêtent à prier devant un Bouddha illuminé d'une lumière digne d'ue boîte de nuit. Ils entament leurs prières d'une seule voix et on se demandera même à quel moment ils reprennent leur respiration. C'est assez impressionnant.

 

Nous pensions qu'ils allaient manger ce soir mais il semblerait qu'ils ne mangent pas le soir, en tout cas pas attablés tous ensemble.

 

Il faut qu'on vous dise quand même que la vision qu'on avait des moines après ce soir a légèrement changée, ils ont été assez désacralisés à nos yeux. Avant ce voyage et depuis le début, lorsque je voyais des moines bouddhistes, j'étais à la fois hypnotisée et impressionnée et me disait qu'ils devaient être tellement pacifiques, sages et loin de toute cette société de consommation. Maintenant, c'est différent.

 

Nous pensions qu'ils avaient un sens de l'accueil important, en réalité, nous n'avons croisé que peu de moines et qui semblaient peu intéressés par notre présence. ( Pourtant je suis sûre qu'il y a peu de touriste dans ce coin.)

 

Seuls ces enfants ( qu'il est possible de voir lors des rondes matinales de enfants-moines, les accompagnant) étaient avenants et aimables.

 

Nous apprenons que les moines font une ronde chaque matin devant les maisons – pas seulement pour permettre aux locaux de se recueillir ou de prier mais ils attendent que quelqu’un vienne faire un don de nourriture dans leur bol de l’aumône.

 

Les jeunes apprentis moines ont accès à l'éducation et il n'est pas rare que ce soit des „enfanfs moines” issus de famille très pauvres ou des orphelins qui, pour avoir accès à l'éducation, se font moines l'espace de quelques années.

 

Loin de cette société de consommation dis tu? En réalité ils ont des téléphones portables et fument des cigarettes ( choquée !) , balancent leurs papiers au sol ( derrière le bâtiment où nous dormons c'est réellement une décharge).

 

Je ne peux pas dire que nous avons été déçus car nous avons pu assister à la réalité mais je manque cruellement de rencontre réelle avec eux et j'ai encore des questionnements sur ce mode de vie.

 

Heureusement, plus tard dans la soirée une vieille femme, tête rasée et pagne autour de la taille,  viendra faire une séance de médecine chinoise par ventouses à un jeune homme de la communauté. Voyant que je suis intriguée, elle m'invitera à regarder. Nous aurons un réel échange de proximité, le genre d'échange qui n'aurait parfois pas besoin de traduction tellement nos yeux et nos expressions se parlent.Mais le jeune homme nous fera parfois la traduction des questions et réponses mutuelles.

 

Lui, m'explique que c'est douloureux, que la chaleur intense et l'effet de succion des ventouses fait mal. Après ça il gardera les marques de succion pendant quelques jours voire semaines mais c'est pour son bien car il est malade.

 

Si j'ai bien compris , les ventouses ont pour effet de rétablir la circulation du sang et donc l'énergie du corps.

 

La femme lui applique des petits bols en verre, dans lesquels elle a passé une compresse imbibée d'alcool à brûler enflammée. Impressionnant à voir.

 

Nous nous coucherons sur notre natte, sous la moustiquaire, entourés des bruits des insectes, et les dernières prières des moines.

 

La nuit fut entrecoupée par le bruit des animaux – le perroquet hurlant à chaque passage pour aller aux WC, le chien grognant de peur que quelqu'un attaque ses petits, le chaton à peine sevré qui miaule pour avoir des caresses de notre part, le gecko qui décide de faire entendre sa voix - la chaleur persistante de la nuit et les apprentis moines tôt le matin.

 

Lundi 19 Novembre

 

C'est donc un peu déconcertée et curieuse de savoir s'ils fonctionnent tous comme ceux-ci, que nous quitterons ce lieu aux aurores. Un peu fatiguée aussi.

 

Les moines sont levés depuis 4h ce matin et sont déjà parti faire leur ronde matinale, pendant que certains des enfants préparent les assiettes du petit-déjeuner pour leur retour .

 

Est-ce que ce enfants ont une famille ? Sont ils orphelins ? Vont ils devenir „apprentis moines” eux aussi ?

 

Je me dit qu'ils sont comme des „esclaves” des moines, mais ce qui leur assure de pouvoir manger et se laver régulièrement, chose qu'ils n'auraient peut être pas s'ils n'étaient pas sous la protection de cette communauté.

 

 

 

Il nous reste 56 kilomètres pour arriver à Siem Reap. Il est presque 7h et déjà le Cambodge est levé, les enfants sont en route pour l'école.

 

Il fait meilleur qu'habituellement lorsque nous commençons à pédaler, et pour cause, le soleil se lève à peine.

 

C'est agréable.

 

Nous croiserons un couple en tandem, dans le sens inverse, eux ont une remorque, c'est assurément aussi un grand voyage qu'ils font! Un grand coucou amical, mais chacun a de la route et ni eux ni nous ne nous arrêterons.

 

 

 

Nous arrivons un peu avant midi à Siem Reap, entre les tuktuks de touristes et les motos des locaux. Ici, nous passons un peu plus inaperçu, bien que certains locaux s'amusent encore de notre passage.

 

Mardi 20 Novembre

 

Aujourd'hui , la journée est consacrée à la visite de temples. Des temples, encore ? Oui mais les temples d'Angkor! Indiana Jones ou Lara Croft, les décors de temples „abandonnés” , ça vous dit quelque chose? C'est ici.

 

Pour la réelle histoire, les temples d'Angkor c'est un ensemble de centaines de temples , aujourd'hui site archéologique, mystérieusement abandonné et découvert au 19ème, par des français parait-il.

 

Avant toute chose, pour aller à Angkor, il faut acheter son ticket d'entrée ( oui c'est pas gratos, c'est quand même LE lieu touristique du Cambodge). Pensant pouvoir l'acheter sur place ( GRAAAAAAVE ERREUR), nous enfourchons notre Road'olphe (sans les sacoches, ile st tellement léger) et parcourons les 5 kilomètres entre l'auberge et le „check point”.

 

Demi- tour, nous dira un des vigiles en nous indiquant approximativement sur notre Maps.me l'endroit où acheter son ticket. (Qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout au même endroit) Face à notre mine semi-déconfite, il nous dira qu'on peut y aller en tuktuk, c'est quand même à 5 kilomètres … Et nous dira, que le tuktuk ne coûte QUE 10 dollars... Le vélo fera donc très bien l'affaire. Nous nous rendons à l'office qui vend donc les tickets d'entrée pour Angkor. Et franchement, rien n'est indiqué et évidemment, on a trouvé logique de suivre la horde de tuktuk pour trouver. Bingo!

 

D'ailleurs, ils se font un sacré business avec les tuktuks. Les vélos dans Angkor son tolérés mais les scooters : Non! Alors évidemment, les touristes qui ont envie d'un peu plus de confort ( surtout que visiter les temples en soi , c'est épuisant, alors faire aussi du vélo pour se rendre d'un point à un autre … ) sont obligés de prendre un tuktuk pour se déplacer.

 

Nous payons donc un pass 3 jours ( mieux qu'en festoch, ici on a le droit à un pass personnalisé avec photo – photo prise en 2 secondes, après être arrivés à vélo, sous 30 °... photo à garder précieusement! ) à 60 dollars par personne.

 

Il est possible de visiter Angkor pour 35 dollars, c'est un pass une journée mais honnêtement, il est impossible de faire tous les temples en une seule journée.

 

Nous repartons donc, impatients de découvrir cet endroit. Après 15 kilomètres au lieu de 5...

 

C'est donc entre les touristes en tuktuk, en bus, en vélo, et même à pieds ( on en a vu que 2, les fous) que nous arrivons à l'entrée des temples d'Angkor.

 

A première vue on pourrait penser qu'ils se ressemblent, des tas de ruines sous une végétation qui a repris ses droits, mais en réalité chaque temple d'Angkor est différent, Ces temples sont extraordinaires car riches d'histoire et de culture et ce sont des vestiges de l'Empire Khmer entre le IXe et le XVe siècle, les rois s'y sont succédé et à chaque règne, de nouvelles constructions apparaissaient, et la ville d' Angkor s’agrandissait. Elle s'étend sur près de 400 km² ,entre la dense végétation, et les singes qui la peuple.

 

Les temples d'Angkor sont assurément la huitième merveille du monde.

 

Sous cette chaleur tropicale et sur notre tandem, nous parcourons le vaste parc; pour ensuite découvrir chaque temple. Des arbres immenses ont pris racine au milieu de ces temples et nous avons bel et bien l'impression d'être dans un lieu d'aventure, ça tombe bien, on adore ça.

 

C'est dans un mélange de questionnement et d'émerveillement que je parcours ces temples abîmés par le temps. Comment, à cette époque, ont-ils pu réaliser ce travail titanesque ?

 

Les temples, aujourd'hui dans les tons gris, étaient autrefois parés de couleurs : bleu, blanc, or et rouge. Le rouge reste visible par endroit.

 

Chaque temple raconte une histoire et il serait bien trop long de tout détaillé mais assurément, les sculptures en disent long sur la culture Khmer, d'influence indienne, et dont la religion bouddhiste a une place plus que prédominante. Angkor Vat, le plus grand temple du site, est recouvert sur ses murs de plus de mille Apsaras. Les Apsaras sont des divinités de la mythologie hindouiste, qui charment par leurs danses voluptueuses.

 

Attention, il est important de respecter ce site culturel et il va de soit que les épaules et les genoux doivent être couverts mesdames !

 

Outre la beauté du site, les lieux sont pris d'assaut par les touristes ( notamment Angkor Vat, mais très honnêtement c'est tellement grand que nous n'avons pas la sensation d'être étouffés.)

 

Il y a aussi des vendeuses ( vêtements , fruits, souvenirs,boissons … ) devant chaque grande entrée, qui avouons le, sont parfois un peu insistantes. Mais quand on peu manger un Ananas entier, fraîchement coupé et avec un vrai goût... On est content qu'elles soient là.

 

Au retour, nous croisons quelques petits singes qui traversent la route, pour notre plus grand plaisir. ( Enfin, pas trop prêt quand même,hein!)

 

Nous rentrons à 'Auberge, ressortirons pour manger ce soir, et dormirons rapidement après cette grosse journée.

 

Mercredi 21 Novembre

 

Aujourd’hui , nous décidons d'aller encore à Angkor ( ok trop facile, mais vraiment il fallait que je la fasse.)

 

Avant toute chose, nous profitons du petit déjeuner de l'auberge : pain (OUIIII) et confiture. Ah, s'il y a bien une chose dont je me lasse réellement, c'est de nos mueslis habituels.

 

 

 

Nous avons un problème avec la jante avant, petit retour en arrière il y a quelques mois à Moscou, souvenez vous, Pavel nous avait changé la jante arrière car la tension des rayons avait causé l'arrachement d'un morceau de jante ( Qualité pourrie de nos jantes bas de gamme...)

 

Aujourd'hui , il faut changer celle à l'avant. ( Pour info, on avait mis du scotch et de la glue en se disant que ça tiendrait un peu … ça a marché mais là, ça ne tient plus.)

 

Nous allons au Giant de Siem Reap, à quelques 2 kilomètres de l'auberge.Le réparateur nous dit qu'il n'a pas ce type de modèle , sans réellement chercher plus de solution. Il finira par chercher une autre solution, voyant qu'on attend toujours. Il a une seule jante disponible, sur un vieux vélo. Il nous propose de la mettre sur le nôtre. En vrai, c'est bien mieux que rien, et est-c qu'on a d'autre choix ? Il gardera donc le tandem toute la journée et nous reviendrons le chercher le soir, pour 40 dollars ( 35€ environ), on retrouvera un vélo semi-tout-neuf et en tout cas plus sécu.

 

Il nous prête deux vélos pour la journée. Après 6 mois sur la même monture, je prend mes aises sur mon vélo en solitaire ( bon Jojo n'est pas loin, quand même) c'est assez étrange comme sensation, mais au final ça fait du bien. C'est finalement toujours ensemble que nous pédalons, depuis 6 mois nous sommes 24h/24 et 7 jour sur 7 „accrochés” l'un à l'autre. Parfois même je me demande comment nous avons réussi à ne pas nous arracher les cheveux ( parce qu'il en faut pas croire que c'est toujours magnifique, on se prend la tête, on est pas d'accord, on est fatigués et parfois c'est pesant.) ce moment en solitaire me fait du bien, et Jojo aussi , à en croire la vitesse qu'il prend et les „ WOUHOUUUU” qu'il pousse sur son vélo.

Nous irons donc aux temples , en passant par le centre ville de Siem Reap, où la fête de l'eau est en préparation.

 

Nous passons de nouveau une bonne partie de la journée à arpenter les différents temples que nous n'avions pas fait hier. Certains escaliers sont pentus et pas facile de redescendre sereinement. J'ai d'ailleurs des courbatures de la veille dans les jambes... ( Je fais du vélo depuis 6 mois, sans crampe mais des escaliers en une journée... ça, c'est terrible.)

 

Nous croisons des moines, qui eux aussi sont en visite. Bon, j'ai une vision changée des moines mais je ne sais pas pourquoi, ils m'attirent toujours autant et j'ai toujours envie d'immortaliser ces moments. Ces ados sont contents d'être „les stars” et l'un d'eux posera pour que je prenne ma photo.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons une halte, une dizaine de singes sur le bord de la route mangent des graines de fleur de lotus, données par les locaux ( ou vendus aux touristes pour qu'ils donnent eux aussi)

 

Nous les observerons pendant de longues minutes. Je sui fascinée par l'agilité de ces petits êtres, lorsqu'ils grimpent aux arbres ou aux poteaux, lorsqu'ils décortiquent les fleurs de lotus pour en manger les graines, ou les mettre dans leurs joues pour faire des réserves.

 

Il faut pourtant toujours s'en méfier car un signe reste un animal sauvage et s'il se sent en danger, est capable de mordre. Nous essayons donc de rester respectueux et d'avoir une certaine distance, même si j'avoue que j'en câlinerai bien un.

 

 

 

Il est presque 17h et nous retournons donc au Giant, rechercher notre vélo. Nous repassons par le centre ville, fermé pour l'occasion de la fête de l'eau. Zone piétonne oblige, les vélos sont interdits et nous devons faire un sacré demi-tour dans la circulation étouffante de tuktuk, voitures et bus de touristes, qui eux aussi, ont accès interdit. Affreux, et nous savons que nous allons devoir faire le même chemin, en sens inverse, sur le tandem.

 

Nous passerons donc encore plus loin de cette circulation et ferons un détour encore plus grand, pas grave, on a évité la foule.

 

 

 

Nous retournons à l'auberge pour souffler un peu. Les feux d'artifices en centre ville, visibles entre deux immeubles depuis l'auberge, nous donnent envie d'aller voir l'évènement au centre.

 

Bon, la foule, les grands rassemblements, les gens collés … c'est pas vraiment notre truc mais par curiosité, on a envie d'aller voir.

 

Il y a des gens partout, des locaux, des touristes, des vendeurs... Des stands de nourriture local un peu partout, des objets lumineux, des stands de vêtements, tout est digne d'un 14 juillet. A la différence près : les enfants sur le ponton n'hésitent pas à sauter dans le fleuve, dont les rives sont pleines de déchets et plastiques en tout genre. Il semble y avoir eu ne course de pirogues mais nous l'avons loupé! Zut!

 

Nous passerons un petit moment à observer ce qu'il s'y passe et irons ensuite manger un peu plus loin, près du quartier des „touristes”, pub street.

 

Les restaurants, magasins de souvenirs, bars, glaciers, show de nourriture enflammée, fish pédicure ( ça , je trouve que c'est dégueu) tout est réuni pour que le touriste se sente bien, et passe un maximum de temps ici. Nous n'y échapperons pas et flânerons dans les rues, histoire de se promener encore un peu , avant d'aller nous coucher.

 

Jeudi 22 Novembre

 

Nous venons de passer deux jours dans les temples d'Angkor et nous sommes finalement plus fatigués que lorsque nous sommes arrivés ici. Nous avions prévu 3 journées complètes de „repos” à Siem Reap et décidons donc de ne pas retourner aux temples, nous en avons vu assez en deux jours. On a besoin de se poser réellement et de laisser nos jambes tranquilles. Et surtout, je n'ai pas envie de poser encore mes fesses sur le vélo aujourd'hui. Nous prendrons le temps de programmer la suite du voyage, et de voir les endroits par lesquels nous avons envie de passer en Thaïlande, notre dernier pays pour 2018.

 

En fin d'après -midi, nous irons de nouveau au centre, afin de pouvoir observer les courses de pirogues loupées la veille et nous ne serons pas déçus. C'est une dizaine de pirogues sur le fleuve, dont l'équipage est d'une vingtaine de personnes, qui se doublent, chantent et dansent. C'est chouette.

 

Un peu plus loin, c'est sous des trombes d'eau qu'un DJ fait danser les locaux, et surtout les enfants, qui s'amusent comme des fous, trempés par la lance à incendie du pompier, par le canon de mousse sorti pour l'occasion et les sprinklers accrochés sur des tringles ( vous savez les dispositifs automatiques contre les incendies installés au plafond) . Ce sont donc des litres d'eau déversés en quelques minutes, provenant du fleuve, qui amuseront ces enfants pendant des heures. Et même si je ne peux m'empêcher de penser que c'est du gâchis, la mine réjouie de ces enfants, et de ce petit en shot rouge en particulier, me fait sourire.

 

Jojo a testé aussi , en 30 secondes il était trempé.

 

Repas dans la pub street encore ce soir, et zou au lit, demain nous reprenons le vélo.

 

Vendredi 23 Novembre

 

Ce midi , dans le village où nous nous arrêtons, tous les restaurants fonctionnent de la même manière : des casseroles déjà préparées et du riz blanc. Malheureusement pour nous, tout est fait avec de la viande et nous devons trouver un autre endroit. Pas grave, nous continuons notre route. Sur le chemin, par hasard nous tombons sur un petit bouiboui, et demandons des nouilles avec légumes. La jeune femme, d'un anglais approximatif, nous explique qu'elle a bien compris et nous demande d'aller nous asseoir. Les enfants nous apporterons nos assiettes et baguettes. Nous payons 2 dollars, pour nos plats, boissons comprises.

 

Lorsque nous aurons fini , toute la famille viendra s'installer sur la natte à l'ombre de l'arbre juste à côté de notre table.

 

Solihla a 25 ans, et me montre son mari qui en a 30. Lui a un bon niveau d'anglais. Ils nous racontent qu'ils sont mariés depuis qu'elle a 17 ans et ont deux enfants ( dont le premier qu'elle a eu à 18 ans.) Sa sœur est là aussi , et a aussi deux enfants. Ils sont souriants et c'est agréable de passer un petit moment en compagnie de cette jolie famille. Parfois les moments de rencontre sont courts mais suffisant pour nous donner le sourire pour le reste de la journée.

 

Ce soir nous dormirons à Preah Netr, où nous avons trouvé un couchsurfing.

 

C'est donc après 80 kilomètres que nous nous rendons à l'adresse indiquée par Sophea.

 

C'est une usine de riz, et c'est ici que nous allons loger ce soir. Trop bien, dormir dans une usine de riz, au Cambodge, quoi de plus local ?

 

C'est le gardien qui nous accueille avec un grand sourire et nous demande de poser le vélo. Le patron de l'usine, un coréen de 70 ans, dans une forme physique digne d'un homme de 50 ans, nous accueillera d'un anglais parfait, avant l'arrivée de Sophea.

 

Sophea est le „second chef” de l'usine. Elle est fermée actuellement car c'est la fête de l'eau, et d'ailleurs les enfants n'ont pas école pendant la fête de l'eau.

 

Ils en profitent donc pour faire un grand nettoyage. Dommage, les machine sne sont pas en route, mais finalement c'est aussi bien, car nous dormons dans la salle de commande, juste à côté de celle des machines, et on aurait sûrement été levés tôt demain matin.

 

Sophea et son patron logent là, dans une petite maison attenante à l'usine. Nous pourrons utiliser leur salle de bain , celle de l'usine étant hors d'usage.

 

Nous installons le vélo à l'intérieur gonflons les matelas et Sophea nous emmènera avec lui, pour ramener un employé et ensuite nous inviter au restaurant. Nous montons dans son pick up et partons pour plus de 30 minutes de voiture. Nous aurons le droit, de la voiture, à un magnifique couché de soleil rose avec vue sur les rizières.

 

C'est un restaurant de barbecue dans lequel il a prévu d'aller manger. Oups, on a oublié de préciser que nous ne mangions pas de viande. Pas de souci, la serveuse nous ramènera des légumes et du riz, très bien assaisonnés. Nous discutons longuement avec Sophea sur son mode de vie et sur les projets de manière générale.

 

Il a 32 ans, n'a personne dans są vie, ni marié et sans enfant. Il nous dit que c'est un choix, parce qu'il a eu une histoire un peu houleuse avec une fille, avec qui il a failli se marier.

 

Je trouve ça toujours fou qu'on puisse se confier à des gens que l'on ne connait à peine, à la fois c'est génial parce que ça veut dire qu'il nous fait assez confiance pour savoir qu'on est à l'écoute et à la fois c'est toujours étrange, parce qu'on a l'impression de créer un lien plus fort. Au Cambodge, ne pas être marié et avoir d'enfant après 30 ans est considéré comme „trop tard” et il nous explique que są famille semble désespérée de cette situation ( Un peu comme l'image sociétale chez nous, non ? )

 

Il a préféré faire passer są vie professionnelle avant et il n'en semble pas plus malheureux. Nous parlons donc ensemble de la vision de l'avenir que nous avons, de cette image que la société voudrait nous imposer de „ marié, avec enfants” pour rentrer dans la norme.

 

Nous parlons aussi du fait de voyager, il dit que beaucoup de gens pensent que nous sommes riches car nous voyageons ( et pendant longtemps), alors nous lui expliquons un peu notre philosophie de vie, les sacrifices faits avant de partir, le fait que nous n'avons rien de matériel qui nous attend et que, évidemment nous sommes conscient tout de même d'être moins pauvres que la majorité des cambodgiens. Mais la richesse pour nous n'est pas matérielle, la richesse se fait par les rencontres, les sourires, les cultures et toutes ces découvertes. La richesse se trouve dans le cœur des gens. Et ici, pour moi, ils le sont.

 

Cette soirée d'échange avec Sophea a été très intéressante.

 

Sur le chemin du retour, il nous dit devoir s'arrêter à son spot préféré … pour pisser.

 

AH , certaines choses dans la vie, sont simples. Et c'est vrai que son spot était exceptionnel, dans la nuit, éclairée par la pleine lune, la route entourée de rizière.

 

J'avoue avoir un peu serré les fesses sur le retour , car beaucoup de chiens se promenaient en bord de route et certains avec un peu d'inconsciente, traversaient tranquillement.

 

Samedi 24 Novembre

 

A peine réveillés , nous voyons les employés, curieux de voir deux étrangers, regarder par les fenêtres de la salle de contrôle. Nous prenons le temps d'un petit déjeuner dehors, il fait bon ce matin, il y a un petit vent frais.

 

Sophea s’affaire déjà à nettoyer dans son usine.

 

Nous nous dirons au revoir, avec le même sentiment que souvent, lorsque nous quittons nos hôtes, maussades mais heureux d'avoir fait cette rencontre.

 

Nous avons quelques kilomètres à parcourir jusqu'à la frontière, avant de dire aurevoir à ce Cambodge si chaleureux.

 

Nous verrons un cortège funéraire traverser notre route, avec en tête, deux femmes vêtues de blanc, portant à bout de bras la photo du défunt. La famille et les amis surement font le cortège et en plein milieu, un tracteur tire le cercueil entouré de 4 moines bouddhistes. Les gens sont curieux de nous voir ici, nous même curieux de voir cet évènement religieux.

A la fin du cortège, un vieux monsieur vouté, accompagné de son vélo , nous fera un coucou souriant.

 

 

Nous décidons de nous arrêter manger avant la frontière, et trouvons un petit bouiboui. Le couple comprend rapidement que nous désirons un menu végétarien et nous servira un gros bol de riz blanc avec une belle assiette de légumes, cuisinés en sauce, comme on les aime ici. ( Nous retrouvons d'ailleurs un peu le goût des légumes en Chine)

 

L'homme découpe la coque des noix de coco pour pouvoir les ranger dans son frigo. La machette passe à quelques millimètres de ses doigts mais il fait ça avec une aisance déconcertante, on voit qu'il a l'habitude.

 

Un coup de machette et plouf, il a coupé un peu trop, l'eau de coco s'écoule. Il a vu que je l'avais vu, et me sourit. Une deuxième, mince, trop près encore. Je lui montrerai la coco , pour lui faire comprendre que je veux bien lui acheter et la manger.

 

Il nous donnera les deux coco. Miam.

 

Au moment de payer, ils nous demandent 2 dollars. C'est tout ? Pour tout ça ?

 

Si on pouvait, on reviendrait, parce qu'en plus d'être peu cher, c'était vraiment bon!

 

La dernière rencontre de ce pays, aura été à l'image de tout le reste : chaleureux et souriant.

 

Nous arrivons à Poi Pet, la ville frontière. C'est le cœur gros que je quitte ce pays, avec la même sensation qu'en ayant quitté la Mongolie, quelques mois plus tôt. J'ai pris encore une claque , et le monde me prouve encore une fois que les gens les plus simples, qui se contentent de peu, sont souvent ceux qui donnent le plus. L'argent n'a aucune valeur dans ce genre de rencontre et seule la beauté et la richesse du cœur sont importantes.

 

Nous passons la frontière entre Cambodge et Thaïlande aisément.

 

Un tampon de sortie en 2 secondes et demi et nous voilà ... en Thaïlande.