Thaïlande
Thaïlande

Samedi 24 Novembre

 

Ici, la Thaïlande nous ouvre ses portes et c'est une entrée clinquante, avec l'écriture „ royaume de Thaïlande”, sous une photo du roi, qui nous accueille. Malheureusement, le douanier me demandera de ne pas prendre en photo. Bon alors, ça sert à quoi de faire des entrées de pays tout clinquant si on peut même pas prendre une petite photo pour fêter ça ?

 

Et fêter quoi ? Notre dernier pays de l'année 2018.

 

Ici, pas de visa, nous passons donc gratuitement dans ce pays, pour lequel nous pourrions rester 3 mois, avec renouvellement chaque mois.

 

 

 

Les transporteurs de marchandise, à l'image de ceux entre la Chine et le Vietnam, passent la frontière de part et d'autre.

 

Ici, pas de vélo pour porter tout le chargement. Ils poussent à la force des bras leurs side car qu'ils attacheront à leurs motos, une fois la frontière passée.

 

On s'étonne de ne pas voir d'homme nous proposer de changer notre monnaie et nous garderons nos derniers dollars jusqu'à l'hôtel. Attention en Thaïlande, on roule à gauche et nos cerveaux auront du mal à comprendre et à s'en souvenir.

 

80 kilomètres plus loin de l'usine de riz de Sophea,et une frontière passée, nous arrivons à Aranyaprathet et trouverons une guest house, qui nous propose pour 7 dollars une petite chambre individuelle. Nous installerons la moustiquaire pour ne pas se faire envahir de moustiques.

 

Nous irons ensuite à la recherche de quelque part où manger et c'est sans aucune difficulté que nous trouverons des dizaines de bouiboui sur roulettes qui font des soupes de nouilles. Nous payons l'équivalent d'un euro pour nos deux soupes de nouilles aux éclats de cacahuètes , ciboulette et épices. Un régal, et vraiment pas cher.

 

Nous irons ensuite nous coucher, impatients de faire de nouvelles découvertes.

 

 

 

Dimanche 25 Novembre

 

Nous n'avons pas connu de journée longue et ennuyeuse depuis longtemps. Aujourd’hui en fût une.

 

Le chemin que nous empruntons est plat et la route est droite pendant près de 90 kilomètres. Il fait réellement lourd et humide.

 

Heureusement pour nous , nous redécouvrons les montagnes au loin, ça faisait un moment que nous n'en avions pas vu.

 

Ce midi , nous nous arrêtons de nouveau à proximité d'une échoppe de nouilles. Jojo ira chercher une boisson dans le café d'à côté et reviendra, l'air désolé, avec deux boissons type soda, au fond desquelles se trouvent des boules de „bonbon au coca”, hyper-chimique et franchement dégueu. La soupe de nouilles, elle, est bonne et nous payons toujours le même prix.

 

Ah oui , d'ailleurs, la monnaie en Thaïlande est le baht. 40 Bahts équivaut à 1 euro.

 

Nous payons encore 40 Bahts pour nos soupes de nouilles.

 

Nous arrivons à Soi Dao, fatigués, et trouvons une Guest house, faite de bungalows „ bloc opératoire”. Au moins, on est tranquilles, pas de voisins.

 

Enfin c'est ce qu'on croyait jusqu'à ce qu'un homme s'installe dans le bungalow d'à côté, collé au nôtre.

 

Il s'exprime fort au téléphone,le volume de la télévision est à fond, il tousse, se racle la gorge et crache. Quel plaisir. Ça nous rappelle un peu l'ambiance en Chine, tiens.

 

Nous irons acheter de quoi nous faire des sandwichs (depuis le temps qu'on en parle) et mangerons dans la chambre.

 

Lundi 26 Novembre

 

Nous poursuivons notre route en direction de Chanthaburi, à 70 kms de là, et arriverons avant midi.

 

Nous pensions nous arrêter à l'auberge de jeunesse, mais elle semble fermée et ferons le tour de la ville, à la recherche d'un endroit pas cher. Nous avons vite déchanté en faisant les 3 autres auberges de jeunesse : minimum 10 euros par personne, pour dormir dans un dortoir de 12 lits. Wah, cher pour cette ville qui nous semble pas plus touristique que ça...

 

Nous mangerons entre temps , dans un petit restaurant vegan pour moins de 3 euros.

 

On réfléchira au bord de la rive, à la solution la plus appropriée. Après une bonne dizaine de minutes a observer la rivière, j'entends comme un souffle et d'un sursaut, tourne la tête. Venant de nul part, un homme dans l'eau, en sort są tête, parée d'un masque de plongée.

 

 

 

Qu'est ce qu'il fait là ? D'où est il arrivé ?

 

Il voit bien qu'on est étonnés de le voir là, et il nous montre son filet de pêche , rempli d'écrevisses.Pour lui , c'est tout à fait normal de pêcher de cette manière dans cette rivière.

 

Vraiment, sur le coup, je me suis dit que c'était la situation la plus improbable que j'ai vu jusque là.

 

 

 

Nous laisserons donc notre pêcheur vaquer à son occupation et partirons demander le prix d'une chambre dans l'hôtel de l'autre côté de la rive. Une chambre moins chère que deux lits d'auberge ? Ok, allons y.

 

 

 

Le propriétaire du lieu nous indique qu'il y a une cathédrale à ne pas manquer : Notre dame de l'immaculée conception , la plus grande de Thaïlande. Nous l'avons vu de loin mais trop intrigués par notre pêcheur et maintenant pris d'un grand manque de motivation, nous irons la voir demain.

 

 

 

Nous avions initialement prévu de nous arrêter 2 jours à Chanthaburi, dans le but d'aller voir la cascade du parc national Phlio à quelques 17 kilomètres. Les tarifs pour dormir ici sont trop chers, et il est possible de camper dans le parc. Parfait, ça fait un moment que la tente n'a pas servie.

 

Mardi 27 Novembre

 

Nous partons donc de Chanthaburi, en passant devant la cathédrale : en effet, ça fait très longtemps que nous n'en avions pas vu, et c'est très étrange de la voir là, en plein milieu de cette culture dont les temples ont une place prédominante.

 

Bon, en soi, rien d'exceptionnel. Très Européen.

 

 

 

Nous parcourons nos petits 17 kilomètres jusqu'au parc national, et poserons nos affaires au coin camping en haut d'une pente raide, que nous devrons monter en poussant le tandem. A chaque effort, są récompense : le spot donne une vue incroyable sur la nature, les villes au loin et surtout le golfe de Thaïlande, que nous rejoindrons demain. C'est super beau et on se réjouit de poser la tente ici pour cette nuit.

 

 

 

Nous irons faire le „trail nature” qui en réalité ne dure qu'une petite heure, autour de la fameuse cascade. On se rend vite compte que les quelques touristes qui sont là se contentent d'aller directement au pied de la cascade, par la route.

 

Nous marchons donc, seuls, au milieu de cette forêt tropicale, le temps est humide et chaud, la flore est dingue et nous croisons parfois des branches aux allures de serpent.

 

Nous arrivons en haut de la cascade et décidons de nous arrêter un peu pour contempler la chute vertigineuse de l'eau, s'écrasant sur les rochers à quelques mètres en contre-bas.

 

C'est si reposant...

 

 

 

Arrivés en bas, nous pouvons observer dans l'eau, des centaines de poissons, auparavant nourris par les touristes, attendant désespérément leur dû. Ils sont là, les uns sur les autres au bord des rochers et lorsque quelqu'un s'approchent, ils sont à l'affut.

 

Jojo y trempera les pieds, que les poissons auront envie de goûter, pour finalement se rendre compte que ce n'est pas à leur goût. Parait-il, ceux là font aussi de la „fish thérapie”, beurk.

 

 

 

Le seul problème du lieu, les restaurants sont fermés et il n'est possible de manger que dehors, sur les quelques petites échoppes à touristes, entre les vêtements et jouets d'eau. Nous en avons fait l'expérience à midi , un peu cher pour du riz et des légumes, nous préférerons pour ce soir , aller acheter quelques grignotages au supermarché, qui se trouve à 2,5 kilomètres de là, à pieds!

 

Nous aurons finalement compensé le peu de vélo par la marche. Moi qui voulait me reposer …

 

Nous passerons la soirée tous les deux, devant la tente, à manger, et jouer aux cartes ( wah, ça me rappelle tellement nos campings sauvages en Mongolie.) puis on s'enfermera tôt, pour éviter de se faire dévorer par les moustiques. Nous aurons du mal à nous endormir, tellement la chaleur de la tente est importante. Moustiques ou fraîcheur, il faut choisir.

 

Mercredi 28 Novembre

 

Réveillés par le soleil du jour, nous profiterons de la fraîcheur matinale pour dormir encore un peu. Vers 8h, nous partons du parc national. Aujourd'hui , c'est au bord du Golfe de Thaïlande que nous allons dormir. Il parait que l'eau y est transparente et calme.

 

50 kilomètres pendant lesquels nous apercevrons de loin l'eau turquoise, derrière les mangroves et les maisons de locaux ou les hôtels pour touristes.

 

Nous croiserons quelques cyclotouristes avec qui on se saluera chaleureusement.

 

Ici, et depuis que nous sommes arrivés en Thaïlande, nous avons réellement la sensation que ce pays est tout à fait différent de son voisin. Et pour cause, les motos et vélos ont laissé place aux pickups brillants. Les cambodgiens étaient très chétifs mais nous nous étonnons ici du taux d'obésité.

 

La Thaïlande est un pays dont le mode de vie a changé radicalement, passant à une urbanisation importante et avec ça, l'augmentation des chaines de restauration rapide et fastfood, sodas, milkshakes et autres boissons en sont, entre autre, la cause.

 

Les chiffres le prouve, 40% de la population de ce pays est obèse.

 

Attention, nous ne faisons pas ici de jugement de valeur, mais ce sont des observations sur les choses qui nous étonne. Nous pensions que l'alimentation et la façon de vivre étaient semblables dans ces pays d'Asie du Sud Est et nous observions déjà une grande différence entre le Vietnam et le Cambodge, la différence est encore plus visible entre le Cambodge et la Thaïlande.

 

 

 

Nous passons les dizaines d'hôtels et resorts de luxe pour touristes pour arriver au bout du petit morceau de terre, dans une petite ruelle. Ici, la végétation est intense et nous découvrons l'endroit où nous allons dormir, un des petits bungalows nous attend ( c'était l'endroit le moins cher et nous en sommes ravis) . L'endroit est paisible et nous avons l'impression d'être loin des tumultes touristiques, même si la saison ne semble pas être pleine, ici c'est vide!

 

Dans la chambre, un panneau indique de ne rien laisser dehors, au risque de se les faire chiper par les singes. Nous en avons croisé quelques uns en rejoignant la plage. On rigole à l'idée de trouver un singe sur chacune de nos selles du tandem, ce serait tellement drôle.

 

 

 

Nous passerons le reste de la journée au bord de l'eau, en effet transparente et calme.On en oublierait presque qu'elle est salée, sauf quand monsieur ouvre les yeux sous l'eau. Aïe, ça pique.

 

Jeudi 29 Novembre

 

Nous quittons ce petit coin de paradis pour rejoindre la ville de Ban Pak Nam Prasae, à 45 kilomètres de là.

 

 

 

Nous n'avons pas déjeuner ce matin et nous arrêtons dans un petit café et mangerons une boisson glacée ( étrange petit déjeuner, n'est-ce pas ? ), je dis mangerons parce qu'après ça, nous avons l'impression d'avoir l'estomac plein. Heureusement que nous faisons du vélo pour éliminer toutes ces boissons sucrées depuis notre arrivée en Thaïlande...

 

Nous croisons un énorme serpent de l'autre côté de la route, impressionnant, mais il semble s'être fait écrasé en partie par une voiture.

 

A ce moment là, j’espère de tout cœur ne pas croiser la route d'un de ces serpents, parce qu'à vélo, ce n'est pas la même chose qu'à l'abri dans un habitacle de voiture, assurément.

 

Arrivés à l'entrée du village, l'auberge indiquée sur Maps est en réalité une petite guest house, dont la propriétaire ne parle pas un mot d'Anglais. C'est une femme assez âgée, qui nous accueille en pyjama, elle a un faciès plutôt grave mais nous arriverons à communiquer et même à la faire sourire, ce qui laissera entrevoir są gencive, vide d'incisive.

 

Nous aurons une petite chambre à l'étage, avec un grand balcon. C'est assez étrange d'être dans są maison, et nous nous ferons discret pour ne pas déranger.

 

Nous avions prévu d'aller à la mangrove à quelques 5 kilomètres de là, mais finalement cet après-midi, nous sommes atteints d'une flemme monumentale...

 

Le soir, nous avions prévu de manger dans un restaurant qui semble avoir des menus adaptés pour végétariens. Nous marcherons dans les petites rues, dans la nuit,en se fouettant pour ne pas se faire piquer par les moustiques ( l'huile essentielle de citronnelle étant restée à l'auberge) pour finalement s'apercevoir que cet endroit est fermé.

 

Nous nous replierons sur un restaurant à quelques mètres de notre auberge, riz et légumes , comme souvent.

 

Nous éprouvons une légère frustration ici, est-ce par soucis de communication ? Parce que la consommation de viande et poisson est dominante ?

 

En tout cas, nous avons un léger ras-le-bol de manger le même riz et les mêmes légumes depuis le Vietnam. Mais la nourriture de rue ou des restaurants est moins chère que de faire ses courses et préparer son propre repas alors pour respecter le budget, c'est le plus adapté.

 

Vendredi 30 Novembre

 

Nous déjeunons tranquillement sur le balcon, ce matin, nous n'avons que 40 kilomètres jusqu'à Ban Phe.

 

Nous avions envie de passer une nuit sur une île de Thaïlande, elles sont exceptionnelles paraît-il, le principal problème est le logement sur les îles, très cher. Nous avons trouvé un bon plan pour 20 euros en chambre privée avec petit déjeuner inclus. Le moins cher sur cet île semblaient être les auberges de jeunesses : 10 € la nuit par personne dans un dortoir de 12 personnes. L'hôtel dans lequel nous allons a généralement des chambres à 40 euros minimum, l'offre „de dernière minute” semblait une bonne alternative.

 

Évidemment c'est hors budget mais parfois, on a envie de se faire un peu plaisir, nous rattraperons le budget un autre jour en mangeant des nouilles ou du riz/légumes.

 

 

 

Nous arrivons au port de Ban Phe, ici des femmes derrière des bureaux gèrent les réservations de bateau pour se rendre sur l'île. La première me demande 800 bahts pour l'aller. ( plus de 20 euros) pour un bateau standard; je n'imagine pas le prix pour le „speed boat”.

 

J'essaye de négocier car c'est un prix plus qu'excessif. Elle me dit que c'est 200 par personne et 400 pour le vélo. Je refuse et lui montre que ce n'est qu'un vélo, pas une moto, mais bien un vélo. Elle me dit que c'est le même prix pour la moto ou le vélo.

 

Impensable, l'aller retour pour 40 € ? C'est à seulement 7 kilomètres de là.

 

Je me rend à un autre comptoir, et une autre femme, plus souriante que la précédente, semble me montrer exactement le même type de bateau. Elle me dit que c'est 600 bahts aller-retour pour nous et le vélo. (soit environ 16 euros)

 

Pourquoi une si grosse différence de prix ? Parce que ce n'est pas uniquement un bateau pour touristes mais il  sert pour le transport des marchandises aussi. Le port marchand est à quelques mètres de là. La dame nous donne un ticket avec la date de demain et nous accompagne au port, jusqu'au bateau. Un homme aux lunettes en cul-de-bouteille semble être le capitaine, lui et cette femme gèrent notre ticket et nous rendent un ticket pour demain, mais avec la date d’aujourd’hui. Euh, c'est sûr qu'il sera valable pour demain ? „ok ok, no problem” me répond la femme. Bon, d'accord.

 

Nous montons et profitons de la balade d'une quarantaine de minutes pour les 7 kilomètres, sur la proue du bateau,en tailleur. road'olphe posé près des sacs de linge, sacs de viande et légumes, et d'un scooter d'un local.

 

Nous arrivons sur Koh Samet vers 12h, il faut payer 20 bahts par personne ( 50 cts d'€) pour accéder à l'île (justifié par la sauvegarde de la jetée), nous déposons nos affaires à l'hôtel, et irons manger végétarien dans le café d'en face. Wraps au tofu et légumes avec sauce aux cacahuètes. Un délice!

 

 

 

Ici il y a des tas de touristes, cafés, restaurants, boutiques de vêtements de plage... et au milieu de tout ça, des locaux vendent leurs œufs, poissons séchés et viande au barbecue sur leurs petits paniers soutenus par une palanche en bambou. Je demanderai à l'un deux si je peux le prendre en photo, il acceptera et posera fièrement.

 

Nous passerons l'après-midi à la plage, à profiter de l'eau turquoise.

 

Le soir , nous mangerons dans un restaurant local. Les prix sont excessifs ici, et pour cause, tous les produits sont importés, et l'endroit est fait pour les touristes.

 

Samedi 1er Décembre

 

Déjà, nous devons repartir de l'île. Le bateau ne passait qu'à 8h, 12h ou 16h, nous avons donc choisi de partir à midi.

 

Nous attendons sur le port que le bateau débarque. Au moment de monter, l'homme de la veille, celui aux lunettes, semble tilter sur notre billet. Il sort son téléphone et appelle quelqu'un. Il a l'air réellement furieux avec cette personne et montre le tandem en même temps. Nous ne comprenons absolument pas le souci, il passera près de 5 minutes à crier et s'énerver avec son interlocuteur, pour finalement nous laisser monter, sans encombre et avec le sourire.

 

On a absolument pas compris de ce qu'il se passait, sûrement une mauvaise date sur le ticket ? Je l'avais dit hier!

 

Nous sommes donc de retour sur Ban Phe et devons nous rendre à Rayong.

 

Jojo avait contacté un groupe Facebook de cyclisme pour savoir si quelqu'un pouvait nous loger, nous n'avons eu aucune réponse positive malheureusement.

 

C'est donc dans un endroit de „petits garages en ligne” comme dirait Jojo ( comprenez de petits bungalows collés les uns aux autres.) que nous dormirons ce soir.

 

Un restaurant végétarien trouvé sur happy cow nous ravira pour ce midi ( enfin plutôt pour 15h). Les gens y sont souriants et gentils et la nourriture est bonne. Le seul problème : les épices ! Un peu trop de chili et nous aurons tous les deux la bouche en feu, à la limite de l'anesthésie, au point de devoir acheter du lait de soja pour apaiser tout ça.

 

Nous passerons au supermarché pour ce soir, histoire de changer un peu d'alimentation.

 

Dimanche 2 Décembre

 

Aujourd'hui, direction Pattaya.75 kilomètres séparent cette ville de Rayong.

 

Sur le chemin, nous croisons des éléphants en bord de route, dans de petits enclos de bambou, avec en premier plan, une superbe photo de balade à dos d'éléphant , parce que c'est tellement fun...

 

Mais qui fait encore ça aujourd'hui ?

 

Alors évidemment, c'est exceptionnel de faire une balade sur cet animal si majestueux! Mais non, il est inconcevable pour moi de faire ce genre d' activité pour la simple et bonne raison qu'il n'est PAS FAIT POUR CA!

 

L'éléphant est un animal sauvage et pour le rendre „docile” donc, ça se passe lorsqu'il est tout petit. Le but est de rompre complètement son esprit , ça s'appelle „Phajaan”. Ils sont torturés, et frappés pour être un objet docile au service de l'homme: dans la peur et la violence.

 

Est-ce que j'ai envie de monter sur le dos d'un éléphant quand je pense à ce qu'il a du subir pour en arriver là ? Assurément non!

 

Quelques mètres plus loin, une publicité géante pour le parc à tigres. L'intérêt ? Voir des tigres mais surtout pourvoir prendre une photo avec eux, en leur tenant la queue, ou avec la main sur leurs dos.

 

Mais est-ce que la connerie humaine a des limites parfois?

 

Si ces lieux existent c'est parce que des gens y vont!

 

S'il y avait une affiche à l'entrée avec vidéos, photos et explication pour dire le sort que subissent ces animaux pour une seconde de photo „classe à montrer aux autres”, évidemment que moins de monde irait. Comme les éléphants, les tigres sont des animaux sauvages, et pour les approcher de la sorte, il est nécessaire de les droguer. Pour qu'ils rugissent en présence d'un touriste pour une photo encore plus spectaculaire? Ils sont piqués avec des bâtons.

 

J'ai eu envie de me rendre à l'intérieur de ce parc à tigres, afin de pouvoir dire „ Je ne raconte pas de connerie, c'est bien réel et c'est terrible”. Mais voilà , parce que c'est terrible, je ne me sens pas assez forte pour y être confrontée.

 

Ça me fait mal au cœur de voir à quel point, pour une minute d'égocentrisme, l'être humain est capable de tant de souffrance.

 

Ça ne sert à rien de me rebeller face à mon ordinateur mais j'espère au moins que les gens qui me lisent ont pleine conscience de ça, et n'y participerons jamais.

 

 

 

Nous arrivons à notre spot pour ce soir, avec l'espoir de ne pas croiser de touristes sur le dos d'un éléphant.

 

Nous sommes à 5 kilomètres de Pattaya. ( Moins cher que Pattaya même) dans une auberge pour 5 euros la nuit par personne, à quelques mètres de la plage.

 

Ici, c'est assez dingue, tout est écrit en cyrillique. Les touristes Russes sont assez nombreux apparement et donc Pattaya s'est adapté. Il parait qu'il y a une notion de mafia russe aussi et trafic de drogue, blanchiment d'argent, tourisme sexuel , mais évidement nous ne pouvons pas en être certains.

 

 

 

La piscine de l'auberge ne donne pas envie : il y flotte des touffes de cheveux et autres saletés, et malgré la chaleur extérieur, nous n'y mettrons pas les pieds. Pas plus qu'à la plage. La plage, qui fait 50 cm de largeur, en bord de route, est remplie de papiers et plastiques laissés par les touristes peu soucieux. L'eau turquoise du golfe de Thaïlande n'est ici pas si turquoise mais d'un vert peu attrayant, causé par les bateaux et jet-skis. Une odeur forte d'égout règne ici. Bref, la plage de Jomtien, n'est vraiment pas un endroit agréable. On avait prévu une journée de repos pour demain … on la passera à l'auberge.

 

 

 

Heureusement ce soir nous irons manger dans un petit restaurant indien. Facile de trouver des plats végétariens, et savoureux, on s'accorde à dire qu'on est contents.

 

La rencontre avec le chef du restaurant aura eu dont de nous remotiver un peu après cette journée de déceptions. Hassan nous servira gratuitement un thé massala, le temps pour lui d'échanger un peu avec nous. Il vit ici depuis peu, il est d'origine indienne , il a déménagé à Dubaï pour apprendre la cuisine ( są mère lui refusait l'accès à la cuisine, qu'elle considérait être l'endroit des femmes) et il a appris avec un chef français dont il garde un très bon souvenir. Il nous racontera des anecdotes de są vie , que nous prendrons plaisir à écouter.

 

Lundi 3 Décembre

 

Après plus de 6 mois de voyage à vélo et malgré quelques jours de repos par ci par là, nous sentons une fatigue importante; Fatigue, démotivation du manque de rencontre en Thaïlande, du manque de repas variés ? Difficile à dire mais sûrement un tout.

 

Nous avions des attentes concernant la Thaïlande le „pays du sourire” mais difficile après le Cambodge. Ce que nous en avons vu jusqu'alors nous semble un „pays à touristes” et la magie des rencontres n'opère pas, pourtant nous n'avons pas l'impression d'avoir fait uniquement des „repères à touristes”.

 

Aucun local ne salue en Anglais ici, Bonjour et merci se font en Thaï. Même lorsque nous communiquons ensuite en Anglais - Ce qui est une bonne chose, c'est à nous de nous adapter- Est-ce que c'est une manière de garder leur identité ? De „refuser” de se faire manger par le tourisme ? Car j'ai ce sentiment que malgré elle, la Thaïlande se fait dénaturer par le tourisme. Je parle pour le moment de ce morceau de Thaïlande que j'ai vu. Certaines régions doivent être encore préservées de cet „argent roi”, un peu comme en Chine. ( Je ne compare pas ici la Chine et la Thaïlande, mais simplement le fait que lorsque l'argent domine, les gens sont différents)

 

J'attends de voir ce qu'il va en être ensuite car ne veut pas faire de conclusion hâtive. Les plages (pas toutes) sont belles, il est possible de faire la fête, de boire, de manger, de s'amuser. Oui! Mais ce n'est pas ce que nous venons chercher ici. Nous avons soif d'authenticité.

 

 

 

Demain, nous repartons en direction du parc national de Khao Yai, un peu plus au Nord, mais avant ça, quelques jours de pédalage.

 

Mardi 4 Décembre

bus Thaï
bus Thaï

 

Malheureusement, et ce qui entache beaucoup notre motivation, aucun couchsurfing ou warmshower ne répond positivement à nos demandes pour loger chez eux, ce soir donc, à Chon Buri , nous dormirons encore dans une auberge trouvée sur Maps.me.

 

Nous roulons environ 70 kilomètres pour rejoindre Chon Buri. Ces 70 kilomètres ont été pénibles à rouler. Non seulement il fait très chaud ici ( ai-je le droit de me plaindre lorsque je sais qu'en France, les bonnets, écharpes et pyjama moumoutes sont ressortis ? ) mais le vent est chaud et l'air est presque irrespirable ce qui rend notre avancée réellement pénible, et surtout à partir de la fin de matinée. J'ai la sensation d'étouffer sur cette route sans ombre. Une pause vers 11h, face à un smoothie bien frais nous fera du bien, et nous resterons même près d'une heure à discuter.

 

Un peu plus d'une heure de pédalage plus tard, nous trouverons un restaurant. Qui nous servira du riz et des légumes ( entendez par légumes quelques champignons en boîte... ) et on nous fera même payer les glaçons apportés sur la table. Aucun moyen de vérifier si c'est parce que c'est nous, mais c'est bien la première fois qu'on nous fait payer ça.

 

Nous n'avons plus que 10 kilomètres à parcourir mais à cette heure-ci, le soleil est au zénith et ce sera encore aussi péniblement que nous arriverons à destination, un peu avant 14h.

 

Heureusement quelques sourires en bord de route nous motiverons un peu.

 

L'auberge est en réalité une succession de petits bungalows ( ils semblent apprécier ce genre d'accueil et c'est plutôt cosy en général.)

 

Mercredi 5 - Jeudi 6 Décembre

 

La motivation n'est toujours pas revenue ce matin et la route sera encore pénible. Nous avons du mal à nous remotiver et ce ne sera qu'en fin de parcours, après près de 60 kilomètres, qu'on verra à quelques centimètres de nous, un Varan énorme ( vous savez, cet espèce de gros lézard qu'on pourrait prendre pour un crocodile? ) On est hyper choqués par cette bestiole énorme, on ne s'attendait pas du tout à voir un varan, ici , en bord de route.

 

 

 

Jeudi ressemblera à quelque chose près à la veille, si ce n'est que nous ne reverrons pas de varans de tout près, mais entendrons uniquement leurs courses effrénées pour rejoindre l'eau, apeurés par cette grosse bête noire à deux têtes, deux roues avançant d'un mouvement dansant. A chaque bruit de Varan, je sursaute comme un chat qui entendrait un bruit inhabituel. Je crois que j'ai eu un peu peur qu'un d'eux ai envie de faire de nous son goûter, même s'ils semblent effrayés.

 

Nous trouverons pour ces deux nuits des petits hôtels pas cher, tout à fait dans notre budget. Et mangerons aussi pour peu, légumes et riz ou nouilles.

 

Nous croisons des locaux plus que souriants et qui nous saluent chaleureusement, des serpents morts, sur le côté de la route - c'est d'ailleurs toujours très impressionnant, surtout lorsqu'ils sont morts depuis peu- , des rizières et des lacs artificiels remplis de poissons. ( Voilà pourquoi le Varan est présent ici)

 

Nous dormirons Jeudi soir à Prachin Buri, dernière nuit avant le parc national.

 

Vendredi 7 Décembre

 

Nous partons de Prachin Buri impatients d'arriver au Khao Yai National parc. Nous avons quelques 20 kilomètres et arrivons à l'entrée du parc.

 

Ce parc national est le plus grand de Thaïlande et même d'Asie du Sud-est. Il abrite de nombreuses espèces animales dont … l'éléphant d'Asie !

 

Nous arrivons à l'entrée du parc, il nous faut payer 400 Bahts par personne ( 10 €). Ici déjà des dizaines de motos, car ce week end et spécial, il s'étend jusqu'à Lundi car c'est jour férié. Et il parait qu'il y a des évènements dans Khao Yai , comme des concerts.

 

Nous sommes donc à l'entrée sud du parc. De grandes affiches mettent en garde sur la conduite à tenir si nous croisons des éléphants. Euh comment ça ? C'est possible de faire du vélo à travers le parc sans risquer de se faire croquer ?

 

Au hall d'accueil, à côté d'une petite cafétéria se trouve un sauveteur animalier, s'occupant de la faune du parc. Il m'explique que nous pouvons aller jusqu'au camping sans crainte, les éléphants ne traversent la route aux environs de 15h. Il est très intéressé par notre histoire et me posera beaucoup de questions à l'aide de son traducteur.

 

Nous entamons donc notre découverte sur notre Road'olphe, avec un mélange de crainte et d'excitation de découvrir cette jungle, sur notre vélo. Et si un singe nous attaque ? Si on croise un éléphant ? Tu crois qu'il y a des tigres ici?

 

Non, ici pas de tigre, à part celui exposé dans le hall, on nous expliquera plus tard qu'il a été tué parce qu'il a attaqué un homme. Le tigre empaillé a toujours les marques de balles et les oreilles ont été remplacées par des oreilles de peluche.

 

Après 20 kilomètres jusqu'au parc puis 15 kilomètres de dénivelé positif... nous sommes épuisés. Il nous reste la moitié à parcourir pour arriver au camping, il est presque midi et nous avons mis plus d'une heure et demi déjà pour 15 petits kilomètres. On se résigne et on tend le pouce.

 

Ici passe des picks ups toutes les secondes et le premier s'arrête. Sous notre mine déconfite, ils comprennent vite que l'on souhaite monter à l'arrière et nous emmènerons jusqu'à l'intérieur du camping, sans rien demander en retour. Le tandem chargé dans le pick up, qui ne se ferme plus, avec nous à l'arrière, les mains bien accrochés au véhicule et au vélo et nous nous rendons vite compte que … nous avons bien fait de tendre le pouce, la route monte encore plus et nous n'imaginons pas dans quel état nous serions arrivés. Parfois, il faut dépasser ses limites mais parfois il faut s'écouter.

 

Nous arrivons au camping, où locaux, singes, biches et cerfs cohabitent. Le camping est rempli de Thaï. Les biches et cerfs sont à quelques centimètres seulement des tentes et lorsque quelqu'un oubli de jeter ses déchets à la poubelle, ils s'occupent d'en lécher les restes. On ne peut pas dire qu'ils soient particulièrement maigres. Ni ce petit singe, qui après avoir volé un paquet de chips, sautera sur la table à côté de nous pour chiper de la viande à la pauvre demoiselle en panique.

 

 

 

Le camping coûte moins d'un euro par personne et par nuit si nous sommes équipés. Sinon aucun problème : tente, matelas, oreillers, barbecue … tout est louable.

 

Nous passons une après midi sous le soleil à regarder les cervidés brouter ou boire dans le lac, les enfants qui jouent dans la rivière, ce varan au loin passer tranquillement, les campeurs monter ( parfois avec beaucoup de difficulté) leur tente, faire leur popote, ou allumer le barbecue.

 

C'est rempli de monde mais étrangement, le camping reste assez silencieux.

 

 

 

Nous avons eu peur qu'il y ai une grosse averse d'orage car de gros nuages noirs se sont formés mais la nuit sera calme.

 

 

 

Samedi 8 Décembre

 

Ce n'est qu'au petit matin que nous nous apercevons que la pluie semble tomber déjà depuis quelques heures. Des flaques d'eau se sont formées dans la tente et la „chambre” commence aussi à prendre l'eau, nos affaires sont mouillées. Nous voulions rester ici deux nuits mais nous remballons finalement nos affaires, à l'image de la plupart des campeurs. Nous assistons à des scènes de vie entre cervidés , ils sont vraiment tout près, c'est chouette.

 

Nous prenons la route d'hier en sens inverse, qui , on doit l'avouer, est vraiment plus agréable en descente. Nous croisons une horde de singes de part et d'autre de la route, dont un nous montrera les dents... HOUUU viiiiiiiite , ne nous arrêtons pas .

 

Au bout de quelques kilomètres une voiture nous double et le jeune homme à la teinture capillaire orange nous prend en photo. Nous reconnaissons au volant le sauveteur animalier de la veille. Tous deux, à bord de leur voiture, gyro allumés, nous suivrons pendant plus de 20 kilomètres jusqu'à la cascade. Je leur dit que nous n'avons pas vu d'éléphants et que c'est triste. Le sauveteur me proposera de les rejoindre au hall sud, par où nous sommes rentrés hier, et nous attendrons 15 heures ensemble pour aller voir les éléphants avec lui. On est fous de joie mais j'ai du mal à y croire.

 

Nous désirons aller à la cascade avant, ils veulent venir avec nous, trop cool.

 

Sur le parking, un 4x4 d'aventuriers, que nous avions croisé quelques kilomètres avant, sur la route, est stationné et un couple s’apprête à rentrer. Je m'approche et leur demande s'ils sont français. Tout de suite, le visage de cette fille m'est familier. Mais OUIIII! C'est un des couples que nous avions croisé à Moscou, à l'ambassade de Mongolie pour le Visa! Dingue, ces deux aventuriers à bord de leur „ Tantor des passeports” sont au même endroit que nous quelques mois après. C'est fou. Nous discuterons quelques minutes mais nos deux compères Thaï nous attendent pour la cascade.

 

 

 

A l'entrée du site, une dame très souriante nous demandera une photo avec elle, et notre sauveteur lui racontera fièrement notre aventure, comme il la raconte à chaque personnel du parc qu'il croise.

 

Le plus âgé des deux, le sauveteur animalier s'appelle Nung ce qui veut dire „Un” en Thaï, nous l'appellerons Number One. L'autre, celui aux cheveux oranges, s'appelle June.

 

Number One est au bout de są vie après avoir descendu les escaliers hyper-raides pour atteindre le pied de la cascade. Celle ci est la plus haute du parc, c'est une chute vertigineuse de 100 mètres que nous avons la chance de voir. Quelques photos et vidéos „ ils font un reportage sur nous ou quoi ? „ et nous repartirons. „One” n'en peut vraiment plus et nous transpirons tous à grosses gouttes. Il nosu fait signe de continuer sans lui, et plaisante en nous disant qu'il va rester là. Nous partageons un moment agréable et complice et en toute simplicité, comme si nous nous connaissions depuis longtemps.

 

A la sortie de la cascade, la dame est là et nous offrira chaleureusement et avec un grand sourire, deux sachets d'ananas coupés, que nous partagerons avec nos nouveaux copains.

 

 

 

Nous prenons le temps de nous poser quelques minutes sur un banc et repartons. June et One dans leur voiture et Jojo et Moi sur notre vélo. Ils continueront à prendre des photos de nous , en mode „ voiture balais du tour de France”. Nous croiserons encore des singes, les fesses posées sur la route .

 

Nous mangerons en guise de repas de midi des smoothies au chocolat ( faute d'autre chose) et attendrons avec eux.

 

„One” nous demande d'aller nous asseoir sur le banc dehors, met są caméra sur pied et nous demande de répondre à ses questions. Il nous interview et il nous dit que c'est pour la télévision. Régionale sûrement. Euh, on a des têtes affreuses et nos vêtements ne sont pas d'une toute première fraicheur. L'image que les autres ont du français „sale” va rester dans l'esprit de tous, désolés.

 

Il me montre ses photos et vidéos d'éléphants car il est photographe et franchement, c'est incroyable. Je garde l'espoir de pouvoir en voir.

 

 

 

Il est presque 14h30 quand „One” reçoit un appel au Talkie-Walkie, il y a un éléphant. Nosu nous précipitons dans la voiture, à la manière de pompiers. Nous sommes sous tension, peut être que nosu allons voir un éléphant! Yeux grands ouverts, Caméra en route, nous observons la route, les gyro allumés. Quelques kilomètres, et nous croisons une voiture à l'arrêt. L'homme est en panne, et „One” appellera les gardes pour venir en aide. Du haut d'un arbre, un singe observe la scène et se gratte les parties. Un des garde mime le lance-pierre avec ses doigts, le singe grimpera dans l'arbre à une vitesse incroyable. ( Au camping, nous avions vu qu'ils chassaient les singes avec un lance-pierre chargé d'une balle molle, lorsqu'ils venaient voler de la nourriture. )

 

Nous faisons demi- tour, sans voir d'éléphant. „One” nous explique qu'aujourd'hui il y a beaucoup de voitures et que les éléphants retournent rapidement dans la jungle.

 

 

 

Je suis déçue mais cette petite virée aura été drôle.

 

Nous sommes de retour au Hall sud, les deux journalistes arrivent, récupèrent les films que nous avons fait avec „One” et posent quelques questions supplémentaires.

 

Jojo me dit qu'il va falloir que nous partions, avant que la nuit tombe pour trouver où dormir (elle commence à tomber vers 17h ici), mais je veux rester encore un peu, avec l'espoir que „One” reçoive un autre appel. Il me raconte la vie du parc ,et m'explique qu'il y a 22 éléphants dans le parc ouvert aux touristes mais qu'ils sont 400 pachydermes dans l'ensemble du parc qui fait plus de 2 000 km²

 

 

Il est 15h30 passé, la femme de One ( qui sert les cafés au hall) lui dit que le Talkie Walkie a appelé. Ni une, ni deux, il nous dit de monter dans la voiture, un autre éléphant a été aperçu. La recherche se poursuit, et moins de 10 kilomètres plus loin, le voilà!

 

Il est sur la route, escorté d'un pick up ( des responsables du parc). J'ai l'impression d'avoir 4 ans et de voir le père Noël en vrai. J'ai déjà vu des éléphants, j'en ai même vu il y a quelques jours près de Pattaya mais là …. là il est en liberté, dans są jungle à quelques mètres voire centimètres de nous. Imposant et léger à la fois. Nous ferons escorte de l'éléphant avec l'autre pick up pour qu'il circule et que lui, comme les voitures qui passent soient en sécurité.

 

„One” nous dit qu'il s'appelle Biyanlek, il a 8 ans et c'est son pote. Il a peu de vocabulaire en Anglais mais nous sentons dans le ton de są voix qu'il parle d'eux avec beaucoup d'amour et de respect.

 

 

 

Si un jour on m'avait dit que j'allais me retrouver dans la voiture du sauveteur animalier, à escoter un éléphant de 8 ans, à quelques mètres seulement... j'aurai rit. Mais aujourd'hui , c'est bien vrai et j'en ai les larmes aux yeux. ( C'est fou ce qu'elle chiale celle-ci …)

 

Ce pachyderme majestueux avance sur la route, tranquillement. Son pas est lourd mais są démarche toute entière parait si légère. Sa trompe et ses oreilles se balancent de droite à gauche au rythme de ses pas.

 

Les gardiens s'occupent de la circulation et tentent de rapprocher l'animal de la jungle, afin de pouvoir éviter le danger.

 

A plusieurs reprises „One” arrête la voiture à quelques mètres et nous l'observons se rapprocher de nous. Imposant, Incroyable, Majestueux... je suis subjuguée par la beauté de Biyanlek .”One” sortira parfois prendre des photos et me les montrera ensuite.

 

( Mon téléphone à côté … c'est nul!) mais mes yeux ont vu, et je ne suis pas prête d'oublier.

 

Nous ferons donc plus de 5 kms à l'escorter avant qu'il tourne les talons et disparaîsse dans cette jungle luxuriante.

 

Pwahhhhhh, je crois que je ne me remettrai pas de si tôt de ce que je viens de voir. Moi qui ce matin, reprenait la route, un peu déçue, la journée n'aurait finalement pu être plus belle.

 

 

 

J'ai remercié notre sauveteur un nombre incalculable de fois. „ If you are happy, I'm Ok” me répondra-il. Cet homme est incroyable et encore une fois nous avons beaucoup de chance de l'avoir rencontré.

 

Nous quitterons One, des étoiles plein les yeux. Je crois que nous admirons cet homme au même titre qu'il nous admire pour ce que nous faisons à vélo. Pas pour les mêmes raisons, mais parce qu'on a choisi de vivre nos émotions à fond. Cette rencontre fût brève mais intense.

 

 

 

Au moment de partir (et ce fut un moment difficile) nous hésitons à nous faire un câlin mais je sens un mouvement de recul chez One. Il semble ne pas vouloir pousser les émotions trop loin et c'est d'un geste loin mais chaleureux qu'il nous saluera. ( Ou peut être est-ce lié à nos odeurs respectives de cette journée sportive? )

 

C'est très étrange comme parfois nous avons la sensation d 'être si proches des gens, qui pourtant étaient des inconnus quelques heures auparavent.

 

Cette journée nous montrera encore que parfois, il faut laisser faire le destin et que de belles choses et surtout de belles rencontres, peuvent avoir lieu.

 

Merci mille fois à notre „rescueman number One” sans qui cette journée n'aurait pas été si belle, merci à lui de nous avoir donné tant d'émotion, merci à lui d'avoir partagé du temps, son savoir , son humour et są douceur.

 

 

 

Nous quittons donc le coeur gros ce parc national. Il est temps de faire sécher la tente et nos vêtements.

 

Nous trouvons à moins de 20 kilomètres, des petits bungalows pour 10 euros. Nous étalerons nos affaires à l'intérieur et irons manger dans le restaurant de cet endroit. Une bière locale pour fêter cette journée pleine d'émotion, du riz et des légumes. Nous croiserons des petits chats dont un noir et très calin, qui me fait penser à Mali ( un de nos deux chats, ils me manquent eux aussi) .

 

 

 

Dans deux jours, nous serons à Ayutthaya.

Dimanche 9 Décembre

 

Le soleil est revenu et il fait de nouveau plus de 30 degrés.

 

Nous partons en direction d'Ayutthaya, qui au 14ème siècle était la capitale du royaume de Siam et un port de commerce international très important. Aujourd'hui, la ville est connue pour ses ruines qui formaient autrefois l'ancienne ville de palais, temples bouddhistes statues et monastère. Souvent comparé aux temples dans la jungle d'Angkok au Cambodge. (à pat que ce sont des ruines, ils sont très différents l'un de l'autre)

 

Ce midi, comme souvent, riz et légumes nous remplirons l'estomac. Nous arrivons à Ban Na et trouvons des petits bungalows en bord de rizière, dans lesquels nous passerons la nuit.

 

Malheureusement, nous pensions pouvoir manger dans un bouiboui ce soir mais nous ne trouvons que le petit magasin à proximité, et nous contenterons de nouilles instantanées, sauce épicée à la citronnelle. Je ne suis pas fan de ces nouilles là, elles ont un aspect un peu plastique mais ça change aussi du riz/légumes.

 

Nous faisons ce soir le compte de nos kilomètres totaux et nous nous rendons compte que nous avons dépassé les 9 500 Kms! C'est à chaque fois une petite victoire personnelle.

 

Lundi 10 Décembre

 

C'est encore sous le soleil que nous pédalerons plus de 70 kilomètres pour rejoindre Ayutthaya.

 

 

 

Nous suivons la grande route et nous faisons arrêter dans la matinée par un thaï au chapeau de cowboy, à côté de son pickup en bord de route. Il souhaite nous prendre en photo et nous offrira deux boissons gazeuses. Il nous montre des photos sur son téléphone, il fait parti d'un groupe de cyclisme et il s'est rendu à Ayutthaya il y a quelques jours. Il est tout tremblant, il semble émotionné de nous parler. Quelques selfies, et il repartira, en nous faisant de grands signes de main.

 

 

 

Nous quittons la route principale pour continuer en bord de rive, Jojo me dira qu'on se croirait presque le long de la Moselle. A la seule différence qu'ici, les habitants qui habitent de l'autre côté de la rive ont tous un petit pont pour accéder à leurs maisons, et parfois même certains circulent dans de petites barques pour faire le trajet de la route à chez eux.

 

Nous croiserons quelques chiens, et si la plupart dort sur le bord de la route, sans même lever une oreille, d'autres auront envie de courir à nos côtés, en aboyant. Ca faisait longtemps … et ça ne me manquait pas le moins du monde.

 

 

 

Nous arrivons à la Banchan auberge d'Ayutthaya, nous restons ici 3 nuits, et avons payé 180 baths par personne et par nuit, petit déjeuner inclus. ( un peu moins de 5€)

 

Le responsable de l'auberge nous indique que nous tombons très bien, qu'un festival est organisé ici à l'occasion de l'entrée du site au patrimoine de l’Unesco ( il y est entré en 1991). Le festival dure 10 jours.

 

Le temps de nous installer, prendre une douche et faire une lessive et nous voilà parti à la découverte du festival. Nous voulions y aller avec le vélo, mais au vue de la foule, nous avons bien fait de faire le chemin à pied. Nous sommes à moins de 2 kilomètres du Phra Ram Park, le parc qui abrite les principaux temples.

 

Nous découvrons donc ce soir, au milieu de toutes ces décorations lumineuses, des jeux de foire en tout genre, des manèges un peu vétustes, des stands de nourriture locale : pad thai, brochettes de viande au barbecue, fruits et jus, et tout un tas de spécialités. De la musique, mais aussi malheureusement des vendeurs animaliers (chatons et chiots dans de petites cages, lapins en robe, chèvre à qui donner le biberon...) je me disais à ce moment qu’heureusement, il n'y a pas de balade à dos d'éléphant, ça serait le summum de l'insupportable.

 

 

 

J'avais pensé un peu trop vite, c'est alors qu'au bout de la rue, bondée de monde , deux énormes éléphants m'apparaissent.

 

Tous deux enchainés au cou, marchant avec leur cornac sur le dos ( le cornac est l'humain responsable de l'animal), les éléphants sont peints en rose de la tête aux pieds et ont des défenses blanches et parfaitement brillantes et lisses, des fausses assurément. Les pachydermes passent à côté de moi, et c'est dans leurs yeux que je peux voir la profonde tristesse et angoisse de l'animal.

 

L'excitation de voir des éléphants il y a quelques jours me déchire aujourd'hui le cœur. Je ne suis, cette fois, pas impressionnée de les voir mais seulement si triste d'imaginer la vie qu'ils vivent pour faire plaisir à des touristes. Encore une fois, des larmes, cette fois de tristesse et de rage couleront sur mes joues.

 

Nous en croiserons d'autres, déguisés de draps colorés avec l'équipement pour promener des touristes. Triste réalité, il y en avait des dizaines et l'activité semble exister ici, pas uniquement pour le festival mais de manière habituelle. Il semble y avoir un spectacle ce soir, et j'ai bien peur que ce puisse être, entre autre, un show d'éléphants.

 

Nous n'avons aucune envie d'assister à ça, et quitterons l'endroit en milieu de soirée.

 

C'est réellement dommage car le festival nous plonge directement dans la culture thaï, au milieu de ces odeurs de nourritures, des couleurs des vêtements traditionnels, ces visages thaï souriants, cette musique.... C'était un éveil des cinq sens, et c'était agréable, malgré la foule. Cette attraction a tout gâché.

 

 

 

Mardi 11 Décembre

 

Journée repos aujourd'hui, nous passerons du temps à l'auberge. Le temps pour moi de monter la vidéo du Vietnam, et donc de me replonger dans ces souvenirs.

 

A midi, nous irons manger dans un restaurant vegan trouvé sur Happycow. C'est un restaurant vegan comme beaucoup , dont les plats sont fait le matin et donc sont froids à midi. Un peu dommage.

 

Nous prendrons un smoothie sur le chemin du retour et passerons le reste de la journée à l'auberge.

 

 

 

Nous ressortions le soir pour aller chercher à manger à l'endroit du festival : nous trouvons des pad thaï végétariens ( nouilles avec légumes et/ou tofu) pour 10 baths par barquettes ( environ 25cts d'euros) et les mangerons à l'auberge. Nous ne voulions pas nous éterniser de peur de revoir les éléphants.

 

 

 

Mercredi 12 Décembre

 

C'est notre dernière journée à Ayutthaya, avant de reprendre la route direction Bangkok. Nous nous décidons à aller visiter les temples mas croiserons entre temps, dans l'auberge, un jeune français avec lequel nous échangeons un moment sur nos voyages respectifs. Il est arrivé à Bangkok il y a quelques jours et entame un trip en sac à dos dont il ne connait pas la durée mais pense voyager une petite année au moins.

 

Nous nous rendons aux temples, avec notre road'olphe. Le site est grand, le festival n'ouvre réellement que le soir et nous avons donc tout le loisir de pouvoir parcourir le site en vélo.

 

Nous sommes chanceux, les visites sont gratuites du fait du festival et donc ne payerons pas les entrées. Cela dit, si vous comptez aller aux temples, chaque entrée ne dépasse pas l'équivalent de 2€ et les principaux sont au nombre de 3.

 

Nous commencerons par le site de Wat Ratchaburana. Ce site construit au 15 ème siècle est le mieux conservé , malgré les bombardements subits pendant la guerre. Il est impressionnant par son Prang ( grande tour sanctuaire typique de la culture thaï sur laquelle sont sculptés des divinités) Nous y découvrons des ruines, dans lesquelles apparaissent des morceaux de statues anciennes : têtes géantes de bouddhas, parfois le corps sans tête. L'endroit est atypique et d'un charme particulier.

 

Nous découvrons ensuite le temple de Maha That, le plus ancien d'Ayutthaya. Les ruines laissent encore apparaitre de nombreux bouddhas décapités en 1767 par les Birmans mais si ce site est connu c'est surtout pour są tête de Bouddha logée dans les racines d'un vieux figuier. D'après la légende, lorsque les birmans ont saccagé la ville, cette tête de Bouddha aurait roulé et fût recueillie par les racines de l'arbre.

 

Nous croiserons des cyclotouristes au loin ( sans leurs bagages mais on reconnait un vélo de cyclo à son équipement)

 

Nous visiterons un autre site , et apercevrons les vélos sur le parking. Après la visite du troisième site, nous décidons avec Jojo de laisser un petit mot à ces deux aventuriers, sait on jamais, peut être vont-ils vers Bangkok ensuite.

 

Je gribouille sur un papier trouvé au fond de mon sac un petit mot en anglais. Laisse le petit mot coincé sur le guidon d'un des deux vélos, advienne que pourra.

 

 

 

Quiches que nous sommes, nous n'avons pas été voir le Bouddha couché d'Ayytthaya, pourtant si connu … On avait complètement oublié qu'il y avai ce bouddha et on s'en rendra compte le lendemain, déjà partis en direction de la capitale. Crotte!

 

 

 

Un peu plus tard dans l'après-midi, nous recevons un message internet, c'est nos deux cyclos à qui nous avons laissé un petit mot, ils souhaitent nous rencontrer. Trop cool.

 

Nous rejoignons donc Kiran et Frouke pour boire un verre.

 

Kiran est Anglais, elle est Hollandaise ils ont une trentaine d'année. Ils habitent à Amsterdam et ont décidé de tout quitter et faire une année de vélo, bien que les parents de Frouke y semblent réfractaires. Ils ont commencé l'aventure au Vietnam il y a 3 mois et vont jusqu'en Hollande, à vélo. Nous allons à Bangkok mais eux partent directement vers le nord , nous ne ferons donc pas le chemin ensemble, dommage

 

Nous passons un bon moment avec eux et ils semblent ravis aussi, nous sommes les premiers cyclos qu'ils rencontrent.

 

 

 

Le soir venu, ils avaient envie d'aller au spectacle de lumières du festival. Peut être allons nous louper quelque chose mais je n'ai pas envie d'y aller, de peur que ce spectacle ne soit pas que un spectacle de lumière mais aussi un spectacle animalier.

 

Nous irons chercher à manger aux stands et rentrerons un peu plus tard, en évitant de passer par l'endroit des éléphants.


Demain donc, nous serons à Bangkok...

 

[...] à suivre