Moscou

Vendredi 20 Juillet

 

Nous sommes donc dans le train Riga- Moscou pour une longue soirée et une longue nuit.

 

Ici déjà , nous avons l'impression d'être ailleurs et d'avoir un avant goût de trans-sibérien. Ce sont des wagons couchettes à l'image de ceux du trans-sibérien, mais ici , c'est la „4ème classe”, et nous avons des places assises : nous sommes 6 par compartiments, plus deux dans le „couloir” donc 8 cette chaleur. Tous les compartiments sont ouverts, nous avons donc une 50ène de colocataires avec nous. Ça parle russe partout , nous sommes un peu perdus et déconnectés de notre „Europe”, côtoyée depuis maintenant plus de 2 mois.

 

Nos colocataires, timides au début , finissent par échanger tous ensemble. Une d'elle finira par nous demander d'où l'on vient et ce que nous faisons avec notre tandem. Ils ont tous du mal à y croire, ils semblent trouver ça fou.

 

Arrive le passage de frontière. Il est prévu une heure d'arrêt au passage de la frontière Lettone, puis une heure au passage de la frontière Russe. Mais attention, pas question de sortir du train, tout est fermé et chacun doit rester bien sagement à są place.

 

C'est un moment un peu stressant pour nous, alors que nous sommes en règles.

 

L'ambiance à la frontière est très particulière, dehors il fait nuit, le train est arrêté au milieu de nulle part et les seules lumières dehors nous font apercevoir la brume … l'ambiance est glauque et les gens sont calmes.

 

Passage de la frontière Lettone, nous montrons tous nos passeports, cela va relativement vite. La douanière me demande où j'habite et ce que je vais faire en Russie.

 

Nous roulons quelques 10 minutes et arrivons à la frontière russe. La démarche est la même à un détail près: le militaire Russe cherche les français, et nous posera un tas de questions auxquelles je répondrais dans sourciller.

 Heureusement la dame russe de notre wagon leur expliquera qu'on parcourt „le monde” en vélo et malgré son costume et są posture des plus autoritaires, il esquissera un sourire.

 La douanière passe ensuite pour contrôler les passeports et reposera les mêmes questions, puis les policiers avec leurs lampes de poches regarderont sous nos sièges.

 

Ils descendent, le train repart, ouf nous sommes soulagés.

 

Cette ambiance était vraiment très particulière et étrangement je ne peux m'empêcher de penser à ces déportés dans les trains et le stress tellement décuplé qu'ils ont du ressentir, l'angoisse et la peur. J'en ai des frissons. ( Bien évidement je ne suis absolument pas en train de comparer notre situation à la leur, mais c'est seulement cette ambiance qui 'y fait penser)

 

Nous sommes donc en Russie, c'est dingue.

 

Quelques arrêts plus tard, deux de nos colocataires s'en vont et nous pouvons donc tous avoir une place en couchette et dormir. Il est plus d'une heure du matin, il fait une chaleur étouffante, le train est bruyant et nous nous endormirons exténués, bercés par les mouvements, parfois brusques, du train sur les rails.

 

Malheureusement notre sommeil sera entre-coupé et la nuit sera plutôt mauvaise.

Samedi 21 Juillet

Il est un peu plus de 7h et c'est sous le soleil Russe que nous ouvrons difficilement les yeux. Nous arriverons vers 10h à la gare de Moscou, où Pavel, notre warmshower moscovite de la semaine nous y attendra.

 

Nous remontons le vélo tous les trois (Enfin Pavel et Jojo surtout.) Et partons en direction de son Bikeshop, car il est mécanicien cycle au cœur de Moscou. C'est dans son petit magasin que nous déposons nos affaires, et allons faire des courses avec Pavel pour manger. Les roubles c'est tout nouveau pour nous, et c'est vraiment pas facile. 1€ vaut environ 74 roubles.

 

Nous mangeons dans une petite salle de son magasin, en compagnie de Roberto, un cyclotouriste espagnol qui a fait Valence - Moscou en 2 mois 1/2, avant la coupe du monde, pour pouvoir la voir à Moscou même. Il repart cet après midi par avion. Il est avec une jolie jeune femme (dont nous avons oublié le nom) et Sophia, są fille à elle, d'environ 7 ans, qui finira pas m'agripper le bras pour rester avec nous.

 

Nous laissons à Pavel nos affaires avec le tandem et allons visiter Moscou (Москва en alphabet cyrillique) . Nous sommes crevés par cette nuit mais impatients de voir le centre.

 

Nous découvrons la place rouge, après être passés par l'artère piétonne Nikolskaïa ( qui a été le siège des supporters du monde entier lors de la coupe du monde) qui est illuminée par un ciel de lampes, c'est beau et la nuit ce doit être encore plus magique.

 

Nous voilà enfin sur la si connue place rouge, face à la cathédrale de Saint Basile le Bienheureux. Wahou ! Elle a pour moi des airs de maison d'Hansel et Gretel, et pour Jojo c'est une montagne de glaces sorties d'un imaginaire enfantin.

 

Nous reviendrons sur la découverte de la place rouge un peu plus tard dans cette semaine Moscovite.

 

Nous sommes impressionnés par le monde dans les rues et sur cette place, c'est la première fois que nous voyons une aussi grande foule dans une capitale. C'est normal quand on sait que c'est la ville la plus peuplée d'Europe, elle compte pas loin de 12 millions d'habitants, beaucoup de Russes travaillent aussi à Moscou mais habitent dans la périphérie et il y a effectivement énormément de touristes du monde entier.

 

Nous rejoignons Pavel et Tania au Bikeshop vers 17H, nous rentrerons avec Tania chez eux, après avoir pris le métro et un train ( à Moscou les transports en commun coûtent 50ct par trajet. ) Il faut se souvenir du trajet pour le faire en autonomie les jours suivants.

 

Nous faisons la connaissance de son amie Kate, et de son nouveau compagnon Andreï, qui seront avec nous cette semaine. Tania et Pavel dorment, quant à eux, chez Kate dans le centre ville. Nous espérons profiter d'un peu de temps avec eux.

Dimanche 22 Juillet

 

C'est vers 11h que nous nous réveillons, Tania est chez są Babouchka ( grand mère en russe) , elle rentrera un peu plus tard pour venir avec nous pour se faire enregistrer. Parce que oui, en Russie, lorsque tu es plus d'une semaine chez quelqu'un tu dois faire un enregistrement auprès des autorités russes. C'est des feuilles à remplir par notre hôte, en alphabet Cyrillique, impossible donc pour nous de l'aider. Nous passerons pas loin d'une heure dans cette administration.

 

Nous repartons ensuite à pied, alors que nous avions pris un bus pour y venir. Nous marcherons pas loin de 10 kilomètres, Tania tenait à nous montrer la plage au bord d'un lac ainsi que la forêt dans laquelle elle passait matin et soir, avant, lorsque son travail n'était pas si loin. Nous sommes ravis de partager ce moment avec elle, nous en apprenons un peu plus sur elle et Pavel, et elle nous partage surtout, comme elle le dit, „ są forêt, son endroit à elle”. J'apprécie énormément découvrir les endroits qui sont chers aux gens, et surtout lorsque la majorité des „ touristes” découvrent seulement le centre ville. Je connais maintenant SON Moscou et nous avons passé une agréable après midi.

 

Elle retournera au centre ville, et nous resterons chez elle, à 20 kilomètres de là.

 

Lundi 23 Juillet

 

C'est un peu plus tard que prévu ce matin que nous nous levons, pour aller au consulat Mongole. Nous prenons le train en direction du centre de Moscou puis marchons une bonne demi-heure. Nous arrivons à 9h30, il ouvrait à 9h, mais heureusement pour nous, il ne semble pas surbooké. L'accueil y est agréable, le jeune homme à la réception ne parle pas vraiment anglais mais sera très souriant et serviable avec nous, il est d'origine Mongole. Un autre jeune, d'origine Mongole aussi, ne parle pas vraiment anglais non plus , il essayera de communiquer et nous demandera comme on dit „I love you” en Français, et le répètera. Il est aussi très souriant.

 

Les secrétaires, seront aussi gentilles. On se dit que c'est hyper motivant pour la Mongolie et qu'ils ont tous l'air tellement serviables et agréables.

 

Nous sortons une petite heure après toutes les formalités ( que vous pouvez retrouver ici ) , et prendrons aujourd'hui le temps de visiter Moscou, cette si grande capitale.

 

Ici, tout est démesuré: de grands bâtiments; des stations de métro qui sont des monuments architecturaux à elles seules, on se croirait dans un palais princier parfois; des statues géantes, comme celle de „Peter”, de plus de 98m de haut, sur les eaux de la Moskova ( hautement polluée par ces dizaines de bateaux à touristes, déversant leur essence dans cette grande rivière.) ; des cathédrales et monastères d'une hauteur incroyable,avec des décorations d'or et de couleurs pétantes ; son fameux « théâtre Bolshoï » ( Il est le deuxième théâtre le plus grand du monde/ Bolshoï veut dire grand) … tout est gigantesque et nous sommes si minuscules dans cette immensité fascinante.

 

Nous passons donc la journée ( qui est loin de suffir à la découverte de Moscou) à longer le Moskova à la découverte de l'immensité russe et de ses monuments et œuvres. Je pense que nous avons aujourd'hui marché une trentaine de kilomètres.

 

Il serait bien trop long de tout détaillé, et nous ne sommes qu'à notre première journée. Je parlerai juste de l’œuvre de Mikhaïl Chemiakine qui s'intitule «Les enfants sont les victimes des vices des adultes » se veut de préserver les générations futures des vices des adultes, représentés par 13 personnages (les drogues,la prostitution ,le vol ,l'alcoolisme ,l'ignorance ,la science aveugle,la guerre, la pauvreté, l'exploitation des enfants , le déni de mémoire, le sadisme ,l'apologie des armes et l'indifférence)au milieu desquels deux enfants jouent les yeux bandés avec innocence. Cette œuvre est tellement pleine de sens...

 

Pour le reste de la visite de Moscou , le mieux est d'apprécier les photos en bas de page.

 

Mardi 24 Juillet

 

Tania et Pavel, nous ont donné rendez-vous pour un repas ensemble ce midi. Nous prenons donc le train, puis le métro ( avec quelques difficultés, car ici il y a énormément de métros, tout est écrit en cyrillique et nous avons du mal à comprendre comme cela fonctionne, nous mettrons une petite demi-heure à trouver le bon métro, avec l'aide de moscovites pressés )

 

Tania connait un petit resto indienne végétarien (j'apprécie qu'elle ai pensé à moi) et nous y passons un joli moment tous les quatre. Et en plus on s'est régalé pour pas cher.

 

Elle retournera travailler, et lui nous accompagnera dans le Strentensky monastery , qui n'est là que depuis quelques années. Ici les femmes doivent se couvrir la tête ( par respect et dignité envers dieu parait il) , et c'est ce que je ferai. Pavel le découvre avec nous pour la première fois.

 

Ce n'est pas le monastère le plus impressionnant que nous avons vu mais ses peintures et ses couleurs le rende très intéressant. Ici, j'observe les croyants, qui se recueillent ou demande la protection de leurs proches , et embrassent même les pieds du Christ.

 

Pavel retourne travailler à son magasin de vélo, et nous rentrerons. Sur la route, nous passons devant le „Detsky mir” ( Le monde des enfants) qui est un énorme centre commercial de 6 étages dédié aux enfants, c'est le paradis de l’hyper consommation. Et très franchement, c'est un lieu à voir. Il y a, à l'intérieur, une horloge de 13 mètres de haut, c'est d'ailleurs le plus grand mécanisme horlogé au monde, et c'est parmi des 5 plus grandes montres mécaniques du monde. (C'était l'instant Wikipédia) 

Il parait qu'on peut aller sur le toit du centre commercial pour admirer le panorama, on a pas trouvé comment y aller .

 

Nous sommes aussi passé à côté du KGB, grand bâtiment dont la protection ne laisse pas à désirer : portes blindées, grilles épaisses aux fenêtres , et gardes. Le bâtiment n'est pas si grand, mais il parait que ça se passe aussi en sous-terrain , d'après Pavel.

 

Moscou est à la fois marquée par l'époque soviétique , et l’hyper consommation moderne à l'européenne.

 

Mercredi 25 et Jeudi 26 Juillet

 

Ces deux jours sont encore consacrés à la découverte de cette immense capitale. On se dit que nous n'aurons pas assez d'une semaine pour visiter Moscou, mais Tania nous „rassure” en nous disant qu'en tant que Moscovite, elle ne connait encore pas tout Moscou, c'est immense.

 

Quoi de mieux pour découvrir la ville que de marcher à travers ses rues ? Nous n'avons pas envie de prendre le métro, sous peine de louper des choses à découvrir.Nous marcherons donc beaucoup et chaque soir nous sommes fatigués. Il faut dire aussi que le trajet du centre ville à leur maison est fatigante, il faut prendre le métro puis un train à chaque fois, et ensuite marcher une quinzaine de minutes. Nous mettons plus d'une heure et demi à rentrer.

 

Mercredi après-midi nous avons été au consulat de Mongolie pour récupérer nos passeports. A notre arrivée, il y a déjà 3 couples qui attendent et tous sont français. Certains voyagent en Van, d'autres en 4x4 et d'autres enfin en sac à dos. C'est drôle comme chaque voyage est différent alors que nous traversons les mêmes pays. Sans aucun doute, c'est à vélo que je préfère le faire.

 

Nous récupérons nos passeports et le visa dedans. Pour moi c'est encore une victoire et quelle victoire ! ( même si c'est le plus facile à obtenir des trois ), la découverte de la Mongolie c'est un rêve pour moi. Et ce rêve va se concrétiser. Je pense que nous ne sommes pas conscients de la "chance" incroyable que nous avons de faire ce voyage.

 

Revenons à Moscou, et laissons pour le moment la Mongolie, nous en parlerons dans mois d'un mois.

 

Nous retournons au bikeshop de Pavel ( Nous étions d'ailleurs persuadés que c'était le patron mais non) il inspecte le tandem avec son pilote, et ils découvrent que la jante a craquée au niveau des rayons, il faut donc changer la jante complète. Pavel se chargera d'aller en acheter une toute neuve le lendemain matin ( Jeudi)

 

Mercredi soir, Tania doit partir à Solchi (a deux heures d'avion de Moscou) , pour y rejoindre ses enfants qui sont chez ses parents. Nous profitons donc d'elle encore un peu et mangeons dans un petit restaurant tous les quatre, une dernière fois. Nous marchons dans Moscou pour l'accompagner au métro, lui faisons un câlin d'adieu, et elle s'en va. Nous finirons la soirée en compagnie de Pavel, dans les rues de Moscou by night. Moscou ne dort jamais et elle semble même encore plus éveillée la nuit.

 

Jeudi, nous rejoignons Pavel au shop, il s'affaire à remettre chaque rayon sur la nouvelle jante, c'est un travail long et fastidieux mais il garde le sourire et fait ça tout en échangeant avec nous. C'est un moment agréable qui nous permet d'en découvrir encore plus sur cet homme, qui pour moi est un modèle de sérénité et qui semble profiter des petits plaisirs de la vie. Il est attachant et je sens déjà que ça va être difficile de partir d'ici.

Vendredi 27 Juillet

 

Le dernier jour à Moscou est arrivé. Nous préparons nos affaires et reprenons une dernière fois le train en direction du centre ville. Nous laissons un petit mot à Kate, qui nous a laissé des petites attentions. Et un mot sur lequel nous remercions Pavel et Tania, même s'il est impossible de les remercier autant que ce qu'ils ont pu faire pour nous.

 

Nous rejoignons Pavel au shop qui termine de réparer notre vélo. Il a passé énormément de temps dessus et nous en sommes très reconnaissants. Pavel MERCI, t'es le meilleur!

 

Nous lui donnerons bien évidement rémunération pour l'achat de la jante et le temps passé. ( même si je reste persuadée qu'il ne nous a pas demandé la totalité du coût réel.)

 

Le soir, nous allons chercher de la bière dans un shop spécialité en bière maison. C'est Iouri, son collègue qui ne nous a pas adressé la parole de la semaine et qui nous fait un peu peur, qui nous emmène. Finalement il sera jovial et adorable pendant le trajet, et il insistera même pour payer toutes les bières. On s'en veut un peu d'avoir eu un mauvais a-priori sur lui, même si c'est vraiment ce qu'il nous a fait ressentir cette semaine, ce soir il sera une toute autre personne.

 

Nous retournons au Shop , et passerons une superbe dernière soirée en compagnie de Pavel , Iouri et Fessey ainsi que leur patron ( oups , j'ai oublié son nom). Nous boirons de la bière locale et mangerons des spécialités russes, arméniennes et ouzbek. (Iouri est moitié arménien, Fessey ouzbek.)

 

Je suis touchée par cette soirée, qui est un prétexte à notre départ. Les russes sont accueillants et ont le sens du partage. Le stéréotype Russe qui boit de la vodka, parle fort et fait peur s'est effacé depuis que nous sommes là, et tout particulièrement ce soir. Je me réjouis de découvrir de mes propres yeux les populations des pays traversés. Merci pour cette soirée, c’était vraiment chouette.

 

Il est presque 23h et Pavel accompagné de Fessey nous escortent à la gare. Elle est normalement à une demi heure en vélo du shop, nous mettrons qu'une quinzaine de minutes entourés de nos gardes du corps au cœur d'or.

 

C'est une course contre la montre qui commence et nous devons défaire les bagages, démonter le vélo et l'emballer. Les hommes gèrent ça à la perfection. Nous rentrons dans le train, accompagnés de Pavel, qui nous aidera à mettre le vélo ( heureusement nous avions pris 3 couchettes sur les conseils de Russieautrement, et nous avions eu l'impression de nous faire pigeonner . Au final, c'était réellement une bonne idée. )

 

Le vélo ne rentre pas au dessus des couchettes et il finira à moitié sur une des couchettes du haut, avec toutes nos bagages.

 

Pavel sort du train, la provodnitsa (responsable de notre wagon) ne veut pas que nous ressortions pour faire une photo, Pavel insiste, fait le pitre ; il avait prévu la chapka pour nous faire rire, et malgré ma gorge serrée et mes yeux brillants, il me fera rire. Nous avons finalement le droit de sortir du train, nous faisons des câlins à nos deux nouveaux amis, que nous quittons trop tôt à notre goût, Je n'ai pas réussi à retenir mes larmes et je pleure, je sens l'émotion dans le regard de Pavel mais il continuera à faire le foufou.

 

Nous sommes dans le train, suants et remplis d'émotions, le train part, Pavel et Fessey font les fous dehors, à l'intérieur tout est calme, seul nos rires résonnent. Nous partons …

 

Avec tout ça, je ne vous ai même pas parlé du train. Nous sommes donc dans notre platskartny ( le nom de la troisième classe du train) dans le fameux transsibérien avec nos 51 colocataires pour 4 jours. Bon au final , le transsibérien, comme on l'a beaucoup lu, n'est pas le nom du train, c'est en réalité le nom de la ligne de train. Ce n'est pas un train exceptionnel en soi, mais nous y avons un confort plutôt agréable et c'est quand même le train dont tout le monde parle et que chacun de nous rêve de prendre et qui nous rapproche du lac Baïkal. Le train semble relativement récent, nous avons des prises pour charger nos téléphones, et le lit est plutôt confort, nous verrons dans 4 jour si le discours reste le même.

 

Samedi 28 à Mardi 31 Juillet  - Dans le transsibérien

 

Nous sommes dans une couchette avec une „Babouchka”, une femme d'une quarantaine d'années et un homme à peu près du même âge. Tous parlent russe. L'entente entre deux de nos colocs ne se passe pas au mieux.Ils se sont pris la tête dès le deuxième jour , pour une histoire de place semble il. Celui du haut n'a pas de table et ne peut pas se tenir assis dans son lit, il voulait pouvoir utiliser la table de la voisine du dessous, ce qui semblait la déranger... de quoi mettre une ambiance terrible... Notre Baboucka, qui ronfle et semble même faire des apnées du sommeil, n'est pas un réel plaisir la nuit, mais la journée elle se montre souriante et nous parle en russe. La femme et elle passent le plus clair de leur temps à discuter ensemble, l'homme boit avec son compère d'à côté et dort la majeure partie de la journée et de la nuit.

 

J'ai rencontré une jeune fille russe, Alina , qui retourne chez są famille en Sibérie. Nous profiterons des moments de pause en extérieur pour discuter ensemble.

 

Catherina et Julia aussi profitent des pauses pour faire rapidement connaissance.

 

Nous trouvons des occupations la journée : lire ,écrire, dessiner, jouer aux cartes, se reposer, planifier la suite du voyage et manger.

 

Mais le temps est relativement long et les pauses pour respirer un peu dehors sont les bienvenues.

 

Dans le train, il n'y a pas de douche, mais un lavabo, et c'est au gant de toilette que nous faisons notre toilette de chat. Nous y faisons aussi notre vaisselle. Comme à la maison, avec quelques colocs en plus.

 

Il y a ,à l'entrée du wagon, en face de la cabine de la provodnitsa, une énorme samovar inépuisable remplie d'eau bouillante, qui nous sert à boire du thé, et à se faire à manger. Nos repas dans le trans-sibérien sont constitués de purée, semoule et nouilles accommodés avec des épices. Nous avion acheté quelques fruits et fruits secs, et des gâteaux. Nous n'avons pas acheté de légumes pensant que ça n'allait pas tenir avec la chaleur du train, en réalité il ne fait plus si chaud, et dehors il pleut les deux premiers jours.

 

Nous trouverons des babouchka qui vendent toutes sortes de choses à chaque pause du train et des petites échoppes sur les quais.

 

La nuit , le train est d'un calme plat surtout lorsque nous sommes arrêtés en gare. Le seul bruit qui résonne c'est ma coloc qui ronfle.

 

Nous sommes allés nous balader dans les wagons voisins,( Nous ne sommes pas rentrés dans le wagon restaurant ni les wagons plus classieux)  tout se ressemble et beaucoup parlent russes, très peu anglais. La wagon d'à côté semble un peu plus ancien que le nôtre et pas aussi bien entretenu que le nôtre, dans lequel notre provodnitsa s’affaire à nettoyer chaque jour le sol, les toilettes, s'assurer que tout se passe bien dans le wagon, et semble parfois faire aussi des blagues auxquelles les autres passagers rigolent.

 

Nous subissons le changement d'horaire en douceur. Il y a 5h de différence entre Moscou et Irkoutsk, Nous gagnons donc quelques heures par jour jusqu'à Irkoutsk. C'est un peu déroutant, surtout que l'heure du train reste à l'heure de Moscou.

 

Lundi,nous passons par la gare de Novossibirsk, la plus grande gare de Sibérie.Ici il fait un peu plus frais qu'à Moscou, il fait 13°. Beaucoup de gens sortent, et d'autres prennent déjà leurs place. Alina et les autres sont d'ailleurs parties à cet arrêt, sans que je puisse prendre une photo avec elles. Maintenant les visages sont différents, ici la culture asiatiques semble plus marquée. (Khazaks, Mongols, Chinois)

 

A peine notre babouchka sortie, elle aussi est remplacée. C'est une jeune femme et są fille qui serons nos voisines jusqu'au lendemain. Elles ne parlent pas Anglais non plus, mais nous échangeons avec nos sourires. Il a des enfants dans le train, c'est animé la journée et ils restent relativement calmes.

 

Les paysages de forêts laissent place à de grandes étendues d'herbe, parfois nous voyons des petits villages aux maisons de tôle et de bois et aux volets peints dans des couleurs vives. Nous sommes en Sibérie. (Et non il ne neige pas, il fait même 30°).

 

Mardi c'est l'anniversaire de Monsieur, mais pas de grandes effusions, il préfère la discrétion. ( J'aurai eu envie de chanter joyeux anniversaire en Russe avec tout le wagon, mais il n'aurai pas aimé...)

 

Nous voulions être bercés dans la culture russe, sans aucun doute ces quatre jours dans le train nous le prouve.

 

Nous sommes un peu déçus du train, qui nous semble finalement plutôt banal et pas si mythique.

 

Alors en quoi il est mythique ?

 

50 colocs russes pendant plus de 3 jours, pas de douche, tu manges des nouilles et tu bois du thé tous les jours, personne ou presque ne parle anglais, 3 pauses par jour de 15 à 30 minutes, et des nuits bercées par les mouvements (parfois violents) du train... Ok ça c'est le côté mythique.

 

Nous sommes ravis d'avoir vécu cette expérience et d'avoir parcouru tous ces kilomètres dans le Trans-sibérien. Mais si comme nous, t'as la bougeotte … ça va te paraitre long .

 

 Gare d'Irkoutsk , 30 minutes d'arrêts. Nous sommes Mardi, il est 21H ici, et c'est là que nous sortons avec toute notre vie dans nos sacoches et notre Road'olphe, qui s'est surement beaucoup ennuyé coincé tout en haut de la couchette.

 

Nous remontons le tandem, entourés de tous nos colocs, curieux de voir cet étrange vélo reprendre forme. On nous prend en photos, on nous demande ou nous allons maintenant et on nous regarde avec attention. C'est un peu étrange mais maintenant il va falloir s'y faire, ça ne doit pas rouler les rues, un tandem chargé ( même si nous ne sommes pas les premiers voyageurs en tandem) ...

Le train repart, les voyageurs nous font coucou à travers la vitre, c'est finalement un sensation étrange de voir ce train où nous y avions nos habitudes , partir sans nous...