Sibérie, Baïkal et Bouriatie

Mardi 31 Juillet- Mercredi 1er Août

 

C'est donc a plus de 21h que nous remontons sur notre tandem, pendant que le train continue są route pour encore quelques jours.

 

Nous pédalons une vingtaine de minutes en direction de notre auberge dans les rues illuminées d'Irkoutsk (Bogdan, le gérant de l'auberge est sur couchsurfing, et c'est donc deux nuits gratuites en Auberge qui nous attendent ). Certaines voitures ont le volant à droite, les plus anciennes semble-il. Nous apercevons déjà ces petites maisons de bois appelées „ isbas” , et déjà nous sentons un dépaysement plus important qu'à Moscou.

 

Nous mangeons et irons nous coucher. C'est difficilement que nous trouverons le sommeil malgré notre fatigue certaine. Beaucoup de souvenirs se bousculent dans nos têtes et déjà la découverte d'une nouvelle ville nous attend demain.

 

Nous dormirons jusqu'à 11h, dans notre dortoir de 8 ( Il n'y a que deux autres personne avec nous, dont la réceptionniste de l'auberge.)

 

A peine réveillés, c'est très rapidement que nous croisons Bogdan, qui est un gérant très occupé et qui partira.

 

Nous sortons visiter Irkoutsk. C'est sous 26° ( il en parait 30) que nous découvrons „ le Paris de Sibérie” ( c'est comme ça qu'Irkoutsk est décrit, et encore après l'avoir vu, on a du mal à comprendre pourquoi... pour la pollution ? )

 

Nous sommes toujours en Russie, mais rien ne ressemble à Moscou, j'ai l'impression d'un dépaysement complet. Les visages ont changés, les voitures, les monuments, les maisons, tout semble plus ancré dans une culture asiatique. Pas de doute donc, nous avons bel et bien quitté l'Europe.

 

Nous marchons plus de 3h à la découverte des rues en commençant à la Kazanskaya Church, une magnifique église colorée et chargée de déco religieuse.

 

Après cette longue marche nous rentrons à l'auberge.

 

Deuxième nuit et toujours des difficultés à trouver le sommeil, est-ce que finalement nous sommes perturbés par le changement d'heure ? On s'endormira vers 3h30, pour se réveiller à 8h...

 

 

 

Jeudi 2 Août

 

C'est difficilement que nous ouvrons les yeux ce matin, on doit y aller, après plus de 2 semaines sans grande journée à pédaler c'est reparti!

 

Nous quittons Irkoutsk sous les klaxons d'encouragement des automobilistes , et sous des nuages de fumée des pots d'échappements, on a du mal à respirer, l'air. On s’arrête à une station essence pour refaire le plein dans la bouteille. Le pompiste refuse d'abord, puis je lui explique avec des gestes que c'est notre moyen de manger, lui montre que je vais payer, et lui fait la mou. Il me dit d'attendre, après 5 minutes il revient et me dit de venir, il m'emmène au bout de la station, sort de są poche une bouteille en verre remplie d'essence et fait le transfert. Il me propose ensuite de me donner la bouteille en verre, je refuse, c'est carrément pas sécu dans la sacoche. J'ai bien fait d'insister, et je le remercie.

 

Nous repartons maintenant pour une journée que nous n'aurions pas imaginé si dure. La météo est plutôt bonne, même si parfois quelques gouttes de pluie tombent discrètement. La route est neuve mais nous comprenons vite la définition de „montagnes russes”. Ça monte, ça descend, ça remonte... on est vite essoufflés, et en manque d'énergie. Le manque de sommeil est fatal et nous serons obligés de nous arrêter de nombreuses fois. Nous subissons des côtes entre 4 et 12 % parfois sur plusieurs kilomètres. Il n'y a rien a des kilomètres, c'est la grande route qui relie Irkoutsk au Lac Baïkal, il y a beaucoup de circulation mais très peu d'endroit où s'arrêter et dormir. A midi nous ne pourrons pas cuisiner comme prévu , nous mangerons quelques amandes et céréales qu'il nous reste. C'est en arrivant après la dernière grosse montée qui nous achèvera après 66km ( on doit être au moins à 1 000M d'altitude, c'est sûr) dans un petit hameau, que nous demanderons l'hospitalité. Une petite maison de bois avec un jardin. J''entre au portail, et la femme demande à są petite fille de rentrer rapidement dans la maison. C'est son mari qui sortira, je demande l’hospitalité pour dormir dans le jardin sans grande conviction après l'accueil apeuré de madame. C'est oui. OUI ? VRAIMENT ? Cpacibo, Cpacibo bolshoï!!!

 

Nous installons la tente sous l’œil attentif de leurs deux petites filles et la mamie demandera à l'une d'elle de nous apporter une casserole de framboises. Je crois que c'est les framboises que j'ai le plus apprécié de ma vie!

 

Ils partirons finalement vers 19h e nous saluant et en refermant le portail derrière eux. Bon, nous sommes seuls à côté de la grande route, sur laquelle les voitures et camions bruyants circuleront toute la nuit. Une assiette de purée vite avalée et des questionnements importants :est-ce qu'on va y arriver ? Sommes nous assez forts et soudés pour continuer jusqu'en Inde ? nous avons besoin de dormir.

 

A 20h30, alors que la brume apparait et qu'il fait plus frais , nous nous enfilons dans nos sacs de couchage et bonne nuit … Ah non, encore ce soir nous aurons du mal à trouver le sommeil., entre le bruit des voitures, et ces questions que l'on se pose... difficile d'être apaisés.

 

Nous dormirons encore très peu cette nuit.

 

Vendredi 3 Août

 

Il fait beau, et ça c'est positif. Il est 9h lorsque nous reprenons la route en direction du Baïkal. Nous n'avons presque plus d'eau, et peu de nourriture. On avait pas prévu d'être si perdus. Je suis extrêmement fatiguée, et ajouté à ça mes menstruations … Je suis vidée d'énergie . C'est le retour des dénivelés positifs, encore, des pentes à 8, 9 et 12 %... Nous mettons plus de 5h à faire nos 30km ( normalement ça nous aurait pris au max 2h) et on s'est même demandé sur le chemin si nous n'allions pas faire du stop... tellement j'étais au bout. Allez, encore un effort et on y est presque. Nous enfilons nos manteaux et c'est parti pour une descente vers le baïkal...C'est à 60 km/h que nous parcourons les derniers kilomètres. On aurait eu une vue magnifique sur le Baïkal si la brume n'avait pas été de la partie … Dommage. Le lac est encore un peu loin.

 

Nous arrivons devant une aire de repos pour routiers. On s’arrête, nous dormirons ici, dans une petite chambre de 8 lits. On nous fait payer 7€ chacun pour dormir. On nous montre les WC qui sont des toilettes turcs.

 

Monsieur va prendre une douche, et lorsque je décide d'y aller, l'hôtesse m’arrête et me demande très désagréablement de payer 2€ 50 pour la douche. QUOI ? C'est pas compris ? Bon ok, je paye... J'ai juste envie qu'on me laisse tranquille. „ Doudou cache ta serviette, elle va nous faire payer pour toi sinon ...” On aura au moins économisé ça.

 

On va au magasin d'à côté acheter de quoi manger, et on restera dans la chambre pour se reposer de ces deux interminables jours de montagnes russes.

 

Le lit nous fait vite oublier notre peine à arriver jusque là, et cette nuit enfin, nous dormirons paisiblement.

 

Samedi 4 Août

 

Impatients de découvrir le lac, qui hier en plus d'être sous la brume était loin, nous enfourchons notre vélo, motivés. Nous avons 50 km à parcourir jusqu'à notre couchsurfing de ce soir, qui nous attend pour 21h. Autant dire qu'on a le temps de profiter et de faire des pauses. Nous longeons enfin ce fameux Lac Baïkal ( le plus long et le plus profond du monde) , Il est entouré des montagnes, forêts et de cette grande route. C'est toujours une route de montagne avec des côtes à 10% mais ça nous semble beaucoup moins difficile. ( Nous avons bien dormi, nous avons de quoi boire et manger, nous savons où dormir ce soir et la vue est à couper le souffle … ça aide.) On profitera d'une vue dégagée entre midi pour manger nos sandwiches en bord de route, derrière la barrière de sécurité. C'est pas le mieux pour manger, mais franchement, y'a pire paysage pour faire une pause …

 

On est impressionnés par la grandeur infinie du lac. Nous pourrions passer des heures à le contempler. Ça tombe bien, nous arrivons vers 13h30, et nous posons au bord du Baïkal, sur une plage de galets. Farniente, observation du lac, ricochets, écriture de nos journées précédentes et petite baignade rapide pour monsieur ( l'eau est gelée ) rythmera notre après midi. C'est fréquenté mais nous avons le loisir de pouvoir s'étaler ( et faire sécher la tente encore trempée par la brume d'hier matin) . C'est vers 20h30 que nous quitterons ce petit coin de paradis pour rejoindre notre hôte du soir, Innokentiy ( Innocent en Français).

 

Il habite un quartier où nous croisons beaucoup de chiens errants, pas très rassurant dans un premier temps. Les voisins nous saluent ce qui apaise un peu la peur d'entrer dans ce quartier. ( C'est d'ailleurs le premier pays ou nous sommes autant salués, où nous voyons autant de sourires, de klaxons, de pouces levés... Les russes nous sont agréables et chaleureux. )

A peine arrivés dans son petit appartement au 3ème étage ( nous avons mis le vélo dans są cuisine, merci à lui parce que l'appart est minuscule) , c'est chez la voisine Iéléna , une gentille Babouchka accompagnée d'Anna są petite fille, que nous finirons la soirée : alcool fort maison, soupe de raviolis à la viande (sauf pour moi), croutons de pain à l'ail, concombres russes... Iéléna nous proposera sans cesse de nous servir et montrera à Jojo comment être un „Vrai Russe”, il passera le test haut la main. Tout est prétexte à trinquer : trinquons à la météo, à l'anniversaire passé de Jojo (elle nous apprendra un proverbe qui veut dire „grandit bien mais ne soit pas une nouille”, on ne se souvient plus en russe mais on aura bien rit) , trinquons au lac Baïkal, à la Mongolie, à la Chine ... Bref, elle veut finir la bouteille et arrivera à ses fins. Nous passons une excellente soirée „ à la russe” en leur compagnie . ( Son fils, de passage, nous dira même qu'il nous a vu il y a deux jours entre Irkoutsk et Baïkalska et qu'on suit un autre tandem. QUOI ? Des Cyclos? Mais où sont-il ? )

 

Nous finissons avec un thé russe puis remontons chez Innokentiy pour dormir après cette folle soirée. C'est ça que j'aime dans le voyage, on ne sait pas ce qui nous attend, on appréhende beaucoup, et parfois finalement c'est de superbes surprises comme celles-ci, bercés dans la culture du pays que nous visitons. Quel plaisir.

 

Dimanche 5 Août

 

Après avoir trinqué hier pour la météo favorable ( il aurait dû pleuvoir) nous aurons de la chance toute la journée, la pluie ne tombera qu'en fin d'après midi. Nous devons tout de même enfiler nos manteaux.

 

Le petit déjeuner avalé, nous quittons Innokentiy, on se fait suivre quelques mètres par les chiens errants – Nous avons d'ailleurs une nouvelle technique qui fonctionne mieux : on ralenti le rythme pour éviter de les exciter, ils finissent par nous lâcher rapidement, même si je suis toujours autant stressée à leur vue et lorsqu'ils sont tout proches de mes mollets. -

 

Nous parcourons aujourd'hui 75km, le long du Baïkal, c'est relativement plat , par contre nous sommes déçus car une forêt d'arbres nous cache la vue qu'on pourrait avoir sur le lac... dommage.

 

Nous croisons deux motards lors de notre pause de midi ( les motards nous saluent tous lorsque nous les croisons ou qu'ils nous dépassent, systématiquement), l'un est Suisse, l'autre Polonais, ils traversent la Russie, la Mongolie puis la route du Pamir pour rentrer chez eux ensuite. Ils nous prennent en photo et repartent.

 

Nous arrivons dans le petit village de Tankhoy, on avait vu sur maps qu'il y avait une auberge de jeunesse et par ce temps,et avec tous ces chiens errants, on a pas envie de camper. ( Parait -il qu'il y a des ours ici, même Innokentiy le dit)

 

A l'accueil, la jeune femme ne parle pas anglais, elle est hautaine et nous dit qu'il faut avoir une réservation (d'après ce que je comprend) , elle ne démord pas et ne me laissera pas de négociation possible. Je ressors dégoutée, Jojo va essayer, un homme tente de l'aider en négociant avec la réceptionniste .. rien n'y fait.

 

Il est 15h, le ciel est gris. Ok on a encore le temps de trouver mais vite avant qu'il ne nous pleuve dessus. Nous passons à côté d'une école, ouverte, nous sommes dimanche mais ils semblent faire une „visite aux futurs écoliers”. Je demande pour y dormir ( sait on jamais) Niet! Mais on m'explique qu'il y a un „hôtel” avec 3 étages à moins d'un kilomètre. Nous y allons, sur le vélo, traversons le village de petites maisons de bois. On se demande bien ce qu'il peut y avoir ici.

 

En effet, un grand bâtiment trône au bout du village, il dénote avec le reste qui semble relativement „pauvre”. Nous entrons, c'est plutôt chic et je me dis que ça va être cher. La réceptionniste, très gentille, ne parle pas un mot d'anglais, elle me dit qu'il n'y a plus de place, que c'est complet. Elle essaye de chercher une solution, appelle des gens et me griffonne sur un papier : une maison, d'attendre 40 minutes et me dit que c'est 1 100 roubles pour nous deux ( 15€) . Ok, on va dormir chez quelqu'un mais cette personne va venir nous chercher dans 40 minutes. Nous attendons dehors, dans le froid, et finirions par rentrer dans l'hôtel, la réceptionniste nous offrira du thé et des chaussons salés „goût Bœuf bourguignon” que Jojo mangera.

 

Deux heures sont passées et nous sommes toujours à attendre Il se met à pleuvoir.Une autre femme (qui s'occupe du transport des touristes avec le minibus) nous propose une chambre ici ( mais c'était pas plein ? ) et le tarif est finalement de 50€... QUOI ? C'est sérieux ? On nous fait attendre tout ce temps pour nous annoncer ça ? Pas d'autre chambre ? Pas moins cher ?

 

On a le cul entre deux chaises, il commence à être trop tard pour rejoindre le village suivant ( qui est à 15 kilomètres) et je négocierai autant que je peux le prix. On finira par dormir ici, un peu dégoutés d'avoir dépensé ce que nous avions réussi à économiser. Pas de trou dans le budget mais dan ce cas il fallait nous le dire tout de suite, qu'on puisse profiter de la chambre et rentabiliser le prix.

 

Les tarifs sont écrits sur une feuille et ce ne sont pas les „tarifs pour pigeons voyageurs” mais on se demande franchement pourquoi c'est aussi cher ici, certes c'est pas loin du Baïkal mais ça semble être un coin paumé.

 

On est un peu refroidi, l'hôtesse semble désolée . On va quand même profiter d'une bonne douche bien chaude et on va pas se laisser abattre , on mange dans la chambre et on profite d'un temps de repos dans la bonne humeur.

 

Lundi 6 Août

 

C'est vers 10h que nous quittons l'hôtel. ( On vous avait dit qu'on profitait du repos)

 

Il pleut ce matin et nous n'avons pas la motivation de pédaler mais pas le choix, c'est ça la vie de nomade, alors c'est parti. Nous avions prévu d'aller jusqu'à Babouchkine, à 60km de là. Sur la route c'est branlebas le combat pour acheter à manger, nous trouvons seulement à 14h une petite superette dans laquelle nous achetons du pain et du fromage que nous mangerons au bord du Lac, une fois arrivés à Babouchkine. Entre temps, nous pédalons dans les montagnes russes, et malheureusement ne verrons que très peu le Baïkal, encore caché derrière les arbres. On se dit que si on devait conseiller le Baïkal, ça serait en train ou en hiver...

 

Nous allons voir les prix du „motel de routier” de Babouchkine pour dormir cette nuit. C'est en bord de route, dans ce petit village de maison de bois, c'est plus de 30€ la nuit, et la douche n'est pas comprise. C'est hors de question pour nous, il s'est arrêté de pleuvoir nous allons continuer pour trouver un endroit tranquille au bord du lac.

 

On s'arrêtera sur le bord de la route pour acheter des framboises à une petite mamie. Ici c'est régulier de croiser des gens sur le bord de la route au milieu de rien, qui vendent des fruits ( essentiellement framboises, fraises et brimbelles).

 

Nous nous arrêtons sur une plage de galets , près de quelques habitations, nous camperons ici. Plus tard c'est un camping car puis une voiture qui s’installeront un peu plus loin pour le reste de la nuit.

 

Nous sommes envahis de moustiques, et même lorsque nous pédalons en journée. Heureusement pour moi encore, c'est la peau de Monsieur qui est à leur goût.

 

Jojo décide de faire du feu, très efficace pour les éloigner et pour se réchauffer un peu. Nous assistons à un magnifique coucher de soleil au bord du lac, à quelques fous venus immortaliser leur baignade rapide dans ce lac gelé ( je m'y essayerai mais pas plus que mi-cuisses, c'est vraiment trop froid)

 

Dans la nuit, c'est une nuée d'étoiles que nous aurons le plaisir de pouvoir observer.

 

Mardi 7 Août

 

A près une nuit reposante et un peu fraîche, c'est sous un grand vent que nous nous levons à 6h, remballons les affaires et quittons le Baïkal. La route pour aller à Oulan Oude s'éloigne malheureusement du lac.

 

Il fait 13 degrés aujourd'hui et le ciel est gris. Pour éviter de tremper nos chaussures fermées, nous passerons la journée en „claquettes chaussettes”, avec classe.

 

Est-ce que c'est ce style qui nous a porté chance ou le fait d'avoir bu l'eau du Baïkal? On ne saura pas mais aujourd'hui sera une journée de rencontres .

 

Nous pédalons une soixantaine de kilomètres ce matin, un record , au cours desquels nous croiserons un cyclotouriste Allemand, qui traverse la Russie sur son vélo pour se rendre au Japon.

 

Vers 11h30, c'est à Kamensk que nous nous arrêtons, pour trouver une petite superette et éventuellement le camping annoncé sur maps. Juste devant la superette, un homme nous accoste dans un anglais incertain. Il s'appelle Andrew et nous propose de venir manger dans le restaurant de są mère, juste à côté, gratuitement. Nous acceptons. Le resto est ouvert mais il nous explique qu'il n'y a jamais personne. Sa mère nous cuisinera une omelette avec des tomates et concombres et un peu de fromage et de pain, et un thé bien chaud. Nous profitons de ce moment au chaud pour discuter avec Andrew, qui est Avocat, il est de retour dans le village de ses parents car ce sont les vacances mais lui habite plus à l'Ouest de la Russie. Il nous explique qu'il n'y a pas de camping ici, nous hésitons à demander pour dormir ici mais il est encore très tôt et Andrew nous a déjà donné beaucoup. Je lui propose de lui donner de l'argent pour le repas, il refuse: „ Nous sommes là pour vous aider, c'est pas souvent que nous accueillons des étrangers”. Merci beaucoup à Andrew et są maman pour ce moment de chaleur, qui nous a fait le plus grand bien.

 

Nous poursuivrons notre route à la recherche d'un endroit au chaud,les motels que nous croisons sont pleins, le vent est dans notre dos et la route est plate, ce qui nous poussera à parcourir aujourd'hui plus de 115 km et à finir dans une petite maison rien que pour nous au dos d'un hôtel, sans dépasser notre budget. Entre temps nous avons croisé Li Luan et są compagne, un couple de chinois qui font le Baïkal à vélo , dans le sens inverse du nôtre. Nous avons aussi vu et salué deux autres cyclo, en solo.

 

Ah ba les voilà les autres touristes, on commençait à s'inquiéter de ne voir personne alors qu'on nous dit que c'est courant les cyclo au Baïkal... mais toujours pas de nouvelle de l'autre supposé tandem...

 

Nous avons donc encore une soixantaine de kilomètres à parcourir pour arriver à Oulan Oude, avec une journée d'avance sur ce que nous avions prévu .

 

Mercredi 8 Août

 

C'est prêts a affronter ce col qui nous sépare de Oulan Oude que nous débutons cette journée, nous prenons le temps d'un petit déjeuner copieux pour pédaler de nouveau sous les klaxons et les signes de main motivants des conducteurs russes. Nous montons une première fois à plus de 600m, transpirants, nous observons en haut un lieu chamanique avec un totem tournant et des offrandes au pied. Beaucoup s’arrêtent, font des offrandes, klaxonnent et prient.

 Nous poursuivons la route, qui finalement suivra le fleuve et nous n'aurons plus de montée comme nous le pensions, OUF.

 

Les petits villages de bois ont disparus, pour laisser place à des maisons plus „riches” et de grands magasins. Il y a des chiens errants, c'est vrai, on nous l'avait dit, mais ils ne sont pas du tout effrayants et énormes... c'est eux qui flippent de nous et j'aurai presque envie de tous les adopter.

Ce soir nous irons dormir chez Rinchina notre couchsurfing. C'est après plus de 60 kms sous un soleil de plomb ( il fait 45 degrés, nos nez sont brûlés par le soleil) que nous sommes accueillis par de grands signes de main et un énorme sourire de la part de Rinchina depuis są fenêtre. Arsalan son fils de 6 ans, Rinata są fille de 8 mois et Nelly są maman nous attendent et nous accueillent chaleureusement. Nous sommes , avant tout , invités à retirer nos chaussures et nous laver les mains au lavabo du jardin. ( C'est une coutume ici) Rinchina nous montrera les „ toilettes de village” comme elle les appelle, une petite cabane dans laquelle il y a un trou, pour y faire ses besoins. Ils n'ont pas de douche, simplement une „douche russe”, c'est une autre petite cabane dans le jardin, semblable à un sauna, dans lequel on peut faire są toilette de manière rudimentaire avec le stricte minimum, un peu d'eau chaude et une bassine en zinc.

Nous passerons une partie de l'après-midi à discuter avec cette famille Bouriate autour d'un thé russe. (la culture Bouriate se rapproche de la culture Mongole) Arsalan est très bavard et nous parle sans cesse en russe, il nous fait des câlins, est très curieux de nos piercings et de la barbe de Jojo ( ici c'est peu commun, les Bouriates sont imberbes) et touchera sans cesse, ce qui nous fait tous beaucoup rire. Il essayera aussi le tandem avec Jojo. Il est tout de suite très attachant et c'est un petit garçon plein de vie. Rinata est une jolie petite, aux joues rondes et aux yeux bridés, à l'image de są grand-mère.

 

Au retour d'Alexandre, le papa, c'est à 7 que nous nous retrouvons dans la voiture avec son volant à droite, à rejoindre le centre ville pour nous faire découvrir un petit restaurant Bouriate, dans une Yourte. Malheureusement pour moi , la cuisine Bouriate est faite principalement de viande „ pour s'engraisser et tenir dans ce rude hiver” d'après Rinchina. Ils mangerons des Bououz ( des gros ravioles cuits à la vapeur avec de la viande et leur jus; pour le manger correctement il faut être très bruyant en aspirant le jus... au secours), je mangerai des nouilles épicées et crudités.

 

Nous visitons tous ensemble le centre ville, dont l'énorme tête de 7,7m de Lénine... là on peut dire qu'il avait la grosse tête celui-ci …

 

Nous sentons que la consommation „occidentale” arrive tardivement ici, Arsalan semble subjugué par les distributeurs de soda et les magasins de „jeux I-tech”.

 

Nous rentrons à la maison, en passant par le supermarché et la fontaine publique d'eau potable ( car ici, tous les foyers n'ont pas accès à l'eau potable) et finirons autour d'une bière chinoise.

 

Tous au lit, et à demain!

Jeudi 9 Août

 

Alexandre est déjà parti travailler, nous petit déjeunerons avec le reste de la famille le Kasha ( bouillie de riz avec du lait) et nous prendrons ensuite le temps de jouer avec les enfants et de jardiner un peu pour " Uncle Johnny" comme ils l’appellent.

Il est près de 13h et c'est maintenant l'heure pour nous de les quitter même si nous resterions bien ici encore un peu. Nous les remercions chaudement et partons. Ce sont toujours de rencontres rapides mais l'émotion est toujours importante au moment du départ, et c'est sur le vélo que nous partirons la gorge serrée pour rejoindre le centre ville ( à 13 km de là ), sous un soleil de plomb encore aujourd'hui.

 

L'auberge qui nous accueille pour deux jours est à côté de la place principale et donc en plein centre ville. Après avoir mis le vélo en sécurité et posé nos affaires, nous prenons le temps de faire une lessive ( la dernière date de Riga...) de se doucher ( la dernière n'est pas si loin) et manger un morceau en ville.

 

Vendredi 10 Août

C'est barbouillée que je me réveille ce matin, je prend le petit-déjeuner avec difficulté avant de nous rendre à la station de bus pour demander si nous pouvons prendre le bus demain matin, avec le tandem. Pas de place pour prendre le bus avant lundi matin, et avec le vélo... c'est non.

On retournera rapidement à l'auberge pour y passer la journée; Première fois du voyage, je suis malade, je vomis à plusieurs reprises. La pizza d'hier ?  J'ai de la fièvre et resterai toute la journée sur mon lit. J'ai besoin de repos et de laisser mon estomac tranquille, pendant que Monsieur me narguera avec des M&M's...

Aujourd'hui dans notre chambre, c'est une concentration de français et on doit le dire, ça nous fait plaisir. On échange avec Mona, Fatia deux françaises vivant à Prague, avec Jehan, un parisien, qui se dirige aussi à UlanBaatar, sur nos trajets et sur ce que nous allons ensuite faire. Il y a aussi Amid, un Israélien qui revient de Mongolie ( il dit que c'est superbe et qu'il a adoré)  L'ambiance est sympa et c'est plaisant.

Nous resterons une nuit de plus, pour que je puisse me remettre d'aplomb, avant d'entamer la route, en vélo donc puisque c'est niet avec le bus, direction la Mongolie .Il nous reste du temps , le visa expire le 18 Aout,  nous sommes sereins.

Samedi 11 Août

 

C'est autour du petit déjeuner de samedi que nous discutons avec Katharina, une allemande, et Sol, une chilienne, toutes les deux en voyage sac à dos en solo.Elles vont au Rimpoche temple et nous aussi, nous irons donc tous les 4, en empruntant le bus de ville pour moins de 50cts l'aller retour.

 

Le temple est superbe, nous assistons à une cérémonie. Dehors ce sont des sergués (bouts de tissus accrochés aux endroits sacrés), et un obo (monticules élevés en pierre de sacrifice) qui habillent le paysage. Nous avons vu sur tout Oulan-Oude (et son nuage de pollution) car nous sommes en hauteur. Il y a une ambiance sereine et malgré la foule de personnes ce lieu est relativement silencieux.

 

Nous passons le reste de la journée à faire quelques courses, se préparer pour la suite du voyage et échanger avec les autres voyageurs de l'Auberge. C'est en fin de journée, à l'auberge, qu'un hollandais vêtu de vêtements cyclo entre, il dit qu'ils sont plusieurs. "DOUDOU, c'est eux, c'est le tandem c'est sûr! " Il ressort et une jeune femme entre. Je demande tout de suite si c'est eux, et lui explique que ça fait déjà quelques jours qu'on se demande s'ils sont loin ou pas. Nous discutons longuement avec Suus, są chérie. Ils sont trois hollandais Suus et Isha sur le tandem (c'est en réalité un vélo standard et Suus est derrière sur un vélo suiveur, type vélo d'enfant) et Robin sur son vélo, ont un peu moins de trente ans. Ils font grosso-modo le même trajet que nous depuis Irkoutsk mais ont eu quelques soucis mécaniques et de santé, et ont dû prendre le train sur les derniers kilomètres.

 

Je suis trop contente d'enfin savoir qui ils sont. Nous passerons une bonne dernière soirée à l'auberge à discuter de nos „raisons” de voyager et de ce que ça nous procure.

 

Dimanche 12 – Lundi 13 – Mardi 14 Aout

 

On aimerai rester encore un peu mais il nous faut avancer, c'est après le petit déjeuner que nous saluons nos nouveaux cyclopains, on se reverra peut être en Mongolie qui sait …

 

 

 

Nous passons 3 jours à pédaler d'Oulan-Oude à la frontière. Nous avons un point de chute, et c'est chez Olga,dans la dernière ville Bouriate avant la frontière que nous dormirons mardi soir. En attendant, nous découvrons le paysage qui ressemble de plus en plus à celui de la Mongolie. Des immensités vertes, peu d'ombre, et une chaleur infernale, il fait jusqu'à 50° en plein soleil et c'est difficile de pédaler dans les montées...surtout que nous sommes parfois juste en eau. Je pense que nous devons chacun boire environ 5L d'eau par jour. Nous sommes vite fatigués mais parcourrons environ 70km chaque jour qui nous sépare de la frontière. Nous dormons en camping sauvage les deux nuits( les moustiques sont affamés et ne nous font pas de cadeau, c'est toujours rapidement que nous finissons dans la tente avec les affaires.) La première nuit sera à côté d'un temple, avec une vue imprenable sur les montagnes, la deuxième dans la forêt.

 

 

Nous arriverons mardi en début d'après midi, fatigués et suants mais fiers de nous, à la librairie de Kyakhta où travaille Olga.

 

Elle nous attend avec son mari. Elle sort du travail, nous dit de mettre le vélo dans la camionnette et ils nous emmènent à 3km de là dans leur jolie et grande maison.

Katia et Ivan sont là aussi , deux backpackers Russes. Katia sera notre traductrice pendant notre séjour parce que notre famille parle peu anglais. (Merci !) Katia me dit qu'on attend encore des autres voyageurs, qui nous connaissent. NOOOON, nos cyclopains hollandais ? On leur avait dit qu'on allait chez une famille à la frontière, ils leur ont dit qu'ils nous connaissaient et les voilà ce soir avec nous. ( Eux ont pris le train d'Oulan Oude pour venir à la frontière, Suus étant toujours fiévreuse.)

 

Olga et „Daddy” ( ont a tous eu du mal à se souvenir du prénom de son mari, on a fini par l'appeler comme ça, ce qui l'aura fait rire) accueillent donc 7 voyageurs en même temps et c'est bien la première fois que ça nous arrive.En début d'après-midi, nous sommes invités à s'asseoir autour d'un thé et d'un repas relativement copieux.(et plein de viande) je lui explique que je suis végétarienne et que les hollandais sont vegan. Elle s'adaptera à la perfection et je l'en remercie du fond du cœur! Nous passons une superbe aprèm et une parfaite soirée = douche (la première depuis Oulan-oude , qui n'est pas si loin mais après des chaudes journées … c'est top!) ping-pong, préparation du repas avec Olga et ses deux filles ( deux ados), et soirée à boire du vin et à manger tous ces bons mets préparées... Ils sont extra-ordinaires. J'ai l'impression d'être en famille. Nous nous coucherons tard avec la tête pleine de jolis moments.

 

Mercredi 15 Août

 

Il fait bien moins chaud qu'hier ce matin et mon esprit est maussade comme le temps, je n'ai pas envie de quitter ce petit cocon avec tous ces gens supers, mais nous n'allons pas abuser de l'hospitalité et du sens de l'accueil de cette famille, surtout que les autres voyageurs restent encore une nuit. Nous quitterons donc nos hôtes en fin de matinée.

 

 

 

C'était sans compter sur le fait que tous le monde nous accompagne à la frontière... Daddy prend są camionnette et nous emmène. Sur le tandem : Jojo et Ivan, qui avait envie d'essayer. C'est trop bizarre de les voir en tant que spectatrice.

 

1Km plus loin que nous arrivons devant le poste frontière. A peine arrivés c'est un groupe de Mongols qui veulent négocier pour nous faire traverser. Olga fait l'intermédiaire, nous monterons avec un couple dans leur camionnette pick-up, le vélo et les bagages à l'arrière. Nous croiserons Nicolas et Mathilde, deux français en backpack, qui traversent la frontière comme nous. ( Utile: sans vélo, c'est dans une voiture normale que tu passes la frontière, et c'est relativement plus rapide)

 

C'est de l'arrière de la camionnette que nous faisons des grands signes à nos hôtes et copains voyageurs encore une fois la gorge serrée...

 

On passera près de 3h à la frontière russe ( Les russes et l'administratif …) et on prendra le temps de discuter avec Nicolas et Mathilde. Puis nous serons moins d'une heure à la frontière mongole, où le garde nous demandera si nous avons de la vodka dans notre sac et fera une très brève vérification.

 

 

Après près de 3 mois de voyage et un peu plus de 4 000km, nous quittons donc la Russie , nous sommes maintenant en MONGOLIIIIIIIIIIIIE!