Mardi 28 Août

Nous vous avions laissé entre la frontière Mongole et Chinoise ...

 

 

Nous faisons quelques 300m pour arriver à la frontière chinoise. Nous devons cette fois-ci sortir , avec nos bagages ET le vélo. On a chaud, et c'est pas fini.

 

Nous devons remplir un papier d'arrivée sur le territoire Chinois, tous courent, prennent plus de papiers que de raison et vont s'installer dans la file d'attente pour le remplir.

 

Nous le remplirons tranquillement à la table de „présentation”. Les gens observent le vélo, et jojo et są grosse barbe. Il est saoulé ça y est.

 

Au moment de passer dans la file d'attente de la douane, les gens continuent à doubler encore... Jojo poussera un gros :” WOOOOOOOOOW” qui résonnera dans la pièce pour demander aux gens d'arrêter de doubler sans raison. „ Putain mais ça va , ils vont passer , ils attendent derrière comme tout le monde, c'est quoi ça ? Bande d'animaux va!”

 

„Chut, arrête, on va pas nous laisser rentrer si t'es virulent”

 

Et ça nous fera rire , un peu jaune.

 

C'est enfin mon tour, même si j'ai bien cru que la femme derrière moi, collée à mes fesses, allait me doubler à la dernière seconde. L'agent appel une collègue, il demande à ce que nous allions au bureau de l'immigration … elle nous emmène mais l'agent du bureau ne nous fera pas d'interrogatoire, il dira juste „ ok”, et nous repasserons devant le douanier. Il rigole avec son collègue, essaye de lire mon nom et lui demande comment on dit „Bonjour” en Français. Il me dira „Bonjour” et je lui dirait que c'est bien ça. Plutôt sympa ces douaniers chinois...

 

Au tour de Jojo de passer, il me donne le tandem, qui a eu du mal à passer la petite porte, sous les yeux émerveillés du douanier.

 

Nous passons ensuite au scanner les affaires, pas de fouille, nous passerons rapidement pour rejoindre notre chauffeur dans są jeep bleue.

 

Nous remontons, et Zou, nous sortons du poste frontière, et nous serons déposés quelques mètres plus loin. Affaires sorties de la jeep, je lui donne son argent, il s'en ira sans même un au-revoir...

 

Nous installons les affaires en un clin d’œil sur le vélo ( à force, on commence à être rapide) et c'est parti pour pédaler en Chine, enfin plus exactement en Mongolie intérieure.

 

C'est très troublant, les routes sont parfaites, il y a une jolie piste cyclable et malgré la grande route à Erenhot, il n'y a personne, nous avons l'impression d'être les derniers survivants. Nous roulons plus de 5km, et ne croisons que 1 ou 2 voitures sur la route principale.

 

Ici tout est luxueux, il y a des arbres, des fleurs, des plantes, tout est fait pour „épater” , et c'est comme un pied-de-nez à leurs voisins mongols, qui n'ont pas les moyens de faire de belles routes entourées de plantes.

 

Nous arrivons au centre ville et nous apercevons des petits tuktuk, scooter et vélos, tous électriques, de la musique chinoise dans la rue, une circulation plus dense, des panneaux en écriture chinoise ( pas facile pour trouver un hôtel ou un supermarché...)

 

Nous trouvons un hôtel, pour un peu moins de 20€, la nuit plutôt confort et le petit déjeuner inclus ( et quel petit déj'...).

 

Mission supermarché! Nous trouvons un supermarché à quelques mètres de l'hôtel et dès l'entrée je ne cesserai de m'étonner. Il y a des fruits secs, des oléagineuses, des bonbons … tout en vrac. Trop bien! Juste à côté des tas et des tas de produits minuscules , tous emballés dans du plastique, en individuel. Bienvenue dans le temple de la consommation inutile. „ Nannnn mais sérieux Doudou, regarde, c'est des minis saucisses dégueu, emballées individuellement!” , „ Hannnnnn regarde, c'est quoi ces trucs chelou ?”

 

Plus loin , les fruits et légumes, dans les fruits sont disposés des mégaphones, dont la voix enregistrée ne cessera de répéter le même message, sûrement concernant des promotions. C'est un brouhahaha infernal. Il y a toute sorte de fruits et légumes qui n'existent pas chez nous , nous goûterons sur les marchés locaux plutôt.

 

Les responsables de rayon ne cessent de nous regarder , et même de nous suivre avec curiosité. Jojo se fera prendre en photo plusieurs fois, pas très discrètement.

 

Nous prenons presque 2h à parcourir cet immense magasin aux produits inconnus.

 

Je ne vais pas vous raconter la suite : hôtel, repas, dodo … rien de très intéressant à lire.

 

Mercredi 29 Août

 

Nous allons vite déchanter aujourd'hui concernant les routes de la Mongolie intérieure. Nous étions impatients de pédaler jusqu'à Pékin mais finalement nous regrettons un peu notre choix.

 

Jojo est malade ce matin, et c'est sur les toilettes qu'il passera le début de la matinée.

 

Nous allons prendre le petit déjeuner de l'hôtel : self-service d'aliments salés ou sucrés en tout genre et de fruits. C'est un peu compliqué pour moi, je ne sais pas ce qui contient de la viande ou pas.

 

De retour dans la chambre, Jojo retourne aux WC. Il prendra un médoc.

 

Nous finirons par partir mais n'aurions peut être pas dû. Aux premiers kilomètres, il a des crampes au ventre, quant à moi je suis en premier jour de menstruation et j'ai aussi vraiment mal. Les deux éclopés sur leur vélo se demandent s'ils vont aller loin aujourd'hui.

 

Nous sommes obligés de nous arrêter plusieurs fois au bord de la route, tellement je me tors de douleur, malgré les médocs avalés. On cherche rapidement un endroit où s'arrêter mais on se rend vite compte qu'il n'y a rien à des kilomètres … et c'est trop tard pour faire demi-tour ( en général on n'aime de toute façon pas faire demi-tour.)

 

Nous roulerons difficilement jusqu'à midi, la pause nous fera du bien.

 

Le vélo est contre un poteau mais avec le vent et le passage des camions il finira par tomber, causant quelques dommages : le plateau de la pédale avant s'est tordu ( ce plateau supporte la chaîne et donc impossible de rouler comme ça...) Jojo le redressera en mettant des coups de gourde ( on fait avec ce qu'on a …) et un rayon de la roue arrière est cassé.

 

Bonjour journée de poisse.

 

Nous arriverons à rouler malgré tout.

 

Au bout de 60 kilomètres,vers 15h30, une gare. On prend le train ici? Allez on essaye. Un motard au loin s'est arrêter pour nous et nous fait signe de venir. Nous irons vers lui et lui demanderons si des trains passent à cette gare : Non, pour les trains de Pékin, il faut aller à la ville suivante, encore 60 kms plus loin.

 

Cet homme nous explique avec l'aide de son traducteur vocal ( il parle en chinois , ça traduit en français et inversement pour nous) qu'il nous a vu hier à la douane, je ne comprend pas tout de suite et pense qu'il nous a vu passer.

 

Nous passons plus d'une heure sur le bord de la route à discuter avec Bai, il a de l'humour et est adorable. Il demande où nous allons dormir et nous lui répondons que nous allons camper quelque part. Il est très étonné et comme dans chaque pays traversé nous averti sur les dangers de son pays. Il nous dit aussi que la parole n'est pas libre, que Facebook est interdit ici. Je lui explique que nous y avons accès.

 

Il nous demande à quoi nous ressemblions avant de partir et nous lui montrons nos passeports. Il montre le tampon pour l'entrée en Chine dessus et me dit que c'est lui. AHHHHHHH mais oui! Souvenez vous, le gentil d'hier qui a dit „Bonjour”... Merde, je viens donc de dire à un douanier que nous ne respectons pas les lois de son pays .. Oups! Mais il ne semble pas en tenir rigueur.

 

Il nous explique qu'il envie notre mode de vie, que lui ne peut sortir que de son pays que pour des missions mais n'a pas le droit de voyager hors de la Chine, parce qu'il est militaire. Et que s'il désire ne plus l'être, il doit tout de même attendre 3 ans pour pouvoir voyager.

 

Wouahou la Chine a des lois vraiment strictes...

 

Il est maintenant presque 17h et il est clair que nous n'allons pas pouvoir faire ces 60 kms ( qui prendraient 4h parce que toute la matinée nous allions à 15km/h avec ce vent) pour aller jusqu'à la prochaine ville : Saihan Tal.

 

La route est plus qu'ennuyeuse, nous ne croisons aucune habitation, si ce n'est des petites fermes au loin, qui semblent abandonnées. Le bas-côté est fermé avec des grillages et il est donc impossible d'aller camper ( et même si nous voulions nous serions vraiment très visibles de la route.)

 

Nous parcourons donc encore plus de 60km, et c'est après la tombée de la nuit, peu après 20h mais nous avons l'impression qu'il est 23h, que nous arrivons et cherchons un hôtel.

 

Les rues sont animés, et lumineuses. Nous trouverons relativement vite notre hôtel, et nous endormirons rapidement après une douche et des biscuits avalés. 126Km en une seule journée, je n'aurai jamais cru, surtout ce matin...

 

Nous sommes plus qu'épuisés et déçus de cette route, demain nous prendrons le train pour Pékin.

 

Jeudi 30 Août

 

La nuit a été longue et reposante mais nous sommes tout courbaturés. Les dingues …

 

Allons à la gare pour savoir l'heure du train pour aller à Pékin. Il est presque midi et nous arrivons à la gare. Comme d'habitude c'est avec le vélo que nous voulons rentrer, pour expliquer plus facilement que nous avons un „big bike”. Avant même de rentrer, on nous dit non. Une dizaine d'agents ( curieux) sortent. Et c'est là que la discussion incompréhensible commence, eux ne parlent pas Anglais et nous ne parlons pas plus chinois. Un jeune homme et une jeune fille connaissent quelques mots. On nous explique qu'il faut retourner à Erenhot pour mettre le vélo dans le train, soit à 126km de là... et c'est carrément hors de question qu'on se refasse la route en sens inverse. Nous pourrions prendre le train pour Pékin ici , mais pas le vélo, sous prétexte qu'il est „trop grand”.

 

Et pourquoi on peut pas mettre le vélo dans le train ici ? Je leur explique que c'est le même train et que je ne vais pas faire 2 jours de vélo en sens inverse pour prendre le train qui passe ici, ça n'a pas de sens. Ils me disent „ car, car” quoi ? Vous pensez que je vais prendre une voiture avec mon tandem alors que je peux pas prendre le train ?

 

Ça m'énerve et je perd patience. Putain mais c'est possible en Europe, en Russie, en Mongolie et là en chine, non ? POUR-QUOI ??? Parce que le service vélo n'existe pas à cette gare ? Ça va , on est pas des assistés, on peut s'occuper de notre vélo nous même. Je leur montre les photos du vélo dans les autres trains. Mais c'est mort , la jeune fille me répète 15 fois la même phrase „ I can't” …

 

Jojo me dit qu'on va aller voir à la station de bus, que ça ne sert à rien de discuter puisque c'est non.

 

Énervés et dans l'espoir que nous puissions prendre le bus avec le tandem ( moins probable que pour le train non ? ) Nous allons à la station de bus à 4 km de là.

 

Nous imaginons déjà un plan de secours : retourner à Erenhot en véhicule ? Aller à Pékin en vélo ?

 

Arrivés à la station, je montre le tandem, la réceptionniste me dit oui , appelle un collègue pour essayer dans un bus. Jojo part avec lui, mettent le vélo dans le bus. Ok c'est bon! C'est d'ailleurs ce bus, le vélo et les bagages resteront dedans jusqu'à notre départ à 16h.

 

ALLELUIAAAAAAAA.

 

Nous payons donc pour nous et il faut payer pour le vélo. On me demande plus pour le vélo que pour une place. Je dis que c'est cher, que je vai être pauvre à cause de la Chine. On me demande un peu moins. Nous payerons donc finalement 50euros pour nous deux et le tandem pour 8h de bus couchette pour aller jusqu'à Pékin. Ça semble être un peu plus cher que le train de la frontière mongole, mais on ne pouvait pas savoir … et nous allons tester un nouveau transport en commun que nous ne connaissions pas.Et honnêtement, on ne se sent pas de faire cette route en vélo.

 

On nous explique qu'il arrive à 1h du matin. Mais qu'il est possible de dormir dedans jusqu'à 5h. Étrange, mais ça nous va.

 

Nous sommes soulagés ( mais pauvres) et serons à Pékin demain... tout va bien. Nous réservons déjà nos deux premières nuits d'Auberge de jeunesse à Pékin, les warmshowers et couchsurfings ayant tous répondus par la négative. 5 et nous faisons bien , tout est déjà presque plein. C'est la Capitale la plus chère que nous ayons fait jusque là mais nous n'avons pas vraiment le choix. Nous réajusterons le budget plus tard, on a toujours réussi à se rattraper.

 

Nous attendons donc à la station de bus, le tandem et les bagages sont déjà dedans.

 

Les WC ici c'est des toilettes turcs séparés, mais sans porte. Un peu comme à la maternelle. (Enfin la mienne, c'était comme ça). Je me dépêche de peur que quelqu'un rentre et me voit faire pipi... C'est privé quand même …

 

Une heure avant le départ, nous voyons le bus partir. Wow, il va où avec toute notre vie celui-là ?

 

On nous explique qu'il est parti faire une „check” de sécurité et qu'il va revenir.

 

C'est toujours un peu tendu pour nous de laisser l'ensemble de nos affaires et faire confiance à des gens que nous ne connaissons pas mais parfois … pas le choix.

 

Nous montons dans notre bus couchette, on aura ce soir une vingtaine de colocs. Nous prenons place sur notre couchette, très proche du sol et c'est parti pour Pékin.

 

Dès les premiers mètres , nous sentons les secousses et lorsque le chauffeur passe sur un dos d'âne un peu rapidement, c'est tout mon corps qui se soulève à quelques centimètres du sol pour s'écraser lamentablement et me tasser les vertèbres. Ah ouai, on va s'attacher et s'accrocher …

 

Un jeune homme s'occupe de nous dire lorsqu'il faut descendre et monter du bus , les arrêts miam et pipi , et bien sûr, pour nous c'est grâce à son traducteur que nous comprendrons.

 

Premier arrêt pipi , je suis les autres filles et passe la porte d'une petite maisonnette et … surprise … ce sont des rigoles, et chacune doit faire ses besoins devant tout le monde. Je fais demi-tour, c'est mort, je ferai pipi dans un petit coin, un peu plus loin, à l'abri des regards. Est-ce que les WC vont être de pire en pire au fur et à mesure qu'on se rapproche de Pékin ?

 

Nous remontons dans le bus, mangeons et dormons – chose complexe car dès que le chauffeur prend une accélération , et nous le sentons vite, il freine comme un dingue quelques mètres plus loin et nous glissons dans nos lits. -

 

C'est finalement à quelques 60 kms de la capitale que le bus s’arrête vers 1h, nous dormirons donc un peu mieux sur cette aire d'autoroute sans les fracas et les mouvements brusques.

Vendredi 31 Août

 

Nous arriverons à Pékin vers 5h, D'ailleurs ici c'est Beijing ( littéralement ça veut dire capitale du Nord).Elle n'est en réalité pas la plus habitée des villes de Chine, c'est Shanghai.

La ville es déjà très animée, et nous découvrons de gros buildings.

 

A notre arrivée à la station de bus , nous sortons, et réinstallons les affaires sur le vélo ( quel plaisir de ne pas avoir à le remonter) sous les yeux intrigués des chinois.

 

Nous devons passer ensuite un portique de sécurité et le garde ne nous fera pas de cadeau et nous devrons défaire l'ensemble de nos sacs , que nous venions d'installer correctement sur le vélo.

 

Rebelote, dès le réveil, ça échauffe un peu nos esprits.

 

Avant de monter dans ce fameux bus, nous étions à 4 998km parcourus, et c'est donc dans Pékin, que nous atteindrons nos premiers 5 000km.

 

Nous sommes ravis, il y a de grandes pistes cyclables le long de la route mais on se rend vite compte qu'ici , c'est un peu anarchiquement que ça circule. Il y a les tuc-tucs, les vélos, les scooters, tous se croisent et se klaxonnent. C'est un grand n'importe quoi. Que le feu soit rouge ou vert, chacun roule comme il l'entend et c'est en slalomant ces 9kms et en doublant même les scooters si lents que nous rejoignons le centre de Pékin et notre auberge. Il est 7h du matin, les restaurants sont déjà ouverts et on nous propose de manger toute sorte de spécialité chinoise. J'ai envie de nems depuis 4 jours … mais n'en trouve dans aucune enseigne.

 

Nous croisons aussi quelques touristes, déjà à l'heure là ?

 

Nous irons à l'auberge pour déposer nos affaires et ferons un petit tour dans les rues et nous perdrons dans les Hutongs de Pékin ( ces petites rues en labyrinthe) ce qui n'est pas pour nous déplaire car nous observons ici et là des scènes de vie, le linge qui sèche, les réparateurs de scooter, l'odeur de nourriture, les petits commerçants de quartier …

 

On aide cette ambiance, sous la chaleur humide de la capitale.

 

Nous rentrerons à l'auberge dans l'après-midi, et un groupe de polonais qui semblent avoir testé la bière chinoise pour certains, discuterons avec nous et écouterons nos récits de voyage à vélo pour finir par nous inviter demain à les accompagner à la Muraille de Chine, car ils ont loué un véhicule et nous stipule que le trajet serait gratuit pour nous.

 

Nous acceptons, c'est carrément un bon plan, c'est gratuit et c'est pour aller voir la Muraille ( à quelques 70kms de Pékin, c'est non négligeable). Nous rencontrons aussi un couple de Français qui font un voyage dans le sens inverse du nôtre, en prenant surtout le trans-sibérien faute de temps.

 

Nous finirons cette journée par une bière en terrasse de notre auberge, à observer les passants. Épuisés de notre précédente nuit, nous coucherons tôt, afin d'être en forme pour gravir cette Muraille tant attendue, le rendez- vous est fixé à 7h.

 

Samedi 1er Septembre

 

6h, le réveil sonne, nous avons dormi d'une traite. Nous déjeunons rapidement, sortons nos affaires de la chambre, car ce soir c'est dans un dortoir de 10 personnes que nous dormirons ( et non plus 4 comme hier) c'est moins cher.

 

Nous retrouvons nos polonais devant l'auberge et partons tous ensemble près de la route principale pour attendre le mini bus.

 

Surprise à l'arrivée du véhicule, c'es en réalité une grosse voiture pour y accueillir 6 personnes. Nous sommes 8... Bon pas grave, merci quand même les mecs.

 

Arthur, celui qui nous avait proposé, semble réellement désolé et nous répètera plusieurs fois „So Sorry”. Bon, nous sommes déçus mais on a un programme relativement chargé de visite à Pékin et maintenant que nous sommes réveillés, on va profiter que la chaleur ne soit pas encore insupportable et décidons d'aller visiter la cité interdite.

Pour la petite histoire, la cité interdite est un palais impérial et a été crée à partir de 1406 par le troisième empereur de Chine. Le palais s'étend sur 72 hectares.

Nous passons à côté de la place Tian'anmen ( 4ème plus grande place du monde, même si la place rouge de Moscou nous semble  beaucoup plus grande.) La place est gardée par des policiers de part et d'autres.

La place Tian'anmen est mondialement connue pour ses manifestations en 1989 demandant des réformes politiques et démocratiques et dénonçant la corruption.

 

Il n'est même pas 8h et l'entrée de la cité interdite est déjà bondée de monde, ça doit être encore pire plus tard. On est un peu bête aussi, on est samedi , ça n'arrange rien. Sur la face du premier bâtiment, une énorme peinture ( je crois) de Mao Zedong

 

Si vous adorez les bains de foule, que les gens vous frôlent et vous transpirent dessus, allez à la Cité Interdite en courant, en fin de matinée. Pour nous, c'est toujours une épreuve que d'être en plein milieu d'une foule surtout lorsque les gens manquent parfois de courtoisie.

L'entrée nous coûte l'équivalent de 15€ pour deux, ici pas de ticket, c'est via notre numéro de passeport enregistré à la caisse que nous avons accès. Décidément, on est surveillés...

 

La début de la visite n'est pas un réel plaisir, nous avons l'impression d'être des moutons et ça nous gâche un peu le plaisir attendu d'être dans la cité interdite.

 

Je prend des photos et d'un coup mon téléphone s'éteint sans raison alors que ma batterie est pleine. Lui aussi a saturé de toute cette foule ? Surchauffe ?

 

( Et malgré l'essai de charge au retour à l'auberge … je crois que mon téléphone a rendu l'âme... et je suis dégoûtée, ok c'est que matériel mais c'est grâce à ça que je peux communiquer avec mes proches et immortaliser les moments importants du voyage. Heureusement, j'avais tout mis sur l'ordinateur , et je n'ai perdu que les quelques photos de la Chine... )

 

Arrivés dans les jardins impériaux, la foule se disperse et nous soufflons. Les jardins sont magnifiques et nous sommes enfin contents de notre visite.

 

Nous marchons plus de deux heures dans la cité interdite, apercevons au loin le palais d'été, juché sur la montagne dans la forêt. On nous demandera de se prendre en photo à la sortie du palais, on va finir par faire payer, o va être riches !

 

Nous allons ensuite vers le Parc Beihai, un joli parc entouré d'un Lac, un peu plus au Nord Ouest. L'entrée du parc coûte 2€ 50 pour nous deux.

 

L'architecture si spécifique à la chine est partout, au palais, dans les temples, sous les bancs et les arches. Le parc est agréable mais nous sentons cette chaleur humide augmenter . Il est maintenant près de 11h, nos estomacs affamés et nos pieds fatigués retourneront dans la rue piétonne, non loin de l'auberge. Sur le chemin, même les agents de police nous prennent en photo peu discrètement, on aura tout vu. On s'arrêtera dans un petit restaurant pour y manger des spécialités chinoises : râpés de patate douce avec tofu méga épicé pour moi, et émincés de porc épicés et frits pour Jojo, tout ça avec les baguettes bien sûr. On rigolera bien, et les chinois nous observent au loin. Vous imaginez quelqu'un dans un restaurant qui ne sait pas se servir d'une fourchette ? C'est nous dans ce resto au yeux des locaux.

 

Nous rentrons à l'auberge, et Jojo se rendra au bikeshop le plus proche ( que nous avons croisé sur la route), le réparateur lui mettra un joli rayon tout neuf et rééquilibrera la jante pour 2€50.

 

Je suis allée chez le „China mobile” en face de l'auberge pour qu'ils réparent mon téléphone, la femme m'en demande 12€, si ça remarche et rien si ça ne remarche pas. Je saurai demain. ( Ici , le dimanche tout semble ouvert. )

Nous finirons notre journée avec une bière en terrasse, comme hier. On a déjà nos petites habitudes.

 

 

Dimanche 2 septembre

 

Ce matin il pleut et c'est donc très tranquillement que nous prenons le petit déjeuner. Mon téléphone est finalement de nouveau allumé, ouf, mais je ne saurai jamais quel était le problème.

 

En fin de matinée la pluie a cessé et nous prendrons le vélo pour faire quelques 10 kilomètres à la recherche de la station de bus ou se trouve le bus pour Xi'an. On nous indique a plusieurs reprises que pour acheter nos tickets de bus ( écrit sur le traducteur et traduit en Chinois) il faut aller „ par là”, tous semblent indiquer la même direction, jusqu'à l'hôte dans le point information de la gare. ( Oui car nous avons fini par nous trouver dans la Gare de Pékin : remplie de monde, et dont toutes les indications sont en Chinois et où personne, ici encore, ne semble parler Anglais, avec le tandem )

 

Il y a des contrôles sécurité partout et Monsieur devra attendre avec le vélo.

 

Ici une vingtaine de guichets pour les „long distance tickets”

 

Je fais la queue a un guichet et demande à la demoiselle devant moi s'il y a un guichet pour „acheter deux tickets de bus pour Xi'an.” Elle m'indique un autre guichet. Je fais donc la queue a ce guichet, il y a un monde fou et mon tour tarde a arriver le temps me parait tellement long, surtout qu' un homme derrière moi tousse, sans jamais mettre są main et la distance entre są bouche et ma nuque est infime.

 

Mon tour arrive, je montre à la guichetière la traduction sur le téléphone, elle m'écrit sur un papier „ 15”. Je me rend donc au guichet demandé, „english service” Ah c'est donc pour ça.

 

La file d'attente est plus courte et je passe rapidement. Le jeune homme, à l'air blasé de l'autre côté de la vitre me répondra qu'on est ici à la gare et qu'il vend par conséquent des tickets pour le train. Il ne m'aidera en aucun cas et ne répondra pas à ma simple question „savez vous où je peux acheter un ticket de bus pour Xi'an?”. Je finirai par demander pour le train, sait-on jamais, à Pékin, ça fonctionne sûrement avec un tandem. Son visage et le ton de są voix ne changent pas : „ ce n'est pas possible c'est trop grand, c'est trop lourd ...” je passe plus de 10 minutes à chercher une solution mais je n'ai en face de moi qu'un chinois antipathique qui finira même par ne plus me répondre du tout. Les chinois crachent par terre, si je crache sur są vitre ça sera considéré normal, non ?

 

Je finis par sortir, excédée.

 

Je n'ai pas le courage de continuer à courir dans Pékin pour trouver ce satané bus, nous finirons par rentrer sur le vélo, en insultant tout et n'importe quoi, pour nous même. Ça soulage.

 

Nous devons prévoir nos deux prochains jours et décidons donc de visiter la Muraille de Chine demain, mais après ces galères de communication et de transport, on se dit que d'y aller par nos propres moyens serait de nouveau une galère et nous étions ici pour nous reposer. Nous choisirons donc, par le biais de notre auberge, de passer par un „tour organisé” et payons donc pour le bus aller-retour, le guide, le repas de midi et l'entrée de la Muraille. Nous nous en sortons pour une trentaine d'euros pour deux.

 

 

 

Pour oublier la galère du jour, nous décidons d'aller au restaurant de fondue chinoise juste à côté de l'auberge. Depuis notre arrivée à Pékin, je cherche désespérément des nems, mais en réalité, et malgré ce que je pensais, ils ne cuisinent pas de nems à Pékin, ils ne savent même pas ce que c'est . Le gérant de notre auberge nous parlera de rouleau de printemps sucrés , rares ici, mais ne connait pas ces nems, même avec une photo. C'est donc un mythe, les chinois ne mangent pas de nems, en tout cas pas ici. ( Après vérification internet ils semblent venir en réalité du Vietnam, peut être en trouverons nous dans le sud de la Chine...)

 

Donc nous allons au resto chinois. Le traducteur est d'une grande aide, j'explique que je ne mange pas de viande et de poisson. Nous donnons notre budget maximum au serveur et lui disons de choisir pour nous. Il reviendra avec des assiettes remplies de tomates, maïs en épi coupé, salade, chou-fleur, pommes de terre, nouilles fraîches et un mélange de coriandre, ail et ciboulette dans une huile de sésame, quelques boulettes de viande pour Monsieur. Avec au centre de la table une marmite d'eau et épices bouillante avec deux compartiments, posée sur une plaque chauffante elle même incrustée dans la table. C'est à nous de cuire et de manger à notre guise, tout ça avec seulement nos baguettes; c'est carrément la galère mais encore une fois, on aura bien rit. Nous peinerons à tout finir, et sommes ravis de ce repas typiquement Chinois.

 

Ivan et Katia, nos deux voyageurs russes rencontrés à la frontière russe chez Olga, viennent d'arriver ce soir, il est plus de 22h et ils doivent trouver une auberge qui pourrait les accueillir. Ils trouverons à quelques pas de la nôtre et nous passerons la fin de soirée à jouer aux cartes et se raconter nos voyages respectifs en Mongolie. Il partiront le lendemain et ce sera peut être la dernière fois que nous les verrons.

 

Lundi 3 septembre

 

Le réveil sonne, il est 5h50 et partons de notre chambre sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller nos 8 colocs.

 

Le guide vient nous chercher à 6h30 à l'auberge pour aller ensuite prendre le bus.

 

Une jeune chinoise arrive, nous sommes plusieurs à se rendre à la Muraille. Elle nous parle à peine et nous demande de la suivre. Nous montons dans un bus, il mettra plus d'une heure et demi à aller chercher tous les gens dans leurs auberges, qui vont à la Muraille. C'est un bordel sans nom, le bus s’arrête, des gens doivent descendre car c'est finalement un autre bus qui les y emmène, et le scénario se répète à plusieurs reprises et les guides semblent ne pas savoir où donner de la tête. Nous n'aurons pas à changer de bus car nous sommes dans celui qui se rend à Mutianyu. Un des points d'entrée de la Muraille. Après tout ce mic-mac, nous changeons de guide, c'est Chan, qui nous accompagnera. Il explique en Anglais le programme de la journée, dans un microphone hors d'âge, trop fort et grésillant pendant qu ele chauffeur joue du klaxon... Je comprend la moitié de ce qu'il raconte.

 

Nous arrivons au pied de la Muraille, et nous explique que nous disposons de 3h en tout. Malheureusement, le plan initial pour nous ( moins cher et plus „naturel”) était de monter jusqu'à l'entrée de la Muraille à pieds, marcher sur la muraille et redescendre toujours à pieds. Mais Chan nous explique que monter nous prendrait une bonne heure et demi , et un peu moins pour descendre. Ce qui nous laisse peu de temps pour explorer la Muraille, dommage! Personne ne semble vouloir s'y risquer et tous payent ( car ce n'était pas compris dans le prix) la cabine du téléphérique. ( une vingtaine d'euros supplémentaires aller-retour pour deux.) On l'a un peu mauvaise et on trouve ça bien touristique et dommage mais finirons par payer aussi. Nous avions deux solutions : prendre la cabine aller-retour ou prendre la remontée mécanique comme au ski et faire la descente dans une espèce de luge … Le choix n'a pas été très long et on a pris la deuxième option. Bien plus amusante.

 

Nous voilà donc dans la remontée mécanique, a prendre de la hauteur et observer la magnifique vue qui s'offre à nous : en face la Muraille de Chine et dans notre dos des montagnes verdoyantes avec au loin Pékin, dans un épais brouillard de pollution. Nous sommes chanceux car ici , le ciel est tout à fait dégagé, chose qui ne semble pas arriver tous les jours, à cause de la pollution, d'après notre guide.

 

Nous avons quartier libre et donc 3h pour marcher et arpenter cette immense muraille. Nous avons accès à une quinzaine de tours, entre chaque tour, des escaliers plus ou moins pentus. La muraille est entourée de montagnes et nous en oublierions presque les autres touristes ( pas si nombreux au final) et le côté business touristique. Nous sommes impressionnés par la grandeur et la hauteur de cette Muraille, dont nous pouvons observer au loin, quelques endroits où la nature y a repris ses droits.

 

Il ne faut pas se cacher que nous y laisserons quelques gouttes de sueur tant il fait chaud et que l’ascension de ces marches nous demande un effort physique. J'aurai d'ailleurs les jambes toutes tremblantes. Émotion ou effort physique ? Mais le lieu est magnifique et nous avons peine à croire que nous sommes réellement en train de marcher sur cette Muraille de Chine qui nous semblait si lointaine il y a quelques mois en arrière.

 

Fiers et heureux d'être ici , nous prenons des tonnes de photos pour immortaliser ce moment si important, et tenter de vous partager, si vous ne l'avez pas vu, à quel point cet endroit est somptueux.

 

Nous finirons donc par une descente dans nos luges. Ce sont des luges individuelles, sur un grand toboggan. Nous sommes à la suite les uns des autres et tombons malheureusement sur un chinois un peu frileux de sensation, qui nous empêchera d'aller à vive allure et devrons user du frein de la manivelle. Dommage mais la descente est quand même ultra drôle et on s'est amusé comme des gosses.

 

Nous mangerons avec 8 autres personnes à notre table,( colombiens, espagnols et indiens) à se partager les plats sur la plaque tournante centrale. J'aime la cuisine chinoise, autant pour ses plats que pour la convivialité qu'il y a à se partager les mets.

 

Le bus prendra plus de 2 heures pour rentrer et déposer à chaque hôtel ou auberge. Nous étions les premiers à être récupérés, et seront donc les derniers, à rentrer.

 

Sur le chemin du retour le guide nous explique l'histoire de la Muraille, et nous montre quelques endroits dans Pékin mais personne ne semble intéressé et tous semblent lutter pour ne pas s'endormir.

 

 

 

Pour l'instant Wikipédia quand même : La Grande Muraille de Chine, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est la structure architecturale la plus importante construite par l'Homme ( en terme de longueur, de surface et de masse). Elle ferait C'est une fortification militaire chinoise construite pour marquer et défendre la frontière Nord de la Chine, des invasions mongoles particulièrement, dont la construction a commencé au IIIème siècle avant JC. ( Rien que ça).

 

 

 

Exténués , nous mangerons une crêpe salée un peu étrange (mais sans viande, c'est sûr) , qui semble être une spécialité ici (et oui!) pour moins de 1€ par personne. Et zou, au dodo!

 

Mardi 4 septembre

 

On était donc à Pékin pour „se reposer” et nous avons l'impression que ce n'est pas ce que nous avons fait jusqu'ici. Aujourd'hui est donc un jour „off”, ou presque. Nous prenons le temps ce matin, et irons tout de même nous promener dans les Hutongs de Pékin en attendant de retrouver nos 3 copains hollandais, arrivés hier soir à Pékin, pour quelques jours.

 

Nous irons dans un restaurant vegan, entre leur Airbnb et notre Auberge.

 

Nous choisirons chacun un plat avec difficulté, car tout à l'air tellement appétissant. La serveuse ne parle pas un mot d'Anglais et c'est avec nos mains que nous communiquons et pensons être compris. Je lui demande du Riz, et pensant commander celui à 5 Yuan, elle apportera finalement 5 petits bols de riz ( logique, nous sommes 5, au final). Robin demande des dumplings ( ces gros raviolis, qu'il est même possible de manger dès 3h du matin dans les rues de Pékin), la serveuse n'a pas compris et elle ramènera 2 assiettes de différents dumplings et chaque assiette commandée est finalement assez grosse pour partager. Nous nous retrouvons donc à partager tous nos plats et à tout goûter. C'est réellement un délice et un moment super convivial où nous passons notre temps à parler de nos aventures passées et à s'inviter et se promettre de se revoir en Europe. Il est près de 17h lorsque nous quittons le restaurant, le ventre plein, marchons et leur montrons la superbe fabrique de sucreries dans la rue de notre auberge ( il y a tout dans cette rue, incroyable) et nous leur disons au-revoir une dernière fois, cette fois Suus et Robin rentreront à Amsterdam dans quelques jours et Isha poursuivra są route vers les Sud, comme nous, peut être nous le reverrons dans quelques semaines. En tout cas, nous espérons pouvoir les revoir en Europe.

 

C'est notre dernière soirée à Pékin, demain nous reprendrons la route, direction Xi'an. Vélo, bus ou autre moyen de locomotion ? Nous verrons.

Mercredi 5 septembre

 

La mission „ trouver le bus pur Xi'an” n'a pas été la plus simple, loin de là. Nous débutons nos recherches de la station de bus ce matin. Pékin c'est grand, et c'est plus de 10 km entre chaque gare routière. Une est à l'abandon, l'autre est introuvable, et l'autre nous dit qu'il n'y a pas de bus pour Xi'an, qu'il faut prendre le train. Si c'était si simple, avec le tandem, nous serions déjà à Xi'an depuis longtemps !

 

Bon, on se rend compte que c'est comme trouver une aiguille dans une botte de foin... et comme on a pas forcément une patience à toute épreuve, c'est vers midi que nous abandonnons les recherches à Pékin, on va s'éloigner, peut être que ce sera plus simple dans de plus petite villes ( Graaaaaaave erreur) Nous parcourons donc plus de 80km - le GPS ayant décidé de nous faire passer par des routes de terre et de gravats, ce qui nous vaudra 2 crevaisons d'affilé, on décidera même de changer notre pneu fatigué à l'arrière pour mettre le neuf que nous trimballons depuis la France. -

 

Nous arrivons à Gu'an, une ville en plein expansion, qui semble vouloir montrer są richesse à qui voudra bien la voir. Nous trouvons un hôtel luxueux, dont la nuit est à 90 euros. L'hôtesse en voyant rentrer cette étrangère aux vêtements crados et aux cheveux en batailles après une journée sous le casque du vélo a dû se demander si je m'étais perdue. C'est clair, nous n'allons pas dormir ici. Je lui demande tout de même s'il y a des bus pour Xi'an... non, aucun.

 

Nous galérons à trouve un hôtel pas cher, et les gens ici ne sont pas d'un grand secours. Nous croisons un homme sur są moto , qui parle un anglais parfait. J'en profite pour lui demander si nous pouvons dormir chez lui , sait-on jamais, et là étrangement, il me dit (toujours d'un anglais parfait) qu'il ne comprend pas très bien, son niveau d'anglais n'est pas élevé.

 

Notre GPS nous indique un hôtel dans une petite rue, il commence à faire nuit ( certes il n'est que 19h mais ça nous rajoute un stress supplémentaire de voir la nuit tomber). Je demande à un homme s'il ya un hôtel pas loin, il me dit que non, mais me montre une porte , je franchis cette porte. Il semble y avoir un cours du soir avec des enfants, la responsable arrive, je réitère ma demande, elle me dit que nous et me demande „combien?”. La réponse ne semble pas lui convenir, son visage se ferme et elle me répondra d'un ton ferme „ Tu vois bien que c'est une classe ici...”

 

Bonjour l'accueil.

 

Jusqu'ici , la Chine ne nous laisse pas une image très positive, les gens se raclent la gorge et crachent en pleine rue, parfois juste devant tes pieds, ils crachent même à l'intérieur des lieux publics, et l'argent semble les avoir tous corrompu. Je n'ai qu'une envie … quitter cet endroit au plus vite et trouver la Chine accueillante et bienveillante sur laquelle j'ai lu tellement de choses.

 

Revenons à notre recherche de logement du soir. Nous parcourons quelques kilomètres pour atteindre un autre supposé hôtel. Rien ici non plus. Jojo décidera d'aller demander de l'aide à un groupe de jeunes chinois, voyant que je ne suis plus en état pour communiquer avec qui que ce soit.

 

L'un d'eux viendra jusqu'à nous accompagner à l'hôtel par simple gentillesse. Ma lueur d'espoir du jour. Merci!

 

Nous finissons par payer 20 euros pour deux pour cette nuit, on est exténués, on ne sait pas quoi faire ensuite. Nous avons la sensation d'être bloqués et de ne pas pouvoir avancer. Quelle est la solution?

 

° Poursuivre la route en tandem ? Il y a plus de 1 000km jusqu'à Xi'an, nous n'avons plus qu'une trentaine de jours, impossible donc de faire la région du Sichuan ensuite, qui semble plus valoir le coup...

 

° Retourner à Pékin ? Au risque de ne pas trouver de bus puisque nous n'en avions pas trouvé, et de devoir prendre un vol en avion ? Pas du tout écologique et à quel prix ?

 

° Retourner à Pékin et rentrer en France ? On est fatigués et là on voudrait etre dans notre zone de confort mais il est hors de question de quitter la Chine avec cette image si négative.

 

La nuit porte conseil et nous prendrons la décision demain matin.

 

 

Jeudi 6 septembre

 

Allez, on se remotive et on retourne à Pékin. Nous avons trouvé un site internet qui nous donne deux autres gares routières avec les horaires des bus pour Xi'an... là c’est sûr, on va trouver !

 

C'est finalement 55km qui nous séparent de notre première station de bus à Pékin, nous les parcourons, la route longe l'autoroute, et c'est la même qu'hier. Pas franchement l'éclate et c'est la première fois que nous faisons demi-tour lors de nos trajets. On n'aime pas ça. Le vent sera contre nous et nous l'aurons de face pendant la totalité du retour vers la capitale.

 

Nous arrivons à la gare routière. L'hôtesse, me dit qu'il n'y a pas de bus pour Xi'an. Nous allons à l'autre station, à 12km. L'hôtesse ici, grâce à son traducteur, m'explique que ça fait plus d'un an qu'il n'y a plus de bus pour Xi'an, que la solution est le train. La Chine reine de la technologie n'a pas ses sites internet à jour ?  Grrrrr.

 

Restons sereins, on va bien finir par y arriver.

 

Je sors de la station et retrouve Jojo entouré d'un attroupement de chinois curieux. Y'en a pas un qui a envie de faire 1 000km et de nous amener à Xi'an ?

 

Nous réfléchissons un moment : Xi'an en train : Non ; en avion : ça va pas la tête ?! ; Retour en France : on est pas loin de choisir cette option, surtout Jojo qui n'a presque plus de patience.

 

Si Xi'an n'est pas desservi en bus … ne peut-on pas faire deux trajets en bus ? Je retourne demander à l'hôtesse s'il est possible d'aller à mi-chemin, et donc à Changhzi. Elle me dit qu'il y a un bus qui part à 19h, de la station où nous étions tout à l'heure.

 

Jojo aurait voulu arrêter les recherches et dormir, mais je suis déterminée à avoir la réponse et je n'ai pas envie de dépenser encore une nuit inutilement dans cette capitale que j'ai envie de quitter.

 

Nous retournons donc à la station ( vous suivez toujours ? Parce que même nous on s'y perd …) et c'est donc après plus de 80km aujourd’hui que nous espérons pouvoir prendre le bus.

 

Nous achetons les tickets, et montrons le tandem. Certains nous disent que ça ne passera pas, même si on leur dit qu'on l'a déjà fait. La guichetière me dit que les billets nous serons remboursés si le tandem ne rentre pas dans le bus. Nous attendons donc près de 2h. Les deux chauffeurs de bus arrivent, nous les accompagnons jusqu'au bus. Il ouvre la soute et là … merde! La soute est une demi-soute, donc en effet, impossible de mettre le vélo. La première soute est fermée à clé, le chauffeur finira par l'ouvrir , elle est entière et donc le vélo rentrera dedans … ouf.

 

Ils sont gentils et souriants , et l'un d'eux nous montre même qu'il ferme la soute à clé. Nous retournons à la station pour valider les tickets, et les deux chauffeurs derrière le bus nous demande rémunération. On leur donne 100 yuans (l'équivalent de 12€). Ils veulent le double. On refuse, c'est plus de la moitié d'une place et personne ne paye pour ses bagages. On leur en propose 150. Ils haussent le ton , et nous aussi , cette fois c'est stop, on est à bout, fatigués de se „battre” pour ce fichu bus. Il nous menace de sortir les affaires du bus, Jojo leur dira ok, marche d'un pas décidé vers le bus, le chauffeur ouvre la soute, et nous sortons les sacoches. Jojo leur criera „ Chinese good persons !!!” Le tandem est encore dans la soute et ils décident finalement d’accepter les 150 Yuans. C'est notre dernière solution, et on avoue que si on était partis, on aurait pris un vol retour puis-qu’aucune autre solution semblait appropriée.

 

Nous montons donc dans le bus, mécontents. Je passerai une mauvaise nuit à cause de ces deux chauffeurs, eux aussi corrompus par l'argent. J'ai horreur de ça. Je veux bien payer, mais faut pas nous prendre pour des cons!

 

Nous partons donc de la station Yong ding men à Pékin, en direction de Changhzi. Nous arriverons le lendemain matin.

 

Vendredi 7 septembre

 

Impatients, nous sortons rapidement de ce bus.

 

Le vélo était posé sur une couette, la couette est tâchée de graisse et le chauffeur nous le fait remarquer. On le regarde, blasés avec Jojo. Il croit vraiment qu'on va en faire quelque chose de cette remarque ? Après ce qu'il nous a fait hier ? Nous remontons le vélo, sans même faire attention à lui et repartons.

 

Nous demandons de l'aide au personnel de la gare routière pour le bus pour Xi'an. ( Jusqu’ici, on était pas sûrs qu'il existe)

 

Elles nous indique la station Ouest , à quelques kilomètres d'ici. Il y en a un à 8h40, et l'autre est à 17h45. Malheureusement, nous arriverons trop tard pour celui du matin et passerons la journée à attendre dans la gare routière, nos billets en main, mélangés aux locaux : les curieux, les photographes, les cracheurs ( oui oui, dans la gare … ). Le personnel semblait aussi nous dire que le vélo ne passera pas dans le bus, malgré nos photos de la veille, justifiant que c'est possible. Nous attendons jusqu'à 17h. Le personnel est gentil, et passerons la journée à nous sourire à leur passage.

 

Le chauffeur du bus arrive, il discute avec le personnel ( et nous avons peur que ça se passe comme la veille). Il est souriant et nous demande de le suivre, il ouvre la soute, c'est une soute plus étroite que les autres bus, mais en modifiant le guidon et en enlevant la roue avant, le tandem rentre à la perfection. OUF. Le chauffeur continue de nous sourire et nous demande de venir dans le bus. ( Bon alors, il va nous demander combien ? )

 

Il nous montre nos places, ferme mon rideau et installe la couette sur ma couchette pour que je sois à l'aise et s'en va pour s'occuper des autres passagers ( qui n'auront pas mon privilège). Nous sommes bouche bée de voir la différence importante entre hier et aujourd'hui, et franchement ce n'est pas pour nous déplaire. Nous ne payerons donc pas de supplément . Est-ce que le personnel de la gare y est pour quelque chose ? Ils lui ont surement dit qu'on attendait là depuis ce matin, ou il est peut être naturellement gentil.

 

Vers 19h30, pause repas dans une cantine de bord de route, le chauffeur toujours souriant et avenant nous indique qu'on peut manger ici. Les serveuses essayeront même de parler avec nous.

 

Ça nous remet du baume au cœur de voir ,qu'enfin, des bonnes âmes chinoises sont agréables.

 

Nous dormons beaucoup dans ce bus, et nous réveillons le lendemain, un peu avant la gare.