Chine - Partie 3 - suite et fin

Mercredi 26 Septembre

Nous vous avions laissé à Chengdu, avant de reprendre la route sur notre tandem, direction la région du Yunnan.

 

Notre visa expire le 12 octobre et nous devons être à la frontière Vietnamienne avant, ou demander une extension. Nous ne savons encore pas quelle option choisir pour le moment.

 

Nous parcourons ce jour plus de 80 kms, mais ce n'est pas sans encombre, car aujourd'hui encore, comme chaque jour depuis près d'une semaine, il nous faut nous arrêter pour réparer la chambre à air, percée. Nous n'arrivions pas à trouver la cause, et pensions que c'était un rayon de la roue arrière. Il avait été changé et nous avons l'espoir de ne plus crever. Pas de chance, ce n'était donc pas ça, et nous devons retirer tous les bagages du vélo, pour réparer la chambre à air de la roue arrière. Deux fois aujourd'hui.

 

Notre motivation est affectée, et on est un peu tendus sur le vélo, de peur que ça recommence, mais on continue de pédaler dans la bonne humeur.

 

Nous dormirons ce soir à Meishan.

 

Jeudi 27 septembre

 

Ce soir nous dormirons chez Chen Yi, une prof de 26 ans à l'école d'infirmiers de Leshan. Motivés, et malgré le temps humide à pluvieux, nous arriverons à destination à 16h30, 80 kms plus loin.

 

Nous avons encore aujourd'hui , crevés 2 fois. Sans en connaître la cause, et ça commence à sérieusement nous énerver.

 

Pas le temps de s'occuper du vélo, Chen nous emmène à la cité universitaire pour manger des nouilles très épicées ( yeux qui pleurent, nez qui coule et bouche anesthésiée, voici mon quotidien chinois … ) et nous assisterons ensuite à un cours sur « la prise de sang du nourrisson ».

 

Il y a une quarantaine d'étudiants infirmiers, dont seulement trois garçons. Les étudiants sont ravis de voir deux étrangers assister à leur cours.

 

La collègue de Chen explique la partie théorique pour ensuite laisser les étudiants pratiquer sous forme de travaux pratiques autour de bébés en plastique.

 

Ici, les étudiants sont en blouses et les filles portent une coiffe. On se croirait dans les années 70.

 

J'avouerai à Chen que je suis infirmière et elle me proposera de participer à la pratique. Je le ferai, et tous les étudiants se rueront vers notre groupe pour me voir soigner ce faux bébé, en anglais et avec distraction. C'est un moment rigolo et nous voyons qu'ils sont ravis que nous soyons là. Ils prennent des photos par dizaine pendant la pause et nous remercie chaleureusement.Nous aurons une petite demi-heure, pour présenter notre voyage, Chen traduira en chinois. Nous échangeons sur les conditions des infirmiers dans nos pays respectifs et je relativise assez rapidement sur nos conditions en France. En chine, les infirmiers n'ont que 5 jours de vacances par an, et Chen nous explique pourquoi elle préférait être prof. Et n'a jamais exercé son métier. Le salaire en France les choque, mais le coût de la vie ( logement et nourriture) n'est pas du tout le même que chez eux.

 

Ils étudient à l'école deux années entière et n'ont accès au stage qu'à la troisième année, ils doivent faire une année en hôpital après ces trois ans, durant laquelle ils ne gagneront pas un seul centime.

 

Ils nous demande aussi comment est la vie en France lorsque nous sommes enfants, car eux ont école toute la semaine et doivent ( de manière obligatoire donc) avoir des activités extrascolaires semaine et week-end. Autant vous dire que la semaine à 4 jours doit en choquer plus d'un. Ils n'ont pas non plus le même nombre de vacances que les enfants français, et ont environ moins d' 1 mois sur l'année entière et lorsque nous leur disons que les enfants ont 2 mois consécutifs de vacances en France c'est d'une voix commune qu'ils expriment leur choc.

 

Cette soirée fut très intéressante et je suis contente d'avoir pu échanger avec des locaux, et qui plus est, des futurs infirmiers.

 

Nous rentrons chez Chen, avec le bus de ville. Elle part demain matin pour un colloque à Chengdu et nous laisse dans son appartement.

 

Vendredi 28 septembre

 

Chen nous dit au-revoir et partira vers 8h, nous prenons le temps de nous occuper de la roue arrière du vélo, Jojo nettoie et vérifie toutes les parties de la roue dans les moindres détails. Rien ne semble être anormal, et nous remettrons tout en place. Nous mettrons une chambre à air en fond de jante, pour faire une protection supplémentaire.

 

Nous passerons la journée sans encombre à pédaler nos quelque 70 kms jusqu'à la prochaine ville. Nous sommes contents, la roue va bien et nous avons, semble-il, réglé le problème. La motivation est là et c'est heureux que nous pédalons. Un local sur son vieux vélo grinçant essayera même de faire la course avec nous.

 

Nous arrivons dans une petite ville qui semblait minuscule sur notre maps. Il est 15h et nous avons le temps pour nous poser un peu. Il y a l'embarras du choix pour les hôtels mais les prix sont exorbitants, et nous ferons quatre hôtels avant d'en trouver un,flambant neuf. On nous propose une chambre pour près de 25 euros, beaucoup trop pour notre budget. Un homme, que nous pensions être un client, me dit qu'ils ont des chambres moins chères, et m'invite à l'étage pour aller voir.

 

En effet, la chambre me semble limite luxueuse et elle coûte moins de 15 €, nous acceptons. ( Maintenant on sait qu'on peut demander « la moins chère », ils doivent penser que les touristes veulent du grand luxe, mais très franchement un toit sur notre tête, c'est tout ce qu'on demande … c'est parfait, pas besoin de plus de luxe, nous n'en avons pas les moyens de toute façon.)

 

 

 

Au moment de donner nos passeports, il semble y avoir un souci , et le réceptionniste me dit «  nous ne sommes pas habilités pour les étrangers » et nous propose de trouver un autre hôtel. Je lui explique que tout est cher, il semble comprendre à ma tête dépitée qu'on ne bougera pas. Il finira par prendre nos passeports et rentrera nos infos dans son logiciel. Et c'est là que nous comprenons cette histoire de «  non habilité » que nous traduisons par «  la flemme, c'est super long de rentrer les infos des étrangers, en plus on comprend rien à vos passeports et visas. » Il mettra plus d'une heure à remplir son dossier et c'est finalement à près de 17h que nous aurons la possibilité de nous reposer.

 

Nous trouverons un « hot pot » ce soir pour manger.

 

Nos systèmes digestifs sont encore perturbés et il nous arrive d’avoir des spasmes qui nécessitent un trajet rapide aux WC. On a dû manger quelque chose qui nous a refilé un petit microbe dont on a du mal à se débarrasser.

 

Samedi 29 septembre

 

Il fait beau ce matin et le soleil est chaud. Une journée qui s'annonce agréable. Au bout de quelques 12 kilomètres de vélo, nous sentons que le vélo tangue et à nouveau... le pneu est crevé.

 

NOOOOOOOOOON, on pensait avoir résolu le problème et voilà que ça recommence.

 

Nous sommes donc de nouveau , en bord de route, à retirer les bagages du vélo et à réparer celui-ci.

 

Il ne nous reste que d'une chambre à air de secours, et les rustines commencent à se faire rares. La chambre à air est déchirée au niveau de la valve, la chambre à air de protection de jante était mal coupée et il y a donc eu un frottement. Merde.

 

On répare le tout, jojo regonfle et là BOUM, la chambre à air explose, et j'ai eu peur pour le visage de monsieur. Plus de peur que de mal. Bon, maintenant, il ne nous reste plus de chambre à air de secours, et nous nous éloignons encore plus des « grandes villes ».

 

Nous restons au bord de la route, à réfléchir aux solutions qui s'offrent à nous. Parfois, il faut savoir se poser, et prendre le temps.

 

Solution 1 : continuer notre route en sachant qu'on risque de crever encore, sans chambre à air de secours et en s'éloignant de grande ville. ( C'est démotivant, et il ne nous reste « que » 12 jours sur notre visa chinois.)

 

Solution 2 : rebrousser chemin jusqu'à Leshan, demander l'extension de visa là haut et trouver un magasin de vélo pour nous aider. Dans le calme et tranquillement.

 

Nous voilà donc à parcourir nos 12 kms jusqu'à la ville de ce matin, en se demandant s'il ne serait pas plus sécu' de trouver un bus pour nous rendre à Leshan.

 

Nous finirons par trouver un minivan, qui contre rémunération, nous emmènera à Leshan.

 

Nous allons jusqu'à l'auberge dont nous avait parlé Isha. Lui avait fait sa demande d'extension à Leshan, ça a pris moins de 24h, nous allons faire la même chose.

 

Nous posons nos affaires à l'auberge et partons à la recherche du bureau de police dans lequel nous pouvons faire l'extension. Tout est expliqué ici, si ça vous intéresse.

 

Nous ne trouvons aucun « bikeshop », il y a des tas de magasin de scooters mais aucun vrai magasin de vélo, seulement des vendeurs de chambre à air. Ce qui ne suffit pas pour notre problème.

 

Nous passerons donc la soirée à l'auberge, à rafistoler le vélo comme nous le pouvons en attendant de pouvoir trouver un magasin de vélo.

 

Est-ce que notre solution est de retourner à Chengdu ? De prendre un transport pour la région du Yunnan et donc Kunming ? ( la capitale du Yunnan) De continuer à vélo en se disant «  on verra bien » ?

 

Nous n'avons toujours pas la réponse, une seule chose est sûre, nous irons rechercher notre extension de visa demain matin à 11h et passerons encore une nuit à Leshan, dans une autre auberge car celle-ci est pleine.

 

Je dors dans une chambre de fille et Jojo dans une chambre de garçon, ici pas de chambre mixte. Une de mes voisine de chambre, chinoise, m'explique que nous arrivons dans la semaine de fête nationale chinoise et que les chinois ont 1 semaine de vacances du 1er au 7 octobre.

 

La fête nationale chinoise appelée Guoqing jie marque l'anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine de 1949 par Mao Zedong. La semaine de la fête est l'une des «  semaine d'or » de Chine, et c'est une période à éviter lors d'un voyage dans le pays. Dommage pour nous, qui n'aimons pas la foule , ça risque d’être compliqué car les chinois ayant une semaine de congés, voyagent à travers leur pays. Imaginez donc des millions de Chinois qui se déplacent … ça promet d'être mouvementé. Surtout si nous avions l'intention de prendre un transport.

 

Dimanche 30 septembre

 

A 11H, nous partons rechercher notre extension de visa ( nous avons donc 30 jours supplémentaires sur notre visa, et devons quitter la Chine avant le 11 novembre, ce qui nous laisse laaaaaaaargement le temps) pour ensuite retourner à l'auberge et récupérer notre vélo et nos affaires pour trouver un bikeshop et une solution pour quitter la ville ou un autre endroit pour dormir.

 

Nous passons du temps à chercher un magasin de vélo, mais nous ne trouverons pas notre bonheur. Même en demandant à des locaux, ils nous indiquent soit les magasins de scooter électrique, soit des petites échoppes dont ils ne disposent de presque rien.

 

Lors de notre recherche de dodo, nous nous rendons compte encore que certains hôtels ne sont pas „habilités” pour les étrangers et je commence à me dire que c'est limite de refuser des étrangers. J'ai fait des recherches pour comprendre et ne retrouve rien de clair. Il semblerait quand même que ce soit une histoire de „ procédure plus compliquée” et ils n'ont donc pas envie de s’embêter avec ça et préfèrent dire qu'ils ne sont pas „habilités” … Mouai .

 

Nous finissons par trouve un hôtel moins faignant que les autres. On nous explique encore qu'il ne reste plus beaucoup de chambre à cause de cette fête nationale.

 

Un homme devant l'hôtel parle Anglais, il nous aide à la négociation.

 

Il est médecin et me montre l'hôpital à quelques mètres de là. Il nous dit de déposer nos affaires, et nous accompagnera manger dans un „snack chinois” et demandera à une serveuse un „ Mapo doufu”, une soupe de tofu plutôt gluante pour moi et une soupe de porc tofu et épices pour Jojo. Il retournera au travail et nous demandera de l'y rejoindre plus tard. Nous ne finirons pas la soupe, un peu écœurante.

 

Nous le rejoignons dans son hôpital. Vieux et plutôt peu accueillant. (L'hôpital, pas le gars ...)  Les chambres sont quasiment vides et les soignants semblent s'y ennuyer. Il nous explique qu'il y a des choses à voir à Leshan et nous montre sur notre Map.

 

Honnêtement, là on a plutôt envie de se reposer mais on le laissera finir de nous expliquer.

 

Nous rejoindrons notre hôtel après un petit tour du quartier. ( Je retrouve les pommes de terre épicées faites dans la rue comme à Xi'an, miam, voilà qui me redonne le sourire, il m'en faut peut)

 

Nous finirons l'après-midi à tenter, de trouver la solution de notre trajet à venir. Sans succès.

 

Lundi 1er Octobre

 

Raconter cette journée n'aurait sûrement aucun intérêt et j'y verrai un caractère redondant.

 

Mais voilà que nous sommes bien en plein dans cette fête nationale chinoise, et 1, 5 milliard de chinois sont en vacances en même temps : l'HORREUR! C'est comme une fourmilière géante grouillante, un calvaire pour un étranger ici, fuyez la première semaine d'octobre ou vous serez ,à coup sûr, dégoutés de la Chine. Les hôtels, auberges et autres logements provisoires augmentent leur prix de 3 fois pour l'occasion... bref en plus d'être une journée sans succès dans notre recherche de magasin de vélo, de transport pour s'éloigner de cette ville, c'est aussi une journée „de la loose” et de démotivation complète pour trouver où dormir et de remise en question.

 

Je préfère vous raconter sans fausse mesure et sans se cacher les choses, notre ressenti face à ce pays aprs un mois ici.

 

Dire qu'on s'y sent bien serait se mentir à nous même, et nous préférons être sincères.

 

Nous n'avons pas envie de détester ce pays car il y a tout de même de belles choses et de belles personnes adorables et serviables. Malheureusement, que ce soit de notre fait ou de le leur, ou même des deux, on refuse de se mentir et d'aimer ce que nous n'aimons pas, d'accepter ce que nous n'acceptons pas ou de prétendre être ce que nous ne sommes pas – pire encore, de devenir ce que nous ne voulons pas être.

 

La Chine représente finalement tout ce que nous n'aimons pas et voulons fuir : une société d’hyper-consommation, formatée par un gouvernement riche et puissant de répression, de surveillance de chacun , où la parole n'est pas libre, où les réseaux sociaux standards sont censurés, où même Google est bloqué et dont l'argent est le dominant.

 

Chaque montagne , chaque Bouddha, chaque endroit qui pourrait avoir le mérite d'attirer des gens pour są beauté, se transforme en pompe à fric et rien n'est gratuit ici. Si tu veux voir „la belle chine”, alors tu dois payer!

 

La culture chinoise, tant appréciée il y a plus de vingt ans, se laisse peu à peu corrompre par l'argent. Ce pays, qui quelques années en arrière, était encore un pays du tiers monde, est aujourd'hui la deuxième plus grande puissance mondiale qui fait oublier la beauté de la culture au profit de l'argent. La chine que j'ai vu jusqu'alors n'est pour moi que le reflet du monde actuel dans lequel nous vivons. Et c'est bien triste.

 

Heureusement nous n'avions pas d'attente vis à vis de la Chine, sinon nous serions tombés de très haut, mais nous sommes déçus, déçus de voir comme tourne le monde, déçus de voir que l'argent et les „puissants de ce monde” peuvent gâcher notre planète si riche de culture et de beauté d'âme...

 

Nous sommes vidés, démotivés par ces moments difficiles et éprouvants de ces derniers jours, et peut être que notre vision négative est décuplée mais quoi qu'il en soit, nous espérons gagner rapidement le Vietnam.

 

Je tiens juste à préciser que cette vision est liée à nos évènements vécus, à notre façon de vivre et de considérer la vie, l'humain et le rapport à l'argent. Nous n'avons pas envie de dégouter quiconque de la Chine, mais ce n'est clairement pas notre coup de cœur culturel et de rencontre de ce voyage jusqu'ici. C'est tout à fait personnel mais nous avions envie de le partager sincèrement.

 

Mardi 2 - Mercredi 3 Octobre

 

Mon corps aurait ce matin envie de rester sous la couette pour une durée indéterminée mais nous avons envie de quitter cet endroit et de nous diriger vers le Sud, on pédalera donc vers Emei à une trentaine de kilomètres de là, pour essayer de prendre le train pour Kunming, notre dernier recours avant de devoir remonter 200km vers Chengdu dans l'espoir d'un train voire d'un avion ( chose impensable pour nous)

 

Je suis dans une démotivation la plus totale mais Jojo, motivé car certain d'avoir notre solution à portée de main, me poussera hors du lit.

 

Nous arrivons à la gare d'Emei, en travaux, comme la moitié des structures en Chine.

 

Au service d'envoi de colis de la gare, le jeune homme, assoupi derrière son bureau, regarde à peine notre vélo et nous dit qu'il faut l'emballer.

 

Les policiers qui nous avait suivi, se montrent très serviables avec nous et nous aideront à nous faire comprendre et à ce que le vélo parte en train. Bien sûr, le „photographe de la police” est là et prend des tonnes de photos des policiers en train de nous aider. Sûrement bon pour leur réputation. Ils ne cesseront de nous répéter : „ Police help you, Police help you”. Et très franchement, pour une fois, je les remercie! Grâce à eux, et plus d'une heure de négociation , le vélo partira, direction Kunming, non emballé. ( On nous aura quand même fait signer un papier de „non responsabilité” en cas de dommages. On n'a plus qu'à croiser les doigts pour que Road'olphe arrive en un seul morceau et sous un délai de 3 jours, comme annoncé. )

 

Nous prenons nos tickets de train, qui est à 18h30 et attendrons jusque là, dans la gare. Il ne reste plus que des sièges „assis” et nous ne savions encore pas à quoi nous attendre.

 

Le train arrive, nous montons dans le wagon, déjà rempli d'une foule de locaux. Nous sommes tout de suite étonnés car les visages sont différents, les peaux sont plus bronzées. Les visages du Yunnan sont ils plus bronzés car ce sont des paysans travaillant dans les champs, comme nosu avons pu le lire ?

 

Le train est plus que bondé, des gens sont assis dans le couloir, debout, ils sont entassés sur les sièges, pas un millimètre d'espace pour bouger. On se sentira à l'étroit et jusqu'à 2h du matin, nous n'aurons pas la possibilité de se mouvoir. Les sièges sont durs et le dossier est droit comme un piquet, impossible de trouver le sommeil. ( La photo a été prise après 2h du mat', une fois que les places se sont un peu vidées)

 

Les gens parlent et écoutent de la musique fort, fument, nous regarde, chuchotent.

 

Nous aurons un peu plus de place sur la fin de la nuit et dormirons d'un sommeil léger 2 ou 3 heures tout au plus.

 

Le train arrive en gare de Kunming à presque 11h du matin et nous sommes contents de pouvoir respirer l'air frais et automnal, et de pouvoir circuler librement après plus de 16 heures assis.

 

Nous appelons un taxi, qui nous emmènera, avec nos bagages, jusqu'à l'auberge pour laquelle nous avions réservé une nuit. ( dans l'espoir de trouver un warmshower ou couchsurfing ensuite)

C'est étrange de ne pas avoir notre vélo.

 

Nous passerons l'après-midi à dormir pour moi, se reposer pour Jojo. Le temps de sortir en fin d'après-midi et de manger , nous irons nous coucher ensuite. Dehors il pleut, nous avons ressorti l'écharpe et la polaire en dessous de nos manteaux. L'automne arrive doucement sur la Chine.

 

Jeudi 4 octobre

 

Nous avons eu un contact chinois ,par le bien d'une Warmshower, pour trouver des pneus neufs. Ici, il y a des magasins de vélo comme Giant ou Merida mais ce ne sont finalement que des vendeurs et ils ne disposent que de très peu de matériel, c'est même difficile de trouver une simple chambre à air dans leurs magasins. Nous attendons donc nos pneus qui devraient arriver d'ici la fin de la semaine.

 

Aucun Warmshower n'est disposé à nous accueillir, il semblerait qu'il y ai beaucoup de touristes à Kunming en cette période. Dommage mais ça nous permettra de se reposer et de manger à des horaires „non imposés” .

 

Dans notre Auberge, se trouve une étrange remorque solaire et un vélo en bambou. Nous essayerons d'en trouver le propriétaire, Il s'appelle Grégory, il est belge et a 48 ans, il a participé à la „solar race” de Lyon à Guangzhou ( dans le sud-est de la Chine) et continue maintenant son périple à travers l'Asie. Il a jusqu'à Aout 2019. Ce n'est pas son premier trip en vélo et  si vous avez envie d'aller voir ses aventures ça se passe  ICI

 

Il nous fait part aussi de ses difficultés en Chine avec son vélo mais pas seulement, la difficulté de se faire comprendre, il a dû lui aussi prendre le train et ce ne fut pas chose facile. Il semble aussi impatient de quitter ce pays pour retrouver le Laos.

 

Cette discussion a eu le mérite de me remotiver et de voir que nous ne sommes pas seuls à subir parfois des petits désagréments liés au voyage à vélo.

 

Je suis impatiente de découvrir cette région du Yunnan et espère pouvoir améliorer ma vision actuelle de la Chine.

 

Nous visiterons le Cui Hi park ( green lake park) , et marcherons tranquillement au milieu des forêts de bambous, des palmiers dans lesquels nous observons les écureuils téméraires qui sautent d'arbre en arbre à une vitesse impressionnante, les canards et autres oiseaux dans les lacs remplis de nénuphars énormes, les touristes sur des pédalos, les échoppes où l'on vous propose de prendre des photos avec des habits traditionnels magnifiques, les locaux qui dansent sur de la musique chinoise... Le parc est vivant et pourtant nous avons l'impression d'être loin de cette vie à 100 à l'heure. Le temps ici semble s'être arrêté, les gens profitent et prennent le temps et cette promenade sera des plus agréables.

Vendredi 5 Octobre

 

On se dit qu’aujourd’hui, le tandem doit être arrivé à la gare de Kunming. Je demande donc à la réceptionniste , très gentille, de notre auberge, d'appeler le numéro sur le bon pour le récupérer. ( C'est en chinois et sans elle impossible de savoir). Il est arrivé et nous irons le chercher en fin de matinée, tout excités et un peu fébriles de savoir s'il a été abîmé ou non.

 

Nous le récupérer rapidement ( pas comme la dernière fois que nous avons dû récupérer nos vélos avec Isha.

 

Il est entier et semble aller bien, ouf ! Malheureusement c'est quelques jours plus tard que nous découvrirons qu'il manque ma fleur sous ma selle et nos deux bracelets „porte-bonheur” du japon, offerts par notre ancienne voisine. Ainsi que nos 3 élastiques colorés offerts par Margot. (oui , oui ,c'est aussi considéré comme un porte-bonheur.) Merde, on est dég'. Pourquoi? Ça n'a aucune valeur matérielle...

 

 

 

Nous profiterons d'être près de la gare pour aller manger dans un self végan, vraiment pas dégueu' repéré sur „Happycow”.

 

Tiens, est-ce qu'on vous a déjà parlé de cette application ? Happycow répertorie les restos et magasins végétariens et végan du monde entier et surtout près de là où vous vous trouvez. Et franchement , c'est plutôt pas mal, on vous conseille vivement, que vous soyez végét', végan ou désireux de tester de nouvelles choses. ( On a la version gratuite et ça suffit largement.)

 

 

 

Plus tard dans l'après-midi, nous nous occuperons de demander nos visas vietnamiens. Si la gratuité est appliquée pour 15 jours pour les français sur le sol vietnamien, il faut par contre, faire un visa si tu désires rester plus longtemps. Nous avons prévu de rouler une bonne partie de la côte vietnamienne et 30 jours ne seront pas de trop. Nous envoyons donc nos informations via internet ( car le E-Visa est possible) et recevrons la réponse d'ici 3 jours.

 

Les infos visa ici

 

Samedi 6 – Dimanche 7 Octobre

 

Raconter ces deux journées va être des plus courts, parfois il faut savoir décrocher et s’octroyer le temps : le temps de se poser, le temps de ne rien faire, le temps de souffler. Et pour la première fois du voyage, nous accepterons de prendre ce temps là et de se reposer, réellement, sans rien visiter, (si ce n'est le parc à côté de l'auberge, vivant de locaux qui chantent dansent, jouent aux cartes, au majjong, et se promènent. C'est un peu comme un week-end d'automne à la maison, pour lequel nous n'aurions rien envie de faire à part de se mettre sous une couette et de boire un thé devant un bon livre ou une bonne série.

 

Parce que Kunming, appelée la ville du „printemps éternel” ne nous laissera pas ce weekend  nous souvenir d'elle pour cette appellation.

 

 

 

Dimanche nous sommes allés au petit bikeshop de Bruce, notre contact chinois, pour installer nos nouveaux pneus, tout contents. On espère maintenant que nous n'aurons plus de problème.

 

Merci Bruce, pur ta gentillesse et ta simplicité dans ton petit bikeshop Zhongle.

 

Lundi 8 Octobre

 

Nous sommes enfin prêts à reprendre notre route, motivés par l'appel du Vietnam mais aussi des rizières du Sud de la Chine.

 

Nous parcourrons aujourd'hui , et non sans difficulté, nos quelques 90 kilomètres. Ce matin c'est à travers le trafic intense de voitures, camions, scooters et piétons que nous traversons des petits villages. Au menu ce midi : riz blanc, maïs et aubergine que nous aurons du mal à terminer, le mal de ventre persistant encore un peu aujourd'hui.

 

Étrangement, cet après-midi nous aurons l'impression d'être dans un tout autre endroit que la Chine que nous connaissons jusqu'ici. Ça grimpe, et , par chance, il fait beau et chaud ( ce qui nous vaudra d'ailleurs un petit coup de soleil sur le bout du nez, ça faisait longtemps) c'est difficile mais chaque mètre parcouru vaut le détour : montagnes, lac et arbres tropicaux nous entourent. C'est magnifique.

 

Nos derniers kilomètres, après cette difficile et longue ascension, serons encore plus beau. Nous dévalerons la montagne avec vue sur le lac et les petites routes alentours. Wahou.

La route est pleine de bosse et mon pilote doit freiner malgré cette grande descente que nous voudrions prendre à vive allure.

Nous passerons dans de petits villages , bien trop rapidement pour pouvoir immortaliser les moments que nos yeux ont la chance d'observer : cette petite vielle qui porte deux paniers remplis de maïs, à bout d'épaules sur son bâton en bois, ou encore celui-ci qui pédale avec difficulté son vieux vélo rouillé , dont la remorque est remplie d'oignons nouveaux; où ceux là encore, qui fument leur tabac dans une pipe à eau; cet enfant endormi paisiblement dans son linge dans le dos de są mère, ces femmes aux chapeaux chinois qui décortiquent le maïs en groupe, ou les autres qui s'occupent de leurs terres à la force de leurs muscles et de leurs pioches.

 

Nous assistons à un spectacle de vie quotidienne, qui nous semble hors du temps et si loin de cette Chine étouffante. C'est beau.

 

Nous dormirons pour 50 Yuan ( un peu plus de 6 euros) dans un petit hôtel où la gérante, soucieuse de bien faire, nous fera accompagner par une voisine au poste de Police pour nous enregistrer.

 

La police semble ne pas savoir quoi faire de nous et photocopiera toute nos pages de passeports avant de nous libérer. Oui oui , toutes, dont celles des autres visas … pourquoi ? On ne saura jamais. ( Et surement qu'eux non plus)

 

On sortira manger vers 19h, sous la pluie et l'orage. On saura pour demain, à 19h dans le Yunnan, les locaux ont fini de manger ( et donc vidé les stocks) et les restos sont prêts à fermer.

 

Nous trouverons donc un bouiboui qui nous fera un gros bol bien épicé de nouilles pour 6 Yuan chacun ( 75 cts)

 

Dodo, à demain jolie région, sous le soleil si possible.

Mardi 9 Octobre

 

C'est , malheureusement, sous une petite pluie que nous mettons le nez et le tandem dehors.

 

Cette journée sera une petite journée, d'un peu moins de 50 kilomètres car notre Maps nous indique qu'il n'y a pas de village pouvant nous loger entre ce village et les 80 kilomètres suivants.

 

Je ne suis pas mécontente de ne faire „ que” 50 kilomètres, la pluie et le sol argileux de cette région se mélangent sur l'asphalte de la route et je suis vite trempée et sale, des orteils jusqu'aux cuisses.

 

Le désavantage de la place arrière sur le tandem c'est que je me prend toutes les projections. Mes pieds sont noirs et dégoulinants.

 

Nous grimpons encore aujourd'hui sur plus de la moitié du chemin, pour ensuite redescendre et observer les locaux, travaillant dans les champs.

 

Ici, c'est sous leurs chapeaux pointus et vêtus de leurs bottes et imperméables, que ces chinois courageux travaillent sans relâche à la force des bras et des outils. Ici, malgré la grandeur des champs , il n'y a aucune machine industrielle.

 

Nous arrivons donc, sous le regard intrigué des locaux, dans un petit village : Tonghai.

 

A première vue ce village ressemble à tous les autres et nous trouvons un petite hôtel pour 50 Yuan encore ce soir. Il est un peu plus de midi et après une rapide toilette de mes jambes boueuses, nous partons à la recherche d'un repas. C'est une région peu connue du Yunnan dont nous n'avons trouvé aucune référence et pourtant, elle vaut réellement le détour : nous découvrons ici la vieille ville, dont les rues sont pavées et d'où descend un fleuve, rempli d'une flore verdoyante. Cette grande rue a un charme fou et si vous passez dans le Yunnan ça vaudra le coup de s'y arrêter. ( En plus, il y a des boulangeries/pâtisseries tous les 50 mètres, on craquera pour quelques sucreries)

 

Nous étions donc partis simplement manger -nous tomberons dans un petit endroit où nous avons le loisir de choisir nos ingrédients, le cuisinier fait bouillir le tout, dans un bol avec des épices et du bouillon et miam! On vous a déjà dit qu'on aimait la cuisine chinoise ? -

 

Nous nous retrouvons finalement ensuite à visiter le centre et à monter jusqu'au pied de la montagne, où se trouve le Xiushan forest park qui abrite un monastère bouddhiste et un ensemble de temples. Nous y rentrons pour 10 yuans par personne ( moins d'1,30€) C'est de loin le plus bel endroit monastique que nous avons visité jusque là.

 

Nous sommes au milieu de cette forêt dense en végétation, on se croirait dans un temple perdu. (d'autant plus qu'il n'y a que 2 ou 3 autres visiteurs, le bonheur! ) Il pleut et ça donne un aspect encore plus mystique à cet endroit. Il nous faut une bonne heure de marche pour grimper jusqu'en haut de la colline, sur les pierres glissantes de pluie.

 

L'endroit nous offre un point de vue sur la vallée et le lac Qilu. Ce lieu et magique et nous découvrons au détour de notre balade des arbres vieux de plusieurs centaines d'années, les temples parfois sobres, parfois très colorés tous différents les uns des autres, lieux autrefois connus des poètes et peintres. Nous aurons la chance de voir rapidement des moines ,vêtus en gris, dans le dernier temple.

 

Nous sommes tous les deux d'accord pour dire que WAHOU, on a de la chance d'avoir trouvé cet endroit „ par hasard”.

 

On le conseille à quiconque va dans cette région de Chine!

 

Pour le repas du soir, nous prendrons des nouilles épicées dans un petit shop, que nous mangerons tranquillement dans notre chambre.

Mercredi 10 Octobre

 

Ce matin, il y a de la buée aux fenêtres de notre chambre et nous entendons le clapotis des gouttes de pluie sur la tôle ondulée du toit. Il pleut mais nous continuerons notre route tout de même. Nous enfilons encore aujourd'hui nos manteaux, pantalons imperméables et chaussures ouvertes ( que je regretterai très vite) Nous parcourons nos 80 kms vers Jianshui, notre village de ce soir, et nous observons déjà les premières minorités ethniques Chinoises de la région : Les Hanis. Les femmes sont vêtues de magnifiques costumes traditionnels colorés : coiffe sur la tête, pantalon et haut colorés de rouge, de bleu, de blanc, de vert... aux motifs ethniques, et certaines ont une ceinture colorée en queue de pie. Elles sont magnifiques et chacune semble avoir są couleur prédominante.

 

Ce midi, nous nous arrêtons dans un petit restaurant, nous sommes trempés et frigorifiés mais la gérante du restaurant nous apportera une bassine en fer remplie de braises encore fumantes pour nous réchauffer, qu'elle alimentera à plusieurs reprises pour notre plus grand bonheur. Merci mille fois pour cette petite attention qui me réchauffera les petons et le cœur. Ce n'est pas grand chose mais c'est ce dont nous avions besoin à cet instant là.

 

Nous arriverons vers 15h à l'auberge que nous avions réservés la veille. Une auberge dans la vieille ville de Jianshui, très jolie ville mais après celle d'hier, elle nous émerveille moins que ce qu'elle aurait pu. Les rues pavées et les architectures chinoises ont leur charme.

 

L'auberge est dans une petite ruelle et nous avons quelques difficultés à la trouver. Une jolie chinoise en vêtements amples et plutôt bohème nous accueille d'un Anglais timide. Canapés, bouquins, thé, le chien qui fait są sieste paisiblement , des plantes en veux-tu en voilà, on s'y sentirai comme à la maison et l'ambiance est chaleureuse, tout comme są propriétaire. Nous dormirons dans un des nombreux dortoirs de 12 personnes avec deux colocataires et croiserons en coup de vent deux français et deux néerlandais.

 

Nous déballons toutes les affaires des sacoches, qui sont mouillées pour certaines et les faisons sécher toute la nuit sur un fil à linge improvisé au milieu de la chambre. Comme à la maison, on vous l'avait dit.

 

Nous irons manger des spécialités chinoises mais ne résisterons pas lorsque, attirés par l'odeur alléchante et bien connue d'une boulangerie, nous achèterons des croissants. Ça ne vaut pas les nôtres, disent les chauvins que nous sommes, mais c'est quand même bon.

 

Il pleut encore ce soir, et le temps est frais, nous irons nous couchés, bien couverts, au fond de nos couettes toutes chaudes.

 

 

Jeudi 11 Octobre

 

Le temps, toujours capricieux, a décidé que nous passerons encore la journée sous nos manteaux. Il fait froid et le temps est brumeux mais nous allons vite nous réchauffer lorsque nous grimperons 40 kilomètres dans la montagne. Mon corps transpire mais mon visage est fouetté par le vent froid et la brume.. Ce qui me vaudra d'ailleurs un fou rire à la vue du visage de Jojo, chaque poil de son visage est habité par une petite goutte de brume.

 

Quelques kilomètres seulement depuis que nous sommes partis ce matin et CRAAAAAC, la vitesse passe mal (la boue et la pluie de ces quelques jours n'ont rien arrangé et les gaines des câbles de frein en sont remplis, difficile donc de passer les vitesse correctement. ) et la chaîne se décroche, sur la route. „ Euh, on a perdu la chaîne là, non ? „ Ni une, ni deux, je saute presque du vélo et récupère la chaîne en courant avant que le camion derrière nous ne l'écrase. Jojo d'un soupir énervé, la changera sous le regard attentif d'un villageois curieux.

 

Nous poursuivons notre route, nous ne voyons pas à vingt mètres et finalement c'est peut être mieux, ça évite de nous démotiver à la vue de cette côte dans la montagne qui n'en fini pas. Les camions et voitures sont peu visibles et nous devons l'être encore moins, nous redoublons de vigilance lorsque nous entendons un véhicule s'approcher.

 

Nous mangerons dans un petit village après notre montée „de la mort”. Nos muscles tremblent, nos estomacs sont affamés et c'est un plat de nouilles dans un bouillon de légumes qui nous fera le plus grand bien pour le déjeuner .

 

L'avantage d'une si grande montée c'est que nous nous retrouvons en haut de la montagne, le brouillard s'est un peu dissipé et il nous laissera apprécier la descente magnifique dans les montagnes, avec vue , en leur cœur, sur le fleuve rouge. Le fleuve rouge est appelé ainsi parce qu'il a une belle couleur rouge orangé due à la coloration des terres. La vue est sublime et nous prendrons le temps de quelques pauses pour nous imprégner et prendre quelques photos. C'est donc 40 kilomètres de descente dans les routes serpentées de la montagne qui nous amènerons à notre ville étape de ce soir : Yuanyang.

 

Nous sommes exténués, trouvons un hôtel , non sans  difficulté. La Chine, comme à son habitude, construit de grand buildings, et de grands complexes , dans l'espoir d'y accueillir des touristes : 4 ou 5 hôtels alignés les uns à côté des autres, en face de chacun se trouve un restaurant, dans une ville toute neuve, encore en construction et faite uniquement pour les touristes. Aucun charme, aucun intérêt et en plus les prix sont exorbitants. Nous pédalerons encore quelques kilomètres pour nosu retoruver dans la vraie ville de Yuanyang, au milieu des locaux, dans une petite rue, dans un petit hôtel sans chichi, sans fioriture pour moins de 6 euros la nuit.

 

Demain, nous irons visiter les rizières ls plus connues de Chine, et notamment par les yeux du photographe Yann Arthus Bertrand, mais pour le moment : riz, aubergines en sauce et bouillon de nouille et zouh, au lit.

 

Vendredi 12 Octobre

 

C'est encore ce matin sous un ciel plutôt peu clément que nous nous réveillons. Nous avions décidé de nous rendre aux rizières, à quelques 60 kilomètres de là. Le problème c'est que le chemin pour les rizières est une route de montagne, qui monte de 1 600m sur 60 kms, autant dire : ça monte, ça monte et ça ne fait que ça. Et ça nous fait aussi quitter la route pour continuer vers le Vietnam. Il nous faudrait donc un jour de montée, un jour de visite et un jour de pédalage, pour aller aux rizières à vélo. Nous préférons donc y aller en bus. Et c'est tout le long du trajet qu'on se dira qu'on a vraiment bien fait.

 

Le minibus chargé de locaux , dont les femmes vêtues de leurs costumes, grimpera les routes de montagne, dont la brume obstrue complètement la vue. On se demande comment notre chauffeur garde son sang froid dans ces conditions, alors que nous à l'arrière, on sert les fesses. La brume disparait à certains moment, nous gardons l'espoir de pouvoir voir les rizières.

 

Nous allons jusqu'à Bada, où les rizières sont semble-il, les plus jolies.

 

Nous avions lu que l'accès au village était gratuit mais que l'accès au point de vue était payant, il est toutefois possible de marcher dans les rizières gratuitement. Parfait pour nous donc.

 

Le problème c'est que cette information sur le net doit dater d'au moins deux ans t qu'en deux ans, les bougres, il en ont bien profité pour faire un business. Le minibus nous dépose sur le parking et l'hôtesse nous dit qu'il faut payer. Nous lui expliquons qu'on ne veut pas aller au point de vue mais simplement au village. Il faut maintenant payer même l'accès au village. Putain, mais on est vraiment des pigeons de touristes en Chine, c'est incroyable. Maintenant qu'on est à, après près de 2h de bus, on va y aller. Nous payons donc près de 15 euros pour deux, les places sont soldés à cause du temps. Bonne ou mauvaise idée ? Mauvaise idée.

 

Nous nous retrouvons donc au point culminant d'où nous pourrions voir les rizières mais évidement , on ne voit rien. La brume est ici plus qu'épaisse et à part un filet blanc comme neige, nous ne verrons rien. Quelques rizières proches de nous mais rien de plus. Nous sommes évidemment déçus mais ça aura le mérite de nous faire rire et on se les imagine à travers ce temps." OHHHH, magnifique ces rizières." 

 

Nous décidons de redescendre à pieds, et entendons au loin des cloches. Nous nous arrêtons et nous apercevons des silhouettes imposantes au loin qui se rapprochent. Des buffles et un vieux monsieur arrivent dans notre direction. Nous les suivrons sur quelques centaines de mètres. Wahou!

 

Nous passerons à travers d'autres rizières ( toujours dans la brume, ce qui donne un effet mystique) et croisons des locaux en costumes. Nous traverserons un petit village ou nous croiserons des visages aux fenêtres et des buffles dans les cours des maisons, un peu gros comme animal de compagnie.

 

Nous finirons par arrêter un minibus pour redescendre jusqu'à Yuanyang. Il est plus de 16h et nous n'avions prévu que quelques cookies pour un petit creux, pensant trouver un restaurant en haut, nous prendrons donc le repas une fois redescendus.

 

Demain, nous poursuivrons notre route , pour nos derniers 200 kms en direction de la frontière.

 

Samedi 13 Octobre

 

La route d'aujourd'hui sera plutôt plate. Nous longerons le fleuve rouge toute la journée , entourés encore de jolies montagnes et d'un temps incertain. Il fait plus chaud que les jours précédents mais le ciel, couvert, nous offrira quelques gouttes de pluie en début d'après-midi.

 

Petits villages et bananiers rythment notre paysage. C'est la récolte des bananes, encore vertes, qui finiront dans les cartons que nous connaissons bien, dans nos étales de supermarchés. Là, seulement, je me rend compte réellement de tout le chemin qu'elles parcourent et surtout le travail de dure labeur pour un salaire de misère des gens d'ici. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Manger une banane en France sera maintenant sûrement très différent. D'ailleurs, pour les avoir goûtées ici, elles n'ont absolument pas le même goût, justement, elles ont du goût !

 

 

 

Nous croiserons un couple de chinois à bord de leur superbe et brillante voiture. Ils s'arrêteront pour nous prendre en photo et nous dire qu'ils ont fait le Vietnam en Vélo. Et si on essayait de voir s'ils nous invitent ?

 

A la question : Vous habitez près d'ici ? Je sens une certaine retenue avant de répondre. Les sentant pas à l'aise, je demanderai simplement si nous pouvons trouver où dormir ici, ce à quoi ils répondront : „Oui”, tout simplement. C'est vrai, les chinois n'invitent pas chez eux. Dommage.

 

 

 

Nous pourrons rouler 95kms jusqu'à Xinji, un petit village au pied des montagnes, près du fleuve rouge mais aussi en aval de l'autoroute. Car ici l'autoroute a été construit au dessus des petits villages, parfois même empêchant certains d’entre eux d'avoir accès au soleil. Triste réalité.

 

Et pourtant, les gens ici rayonnent, nous disent des grands „Hello” suivis par des éclats de rire, des signes de main, des regards étonnés.

 

Le Yunnan semble une région encore un peu préservée de toute cette folie Chinoise qui nous a accompagné pendant plus d'un mois, où les gens sont vrais, spontanés, mais jusque quand ?

 

Dimanche 14 Octobre

 

 

Motivés ce matin, nous nous apprêtons à dire au revoir à cette Chine que nous côtoyons depuis maintenant plus d'un mois et demi. Première fois que nous restons aussi longtemps dans un pays, et qui pourtant n'est jusqu'alors, pas notre coup de cœur. Si je devais la conseiller ce serait pour la région du Yunnan, mais dépêchez -vous, avant que les traditions et beautés du paysages se perdent et se transforment eux aussi, en pompe à fric au profit du gouvernement chinois.

 

 Nous roulerons 75 kilomètres jusqu'à la frontière, le soleil en guise d'accueil vers le Vietnam. Les gens nous sourient, ici encore. La route longe le fleuve rouge, que nous devrions suivre jusqu'à Hanoï, mais pour l'heure : passons le poste frontière. 

Nous voyons une file interminable de vélos avec des chargements en provenance de Chine ; ces vietnamiens ont été chercher salade, piments, pommes de terre et autres nourritures chez le voisin et reviennent le vélo chargé comme jamais nous n'avions vu ça. Et dire qu'on se plaint de notre chargement parfois... 


On nous accompagne au bureau de douane, pendant que le vélo attend dehors, sous la surveillance de douaniers. En quelques secondes l'affaire est réglée, nous quittons la Chine, sur le vélo. 

      

De ce pays je retiendrai les difficultés mais aussi les personnes rencontrées et qui laisseront une trace dans nos cœurs et nos esprits.

 

De ce pays je retiendrai la beauté des paysages

 

De ce pays je retiendrai qu'il faut suivre są propre route et pas celle que les puissants de ce monde nous impose, pour une histoire d'argent et au détriment de notre belle planète.

 

De ce pays je retiendrai les coups de blues , les envies de l'un et de l'autre de partir d'ici rapidement , de serrer les nôtres dans nos bras, autour d'un repas le dimanche, d'un thé ou d'une soirée arrosée

 

De ce pays je retiendrai que nous avons, à chaque problème, trouvé une solution et que rien n'est insurmontable

 

De ce pays, malgré tout ce qu'il y a de négatif, je retiendrai une chose : La Chine ne nous a pas changé, au contraire, elle nous a conforté dans nos choix, notre personnalité, et nous en sortons plus sereins et pour cela je l'en remercie.

 

Nous sommes là, vivants, ensemble, et nous continuons notre chemin sur notre vélo mais aussi dans nos têtes.

 

Ah et de ce pays je retiendrai, quand même , que la nourriture est vachement bonne! ( Ça aussi c'est important non ? )


Au revoir la Chine.