Dimanche 8 Juillet

 Le ciel nous promet un beau soleil aujourd'hui, et pour toute la journée. Nous quittons rapidement la Lituanie pour arriver en Lettonie, d'une manière la plus discrète qu'il soit. Rien ne nous indique que nous passons la frontière, nous sommes sur une route de terre et très peu de voitures passent ici.

 

Nous serons d'ailleurs la majeure partie de la journée sur une route de terre. C'est assez étrange pour nous de passer d'une Pologne accueillante et chaleureuse à ces deux pays baltes, vides avec pour seule compagnie ces chemins où nous croisons quasiment personne.

 

Nous avons en revanche le droit à de jolis spectacles matinaux dans les champs : parfois une biche, un chevreuil ou de gros lièvres passent à toute vitesse sur le chemin ou s'immobilisent à notre passage. Nous sommes comme des enfants à chaque animal croisé. Je ne prendrai jamais le temps d'immortaliser l'instant, c'est avec nos yeux que nous observons ces cadeaux de la nature.

 

Pour les derniers 18 kilomètres nous décidons d'emprunter la route principale parce que Jojo a mal aux bras avec ces routes compliquées.

 

Nous arrivons au camping , c'est un grand jardin , l'homme qui nous accueille est parfait , il nous installe une table pour que l'on soit à l'aise, s’intéresse à notre trajet et nous montre l'ensemble du camping.

 

Il prend soin de son terrain et de ses campeurs. Nous profitons d'une douche et d'un beau soleil pendant le reste de l'après-midi.

 

Lundi 9 Juillet

 

C'est un lundi brumeux aujourd'hui, mais nous sommes contents, c'est notre dernier jour en direction de Riga, la capitale. Et c'est peut être aussi notre dernier „vrai” jour de pédalage en Europe si nous avons nos Visas Russes.

 

Nous remballons la tente mouillée par la rosée du matin, et espérons pouvoir l'ouvrir rapidement pour éviter qu'elle ne moisisse.

 

Nous parcourons un peu plus de 60kilomètres sur une route goudronnée et plutôt agréable, entourée de forêt.

 

Seul bémol sur cette journée, nous sommes passés ,dans la matinée, dans un petit chemin sableux sur plus d'un kilomètre, à pieds, car impossible de rouler.

 

Le reste de la journée a été relativement bon, avec un timide soleil pour nous accompagner.

 

C'est par de petites routes de gravats et de sable ( et qui semblent servir aussi de décharge publique) que nous arrivons à Riga.

 

J'aime le moment, en arrivant dans la capitale, de découvrir d'un coup d’œil, et surtout sur notre vélo, une ville que nous visiterons plus tard de manière plus approfondie.

 

Nous arrivons à 14h30 devant l'auberge de jeunesse en plein centre ville de Riga , il y a des travaux juste à côté.

 

L'hôtesse met du temps à m'ouvrir la porte principale. Je monte au deuxième étage pour nous enregistrer (pendant que Jojo garde le vélo et les affaires en bas de l'immeuble) et surtout demander où est le parking pour vélos, comme annoncé sur la réservation. Elle m'indique que c'est 4€ par nuit pour avoir accès au parking, et que c'est sécurisé. Soit, pas le choix pour mettre notre Road'olphe en sécurité mais ça n'était pas noté.

 

Nous descendons, elle nous montre le parking, qui est un parking à ciel ouvert et qui s'ouvre avec un badge. Elle remonte rapidement et nous laisse. On s’aperçoit en y rentrant qu'il manque une porte à l'entrée et que ça n'est absolument pas sécurisé. Pas question de payer pour ça , et surtout de laisser le vélo dehors.

 

Je remonte et après discussion avec l’hôtesse, perdue, qui appelle le responsable, nous laissera mettre le vélo gratuitement dans le couloir de l'immeuble.

 

Nous découvrons le dortoir de 6 lits dans lequel nous allons dormir ce soir. Je suis la seule fille avec 5 hommes, les quatre autres ont tous largement plus de 40 ans , c'est étrange et c'est la première fois que nous sommes dans une chambre avec que des hommes plus âgés. Un Afghan, deux Ukrainiens et un Maltais ( un peu effrayant car retouché au botox au niveau des lèvres et du visage, à la façon Bokdanov)

 

La chambre est sale, les draps sont tâchés, on ne voit que très peu la lumière du jour, il n'y a pas de papier dans les WC, qui sont aussi sales ( la douche est propre, ouf), il n'y a aucun endroit sécurisé pour y ranger ses affaires en cas d'absence, et il est impossible de cuisiner dans la cuisine car aucun équipement. Bref, c'est carrément pas la meilleure auberge de jeunesse qu'on ai connu jusqu'ici, mais c'était la moins chère et on comprend pourquoi. ( même si pour nous, ça ne vaut pas 10€ par personne la nuit) . Jojo ce soir dira d'une toute petite voix au fond de son lit au dessus du mien : " Bouh, je veux notre canapé en palettes", et on rigolera à en faire arrêter de ronfler l'un de nos colocataires.

 

La nuit au milieu de ces ronfleurs sera courte, et peu agréable. Heureusement Sabri, l'Afghan, est un clown et il aime discuter avec nous et faire son „show”, il nous fait rire et anime un peu cette auberge morte et dégeu. Il nous déballera d'ailleurs sa valise pour en sortir des bibelots. Il nous a beaucoup fait rire.

Mardi 10 Juillet

 Visite de Riga au programme de la journée. Petit déjeuner rapide, un coup d’œil au tandem et nous partons à la découverte de la Capitale.

 

Le temps est ensoleillé et il doit faire 25 degrés, idéal pour une visite pédestre.

 

Nous parcourons les rues à la découverte des monuments et trésors cachés. On aime visiter les grands monuments, mais on aime aussi découvrir de petits coins ou petites ruelles au charme typique. Nous trouvons un plan avec les dessins des monuments, plus facile pour se repérer.

 

Mode touristes enclenché, c'est carte et téléphone à la main que nous visitons.

 

L'opéra national, la St Peter's Church, la maison des têtes noires, les ruelles pavées aux déco moyenâgeuses, la Dôme cathédrale, les bords du fleuve Daugava, avec vue sur l'étrange bibliothèque en forme de montagne de l'autre côté de la rive et de l’impressionnant pont Vansu (que nous avions vu la veille à notre arrivée), le Big Christopher, les maisons trois frères , la maison des chats ( qui, à notre déception, ne contient aucun chat, seulement deux en fer forgés trônent en haut du toit.) Le jardin du bastion avec ses décorations typiques Lettones, la cathédrale orthodoxe avec son dôme en or, sans oublier l’impressionnant monument de la paix gardée par deux soldats - d'ailleurs juste derrière, nous avons déjà repéré l'Ambassade Française pour récupérer les passeports. A ce propos , j'ai demandé des nouvelles et les passeports partiront après demain de France, pour arriver au plus tard sûrement, lundi à l'Ambassade. 

 

Il ne nous faudra pas plus d'une bonne journée pour visiter la plus importante partie de Riga. Les jours prochains, nous espérons pouvoir trouver de jolis endroits atypiques.

 

Nous sommes passés à la gare pour nous renseigner concernant les billets de train Riga-Moscou, et sommes finalement ressorti avec nos billets en main pour un peu moins de 100€ (les prix qu'on avait vu sur le net étaient bien plus exorbitants). On a bien pensé à préciser que nous avions un tandem ( photo à l'appui) et elles nous ont dit que ce n'était pas sûr mais qu'il fallait essayer … C'est le problème avec les transports et le tandem, on est jamais sûrs que ça soit ok , tant que nous ne sommes pas à l'intérieur.

 

Et si le visa est refusé, nous ne perdrons que 3€ sur chaque billet et là, on est sûrs d'avoir des billets pour aller à Moscou. J'avoue que je m'y vois déjà mais ne nous emballons pas... on verra lundi prochain.

 

Ce soir nous sortons un peu, avant de nous enfermer dans cette sombre et ronflante auberge. Nous nous promenons dans un parc, puis y découvrons une harmonie musicale qui termine son concert. Et croiserons de jeunes Lettons dans leurs vêtements traditionnels.

 

Une nuit de plus s'achève dans cette auberge, ouf.

 Nous ne savons pas encore où nous dormons demain soir, nous verrons en fonction de la météo mais avons envie d'aller à la plage, à 20km de Riga. La nuit suivante nous dormirons chez le seul warmshower qui nous a répondu positivement et pour finir la semaine à venir nous avons pris un AirBnB en plein centre de Riga,qui s'avère être moins cher que la plus miteuse des auberges, et nous aurons notre chambre pour nous. Nous commencions à nous dire qu'on aurait beaucoup de mal à tenir le budget fixé dans une capitale européenne. Nous allons peut être y arriver.

 

Mercredi 11 Juillet

 

Après une nuit très courte pour Jojo, et un concours de ronflement pour moi ( j'ai perdu) , nous sommes impatients de quitter cette auberge. Le ciel est bleu et il fait chaud , nous décidons donc d'aller à la plage, à quelques 20 kilomètres de Riga.

 

C'est un gros nuage menaçant qui nous accueil, au bord de la mer baltique. Nous aurons le temps de profiter un peu de la plage et de réserver une nuit dans une chambre d'hôte (trop peu de se faire saucer) , d'y déposer nos affaires et de tout juste commencer à s'installer pour faire à manger sur la plage quant le ciel se décide à craquer.

 

Jojo avait oublié le feu pour allumer le réchaud, il est reparti à l'hôtel en courant, mais trop tard, il commence à pleuvoir à grosses gouttes et je suis sur la plage avec toutes les affaires, le réchaud plein d'essence. Je range tout rapidement , sauf le réchaud, mais ne peut pas tout porter pour m'abriter, le temps que monsieur revienne, on sera tous les deux trempés. Je vais m'abriter sous le petit snack de la plage, pendant qu'il range le réchaud ( c'est lui le maître du feu) , il me rejoindra, tranquillement en marchant sous la pluie, il n'y a plus personne sur la plage, seul la cahute du snack est remplie. Nous, ça nous fait rire.

 

Nous rentrons à notre chambre à 200m de là, le temps de nous changer et le soleil est de nouveau là. Nous décidons d'y retourner pour profiter. Le soir, nous aurons le droit à un joli coucher de soleil en mangeant enfin nos pâtes au réchaud. Une jeune fille se promène avec un chaton en laisse sur le sable, il a l'air d'adorer ça et viendra même nous faire un petit ronron.

 

Jeudi 12 Juillet

 

Il est 9h30 et ma première pensée aujourd'hui est pour nos passeports. On nous a dit qu'ils seraient récupérés et renvoyés aujourd'hui. J'attends le mail de suivi avec impatience.

 

A 10h nous sommes déjà sur la plage avec le vélo, il fait super beau, et il y a beaucoup plus de monde qu'hier. Nous y resterons pour faire la crêpe et pour profiter de l'eau jusqu'à 15h. Notre couchsurfing de ce soir (le seul qui nous ai donné une réponse positive) nous attend pour 19h.

 

Le ciel est de nouveau gris et nous voulons nous rapprocher de notre hôte du soir avant qu'il ne pleuve, nous trouvons une station de bus, avec un banc à l'abri de la pluie quelques minutes avant qu'il ne pleuve et que l'orage gronde. Nous resterons là jusqu'à l'arrivée de notre hôte après 19h ( il rentre du travail).

 

Viesturs et Zanda sont un couple d'une quarantaine d'années. Ils n'ont pas d'enfants et vivent un petit appartement à 20 kilomètres du centre ville de Riga. Nous faisons une salade ensemble et mangeons devant la télévision. J'ai beaucoup de mal à me concentrer sur ce qu'il dit avec le son de la télé. Je n'apprécie pas à juste titre les rencontres lorsqu'elles sont perturbées par ce parasitage. Mais c'est leurs habitudes et je dois aussi m'y contraindre.

 

Ils ont mis la chaîne info , en anglais pour que l'on puisse aussi suivre. Viesturs nous explique l'histoire de la Lettonie à l'époque des guerres, qu'ils ont beaucoup souffert et a peur de l'avenir de demain. Il nous dit qu'il trouve que chaque pays veut être le meilleur, que c'est une histoire de fric et qu'un jour, bientôt sûrement, le monde ira encore plus mal qu'aujourd'hui, mais que les riches n'auront aucun problème puisque c'est l'argent qui fait de toi quelqu'un de „bien” aux yeux de la société actuelle. Il a raison, et ça nous remet en tête aussi ce „pourquoi” du voyage. Nous voulons découvrir la vraie vie, les gens vrais et sincères dans chaque pays et nous faire notre propre image, pas se fier à ce ramassis de conneries de bourrage de crâne qu'on nous montre à la TV et dont les gens se font ensuite une image pour chaque pays. Nous on veut rencontrer l'humain, le vrai , le profond.

 

Nos hôtes nous mettent ensuite la chaîne Lettone avec musique et folklore typique. Et nous finirons par regarder la chaîne sport ( dont le tour de France) et irons nous coucher.

 

C'est aussi ça les rencontres, accepter de „rentrer” dans la vie et dans le quotidien des gens qui nous hébergent en ne dérangeant pas , ou peu, leurs habitudes.

 

Nous n'avons pas eu de nouvelles de nos passeports, nous enverrons un mail demain matin pour savoir ce qu'il en est...

 

Vendredi 13 Juillet

 

Viesturs part travailler à 8h, le temps de faire une photo rapide et de lui dire merci. Sa femme Zanda, est en vacances. Nous ne voulons pas déranger , et partons vers 9h. Elle nous offrira une boîte de chocolats, une belle attention qui nous touche encore une fois.

 

„ Take care and be carreful” , c'est la phrase qu'on entend à chaque fois que l'on quitte nos hôtes, tous sont attentionnés et prennent soin de nous, nous sommes chanceux.

 

Nous arrivons au centre ville de Riga, dans un parc non loin de l'Ambassade Française. La réponse à notre mail est brève et c'est un imprimécran de la référence de l'envoi. Il s'avère que nos passeports nous attendent déjà à l'Ambassade... depuis hier. Je suis un peu énervée car nous aurions pu nous en occuper hier pour gagner du temps et déposer ce matin au consulat de Chine...

 

La communication chez MondialVisas, c'est pas vraiment leur point fort.

 

Nous nous rendons à l'ambassade de France, Jojo m'attendra dehors pendant que j'irai récupérer notre enveloppe encore fermée. Ici , pas de rendez-vous à prendre, c'est une petite Ambassade, je me fait contrôler à l'entrée et récupère les passeports en 3minutes chrono.

 

Je sors, la boule au ventre, impatiente de savoir.

 

Nous allons nous installer sur un banc, à côté du freedom monument ( c'est un signe ? ) pour filmer et partager avec vous cet évènement que vous avez suivi et soutenu ( un grand merci d'ailleurs).

 

Je tremble, j'ai peur mais je suis excitée. Allez, on ouvre … OUIIIIIIIIII, on a les Visas pour la Russie!!! c'est réellement un soulagement et nous allons pouvoir voir Moscou, la place rouge et prendre le mythique transsibérien! Wahou!

 

On vous fait ICI  un petit récap' de la démarche „visa russe” si ça peut vous aider.

 

On a donc nos Visas, nos billets de train pour le transsibérien, nos billets de train Riga-Moscou et savons chez qui nous dormons pour notre semaine à Moscou. Tout va bien...

 

Nous mangeons et assistons à la relève de la garde au pied du monument de la liberté. Ca nous fait rire, parce qu'une fois fini , les gardes du matin se dirigent vers le camion tout à fait normalement.

 

Nous allons chez Andrey, notre hôte Airbnb de ce soir. Il vit avec Susie, są meilleure amie. Lui est étudiant en droit et elle en langue et travaille aussi dans la traduction. Elle est Libyenne/Lettone et parle 4 ou 5 langues différentes.

 

Nous allons faire quelques photocopies pour nous rendre à l'ambassade de Chine pour demander nos visas. 85Cts plus tard pour une vingtaine de photocopies ( oui, il faut aussi pouvoir tout justifier pour faire le Visa Chinois) , nous marchons jusqu'à l'Ambassade, à environ 35 minutes à pied. Ce n'était pas sans compter sur ce joli orage et cette pluie diluvienne qui nous trempera. On s'abritera quelques minutes le temps que la pluie se calme un peu. Mes chaussures sont pleines d'eau, les trottoirs et les routes sont inondés.

 

Il est 15h30, nous arrivons à l'Ambassade, sonnons, personne ne répond. Il y a un garde sécurité dans une petite cabine en verre à l'entrée. Malheureusement , il semble s'être assoupi. Jojo toque à la fenêtre et l'homme se lève d'un bond. Il a dû avoir une petite frayeur en se disant que son chef passait par là...

 

Il sort de la cabine, ne parle que très peu Anglais. „Close!” Nous dit-il d'un souffle alcoolisé. „Monday!” et nous montre une autre entrée sur laquelle les horaires sont affichés. Ok, l'Ambassade est ouverte pour les visas le lundi de 10h à midi, le mercredi de 14h3à à 16h30 et le vendredi de 10h à midi... pas de bol, on reviendra lundi.

 

Je vérifie quand même en rentrant sur l'ordinateur s'ile st nécessaire de prendre un rendez-vous. Ce n'est pas encore obligatoire ( ça le sera au 1er Aout) mais nous préférons avoir un rendez-vous. On s'est déjà fait avoir à l'Ambassade de Russie à Varsovie... sait-on jamais.

 

Nous aurons un rendez-vous lundi entre 10h et midi. Il y a 15 rendez -vous en tout par jour, il nous en reste encore 13. L'ambassade ne semble pas surbookée, ça devrait aller vite lundi.

 

Nous passons le reste de l'après midi au sec et passons la soirée à discuter avec Susie, Andrey est parti et revient demain.

Samedi 14 - Dimanche 15 Juillet

 

Jours off, après tout c'est le weekend! Premier weekend sans pédaler, et avec l'esprit plutôt libre.C'est étrange, j'ai l'impression que j'ai des choses à faire mais pour la suite, tout est prêt. Inutile de raconter donc que nous avons profité du soleil et glandé toute la journée.

 

Samedi soir nous avons partagé un petit moment avec Andrey, Susie et leurs amis avant qu'ils ne sortent en boîte ( pas notre truc, on vous apprend rien :) ). Nous sommes allés nous coucher vers 1h après leur départ.

 

Dimanche, nous avons profité du soleil en ville. - Il paraît qu'il ne fait pas très beau à Riga et qu'il pleut souvent, nous avons pour le moment de la chance...-

 

Si vous allez à Riga, on vous conseille fortement de rentrer dans le Radison Hôtel ( près de l'église de la nativité) de prendre l'ascenseur et de monter à l'étage 26, Vous avez une vue sur tout Riga et c'est génial. On a pris l'autre ascenseur pour redescendre, nous avons pu observer une autre vue de Riga.

 

Bon, on doit avouer qu'on a eu envie quand même d'aller voir la finale du Mondial, histoire quand même de boire une bière, ou deux (ou plus) à la victoire ou la défaite. ( Oui , c'est une excuse)
En bons chauvins que nous sommes nous avons trouvé le bar français à Riga „ la belle époque”, un petit bar qui ne paye pas de mine, mais je vous assure qu'aujourd'hui, l'ambiance était là.

 

C'est tellement étrange d'entendre des gens parler français, ça fait maintenant deux moins qu'on n'entend plus de français.

 

18h ici, début du match, les gens sont sur-motivés et bruyants mais ça nous fait tellement rire ( l'alcool aidant sûrement), à chaque but l'assemblée se lève, crie, s'embrasse... l'effervescence de l’évènement est à son comble.

 

Je crois que je ressens à ce moment là un manque, première fois depuis le début de notre voyage que j'aurai envie d'être avec les nôtres, c'est très étrange comme sensation.

 

Le France gagne et c'est une folie...

 

Il fait extrêmement chaud et on commence à avoir faim. Sortons et allons manger.A la sortie du bar, les rues sont pleines de monde, mais c'est si calme … Ici, forcément, pas de fou furieux dans la rue pour fêter le match. Ça nous va bien.

 

Nous rentrons, demain on doit se lever pour les visas.

 

Lundi 16 Juillet

 

C'est la bouche pâteuse et la tête dans le f*** que nous nous levons pour aller déposer nos dossiers pour la demande du Visa Chinois. Nous avons tout .( d'ailleurs vous pouvez jeter un œil ici, on explique ce dont nous avions besoin)

 

Ce matin il fait déjà chaud, nous arrivons à l'Ambassade après 40 minutes de marche. Nous sommes les seconds et peu à peu la file d'attente devant la grille du Consulat s'allonge.

 

10h, les portes s'ouvrent, nous devons prendre un ticket et attendre notre tour. Nous donnons les papiers, l'hôtesse nous demande d'enregistrer nos empreintes, nous donne un papier pour venir retirer les Visas vendredi matin et... ça aurait dû s'arrêter là, si nous avions bien compris. Il est 10h30.

 

Pour payer ici, pas de gestion de cash ou de carte bancaire, il faut se rendre dans une banque et faire une demande de „transfert de compte à compte” grâce au ticket de retour que l'hôtesse nous a donné.

 

Je lui demande en Anglais si nous payons vendredi, elle me répond que non, c'est mieux avant. Nous comprenons donc que nous devons aller à la banque aujourd'hui et revenir avec le justif' pour qu'elle puisse lancer la procédure de demande de Visa.

Branle-bas de combat, nous cherchons une banque. Et c'est vachement étrange, c'est quand on cherche quelque chose qu'on ne trouve ABSOLUMENT pas. Le consulat chinois est sûrement le plus excentré du centre ville et nous devons marcher longtemmmmmmmps pour rejoindre le centre et surtout trouver une vraie banque, avec des gens et des guichets. La première banque semble ne pas comprendre et me dit qu'ils ne font pas ça. Il fait plus de 30° et on commence à transpirer.

 

Nous finissons par trouver la „banque postale” Lettone, c'est difficile de se faire comprendre quand on ne sait pas vraiment ce qu'on demande. On finira au bout de 15 minutes par obtenir un papier d'ordre de paiement qui justifie que nous avons payé le consulat via la banque. ( En montrant le site de l'Ambassade avec l'explicatif en Letton. ) Pfiou, il est 11h30, et nous pensons qu'il faut donc ramener cet ordre de paiement avant midi, heure de fermeture du bureau visa. On court jusqu'au consulat, et on arrive in-extremis à 11h55, trempés de transpiration. Ça change, vendredi c'était à cause de la pluie.

 

Au guichet l’hôtesse regarde mon papier étrangement ( je me dis à ce moment là que c'est pas ça), pour me dire qu'en fait … il faut le ramener vendredi, quand on récupère les passeports...

 

C'est dans ce genre de moment que mon niveau d'Anglais me fait défaut... j'ai sûrement mal compris, elle disait simplement qu'il fallait ALLER A LA BANQUE avant vendredi...

 

Elle rit, et nous aussi.

Bon... ce qui est fait n'est plus à faire. Mais finalement c'était pas si compliqué.

Moi qui me plaignait de notre manque de sport pendant ce temps d'arrêt à Riga …

 

Nous resterons une partie de l'après midi à l'appartement, et irons à la gare centrale pour voir si le train que nous prenons vendredi circule aujourd'hui.

 Il est bien là, 20 minutes avant son départ.A chaque porte du train des hôtesses vérifient les billets, nous en profitons pour demander s'il est possible de prendre ce train avec un „big bike” , et l'hôtesse me fera même rentrer pour que je puisse voir l'intérieur. Ce n'est pas le bon wagon, nous on a pris les places les moins chères et donc assises, mais ça semble pouvoir passer. Nous verrons vendredi. L’hôtesse vient de nous assurer qu'il n'y a pas besoin d'une réservation supplémentaire, c'est compris dans le billet du train, et qu'il doit être emballé.

 

Nous rentrerons à l'appartement quelques minutes avant que la pluie ne tombe sur la ville

Mardi 17 - Mercredi 18 Juillet

 

Ici encore peu de chose à raconter sur nos journées, nous avons la chance d'avoir le soleil et de chaudes températures à Riga, il parait que c'est rare ici , et autant de jour de suite. Nous profiterons de faire un tour au „ central market” c'est un des marchés les plus vaste d’Europe parait-il. Nous éviterons les halles en intérieur de viande et de poissons. Dehors ce sont des dizaines d'étales de fruits et légumes, les odeurs se mélangent, les gens se frôlent, il y a beaucoup de monde.

 

Nous nous promènerons dans Riga, encore, à la découverte de petites rues que nous n'avions pas encore vues, mais nous passons souvent dans des endroits que nous connaissons déjà. Il nous faut autre chose pour nous occuper.

 

Mercredi, c'est une toute autre journée qui nous attend. Nous avions repéré près de Jurmala ( le saint tropez Letton) un parc aquatique avec plein de toboggans qui avait franchement l'air trop bien. Mais comme nous calculons le budget … on s'est interdit d'y aller.

 

Finalement, nous avons besoin de nous amuser et de nous divertir. De toute façon, nous n'arrivons pas à tenir le budget ici, alors on peut au moins aller se faire un petit plaisir.

 

Nous prenons donc le train de Riga à Jurmala, avec l'heureuse surprise de découvrir que l'aller retour nous coute moins de 6€ pour deux. Incroyable, quand on pense que le bus ici coûte 2€ pour un trajet unique …

 

On s'est amusé pendant 4 heures comme des gosses dans les bouées, toboggans et autres jeux d'eau. Ça nous a fait beaucoup de bien et nous n'avons pas pensé une seule seconde a notre „vie d'adultes responsables „. Un pur bonheur. Aucune photo de ce moment mais si vous nous connaissez, vous imaginez bien à quel point on a pu faire les enfants dans cet univers aquatique.

 

Jeudi 19 Juillet

 

Malgré une journée vraiment drôle hier, je commence à me languir d'être à Riga, ça devient long et j'ai besoin de m'évader, de voir autre chose. Nos hôtes ne sont pas beaucoup présents et lorsqu'ils sont là , nous ne faisons que nous croiser. Chacun semble ne pas vouloir déranger l'autre.L'aspect financier de l'échange ne me donne aucune satisfaction et je trouve qu'il n'y a aucun partage. ( D'un côté les hôtes Airbnb ne sont pas là pour ça, sûrement..) c'est donc avec difficulté que nous restons dans l'appartement.

 

Aujourd’hui, il est temps de remballer nos affaires et de démonter le tandem pour l'emballer pour le train de demain. Demain matin nous irons au Consulat chinois rechercher nos passeports , et peut être les visas à l'intérieur, puis nous reviendrons chercher nos bagages et notre vélo, pour aller à la gare et attendre notre train, qui nous emmènera entre les deux continent, Europe et Asie.

 

Bon et si je faisais un point sur ce que le voyage nous (me) provoque ?

 

On en parle pas, et ça ne fait peut être pas assez de temps encore que nous sommes partis pour que ça chemine, mais tout doucement - et là je ne vais parler que pour moi , impossible de me mettre à la place de Monsieur ou de tout autre voyageur – tout doucement donc, je pense que je prend conscience que ce voyage n'est pas un simple „trip de quelques semaines à vélo”.

 

Nous ne sommes pas partis pour „fuir” quelque chose, mais plutôt pour nous découvrir chacun, et l'un-l'autre, pour découvrir ce que le monde peut nous offrir mais aussi se mettre face à soi.

 

Il y a maintenant deux mois nous avons fait le choix de partir, de quitter notre confort, de perdre nos repères et d'accepter de nous retrouver face à nous-même, et surtout face à l'autre. L’électrochoc est en cours...

 

Nous nous disputons rapidement, pour des choses futiles. Je pense que c'est notre moyen de défense, chacun, face à la découverte de nous-même et de l'autre. Heureusement, il y a une forte complicité entre nous et il nous est difficile de rester longtemps à se bouder.

 

J'ai quitté amis et famille pour n'être qu'avec l'homme que j'aime et il a fait de même ( je ne regrette pas mon choix et je crois qu'il en est de même pour lui) et je prend conscience que nous allons être seulement nous deux pendant un long moment. Il faut que nous apprenions à nous accepter, à faire face à nos émotions, et à s'écouter de façon mutuelle mais aussi chacun pour soi. Nous sommes 24H sur 24 ensemble, nous vivons les mêmes difficultés, les mêmes joies mais chacun avec sa personnalité, et parfois on ne comprend pas les réactions de l'autre, qui lui appartiennent. Je prend tout trop à cœur et lui peut se montrer très neutre face à des situations, comme il peut exploser d'un coup. Il faut donc qu'on se gère soi mais aussi qu'on se gère ensemble pour trouver notre équilibre.

 

Nous sommes l'un comme l'autre, sûrement envahis de peur à cette idée d'être „ à nu” mais aussi à l'idée de cette accélération du voyage. Moi en tout cas je le suis. Nous allons nous éloigner encore plus de „notre chez-nous”, en ne sachant pas ce que nous allons découvrir ensuite. L'inconnu fait peur, c'est un changement, on ne sait pas à quoi s'attendre et mine de rien, on s'éloigne plus rapidement que sur notre vélo.Nous allons faire plus de 900 km en moins d'une journée.

 

L'inconnu ça signifie aussi que je suis incapable d'avoir une maîtrise sur ce qui va se passer ensuite, il faut donc accepter l'inconnu et cesser de vouloir tout contrôler. Cela implique l'exercice si délicat et difficile : le lâcher prise.

 

Ça nécessite donc un grand travail sur soi que de pouvoir lâcher prise et là, le voyage interne ne fait que commencer...

Vendredi 20 Juillet

Aujourd'hui promet d'être un jour chargé en émotions.

 Dans moins de 48h nous serons en Russie, ce pays que je me suis tant imaginé, que j'ai tant rêvé. Je suis à la fois effrayée et tellement impatiente de découvrir un nouveau lieu et cette „moi” que je ne connais pas encore.

Avant tout ...direction le consulat chinois pour récupérer nos passeports.

A peine rentrés, nous sortons avec les passeports à la main …. ET AVEC LES VISAS dedans !!C'était finalement tellement simple... (ici pour les infos )

 

 

Il est près de 11h quand nous rentrons chez Andrey, nous faisons nos sandwiches et après un timide aurevoir, nous partons en direction de la gare, nous mettons habituellement 5 minutes... mais avec tous nos bagages et le vélo déjà emballé … on a mis ( et c'est pas des mythos) UNE HEURE !! Jojo s'est occupé du tandem, et moi des bagages, c'est lourd, on est en galère, il fait chaud … On s'arrête tous les 30 mètres pour faire une pause.

 

On arrive à la gare en trans' et sans force dans les bras. Bon , la prochaine fois, on démontera le vélo à la gare, ça sera beaucoup , beaucoup plus simple !

 

Le train est à 17h30, il est midi , autant dire qu'on a largement le temps de le voir arriver. Nous passons l'après midi dehors, il fait chaud et le soleil est toujours là.

 

J'en profite pour retirer de l'argent, échanger en Roubles Russes et en Dollars ( les dollars serviront pour payer les visas Mongols à Moscou.)  Wahou, les Roubles n'ont pas du tout la même valeur que l'Euro, ça va être complexe !

 

Nous sommes prêts.

 

Le train arrive un peu avant 17h, les gens sur le quai de la gare parlent russe. On est un peu angoissés de monter avec le tandem, de peu qu'on nous refuse. Mais finalement c'est très facilement que nous rentrons. Nous attendons que les gens soient rentrés pour rentrer le tandem en dernier. Le problème c'est que les gens sont à peine assis qu'ils ressortent tous, nous nous croisons donc dans le couloir, et les gens commencent a pester parce que nous dérangeons...

L'impatience de certains m’énerve un peu , il suffit d'attendre deux minutes pour qu'on puisse porter le vélo et l'installer sur l'espace bagages  au dessus des sièges. Nous essayons une première fois, les gens nous regardent et parlent en russe, ils parlent fort mais nous n'avons aucune idée de ce qu'ils racontent. Nous n'arrivons pas à faire passer le vélo. Le provodnik ( responsable du wagon) arrive et nous aidera à le mettre en haut ,pendant que les autres passagers continuerons à s'exprimer fort en parlant du tandem et de nous. Est-ce qu'ils rouspètent ou est-ce simplement leur façon de s'exprimer ?

 

Nous transpirons à grosses gouttes maintenant, mais tout est en place.

 

Le train s'en va, nous sommes dedans... A nous la Russie...