France - Suisse - Allemagne ... au jour le jour

J 1 Lundi 21 mai

 Partis des Vosges, nous avons passé l’Alsace par le col de bussang hier, il est facile de savoir que nous avons changé de région, IM ELSASS est écrit sur chaque panneau, on s'y perd car tous les villages que nous traversons finissent en « sheim », pas facile de trouver le bon chemin du premier coup.

 

Heureusement pour nous , la journée fut belle et ensoleillée, et de jolis paysages alsaciens chargés d'histoire et des vignobles à perte de vue.
Nous sommes accueillis par Jean Christian, Emilie et leurs deux jolies princesses Hanaé et Loulane.

 

Emilie nous a préparé un bon repas et nous avons pu profiter de leur partage d'expérience et d'anecdotes parfois drôles et aussi rassurantes. Une bonne douche et un canapé confortable.

 

Nous pourrions passer des jours entiers à les écouter raconter le récit de leurs 3 ans d'aventure, puis de leurs vagabondages avec leurs filles.

 

C'est donc après 60 km que nous nous couchons, dans l'espoir que demain sera une journée aussi belle qu'aujourd'hui.

 

Mardi 22 mai :

 

Nous partons de notre destination alsacienne pour rejoindre l’Allemagne, en passant par la Suisse. Vous suivez toujours ?

 

Aujourd'hui encore est une belle journée ensoleillée sous 30°. Popo , n'oublie pas la crème solaire ou ton nez va rougir...

 

Nous empruntons les départementales et goûtons aux camions qui doublent à vive allure. Heureusement ils gardent la bonne distance , seule la bourrasque de vent pourrait nous secouer mais Jojo est un as du guidon et nous ne risquons rien. Nous longeons maintenant le Rhin sur l'eurovélo n°5 pour rejoindre Bâle (Basel). On se prépare à déjà ne plus parler Français.

 

Nous traversons le pont des trois frontières, ça y est, nous quittons le France pour osciller entre Suisse et Allemagne le long du Rhin. A Bâle , on se demande si c'est la grande ville ou le fait de n'être plus en France, mais nous sentons une pointe de stress.

 

Nous nous sentons observés par les badauds mais ces regards sont loin d'être malveillants, beaucoup de curiosité, surtout des enfants.

 

Il fait chaud, les gourdes sont à moitié vides et la fontaine de Trinkwasser ( eau potable) d'un petit village allemand nous fera le plus grand bien.

 

Nous arrivons chez nos hôtes du jour, un gentil couple d'Allemands, Gerhard et Yvonne. Ils habitent une maison au bord du Rhin ( de l'autre côté se trouve la Suisse). Nous dormirons ce soir dans un salon de leur bar fermé avec vue sur le Rhin ( WAHOUUUUU et tellement atypique)

 

Après 70 km, l'heure est à la révision de l'allemand. Popo a quelques restes mais pour Jojo c'est relativement complexe. Nous arrivons à discuter avec nos hôtes autour d'un repas chaleureux et convivial, en Allemand-Anglais-Français. C'est fatigués mais toujours plus motivés que nous entamerons notre 3ème journée.

 

Mercredi 23 mai :

Encore une journée sous le soleil pour aujourd'hui. Des températures jusqu'à 35°.

 

Nous longeons le Rhin du coté allemand avec souvent comme visuel l'architecture suisse de l'autre côté de la rivière. Nous nous entraînons toute la journée a réviser : Hallo ich bin Johnny , wie geht's ? jusqu'à se rendre compte qu'en fait ce soir, nous dormirons en Suisse.

 

Le frottement de la selle me créer des brûlures , je commence a sentir des difficultés dans certaines positions sur le vélo. La motivation des premiers jours commence a baisser avec la fatigue accumulée, mes muscles dont j'ignorais l'existence qui se mettent en marche, et cette douleur au niveau des plis sous mes fesses. Nous n'avons pas vraiment le temps de faire de grandes pauses, ce matin nous sommes partis après 9h30, il faut dire que Yvonne avait préparé un pain délicieux et qu'un petit déjeuner avec vue sur le rhin … ca donne envie de faire durer l'instant.

 

L'après midi fut difficile pour moi mais arriver à son point final de la journée est une satisfaction qui ferait presque oublier ces derniers moments difficiles. Nous arrivons à 17h30 à Eglisau, chez Rina et Dominic ( lui est absent) , nous préparons le repas ensemble et mangeons dans son magnifique jardin , en présence de Moi ( se dit MOY) son chien, qui aura l'envie de jouer avec Jojo.

 

Ils habitent une jolie maison en colocation avec deux amis à eux , et leurs deux enfants. Un esprit zen et plutôt bobo illumine cette maison . Nous nous coucherons dans la tente sur un îlot dans le jardin, le bruit des avions et des voitures pour compagnie.

 

Ce ne sont pas ces bruit qui affecterons notre sommeil mais un violent orage en pleine nuit. La pluie tombe, le tonnerre gronde et les éclairs fendent le ciel. Mon cœur bat vite, j'ai toujours eu peur de l'orage , et dans la tente je me sens tellement vulnérable. La foudre tombe, le sol tremble, elle n'est vraiment pas passée loin. Nous nous demandons si ce n'est pas pus prudent de rentrer chez nos hôtes … Au même moment, Dominic, la lumière à la main, arrive pour nous inviter a rentrer chez lui , sans réfléchir très longtemps nous prenons la sacoche qui ne nous quitte jamais ( passeport et moyens de payement) et rentrons en courant sous un torrent de pluie, éclairés par a lumière des éclairs. Et les affaires, dans les sacoches sur le vélo sous la pluie, est ce qu'elles vont tenir le choc ?

 

Nous finissons la nuit sur le canapé.

 

Le matin, a notre surprise, le contenu de nos bagages est complètement sec.

 

Un petit déjeuner vite avalé , nous reprenons la route

 

Jeudi 24 mai :

Sûrement fatigués de la veille et parce que notre corps n'est encore pas habitué à tant d'exercice en si peu de jours, nous atteindrons notre but avec difficultés. Il fait toujours aussi beau et chaud que les jours précédents et aujourd'hui , ça grimpe.Nous nous perdons dans une forêt allemande , ce qui vaudra quelques tensions entre nous. Dans la matinée, nous arrivons aux plus grandes chutes d'eau d'Europe. C'est impressionnant et magnifique mais forcément, c'est un lieu très touristique, ce qui enlève du charme à cet endroit.

 

Nous ferons une pause repas à midi dans un parc public.

 

C'est ensuite que tout a été compliqué pour nous. Nous quittons le Rhin pour rejoindre le Danube. La route ne cesse de monter, il fait 35 degrés et nous sommes en plein soleil. Je n’arrête pas de dire à Doudou que je n'y arriverai pas , que c'est encore trop loin , que je suis à bout de force. Lui aussi est fatigué, nous dégoulinons de sueur et nos cuisses tremblent à la moindre montée. « Il faut annuler le warmshower, c'est pas possible, on va faire du camping sauvage ... » Jojo , a bout de force aussi me bouste pour aller jusqu'à notre but.

 

Nous arriverons finalement à Messkirch, heureux de l'avoir fait. Eva et Michael, qui ont leur cabinet de médecin au sous-sol de la maison, nous accueillent et nous invite à faire «  comme chez nous » et retournent à leurs consultations. C'est toujours difficile de faire comme à la maison dans un lieu qui n'est pas le nôtre. Mais la douche et le canapé seront de bons réconforts à cette journée.Nous prenons le temps de nous installer au balcon, il y a un étang qui est aussi une piscine, c'est magnifique.

 

Après le travail, Eva nous prépare un repas ( nous l'aidons comme nous le pouvons) et Michael part chercher son fils Felix et sa chérie , Magga. Nous partagerons un repas tous ensemble. Michael et Eva parlent français avec nous , allemand avec Felix et Magga. J'essaye de comprendre ce qu'il se dit , mais souvent Eva nous fera la traduction. Michael proposera ensuite un volley ball. Après 90km de vélo, qui aurait pensé que nous aurions encore pu faire de l'exercice ? C'est dans la bonne humeur que nous faisons une partie tous ensemble . Nous irons ensuite nous coucher , accompagnés par le croassement des grenouilles.

 

Au matin, nous attend sur la table un petit déjeuner de roi , pain et accompagnement, avec un délicieux muesli de pommes bananes et cannelle.

 

La journée d'hier est vite oubliée et nous repartons maintenant de nouveau à bloc.

 

Jusqu'à maintenant nous avons eu tellement de chance de rencontrer des gens si gentils et si accueillants. C'est ce qui nous remet de la motivation dans les moments de creux.

 

Vendredi 25 mai

 Reboustés par ce petit déjeuner de dingue, nous reprenons la route, direction le Danube Eva nous promet de beaux paysages et une route sympa.

 

Ce sera le cas, le long du Danube le paysage est sublime, nous arrivons près de l’impressionnant château de Singmaringen, ou nous ne ferons qu'une halte pour l'admirer et le photographier.

 

La route est plate , le soleil est toujours au rendez vous , c'est facilement que nous ferons cette journée de 80km. Nous croisons plein de cyclotouristes, beaucoup sont plus vieux que nous ( 60 ans peut être ) mais peu sont de notre âge.

 

Nous nous arrêterons à Munderkingen sur une aire de camping car, qui sert aussi de terrain de foot, où nous camperons, non loin d'un camping vide.

 

Au matin, un homme sur un vélo vient nous voir et nous parle en allemand, nous ne comprenons pas «  Wir sprechen nicht Deutsch, entchuldigung ». Il nous fit comprendre qu'il faut lever le camp , ranger la temps et partir , le camping c'est pas ici , c'est à côté. Etait-il le propriétaire du camping, mécontent que nous ayons trouvé mieux de camper gratuitement?

 

Samedi 26 mai :

 Nous faisons un point sur le budget. Initialement il était prévu que nous disposions de 8€ par jour et par personne, mais jusqu'ici , nous avons réussi à faire moins chaque jour. Nous décidons donc que ce soir , nous irons dans un camping. Nous avons besoin de laver nos vêtements, se reposer un peu aussi. La route est plate, toujours plus ou moins le long du Danube. Sur pas mal de kilomètres il s'avère que nous sommes en plein soleil, nous avons déjà le bronzage du cyclotouriste : visage mains et bras bronzés , le reste est caché et donc tout blanc. Doudou a des coups de soleil sur les cuisses, maintenant il faudra penser à la crème solaire.

 

Nous passons Ulm, nous traversons la vieille ville ,semble -il , à la recherche d'un supermarché pour trouver de quoi manger ce midi. C'est beau , les rues sont pavées, les maisons sont en vielle pierre mais nous ne prenons pas le temps de faire des photos.

 

Sur une place, un grand marché avec des vendeurs de fruits et légumes, de fromages, de produits locaux. Au fond de cette place, trône une grande cathédrale. J'irai chercher des fruits et légumes pendant que Doudou attendra, à l'ombre avec notre imposant moyen de locomotion qui ne passe pas inaperçu malgré cette foule.

 

Après une pause repas, nous repartons. Mais la douleur aux fesses et le besoin de se poser devient urgent. Un parc à Ulm et nous nous y arrêtons. Il n'est que 13h, nous avons le temps. Je m'assoupis.

 

Il s'avère que je ressens régulièrement le besoin d'une pause après le déjeuner, et de reposer mon esprit , même l'espace de quelques minutes .

 

Nous repartons à la recherche du camping que nous avions repéré sur la carte.

 

14h30, après 70km nous arrivons au camping, dégoulinants encore une fois. J'essaye de demander en Allemand le prix,je comprend l'essentiel de ce qui m'est expliqué mais je me rend vite compte que je n'ai pas le niveau pour tenir une conversation, l’hôtesse d'accueil finira de m'expliquer en Anglais.

 

Nous posons la tente, lavons nos vêtements et profitons un peu de l'étang au milieu du camping, l'eau est froide mais revigorante.

 

Demain c'est dimanche, et ce soir nous n'avons pas grand chose à manger, nous prenons le tandem, vide cette fois , et partons faire des courses au village le plus proche , nous referons 10km, sans aucun bagage, le trajet est tellement plus rapide et simple.

 

Au camping, il y a beaucoup de touristes, des cyclo que nous avions croisé sur notre route, mais aussi beaucoup d'Allemands avec leurs enfants. Nous nous rendons compte que le confort d'un camping n'est pas le même pour tous mais nous nous contentons très bien de ce que nous avons avec nous.

 

Nous finirons la journée à profiter du soleil, d'un repas et d'une douche.

 

Dimanche 27 mai :

 

 

Après un début de nuit un peu bruyant au camping : enfants qui hurlent, qui pleurent et croassement des grenouilles, nous dormirons finalement bien.

 

Le matin, de nouveau sous un beau soleil, nous poursuivons notre aventure. Nous parcourrons 80km sous un ciel sans nuage, avec une température qui effleure les 38°. Aucun arbre a l'horizon, nous ne longeons pas le Danube à l’abri des arbres mais plutôt au milieu des champs de blé et de maïs. Nous croisons moins de cyclo que les jours précédents. Nous nous doublerons avec un homme d'une soixantaine d'années , à plusieurs reprise, jusqu'à ce que nous nous retrouvions arrêtés sous le même et seul arbre du coin , à profiter d'une petite pause à l'ombre. Il est français, il est parti de Munster et rejoindra sûrement Budapest lui aussi. Il est courageux de faire ce trajet seul, à vélo. Lui dort en auberge ou à l’hôtel, il a 4 sacoches à son vélo mais elles ne semblent pas bien remplies.

 

Nous arrivons vers 16h30 , fatigués, sur un terrain de football entre deux petits villages, il y a de l'eau et l’électricité. Le lieu semble avoir été utilisé quelques heures auparavant. Nous croiserons quelques personnes mais aucune ne se préoccupera de notre présence. On occupe le temps à jouer aux cartes, faire les comptes, le trajet pour le lendemain et se reposer. Nous attendons que la nuit se couche pour poser le camp, règle du camping sauvage.

 

Un jeune homme sur un vélo arrive, il semble surpris de notre présence et roule en direction des arbres derrière le terrain de foot. Je vais à sa rencontre pour lui signifier que nous sommes aussi cyclotouriste, qu'il y a de l'eau s'il en a besoin . Il s'appelle Félix,il est Allemand, il va vers Strasbourg. Nous poserons nos tentes à proximité, cachées du peu d'habitations et de la route.

 

La nuit sera courte.

 

 

Lundi 28 mai :

 

 

Levés à 6h15 par le soleil nous déciderons de partir tôt aujourd'hui. Quelques fruits secs avalés, une toilette de chat au lavabo du terrain, brossage de dents et c'est parti pour la journée. GROOOOSSE ERREUR ! Nous pensions pouvoir, au village suivant, trouver une boulangerie ou un petit supermarché. Il n'y a en fait rien à moins de 20km de là. Nous continuerons notre route, le corps faible de n'avoir que peu mangé ce matin. Le chemin qui nous empruntons monte , ce qui ne nous aide pas dans notre progression. Nous faisons des pauses, décidons de faire les côtes à pieds. Arrivés dans une forêt et ne voyant pas le bout du chemin, nous décidons de grignoter quelques fruits secs encore avant de trouver la civilisation. Arrivés vers 9h30 à Neuburg, nous trouvons enfin un supermarché et faisons les courses pour le petit déjeuner et le reste de la journée. Nous déjeunerons sur un banc du village avant de repartir. La route est encore en plein soleil, et nous frôlons de nouveau les 38°. Nous arriverons ensuite à Ingolstadt aux alentours de 12h30 pour prendre le repas à l'ombre d'un arbre, face au pont qui rejoint l'autre côté de la rive du Danube, beaucoup de cyclistes y passent, et je trouve ça joli. Nous recroisons le cyclotouriste français d'hier, il s'appelle Jean- Paul, il s’arrêtera ici pour ce soir, à la recherche d'un hôtel. Nous continuons notre route pour une dizaine de kms , après s'être perdu dans la ville. Nous arrivons à Vohburg , ici se trouve un camping gratuit au bord du Danube , avec une douche et un wc dans une petite cahute ( merci André de warmshower pour cet endroit) . C'est très propre et l'endroit est agréable. Nous resterons ici pour la nuit.

 

 

Mardi 29 mai :

 

 

Une bonne nuit de passée, nous partons pour Ratisbonne (Regensburg en Allemand) . Une journée encore chaude, dès le matin il fait déjà presque 30° et la température atteindra les 38 en milieu d'après midi. Nous traversons des vignobles, des champs de blé et de maïs en plein soleil (encore) , Cela fait depuis notre entrée en Bavière que nous nous demandons ce que sont ce sapins haut perchés sur des troncs, parfois peints rayés avec des décorations et parfois des noms inscrits dessus. ( photo ci dessus, sans le sapin mais ça laisse une idée de ce dont nous parlons)  Ce sapin est posé au premier mai , et devient aussi symbole ( religieux apparemment) d'une « offrande » a son amour. Il paraît qu'il y a même des concours du sapin le plus haut perché.

 

Nous arrivons en fin de matinée près d'un village Kehlheim. Est ce que ce ne serait pas le village dans lequel nou vons fait l'échange avec les correspondants allemands au collège ? En passant dans les rues , je me remémore il y a 12 ans maintenant, c'est une sensation très étrange et j'ai envie de tout raconter à Doudou.

 

Nous nous posons pour le repas du midi , en bord de Danube. Une corde accrochée à un arbre attire la curiosité de Monsieur qui ne pourra s'empêcher de faire le Tarzan, ce qui lui vaudra des piqûres d'orties sur toutes les jambes et les coudes …

 

 

 

Arrivés à Ratisbonne vers 16H , c'est avec étonnement que nous découvront un peu avant la ville des endroits de baignades avec beaucoup de monde, tous venus en vélo pour profiter du soleil et de la fraîcheur du Danube.

 

Nous visitons la ville et profitons enfin de notre première bière allemande en terrasse. Ici , la bière ne coûte que 3€ pour une pinte, et il n'y a pas d'autre choix que de prendre une pinte. Soit, profitons de ce moment, et buvons à la santé de nos proches. Heuresement, c'est mosnieur qui conduit e véhicule car madame n'en est plus vraiment capable. Nous croisons beaucoup de cyclotouriste aujourd'hui sur notre route, nous doublons une famille, on pense qu'ils sont Anglais, ils roulent à gauche. Quelques kilomètres plus loin, en bord de Danube , nous décidons de nous arréter, ce sera notre endroit pour la nuit. Beaucoup de cyclo semblaient voiloir s'installer aussi mais sans doute ont ils continuer parce que la place était déjà prise. La famille « Anglaise » arrive , je comprend tout de suite qu'ils sont Français. Le hasard est parfois très étrange, ils sont lorrains, comme nous. Papa, Maman et leurs deux enfants poseront campement avec nous cette nuit, et nous partagerons un repas tous ensemble.

 

Plus tard, au moment de se coucher, le gros nuage qui était jusqu'alors de l'autre côté du Danube décide de se rapprocher de nous, les éclairs et la pluie tombent sur nous. J'ai envie de filmer mais la pluie s'infiltre rapidement dans la tente, nous fermons. Le vent se lève de plus bel, le ciel tonne et semble déchaîné. Moi qui ai horreur de l'orage, là je suis servie. Les éclairs illuminent la tente et nos regards peu rassurés par ce qu'il se passe dehors. Le vent souffle tellement fort que nous sommes obligés de tenir la tente pour ne pas qu'elle s'envole. On a vraiment peur, la foudre s'abat a quelques mètres de nous et la pluie tombe à grosse gouttes. Nous somme simpatients que cela se termine. Deux heures plus tard, le temps s'apaise et les éclairs s'éloignent, nous entendons au loin une sirène retentir. Fatigués par cette journée record de 97KM et par cette bataille avec les éléments, nous finirons par nous endormir.

 

 

Mercredi 30 mai :

 

 

La nuit fut courte et peu agréable pour nous, ainsi que pour nos compagnons cyclo, ce matin je suis impatiente de lever le camp et débuter une nouvelle journée pour oublier.

 

Nous parcourerons 76km aujourd'hui , sous un soleil de nouveau éclatant, pour une température frôlant les 42 degrés.

 

Nous commencions a nous lasser des paysages redondants que l’euro vélo 6 nous fait emprunter. Le point positif c'est que nous n'avons pas besoin de carte pour nous repérer, le chemin est toujours très bien indiqué.

 

Nous nous arrêtons sur un banc à l'ombre pour manger.

 

Quelques kilomètres plus loin à Straubingen, une jolie église digne d'un conte de princesse siège au milieu d'une place ou se déroule le marché.

 

Sur notre route, nous trouvons une petite plage au bord du Danube, un bel endroit qui nous donne envie de nous poser en cette journée si chaude. Nous profiterons de la baignade pour faire un brin de toilette, car en camping sauvage, pas de douche. On testera même le hamac ( merci Ciline) et j'en profiterai pour sortir les aquarelles.

 

Nous ferons quelques mètres de plus en fin d'après midi pour poser la tente et s'endormir au son des grillons.

 


 

Jeudi 31 mai :

 

 

Nous entamons cette dernière journée de Mai sous un soleil toujours aussi brillant. Il est 8h et nous sommes déjà en selle pour rejoindre Passau, la ville à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche.

 

Nous ne le savions pas mais aujourd'hui en Allemagne, c'est férié , c'est la Saint dieu. Nous croiserons des gens avec des habits traditionnels, des enfants avec des toges à la sortie des églises, des fanfares et autres signes de festivité. En Allemagne, la religion a une place importante et les traditions sont respectées.

 

Nous n'oserons pas photographier ces moments.

 

En ce jour férié, le Danube offre aux gens la possibilité de se baigner, de faire du bateau ou de pêcher , c'est un beau spectacle auquel nous assistons le long de nos 71km de parcours en tandem.

 

Comme d'habitude, après le repas du midi , nous ferons une petite sieste d'une demi heure à l'ombre d'un arbre .Nous arrivons à Passau vers 14h30, le temps pour nous de profiter d'une petite pinte en terrasse. Il fait chaud et la vieille ville est très jolie.

 

Nous décidons de repartir pour quelques kilomètres supplémentaires , mais le temps semble se gâter et nous ne voulons pas être sous l'orage sans solution de replis. Nous trouverons un camping, dans lequel il y a un abris pour manger au sec et en cas de fort orage. Le temps semblera toutefois se calmer. Pas grave, nous nous permettons une fois par semaine une nuit en camping si nous n'avons pas eu la possibilité de prendre une douche ou de laver nos vêtements.