Chine - Partie 2

Samedi 8 septembre

 

Nous sortons donc de deux jours d'attente et de bus pour se rendre à Xi'an .

 

Nous assistons , à travers les vitres du bus, au marché matinal en pleine rue , où les étales de viande, poissons, fruits et légumes sont posés sur des tapis à même le sol.

 

Xi'an ( autrefois appelé Chang'an = paix éternelle; c'est un signe ? ) est une ville qui nous semble accueillante.

 

Nous sortons du bus, le chauffeur nous aidera pour les bagages et nous saluera avant de partir. C'est d'un Ouf de soulagement d'être arrivés, non sans peine, à notre destination!

 

Nous remontons sur le vélo à la recherche d'une auberge de jeunesse. Le centre de la ville est entouré de fortifications et nous avons l'impression de pénétrer un empire.

 

Les locaux nous sourient, nous font des „super” avec leurs pouces. C'est totalement un autre monde, et il faut le dire, ça nous remotive tellement pour la suite de la Chine !

 

Nous trouvons une auberge à 5€ la nuit par personne, juste au pied du contre-fort dans une petite ruelle près de la rue des artistes et vendeurs de pinceaux, encre et tableaux en tout genre.

 

Nous sommes crevés par nos journées de bus mais Xi'an nous tend les bras et nous avons envie de découvrir cette jolie ville.

 

Xi'an fut la capitale de la Chine, elle a plus de 3 100ans d'histoire derrière elle. La ville est entourée de remparts datant de la dynastie Ming, tout comme la Muraille de Chine.

 

Nous découvrons les bâtiments (que l'on peut visiter, payant évidemment) , la vie chinoise à Xi'an. Ici il est possible de se nourrir pour 1 ou 2 euros d'un plat plu que consistant et épicé de nouilles ou de pommes de terres. Un vrai régal.

Nous découvrons aussi des chinois, en plein shooting photo dans les quartiers de Xi'an, et nous en croiserons plein, en habits traditionnels mais aussi dans des vêtements plus " tendance" à poser pour des photographes. On trouve ça rigolo, et notre préféré est sans doute ce couple avec le vélo, allez savoir pourquoi ...

 

Au fil de notre promenade , nous tombons dans le marché Musulman. Le marché est énorme, il y a toutes les spécialités chinoises ici : nouilles, calamars frits, grenades fraîches ou en jus, dumplings, brochettes de mouton frit, noix, friandises faites sur place, souvenirs et bibelots chinois … bref nous sommes au cœur de la culture chinoise, au milieu d’une foule de locaux et touristes mais pour la première fois, nous aimons cette ambiance. Les odeurs et les couleurs se mélangent, c'est un plaisir de découvrir cet endroit de Xi'an et nous conseillons, si vous passez par cette ville, de vous arrêter dans ces rues et de vous imprégner de la vie „à la chinoise”.

 

Nous y repasserons même plus tard dans la soirée, lorsque les rues serons illuminées et que les vendeurs, debout sur des bancs, crieront que leurs brochettes sont meilleures et moins chères que celles du voisin. A la tombée de la nuit, il y a plus de monde et c'est un peu plus compliqué de circuler.

 

Dans cette ville, malgré la foule presque plus importante qu'à Pékin, règne une atmosphère plaisante et sereine.

 

Dimanche 9 septembre

 

Ce matin, nous aurions dû aller voir l'armée de terre cuite à quelques kilomètres de là (où se trouve le fameux mausolée du premier empereur de Chine: Qin Shi Huang, ) , et donc nous lever à 7h. Je suis un peu malade ( surement à cause de la fatigue des jours précédents et de la clim des bus) et nous déciderons de faire une journée de repos, nous irons demain.

 

Nous découvrons encore les rues de Xi'an en fin de matinée, mangeons dans un petit resto vraiment pas cher un plat de nouilles énorme bien épicé avec quelques légumes pour moins de 3 euros à nous deux.

 

Nous découvrons l'énorme centre commercial avec ses salles d'arcade à la chinoise ( petites salles de Karaoké, pistes de danse avec écran, jeux de combat, de voiture … la folie). Et c'est avec effroi que nous découvrons ces petits magasins dédiés à la vente d'”animaux mignons”. Pleins de petits chiens et chats enfermés dans des cages minuscules, en attente d'une famille. L'animalerie à la chinoise ... Certains sont même colorés … la connerie humaine existe donc!

 

Nous sommes énervés, tristes, impuissants face à cette scène, qui ici , semble tout à fait normale. Je ne comprend pas, et j'y repenserai encore longtemps, avec le cœur serré.

 

 

 

Jojo s'occupera , pour le reste de la journée, de réparer les chambres à air trouées il y a quelques jours, et moi de mettre à jour l'écriture.

 

Lundi 10 - Mardi 11 septembre

 

Ce lundi aurait dû être notre dernier jour à Xi'an mais nous attendions Isha, un de nos cyclopains hollandais. Il est arrivé par le bus cet après midi et aura besoin de se reposer un peu avant de reprendre la route, nous resterons donc jusqu'à Mercredi matin afin que nous soyons tous prêts à partir.

 

 

 

Alors qu'Isha vient d'arriver ce lundi après-midi, notre coloc' de chambre, un chinois de 36 ans, prénommé Pong, habitant à Xi'an avec są femme et son fils, avait envie de tester „l'ambiance auberge de jeunesse”, comme ça, pour voir.

 

Il finira par nous inviter tous les trois dans un restaurant de fondue chinoise. Nous passons une superbe soirée à quatre ou nous apprendrons qu'il est chef d'entreprise, qu'il semble relativement aisé.( Une nuit d'hôtel à Paris pour 100 euros ? Aucun soucis. ) Il a prévu de faire un voyage en Europe l'année prochaine avec są femme et son fils, pour aller au stade de foot de notre capitale et voir „Paris Saint-Germain” jouer. Il ne parle pas un mot de français et parle très peu anglais, c'est par le biais du traducteur que nous ferons la conversation. Merci à Pong pour są gentillesse et son invitation.

 

Mardi sera pour moi la journée de trop à Xi'an.

 

Il nous tarde de reprendre la route et nous commençons à nous „ennuyer” ici, j'ai besoin de remonter sur le vélo et de pédaler. Rester trop longtemps au même endroit me fait me sentir étrange, comme coincée et pas libre de mes mouvements. Aurais-je pris goût à ma vie de nomade ?

 

Mardi sera donc une journée „off” sans grand intérêt à raconter. Si ce n'est le resto vegan où nous sommes allés tous les trois sur nos vélos. Quel plaisir de rouler avec le tandem dans les rues de Xi'an, de nuit. Un peu dangereux par moment mais la piste cyclable nous laisse une grande liberté.

 

Nous irons donc manger pour une poignet de Yuan dans un petit resto vegan, au milieu d'un temple. La nourriture est conséquente et bonne et nous passons donc notre premier repas tous les 3.

 

Nous sommes ravis de pouvoir partager un petit bout de route avec un autre cyclo, et attendons avec impatience de voir comment cela va se dérouler.

 

Serons- nous capable de ne pas être trop „ individuels”, puisque nous roulons à deux depuis maintenant plus de 3 mois ? Aurons- nous le même rythme ? Serons- nous d'accord sur la route à prendre, les lieux de pause, de repas, de dodo ?

 

Toutes ces questions, qui peuvent parfois être source de dispute entre nous deux, ne devrons pas l'être à trois.

 

Mercredi 12 septembre

 

Le voilà enfin, le jour tant attendu, un peu comme une rentrée scolaire, où il est difficile de trouver le sommeil la veille et où tu te demandes ce qui t'attend et si tu arriveras à te faire de nouveaux copains.

 

Nous remontons en selle et c'est parti pour 90 km. Nous croisons des tas de vendeurs de raisin en bord de route. Pour midi , nous nous arrêterons dans un petit „bouiboui” en bord de route, où nous avons pu manger de très bonnes nouilles avec des légumes et tofu. Il est un peu difficile de nous faire comprendre mais avec le traducteur et le „g'palémo” imagé, ça devient plus simple. La route est plutôt agréable et il y des champs de maïs et de kiwis sur des kilomètres et des kilomètres. Je m'arrêterai pour prendre une photo quand un homme viendra me chercher et m'emmène dans la remise où y sont entreposés des centaines de kiwis, des femmes sont en train de les mettre dans des boîtes. Il m'en donnera un casque rempli ( c'est une bonne unité de mesure pour nous) et lorsque je voudrai lui payer, il me dira que c'est un cadeau. Merci pour ce super dessert, local et délicieux.

 

 

 

Nous finirons notre route dans un petit village, où il est facile de trouver une chambre. Toquez à la porte d'un restaurant en chine, il est probable qu'il y ai une chambre disponible à l'étage.

 

Nous payons l'équivalent de 2 euros par personne pour une chambre (certes , ce n'est pas du grand standing, et les toilettes turcs avec douche intégrée sont communs à tous mais on s'y fait.)

 

E finirons par manger au restaurant en dessous pour aussi 2 euros par personne. Il est finalement très facile de se remplir l'estomac et d'avoir un toit et des commodités à disposition pour moins de 8 euros par jour.

 

Nous ferons une conversation à l'aide de la traduction du téléphone de nos voisins de chambre, curieux de voir des cyclovoyageurs ici.

 

Le responsable du restaurant nous mettra en garde sur la route que nous devons emprunter demain, il dit que c'est fermé et qu'il est possible de ne pas pouvoir y passer.

 

Jojo installe la moustiquaire au dessus du lit, car habituellement c'est à lui que s'en prennent les moustiques et ici, il faut commencer à s'en méfier.

 

Et nous nous couchons tous les trois pour être en forme pour gravir la montagne qui nous attend demain.

 

Jeudi 13 septembre

 

Ce matin, il pleut malheureusement mais ça n'entachera pas notre motivation. Nous sommes prêts à partir, et notre voisin de chambre rencontré hier , nous dira que c'est „dangereux avec la pluie d'aller dans la montagne”.

 

Nous entamons notre montée et voyons déjà en contre-bas le village que nous quittons. Ça grimpe fort mais nous avons un bon rythme.

 

Au bout de quelques 3 kilomètres, la route semble bloquée et un poste de police nous attend. C'est d'abord trois policiers puis une dizaine qui nous attendent. A peine arrivés nous sommes mitraillés de photos avec nos vélos alors que nous discutons avec l'un d'eux, on nous demande nos passeports, nous passons devant la caméra. Ils nous expliquent qu'à cause de la pluie il y a des éboulements et que la route est donc infranchissable. Il faut faire demi-tour et emprunter une autre route. C'est sur leur carte, tout écrit en chinois qu'ils nous montrent l'autre itinéraire. Un des policiers baragouine quelques mots d'anglais pendant que le „paparazzi” continue de nous prendre en photo.

 

Nous faisons donc demi-tour, pour retourner dans le village et rejoindre une autre route. Cette route là va nous faire perdre une journée de pédalage mais bon, pas d'autre solution d'offre à nous.

 

Nous parcourons donc quelques 77km vers l'Ouest et non vers le Sud. Il pleuvra d'une petite pluie toute la journée, pas si dérangeant, même si bien évidemment on préfère lorsqu'il y a du soleil.

 

Nous mangerons aussi dans un petit restaurant ce midi , toujours pour quelques Yuans. Il semblerait que le réchaud ne va pas beaucoup servir ici.

 

Nous apercevons au loin les montagnes, d'un beau dégradé de bleu sous le temps couvert.

 

Nous sommes toujours près des arbres fruitiers de bord de route : kiwis et même grenades à certains endroits. Le maïs aussi est toujours présent.

 

Ici nous achèterons une dizaine de kiwis pour moins d'un euro, que nous mangerons lors d'une pause cet après-midi. La route monte un peu et pour un deuxième jour de reprise, on y va fort quand même, on se sent un peu fatigués.

 

Nous trouverons, dans un village, un petit hôtel avec une chambre pour trois pour 5 euros par personne avec une douche et de vrais toilettes, cool. La tente aussi , va peut être restée dans są pochette.

 

Nous avons la visite de deux policiers dans la chambre d’hôtel, qui nous prendrons en photo et nous refont remplir un papier avec nos informations de passeport. ( l'un d'eux porte des chaussures qui ressemblent à des chaussettes avec … une feuille de cannabis dessiné dessus. ) Bon rien de bien effrayant mais on se demande pourquoi …

 

Et nous mangerons encore une fois dans un petit restaurant, où nous choisissons nos ingrédients. Nous nous retrouverons avec des bols énormes, que nous aurons du mal à finir. Nous mangeons plus qu'à notre faim et la nourriture est délicieuse, j'adore.

 

Il est temps de se reposer ce soir, demain cette fois, une autre montagne nous attend vraiment.

 

Vendredi 14 septembre

 

La journée aurait pu se passer plus paisiblement mais les joies de la Chine en ont décidé autrement.

 

Nous nous réveillons après une nuit sur un matelas dur comme une planche de bois, mais la douleur au dos du réveil ne sera que passagère.

 

C'est parti pour aller arpenter la montagne sur nos bicyclettes. Nous croiserons un cyclotouriste chinois, avec lequel Isha aura envie de discuter sur leurs montures respectives. Il va au Tibet et n'a ni tente, ni de quoi cuisiner. Il sait qu'ici , ce sont des superflus qui vont rester dans les sacoches.

 

Nous faisons environ 35 kilomètres en direction de la route qui nous emmène vers la montagne et décidons de commencer à gravir celle-ci, avant de nous arrêter dans un petit restaurant en bord de route. Les deux cuisinières sont adorables et nous mangerons encore une fois à notre faim (et plus encore). Petite photo habituelle de la part des locaux pour immortaliser le moment dans leur restaurant avec ces étrangers et c'est parti pour continuer de grimper. Nous faisons près de 10 kilomètres dans la route serpentée et suons à grosses gouttes mais la vue est déjà magnifique, surtout lorsque nous croisons ce temple à flanc de montagne.

 

Au loin, une sirène retentis et, arrivée à notre hauteur, la sirène et les gyrophares s'arrêtent. Trois policiers désireux de nous montrer leur autorité nous demande, avec la mine la plus désagréable possible, nos passeports et nous prennent en photo. C'est grâce à leur traducteur qu'ils nous demandent de faire demi-tour, la route n'est pas autorisée aux étrangers. Euh pardon ? J'ai un visa chinois et je ne peux même pas aller dans toute la chine ? C'est quoi cette idée?

 

Ils ne démordent pas, et pendant qu'un nous demande de faire demi-tour immédiatement et rapidement, sans même nous donner d'autre explication, ni nous aider sur une route éventuelle a prendre … un autre semble appeler du renfort ? Ses supérieurs ? Są femme ? On ne sait pas mais il semblait mécontent.

 

Bon, ils rigolent pas, et même lorsque je souhaite prendre une photo de mes deux accolites à la mine déconfite, ils me demandent de ranger mon téléphone. J'ai horreur de ce genre de comportement et je leur ferai savoir, même s'ils ne comprennent pas un mot de ce que je raconte. ( c'est positif, sinon je serai surement dans une cellule pour „outrage à agent”)

 

Nous redescendons donc toute cette grande traversée ( bien plus rapide en descente qu'en monté il faut l'avouer) avec derrière nous, la police qui semble vouloir nous escorter jusqu'en bas de la montagne.

 

Ils nous stoppent de nouveau en bas et nous redemandent nos passeports pour „vérifier nos identités”. C'est vrai , entre en haut et en bas de la montagne, ça a peut être changé, qui sait …

 

Nous attendons pendant ce temps et l'un d'eux , sous le rire des locaux curieux et de ses collègues, nous montrera le panneau en bord de route, caché sous les herbes hautes, écrit en chinois et en sous titre minuscule anglais „ interdit pour les étrangers, sauf autorisation”. Ils savent faire des publicités géantes et visibles à des kilomètres mais ce pauvre panneau perdu dans les hautes herbes … franchement !

 

Il nous rend les passeports et avant de partir nous regardons quelle direction nous allons donc prendre puisque la première route est fermée pour cause d'éboulement, la deuxième est interdite aux étrangers et l'autre route est l'autoroute … interdite aux vélos.

 

Nous mettons quelques minutes avant de nous décider à aller vers Baoji, pour éventuellement prendre un bus en direction de notre couchsurfing qui nous attend dans quelques jours à Guangyan.

 

Au moment de partir, la police décide de nous redemander encore nos passeports et de vérifier nos identités une troisième fois . On apprendra à Isha cette expression : „Jamais deux, sans trois”.

 

Nous pouvons enfin repartir vers Baoji. Quelques dix kilomètres nous séparent de cette ville.

 

Nous trouvons la station de bus et demandons s'il est possible de prendre un bus pour Guangyan. Elle nous dit qu'il y a un bus à 17h mais à la vue de nos vélos le bus se transforme en navette pour l'aéroport de Xi'an. A elle mal compris ? Mais elle nous dit ensuite qu'aucun bus ne va à Guangyan. On va donc essayer de prendre un bus qui va moins loin, et verrons ensuite.

 

Le bus pour Hangzhong à 200 km, est demain matin à 7h, elle a appelé ses collègues pour savoir si les vélos passaient, sans certitude. ( comme d'habitude) Nous verrons bien à l'heure voulue.

 

En attendant, elle nous propose d'aller à l’hôtel dans la station de bus et nous aura même un prix pour une chambre pour trois. Malheureusement , au moment de donner nos passeports, l'hôtesse, qui semble avoir appelé quelqu'un, nous dit que ce n'est pas possible car le poste de police est fermé et qu'elle ne peut donc pas nous enregistrer. Il y a un hôtel un peu plus loin. ( Pour nous le problème reste le même si le poste de police est fermé... décidément , la Chine est un pays aux lois étranges. )

 

Nous allons dons à quelques mètres de là, ici ça ne semble pas poser de souci, et nous payons 6 euros chacun pour une chambre avec un grand lit et un petit lit ( contrairement à hier, nous avions deux petits lits, et nous avons donc dormi un peu serrés dans le même avec Jojo.)

 

L'hôtesse gardera longtemps nos passeports , car semble remplir tout un tas de paperasse, ce que l'autre au première hôtel n'avait peut être pas envie de faire …

 

Nous trouverons un petit „bouiboui” dans une rue parallèle pour manger un bol de nouilles plus qu'épicées ( ma bouche et mon estomac aujourd'hui ont plus de mal à s'y faire) .

 

Après une journée pareille, où nous sommes un peu dégoutés ,encore une fois, de l'incompréhension de toutes ces „interdictions” made in China. Nous irons dormir rapidement, demain matin, c'est à l'aube que nous allons peut être devoir batailler pour rentrer avec nos vélos dans le seul moyen de transport qui semble pouvoir nous emmener plus loin et plus proche de l'objectif „Chengdu, village de pandas”.

Samedi 15 septembre

 

Une nuit de plus d'attente et nous sommes motivés pour rejoindre Guangyan en bus ce matin. Il pleut fort mais nous sommes à quelques centaines de mètres seulement de la station de bus, et serons plutôt épargnés par la pluie.

 

Arrivés à la station de bus,il est seulement 6h”à, nous n'avons pas déjeuner, pensant pouvoir le faire tranquillement dans le bus, mais l'excitation se transformera vite en désillusion et recherche d'une autre solution. En effet, l'hôtesse de la veille nous demande d'attendre, elle revient quelques minutes plus tard avec une collègue, et écrit sur son traducteur que nous devons nous rendre à l'autre station de bus ( plus grande semble-il) car ceux qui se trouvent ici ne passent que par une route interdite aux touristes. On ne comprend pas vraiment quelle différence il eut y avoir avec les autres bus mais nous sommes finalement dans l'incapacité de prendre le bus ici, ils refusent catégoriquement. Elle nous donne un numéro de téléphone et nous explique que le conducteur nous attend.

 

Ok, on s'est levé très tôt pour rien et maintenant nous devons rejoindre l'autre station, sous la pluie diluvienne, à 12 kilomètres de là. Déjà je n'y crois plus, et ai simplement le sentiment que, comme à Pékin, nous allons encore devoir batailler.

 

Nous roulons donc, sous la pluie, et malgré nos vêtements imperméables, nous sommes rapidement mouillés. Arrivés à la station supposée, on nous dit que ce sont ici des bus de ville et qu'aucun ne va à Guangyan, il faut se rendre à un autre station de bus à moins d'un kilomètre.

 

On se rend dans la dernière station : Aucun bus ici ne partent à notre destination non plus. Isha a une carte sim chinois et décide donc d'appeler le numéro en question : l'homme ne parle pas anglais et il est donc impossible de communiquer. Nous demanderons à une personne chinoise de contacter ce numéro, chose qu'elle fera et à deux reprises, le numéro ne décrochera pas. Et si c'était juste un moyen de se débarrasser de ces étrangers un peu trop insistants ? On a l'impression qu'on s'est fait avoir.

 

Ils nous disent ici, qu'il faut aller à la gare et prendre le train.

 

Nous allons donc à la gare ( qui se trouve près de la station des bus de ville) et demandons au service bagage s'il est possible de prendre les vélos. Il y a effectivement un train qui s'occupe du transport des bagages ( pas le même que le train voyageur) et ils mettront 2 à 3 jours pour arriver à destination. On nous dit qu'il y a des trains pour Guangyan et qu'on peut acheter nos tickets. Jojo restera au service bagage avec les vélos en attendant que nous soyons sûrs d'avoir nos tickets de train.

 

Au guichet, l'homme dit qu'il parle anglais mais ça devient tout de suite complexe pour se faire comprendre, malgré la présence d'Isha et son Anglais parfait.

 

Il y a en effet des trains pour Guangyan, mais de Xi'an, pas de Baoji. Il faut prendre donc deux trains, un pour Xi'an (d'une autre station de train que celle où nous nous trouvons) puis un de Xi'an pour Guangyan...

 

Bon on vous passe tous les détails concernant le train parce que même nous on s'y perd un peu, mais nous trouverons finalement une solution plus simple et moins chère ( mais beaucoup moins rapide) : le service marchandise nous trouvera un train „exceptionnel” (à cause de routes fermées pour éboulements de terrain encore) de Baoji à GuanGyan pour moins de 3€ par personne. Le problème : le train met 12h, pour 200km...

 

Nous finissons par prendre cette solution, la dernière qui nous semble le plus sûre. Le train part demain matin à 7h30, les vélos sont donnés au service marchandise aujourd'hui et arriveront début de semaine prochaine. Il est près de 11h maintenant, il s'est enfin arrêté de pleuvoir, nous trouvons un hôtel , petit-déjeunons enfin et passerons le reste de la journée a souffler de toute cette bataille infinie pour faire seulement moins de 400 km, sans nos vélos.

 

C'est fatiguant, depuis Pékin, nous avons l'impression de ne pas pouvoir pédaler et circuler librement, le vélo en Chine c'est pour le moment réellement un handicap et ça nous décourage beaucoup.

 

Dimanche 16 septembre

 

Petit déjeuner rapide, sacoches remballées , nous allons à la gare de bon matin pour prendre notre train de 7h30. Il y a des contrôles partout : tickets de train, passeport, bagages.. on se croirait dans un aéroport. Nous entrons dans ce train bondé de locaux, et prenons place, sous les yeux curieux de tout notre wagon, et pour cause, nous sommes les seules „ têtes blanches” ici, et en plus, nous avons tout un tas de sacoches avec nous.

 

Notre journée sera rythmée de repas, jeux sur téléphone, jeux de carte, écriture, contemplation des magnifiques paysages de montagnes ( dans lesquelles nous aurions voulu pédaler) et parfois ennui profond, et ce, toujours sous les yeux de nos voisins de wagon.

 

Plus nous nous rapprochons de Guangyan, et plus nous découvrons la vie „typique” de ces chinois de campagne : à vendre des poireaux, cacahuètes et autres produits de leurs cultures dans le train. Ces petites femmes qui nous semblent si frêles portent des paniers énormes sur le dos.

 

D'autres ont des sacs en toile de jute troués donc nous voyons sortir la tête et le buste des poules.

 

C'est donc peu avant 20h que Monika, notre hôte couchsurfing, nous accueille d'un grand sourire à la gare. Cette jeune femme blonde de 28 ans, aux origines polonaises, vit ici depuis 1 an et demi et je suis impressionnée lorsque je l'entend parler chinois et négocier le prix du taxi our retourner chez elle.

 

Elle est prof. d'anglais ici, et nous dira aussi que peu de chinois parlent anglais car à l'école ils écrivent, lisent mais ne parlent que très peu anglais. Elle même doit parler chinois avec ses collègues prof. d'anglais, car ils ne se comprennent pas en anglais. On trouve ça dingue.

 

Nous arrivons donc chez elle, dans un joli appartement d'une petite rue de Guangyan.Romain, n voyageur français, dont le 27 ème anniversaire est mardi, est déjà là et nous partagerons ce couchsurfing avec lui aussi.

 

Nous passerons la soirée tous les 5 à discuter et ça me fait du bien de rencontrer de nouvelles personnes, en l’occurrence une autre fille. Nous partagerons nous expériences face au voyage et aux réactions de nos parents. C'est rigolo de voir les ressemblances.

 

Dimanche 17 septembre

 

„Today is a lazy day”. Après tout , c'est dimanche non ?

Nous ferons une grass' matinée et , pendant que Monika part travailler, nous restons tous les 4 ( Isha, Jojo, Romain et Moi) dans son appartement. Isha nous cuisinera des pâtes et des protéines de Soja. Ça change un peu des nouilles chinoises, et c'est sympa de manger un repas tous ensemble. L'après-midi ne sera pas plus productive et le parc que nous voulions visiter sera repoussé à demain

En rentrant du travail, Monika nous propose de sortir ce soir, et nous passerons la soirée dans un Karaoké. En chine, le karaoké est une institution. Nous nous retrouvons donc dans une salle tous les 5, a chanter sur des clips parfois „re-chinoitisés”, les tubes de notre adolescence. Nous serons rejoint par quelques amis chinois de Monika, qui chanterons leurs chansons, sur paroles en écriture chinoise. Ils sont hyper-timides et doivent penser, lorsque nous chantons fort et en dansant, que nous sommes tout simplement fous.

 

On se prend vite au jeu du Karaoké et nous passons une bonne soirée.

 

Mardi 18 septembre

 

Aujourd’hui, comme hier, il pleut. On se dit qu'on ne va pas mettre le nez dehors mais c'était sans compter sur l'appel du service express, qui nous informe que nos vélos sont arrivés. Youhou, on attendra une accalmie pour aller, en taxi, jusqu'à l'adresse indiquée. 10 yuans le taxi ( Un peu plus d'un euro) pour nous trois, c'est pas énorme et Jojo est content, c'est la première fois qu'il appelle un taxi, comme dans les films. On mettra plus d'une heure a trouver l'adresse, qui n'était pas si évidente, même pour la dizaine de locaux croisés à qui on a demandé de l'aide.

 

Les voilà enfin, nos beaux vélos. La selle de Jojo a été légèrement abimée mais rien d'autre, ouf.

 

Nous rentrons chez Monika, qui est au travail. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Romain et nous irons manger un burger tous les trois, que nous lui offrirons pour „marquer le coup”.

 

Monika en rentrant du travail, ira chercher un gâteau d'anniversaire Hello Kitty tout à fait kitsch et drôle et nous fêterons ensemble, avec le joyeux anniversaire traditionnel chanté en chinois pour l'occasion.

 

Le soir nous irons manger un „hot pot”, la fondue chinoise, notre dernier repas tous les cinq, avant de reprendre la route, sur nos fidèles montures cette fois et sous la pluie semblerait -il.

 

Mercredi 19 septembre

 

La pluie s'est arrêtée un peu avant 9 heures et nous commencerons à pédaler après avoir dit au-revoir à Monika et Romain. Peut-être que nous reverrons Romain au Vietnam, qui sait.

 

Les montagnes chinoises nous attendent et c'est finalement sous un temps brumeux et humide que nous pédalerons nos 77 kms de ce jour. Nous aurons beaucoup de dénivelé positif et il fait environ 25 degrés : de quoi nous mettre direct dans le bain.

 

Nous passons des tas de villages, et devant presque chaque maison, les épis de maïs se font déshabiller et égrainer. Pour ensuite sécher au bord des trottoirs et parfois même sur la route.

 

Les premières rizières apparaissent dans cette région du Sichuan. Les paysages sont magnifiques et nous sommes plongés dans la vie des chinois de campagne.

 

Nous croisons aussi aux abords de ces maisons des chiots, tous plus petits les uns que les autres, enchainés aux arbres, et nous nous demandons où ont bien pu passer les adultes. Chaque maison semble avoir son „animal de compagnie”, et c'est bien tristement que nous les regardons.

 

Encore une fois, je ne comprend pas pourquoi tous ces animaux sont attachés. Triste réalité ce manque d'humanitude qu'ont les hommes face aux animaux. Accepteraient ils d'être enchainés à des arbres h24, sans jamais pouvoir en faire, ne serait-ce, que le tour ?

 

Nous reprenons le rythme habituel et nous arrêtons pour manger dans un resto le midi, pour moins de 2€ par personne toujours, trouvons un hôtel très facilement et à moindre prix ( dormir à 3 dans une chambre, ça fait des économies), et mangeons encore au resto le soir. La dépense effective par jour ne dépasse que très rarement les 8 euros par jour et par personne.

 

La cohabitation à trois reprend son court et c'est un peu difficile pour moi , la proximité me pèse un peu: nous sommes rarement que tous les deux, la douche et le toilette qui sont dans les chambres d'hôtels sont très peu insonorisés, et la vitre qui sépare de la chambre laisse deviner les silhouettes... bref , je ne me sens pas si libre que lorsque nous sommes à deux et c'est une porte ouvert dans mon intimité, ce qui est compliqué pour moi.

Jeudi 20 septembre

 Après une nuit plutôt mauvaise : petit lit dans lequel nous dormons à deux, et dont les ressorts rendent le couchage inconfortable, beaucoup de klaxons dans la rue, et des voisins bruyants qui semblent oublier qu'ils ne sont pas seuls … c'est de mauvaise humeur que je me réveille ce matin. ( Hé oui, ça arrive.)

 

La mauvaise humeur matinale va laisser peu à peu place aux respirations bruyantes de nos efforts en montée. Il fait près de 30 degrés mais l'air ambiant est humide.Nous avons beaucoup de chance avec le temps, nous pensions qu'il devait pleuvoir mais il n'a plus que lorsque nous étions chez Monika, à Guangyan.

 

La montagne chinoise est plus dure encore que la montagne russe mais c'est d'un bon rythme que nous arriverons au bout de nos 78kms. Nous croisons encore des villages,dont les habitants qui s’affairent toujours à la récolte et au séchage des maïs, semblent de plus en plus étonnés de nous voir, nous aurons le droit à des encouragements, des signes de main, des « NiAHOOOOO » ( Bonjour) et des pouces levés beaucoup de fois aujourd'hui. Ils savent que leurs montagnes sont rudes, et ça nous fait du bien d'être encouragés. Un homme sur son scooter, nous attendra même dans une côte, pour nous prendre en photo. Peu soucieux du danger de la route, c'est souriant et extrêmement content qu'il nous prendra en photo et demandera à Isha de nous prendre en photo avec lui.

 

Ça grimpe et c'est fatiguant mais la vue sur les montagnes et les villages plus bas est tellement belle, qu'on se dit que nous efforts en valent la peine.

 Nous aurons le droit à une superbe descente sur quelques 10kms (enfin, après cette journée de grimpette) avant d'arriver à Changqing, où nous aurons peine à trouver un hôtel qui veille bien de nous. On ne sait pas pourquoi, et ça ne semble pas être une raison d' »hôtel plein » mais on nous refusera une chambre dans deux hôtels avant d'en trouver un troisième dont le gérant, heureux de nous accueillir, nous aidera a porter nos sacs et nous accompagnera au 4ème étage. Mes jambes n'ont plus de force et c'est avec difficulté, que je ferais ce dernier effort, le sac sur le dos, et les sacoches à la main.

 

J'aime cette fatigue là, celle d'avoir l'impression que mon corps est vidé de toute énergie mais en sachant que demain,, je pourrai recommencer. J'ai l'impression de lui faire du bien et d'avoir accompli, en montant cette montagne, quelque chose de bon pour moi, autant physiquement que mentalement. Qui aurait pu croire un jour que je dise que j'aime faire plus de 60 kms de montée, sur mon vélo plein de bagages, à l'autre bout du monde ? Même pas moi, assurément.

 

Nous mangerons dans un petit restaurant encore ce soir. Je commence à avoir envie de manger autre chose que des nouilles, du riz et des légumes en sauce pleine d'huile et qui arrache, mais on s'en contente assez bien après une journée pareille, surtout que je commence à réussir manier les baguettes chinoises. Les grains de maïs ne me résistent plus.

 

Ma baguette française et ma pâte à tartiner me manquent quand même, je dois l'avouer.

Vendredi 21 septembre

 

L’objectif du jour, est d'aller jusqu'à chez notre prochain Warmshower, Alain, à Mianyang. Elle a prévu une petite rencontre avec son club de cyclisme pour nous, comme une « fête de bienvenue », nous sommes impatients de les rencontrer, et surtout de dormir chez notre premier vrai local depuis notre arrivée en Chine, il y a maintenant un peu plus de 3 semaines.

 

Nous roulons donc nos 75 kilomètres, plutôt facilement. Il doit faire encore 30 degrés, le temps est chaud et humide. Comme d'habitude nous mangerons dans un petit restaurant ce midi.

 

Nous arrivons en début d'après midi à Mianyang et sommes accueillis par Alain. Cette jeune femme de 23 ans en paraît 19. Elle est timide mais souriante. Elle nous emmène dans un endroit merveilleux : un restaurant décoré au naturel, un vrai havre de paix ou nous serons accueillis chaleureusement par la propriétaire, et où le club de cyclo' arrivera au compte goutte. Nous aurons le privilège de boire du thé avec eux tous. Alain retournera travailler et nous laissera donc l'après midi et la soirée dans cet endroit avec ces gentils locaux. L'un d'eux parle français et un autre anglais, nous arriverons à communiquer. Les femmes aiment prendre des photos et nous passerons beaucoup de temps avec «  notre fan club » à prendre des tas de photos. Moi qui trouvait que ma mère prenait beaucoup trop de photos aux événements … tout est relatif au final.

 

Une des femme me regarde étrangement depuis quelques minutes et me montre sur son téléphone une photo d'une cyclotouriste chinoise en photo avec moi. OUIIIII, souvenez vous après le lac Baïkal nous avions rencontré deux cyclotouristes chinois dans l'autre sens, qui allaient au lac... Ils habitent ici et viendront ce soir.

 

Combien y avait il de chance pour que nous retrouvions des cyclotouristes chinois plus d'un ois après les avoir rencontré ? Deux chances sur 1 milliard 379 mille … incroyable. Tang, arrive avec un sourire immense et me fera un câlin, comme si nous nous connaissions depuis des années. Elle dit que ce sont les dieux qui ont décidés de nous remettre sur la même route.

 

Nous passons une agréable soirée et on nous offrira le repas, que nous prenons tous ensemble, mais il commence à faire nuit et nous devons rejoindre Alain chez elle, à 18 kilomètres de là. Rouler la nuit en Chine dans les grandes ville est à la fois un plaisir pour les yeux car tout est illuminé et il y a de la vie dans les rues mais c'est aussi relativement dangereux, plus que la journée, car les conducteurs ne font pas attention à ce qu'il se passe autour d'eux. C'est sans encombre que nous arriverons en fait dans sa salle de classe et non dans sa maison . Elle nous quittera quelques minutes plus tard après nous avoir annoncé qu'elle nous accompagnera demain en vélo jusqu'à Deyang. Il y a deux chambres et nous dormirons là cette nuit, sous la moustiquaire.

 

Samedi 22 septembre

 

Alain est arrivée un peu avant 9h30, nous sommes prêts et partons tous les quatre en direction de notre hôte de ce soir.

 

Nous croisons sur notre route deux cyclo- touristes chinois, qui ferons un petit bout de route avec nous, avant que notre pneu arrière crève, encore , pour le troisième jour consécutif dont on n'arrive pas à repérer la cause et ça commence à nous énerver.

 

Réparation rapide et nous sommes repartis pour faire les 65 kilomètres qui nous séparent de Deyang, avec une pause repas à midi, offert par Alain.

 

Nous arrivons à Deyang et nous séparons, pour laisser Alain passer du temps avec son ami et nous les retrouverons ce soir pour manger.

 

En attendant, nous profitons du bord de rive pour nous reposer et boire un coup.

 

Aga, une polonaise, amie de notre hôte de demain, nous accueille ce soir pour dormir. Elle est occupée avec ses amis et nous ne la verrons qu'en coup de vent pour récupérer ses clés. Nous irons manger dans un restaurant de hot pot végétarien avec Alain et son ami ( qui nous offrira le repas, merci à lui) et irons chez Aga. Son appartement est spacieux et nous avons notre propre chambre, c'est sympa.

 

Nous ne reverrons pas Aga avant notre départ demain.

 

Dimanche 23 septembre

 

Il est près de 10h30 lorsque nous quittons l'appartement, Aga dort encore et nous ne voulons pas la déranger.

 

Le temps est agréable et la route est plate. Vers midi, il se met à pleuvoir et nous nous arrêterons donc un moment pour manger, le temps que la pluie cesse. Nous avons du temps puisque Chengdu n'est qu'à 60 kms de notre point de départ et décidons donc d'aller dans la réserve des pandas en fin d'après-midi.

 

Chengdu et la région du Sichuan est réputé pour ses pandas géants, ils ne vivent que dans les provinces du Sichuan et du Gansu.

 

Je n'avais au début pas envie d'aller les voir juste pour dire «  ok, j'ai vu des pandas, peut importe les conditions de vie dans lesquelles ils sont. » Je me suis donc renseignée sur la réserve , savoir si c'était comme un zoo, quel était le but de cet endroit et l'espace qu'on les pandas pour se développer. Il s'avère que c'est un site de sauvegarde de pandas et qu'ils tiennent à les bien-traiter. Ils ont l'espace nécessaire et la nourriture en conséquence. Ce sont bien évidemment des pandas qui passeront toute le vie en captivité.Ce site a commencé avec 6 pandas, il y en a maintenant environ 80 .

 

Nous déposons nos vélos et toutes nos affaires au parking, c'est un endroit ouvert mais des vendeuses de fruits s'occupent aussi de la sécurité et demande 10 Yuan par voiture. Nous n'avons pas d'autre choix que de laisser nos vélos.

 

Nous prenons l'essentiel de valeur et partons voir les pandas dans leur réserve.

 

Il s'avère en effet qu'ils ont chacun leur espace, et que tout est verdoyant. Le seul problème dans ce genre d'endroit ce sont les touristes qui crient et tapent des mains pour réveiller les pandas. Quels cons !

 

Le panda géant mesure entre 1 mètre 50 et 80 et peut peser jusqu'à 125kg. Son alimentation est constituée à 99% de bambous – il peut en manger jusqu'à 20 kg par jour. Un panda passe environ 14h par jour à manger.

 

C'est avec beaucoup d'agilité qu'ils grimpent aux arbres et s'y reposent. Ils ont l'air de grosses peluches toutes douces mais leurs longues griffes me font vite me dire qu'il vaut mieux pas les embêter.

 

Pourquoi le panda est un animal menacé ? Parce que la reproduction est difficile. Ils ne peuvent se reproduire que quelques jours par an et lorsque la femelle accouche ( généralement 2 bébés) elle ne s'occupe que de l'un d'eux, le plus fort.

 

Mais la principale raison est bien sûr l'Homme: il abat des forêts pour l'agriculture et l'habitat du panda est donc plus restreint, sa nourriture est moindre et les pandas se retrouvent dispersés dans les montagnes , ce qui rend l'accouplement plus compliqué...

 

Je suis comme une enfant face à ces animaux et je pourrais passer des heures à les observer mais le parc ferme bientôt ses portes et nous devons récupérer nos vélos avant 18h.

 

Nous rejoignons l'appartement de nôtre hôte, Anne, une américaine de 25 ans, professeur d'Anglais pour des enfants de 2 à 3 ans.

 

Nous nous faisons la réflexion que la plupart des « expatriés » en Chine, sont professeurs d'Anglais.

Lundi 24 - Mardi 25 Septembre

 

Nous passerons deux jours chez Anne, elle nous emmènera découvrir la ville et manger ensemble, nous participerons à une activité pâtisserie pour faire des "mooncake" à l'occasion de la fête de la "mi- automne". Nous sommes un peu déçus finalement, nous pensions que la deuxième fête chinoise serait célébrée dans les rues mais ce sont simplement deux jours fériés, pendant lequel les familles se réunissent.

Nous avons besoin de nous reposer un peu avant de partir et lundi n'a pas été vraiment reposant. Nous lui demanderons de rester encore un jour, pour finir mes écrits, pour que Jojo s'occupe du vélo et pour se remettre d'une nourriture nous ayant donné quelques soucis gastriques.

 

Isha repartira mardi en fin de matinée, son visa est plus court que le nôtre et il doit faire une demande d'extension dans une ville un peu plus loin. Nous le reverrons d'ici 3 jours.