Vietnam
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Dimanche 14 octobre

 

Nous sommes donc entre la Chine et le Vietnam, et c'est assez incroyable de se dire que nous sommes là, même pas cinq mois après le départ , aux portes du Vietnam, un pays tellement inconnu pour nous.

 

Nous sommes excités à l'idée de le découvrir , et déjà à la frontière nous sommes bouche-bé face à la file de Vietnamiens avec leurs vélos transporteurs de produits chinois. Ils sont des dizaines, les vélos chargés de cartons, de fruits et légumes, et d'autres choses à attendre leur tour pour retourner dans leur pays. De l'autre côté, c'est le même spectacle, mais les vélos sont encore vides.

 

Jojo est subjugué et regarde en détail comment ils ont arnaché tout ça. C'est fou, on se dit qu'on va voir et vivre des choses au delà de notre imagination ici.

 

 

 

Nous passons la frontière, sur le vélo, la première depuis l'Europe, et ça fait du bien. Les agents sont souriants et nous passons sans encombre. Nous avons donc un petit mois pour pouvoir découvrir le Vietnam.

 

Nous arrivons donc à Lao Cai, première ville frontière. Ici il y a ne heure de moins qu'en Chine, nous n’avons „plus que” 5 heures de décalages avec la France, au lieu de 6. Nous avions fait une demande couchsurfing mais nous restons en attente de la réponse de notre hôte. Nous décidons donc en attendant de changer nos derniers Yuans pour des Dongs vietnamiens.Après plus d'un mois avec le Yuan, il va falloir s'adapter à une toute autre monnaie, de toute autre valeur. Nous prendrons un soda dans un bar et nous nous poserons un peu. Un soda coûte ici 15 000 dongs, ce qui équivaut à 50 centimes d'euro. Un peu déroutant de donner de gros billets. Mais le coût des choses est largement inférieur à nos habitudes Occidentales. Un repas équivaut à 1 voire 2 euros, une boisson vaut 50 cts et une nuit dans un hôtel n'excède pas les 200 000 dongs pour deux ( 7 euros 50). Attention, nous avons tendance à penser (et c'est ce qu'on a lu) que nos têtes d’étrangers font grimper les prix.Et on va le découvrir au fil des jours, mais pas question de se faire avoir.

 

Le couchsurfing ne répond pas, et nous finirons par trouver un petit hôtel dont le propriétaire est plus que gentil et accueillant. Il parle un anglais parfait. Nous sommes dans une petite chambre,très propre mais sans fenêtre, après tout , pour une nuit, c'est suffisant. Il est à peine 18h et il fait déjà nuit noire, c'était déjà compliqué en Chine, ici c'est encore plus déprimant de voir le soleil se coucher tôt.

 

Nous sortirons pour manger. Impatients de pouvoir découvrir la cuisine vietnamienne, peut être un peu différente de la cuisine chinoise. Nous allons vite déchanter : ici en tout cas, c'est viande à tous les menus et il sera difficile de faire comprendre que nous ne voulons pas de viande, simplement des nouilles ou du riz avec des légumes . On fera quelques restaurants,tous disent non, et clairement tous les plats sont à base de viande dans les assiettes de nos voisins, avant de se retrouver à manger des nouilles plutôt caoutchouteuses avec une sauce semblable à notre Maggi. On est un peu déçus mais nous aurons le temps de nous rattraper.

 

 

 

Nous nous couchons tôt mais je trouverai difficilement le sommeil, entre les petits chiots du propriétaire de l'hôtel, dans leur cage , pleurant parce que leur maman est à côté et pas avec eux, et les gouttes de la clim' d'à côté qui tombent sur le toit de tôle dans un fracas important …

 

 

Lundi 15 Octobre

 

La nuit a été courte mais je suis impatiente de pouvoir rouler et partir à la découverte de la culture et la population. Il fait chaud et humide et la route ici n'est pas plate, ça monte et ça descend mais nous avons nos motivations toute la journée. Il est impossible de compter le nombre de „Hello” que nous avons entendu, de signes de mains ou de sourires. On a parfois même du mal à répondre à chacun, d'un coté et de l'autre du trottoir. Ce sera la même chose pendant nos 74 kms, pour notre plus grand plaisir. „ 'Sont sympas ces Vietnamiens”. A midi nous aurons encore peine à trouver où manger, végétarien et mangerons un bol de riz blanc.

 

Nous arriverons à Pho Rang en début d'après midi et trouverons une petite chambre dans un hôtel un peu miteux avec pour compagnie : les fourmis dans la chambre, les cafards dans la salle de bain. Nous dormirons sous la moustiquaire, de peur de se faire dévorer par les moustiques affamés ou une grosse araignée comme on en a vu une à l'entrée de la chambre.

 

On mangera un plat de soupe de nouilles, vers 18h40, alors que tout semble se fermer. Mangent-ils encore plus tôt que leurs voisins Chinois ?

 

Nous dormirons malgré tout, plutôt bien dans cette petite chambre.

 

Mardi 16 Octobre

 

Levés de bonne heure, il fait toujours chaud et humide mais le soleil fera place à une petite pluie fine sur l'ensemble de la journée, pas de quoi être trempés mais de quoi avec les pieds et le pantalon plein de boue, et les lunettes pleines de petites gouttelettes.

 

Aujourd’hui sera une grosse journée de 92 kms, sous ces conditions climatiques et avec cette route qui continue de monter et descendre.

 

Nous sommes toujours salués chaleureusement par les enfants sortant de l'école sur leurs vieux vélos (on aura le droit à un petit doigt d'honneur aussi) , les hommes en train de siroter une bière entre copains et fumer à l'aide de leurs pipes à eaux, les femmes dans leurs magasins, et celles dans les champs. Force est de constater, qu'ici , les femmes semblent faire le boulot le plus compliqué. Un homme ne sera pas gêné de laisser la femme porter à bout de bras des sacs de terre lourds, ou des rondins de bois, ou encore des paniers entiers de fruits, alors que lui se contentera de suivre, bien tranquillement, les bras ballants et libres pour nous faire un geste amical.

 

Nous mangerons encore ce midi une soupe de nouilles, à défaut de pouvoir trouver autre chose. On commence par se lasser de manger des soupes de nouilles à chaque repas, et impatients de pouvoir être à Hanoï pour trouver des restaurants végétariens, dans lesquels nous n'aurons pas à expliquer ( encore grâce au G'palémo, qui fonctionne beaucoup mieux qu'un traducteur écrit) qu'on voudrait sans viande et sans poisson.

 

Nous croisons beaucoup de buffles dans les rizières, les récoltes étant terminées, ils ont tout le loisir de pouvoir manger ce qu'il en reste et de préparer la terre.

 

Nous arrivons à Yen Binh vers 15h ( faire plus de 90 kms avant 15h, le bonheur pour pouvoir se reposer ensuite.) Nous trouvons un grand hôtel en bord de route, qui semble neuf mais à la fois abandonné. Étrange. Nous aurons une chambre, avec l'impression qu'il n'y a pas eu de visiteurs depuis bien longtemps. Du balcon, nous observons une piscine extérieure , verte, à l'abandon. Notre chambre sent le grenier de mamie, l'émail de la baignoire et du lavabo de la salle de bain semblent vieillis par le temps. L'ambiance est étrange mais pour se décrasser de cette boue et ce sable sur nos vêtements et dans nos cheveux , ce sera encore une fois parfait.

Mercredi 17 Octobre

 

La météo sera la même aujourd'hui qu'hier, petite pluie fine et chaleur.

 

Nous ferons 86 kms jusqu'à Phong Cho. Entre temps, les locaux continuent de nous saluer par des „Hello, Hello”, „Hiiiiiii”, „Fuck You” , QUOI ? On a entendu la même chose ?

 

A plusieurs reprises nous entendrons des petits „Fuck You” souriants. Ils se trompent ou ils se foutent ouvertement de nous ? Difficile à dire, déjà nous avions entendu „Fuck You” lors d'un supposé „Thank you” alors on se dit que la prononciation n'est pas bonne ou qu'ils n'ont pas appris beaucoup de mots et que ce petit „fuck you” est pour dire : „hé regarde, je sais dire un truc en Anglais!” Oui, c'est peut être tiré par les cheveux mais laissons le bénéfice du doute.

 

A midi ce sera riz blanc et salade vite fait chauffée et mal lavée... Donc riz blanc. On nous en demande 50 000 dongs (1,90€) ce à quoi je répond par un sourire accompagné d'un haussement de sourcil qui veut dire : „ faut pas me prendre pour un pigeon”, mon interlocuteur aura un rire gêné dans l'immédiat et nous en demandera finalement la moitié. Alors vous allez dire : „ça va, c'est rien un repas pour moins de 2€.” En effet, c'est rien mais si un vietnamien ne paye pas ce prix là, pourquoi moi, dans ce même restaurant, pour le même plat et parce que je suis „étrangère” je devrai payer plus cher ? Ce n'est pas ici une question d'argent parce que je ne suis finalement pas à un euro près, mais c'est simplement parce qu'il n'y a pas de différence à faire. Un plat mangé ,qu'il soit mangé par un individu de n'importe quelle origine, restera le même plat et je n'ai pas envie de rentrer dans ce moule du „riche touriste” car ce n'est pas l'image que j'ai envie qu'ils aient de nous.

 

Nous trouverons une enseigne „hostel” en plein centre ville. En réalité, ce sont des chambre „ containers” à quelques mètres du centre ville. Original, bien entretenu et dans une rue au calme.

 

Nous payerons moins de 7 euros pour deux encore ce soir.

 

Nous trouverons un restaurant de „hot pot” à la japonaise, dont les plats sont installés sur un tapis roulant et passe devant toi. C'est sympa, même si parfois c'est un morceau de rein ou un petit calamar frais qui passent. Mais enfin, nous pouvons manger des légumes … plutôt réconfortant après tant de repas de „soupe de nouilles”. On finissait par se dire que nous allions réutiliser notre popote, même si acheter des légumes est plus cher que d'aller au restaurant.

 

Nous nous coucherons, avec à l'esprit, Hanoï, qui nous attend demain.

 

Jeudi 18 Octobre

 

Ce soir, nous arriverons chez Marco,un Guatemaltais de 25 ans vivant à Hanoï pour donner des cours d'Anglais à des vietnamiens, notre couchsurfing pour trois jours.

 

Pour l'heure, il nous faut pédaler quelques 65 kms pour rejoindre Hanoï, la capitale Vietnamienne.

 

Et quels kilomètres , c'est par les petites routes et petits villages entourés de la population locale faisant son marché, de buffles dans les rizières, des enfants quittant l'école sur leurs bicyclettes, de zébus au bord de la route que nous passerons pour arriver à cette capitale rempli de visages „pâles”. Ici, il semble y avoir beaucoup d'étrangers, touristes ou expatriés. C'est très étrange et tout d'un coup les „ Hello” si nombreux de ce matin disparaissent pour laisser place à l'indifférence de la grande ville.

 

Nous arrivons au bord du lac de l'Ouest, où trônent deux énormes dragons. Les quartiers ici sont les quartiers des expatriés ( pour la plupart profs d'Anglais) et nous voyons encore moins de visages Vietnamiens.

 

Nous arrivons dans la colocation de Marco , il vit ici avec Eric ( USA) et un autre coloc' que nous ne verrons pas.

 

Nous sommes accueillis par Eric, Isa (są copine, Espagnole) et un autre couchsurfing. Marco est au travail, nous le verrons à notre retour.

 

Nous nous rendons au bikeshop conseillé par un contact vietnamien sur le net. (Oui , parce que à cause de cette route boueuse et malgré le nettoyage et la réparation de Jojo, le câble des vitesse semble coincé parfois et les vitesses passent mal, encore)

 

Le responsable (expat') nous dit qu'il faut attendre 4 semaines avant qu'il puisse voir le vélo, car trop de boulot... mais nous conseille d'aller voir un confrère à 3 kms de là.

 

Au Lam Vélo, le responsable vietnamien, qui parle un Anglais parfait, semble ravi de pouvoir nous aider, il nous montre le tandem qu'il a acheté via internet en Allemagne. Nous lui laissons le tandem, nous reviendrons dans deux jours.

 

Nous en profitons pour manger ENFIN des nems dans un restaurant végétarien, MIAM, depuis le temps que j'attendais ça!

 

Nous rentrerons chez Marco en Taxi, à 5 kms de là.

 

Il arrivera quelques minutes plus tard. A peine arrivé et nous savons déjà que ce séjour chez lui promet d'être au top. Marco nous salue chaleureusement, il parle français, et on doit avouer que c'est plutôt cool (il a vécu 3 ans à Aix-en-provence) , même si nous passerons la soirée à parler Anglais avec lui et Emilie, son amie. ( Prof d'Anglais, originaire des USA) . Nous irons manger pakistanais tous les quatre et finirons dans l’appartement de Marco , autour d'une bière à discuter et rigoler. L'ambiance est vraiment agréable et ça nous fait du bien. Nous irons nous coucher à plus d'une heure du matin, accompagnés par le son du Gecko au plafond ( ce petit lézard là est transparent et minuscule mais son bruit reste néanmoins très étrange.)

 

Vendredi 19 octobre

 

Il est 8h lorsque les travaux du bâtiment d'à côté commencent. Jojo est réveillé depuis longtemps , matinal comme à son habitude.

 

Notre linge lavé la veille, s'est fait remouillé par la pluie. Nous sommes d'ailleurs un peu dégoutés d'être à Hanoï sous la pluie , nous qui avions envie de profiter d'une visite de la capitale.

 

Le Vietnam c'est aussi forcément „la baie d'Halong” mais avec ce temps , on se dit que dépenser des sommes folles (car la baie d'Halong est un lieu hautement touristique, et donc relativement cher) pour aller visiter un endroit touristique, qui ne nous laissera pas apprécier la beauté réelle de cet endroit ( et après les rizières brumeuses chinoises, qui nous restent en travers de la gorge) , on se dit que c'est beaucoup d'organisation, de temps et d'argent perdu. Nous n'avons que 30 jours avec le visa, et c'est déjà trop peu pour traverser le Vietnam. Il faut faire des choix et nous décidons finalement de zapper cette partie qui nous prendrait 5 jours en comptant le trajet aller-retour en vélo et un UNIQUE jour de visite. Nous préférons nous dire que nous reviendrons peut-être au Vietnam, une autre fois, pour passer plus de temps à profiter de cet endroit.

 

Nous passerons la soirée avec Marco et Federico ( le couchsurfeur Suisse) puis irons nous promener dans les rues de Hanoï, où nous nous perdrons dans de petites ruelles sans lumières (un peu flippant) et découvrirons le marché aux fleurs. Il est plus de minuit et des dizaines de Vietnamiens s’affairent sous des petites tonnelles éclairées, à installer, créer leurs bouquets et vendre des fleurs. On a du mal à croire qu'à cette heure-ci , le marché puisse être si vivant. C'est super joli et très impressionnant.

 

Samedi 20 Octobre

Après une courte nuit, suivie d'un petit mal de crâne pour Monsieur, nous allons rechercher notre vélo au bikeshop, en espérant que le soucis de passage des vitesses est réglé.

 

Nous ne voulons pas prendre de taxi ( un peu trop cher à notre goût pour le peu de kilomètres à faire) et nous marcherons donc plus de 5 kilomètres. Entre temps , petite pause repas, nous mangerons dans un buffet végétarien pour environ 1 euro 50 par personne, et c'était plutôt bon.

 

Le vélo nous attend sur le pas de la porte et on nous annonce qu'il faut payer 6 euros. ( réglage des vitesses, changement des patins de frein arrière.) Plutôt réglo'. On vous conseille donc, si vous êtes à Hanoï et que vous avez un souci de vélo ( même si les bikeshop, c'est pas ce qu'il manque ici) de vous rendre au LAM Vélo, travail rapide et les tarifs ne sont pas exorbitants.

 

Nous rentrons déposer le vélo chez Marco , à vélo. C'est tellement plus raide qu'à pieds, le bonheur.

 

Nous finirons, dans l'après-midi, malgré le ciel menaçant, de nous rendre au vieux quartier.

 

C'est un peu loin à pied et nous n'avons pas envie de nous encombrer avec le tandem. ( Il parait que c'est très touristique et donc qu'il y a du monde) alors taxi oblige.

 

Nous arrivons au vieux quartier et juste au moment de sortir du taxi , une grosse pluie nous tombe dessus, en même temps que les vendeuses d'imperméables plastiques dégueulasses fluo. Elle veut nous le vendre pour 25 000 dongs -1 euro- ( nous n'en avons pas besoin, même si nous n'avons rien pris contre la pluie, oups) mais un vietnamien sur son scooter nous fait signe que le prix est de 10 000 dongs ( 40 cts), elle se mettra alors à courir vite pour s’enfuir, on pensera même dans un premier temps qu'elle nous a volé quelque chose, mais elle est simplement parti en courant, de honte ? Étrange.

 

De toute manière, il s'est arrêté de pleuvoir et nous pouvons donc découvrir les vieux quartiers, qi ressemblent plus à des quartiers d'attrape touristes avec boutiques souvenirs en tout genre ( Baguettes, chapeau conique, sacs, vêtements … )

 

Nous découvrons un lac, sur lequel nous pouvons visiter le Ngoc Son Temple en passant sur un petit pont rouge. C'est pas dingue et nous préfèrerons observer les enfants faire de la corde à sauter à plusieurs, peindre sur des chapeaux ou encore jouer à des jeux à la craie sur le bitume, non loin du temple.

 

Les vendeurs ambulants de chapeaux, ananas, noix de coco et beignets circulent dans les rues sur leurs vélos, les tuktuks poussés à la force des mollets par les locaux dans lesquels sont assis confortablement des touristes, les scooters par dizaines font que ces rues sont plus que vivantes et la circulation y est vraiment très impressionnante. Un peu étouffant à certain moment et c'est un réel challenge de traverser d'un trotoir à l'autre en slalomant entre les scooters sans se faire couper un bout de fesse. On est devenu des experts en la matière.

 

Nous passerons plus de 3 heures à marcher dans les rues. Nous n'avons pas vu la rue dans laquelle passe le train mais nous sommes fatigués, nous la verrons demain, en partant.

 

Ce soir, Marco et ses coloc's ont prévu de regarder un film : „les nouveaux sauvages” de Damian Szifron, ce sont des courts métrages qui parlent de gens qui peuvent perdre les pédales ( oui, on aime bien toujours rapporter au vélo, mais ça n'a ici aucun rapport) et on vous le conseille, on a beaucoup aimé.

 

Dimanche 21 Octobre

 

Dernier réveil à Hanoï, tous dorment encore à poings fermés lorsque nous quittons l'appartement. Nous laissons un petit mot à Marco, „On se voit en France”, c'est dommage, on aurait voulu lui faire un câlin mais c'est mieux ainsi, ça évite que je verse ma larme...

 

Nous passons donc à côté des rues dans lequel le train semble encore passer. Ce sont de petites rues , où vivent des locaux. La rue est minuscule et quand le train passe ( nous n'aurons pas la chance d'y assister), il ne doit vraiment pas rester beaucoup de place entre le train et les portes des maisons. Les locaux y sont habitués et savent lorsqu'ils doivent débarasser les rails de leurs affaires car le train va arriver.

 

Nous quittons Hanoï et roulerons sous un soleil de plomb, comme nous n'avions pas connu depuis la Mongolie, sur 65 kilomètres. Ce n'est pas une grosse journée mais avec ce temps, ça devient vite lourd et nous sommes contents d'avoir prévu une „petite journée”.

 

Le compteur est cassé, car il a fait une chute, qu'il n'a pas supporté – qualité pourrie- et nous ne savons plus la température extérieure ni les kilomètres exacts au compteur, nous devons les calculer chaque soir. Dommage mais pas essentiel à notre progression.

 

Nous trouverons un hôtel ,un peu lus cher qu'habituellement, mais le moins cher que nosu ayons trouver dans cette ville. Nous mangerons du riz avec épinards, trop compliqué encore ici pour se faire comprendre. Demain, nous serons à Tam Coc, et ça promet d'être chouette.

 

Lundi 22 Octobre

 

Journée encore plus petite que la précédente, aujourd'hui c'est 45 kilomètres qui nous sépare de Tam Coc. Il fait encore très chaud, et c'est rapidement que nos membres ( pourtant protégés pour la plupart) rougiront bien vite.

 

Nous arrivons à Tam Coc vers midi et demi, et ici aussi, les têtes touristiques sont encore nombreuses.

 

Tam Coc, est surnommé „ la baie d'Halong terrestre”, avec ses lacs et ses pics karstiques ( des roches calcaires dans lesquelles se trouvent des grottes , emplies de végétation. Nous avosn l'impression d'être dans une carte postale et l'auberge se trouve en plein milieu de ce lieu magnifique. Elle est elle aussi, très cosy et les petites maisons de bois et de paille en font un vrai havre de paix. Nous dormons donc en dortoir pour 4 euros par personne, petit-déjeuner compris, au pied d'un pic Karstique. Quoi demander de plus...

 

 

 

Nous allons ,à quelques mètres de là, à la rencontre des rameurs, pour aller faire un tour de barque. C'est hyper touristique mais si vous venez à Tam Coc, c'est un incontournable, vraiment.

 

Il faut savoir ici , que c'est réellement un piège à touristes et qu'il faut négocier ( souvent au Vietnam, la négociation est nécessaire)

 

Nous nous retrouvons donc dans une barque avec une jolie vietnamienne. Nous avons payé 12 euros pour deux, pour un tour de barque de deux heures. Un peu cher, surtout que l'argent va à la „compagnie” et qu'elle ne touche que très peu d'argent, il faut lui donner un pourboire. Nous avions lu quelques infos là dessus avant, ce qui nous a permis de ne pas nous sentir piégés, au milieu du tour, au moment où elle voulait nous vendre des „petites choses faites à la main” en guise de pourboire. On est à vélo, on ne se charge pas, mais on lui donnera un peu de monnaie. On a horreur de ça, mais ici , ça fonctionne comme ça. Elle est adorable et agréable avec nous, ce qui ne semble pas être le cas de toutes, mais elle essayera de nous attendrir : elle ne parle que peu Anglais mais nous comprenons ce qu'elle explique : pourboire, bébé, manger. Elle a deux enfants, qu'elle nous montrera sur son téléphone, et elle nous explique que le pourboire qu'elle gagne, elle l'utilise pour les nourrir, ça ne dure pas longtemps, elle nous en parlera qu'une fois et nous laissera profiter du tour. ( Pour la petite histoire, il y a quelques années, deux touristes français ont fait un tour en barque avec une jeune femme nommée Loan, ils ont été touchés par son histoire et lui ont fait dont d'argent, elle a ensuite ouvert un hôtel „ chez Loan”, nous sommes passés devant, et a appris le français. L'histoire doit être connue et ce doit être la „technique” des rameuses. Malheureusement, nous ne sommes pas tous de riches touristes, ayant les moyens de verser des sommes folles d'argent, même si l'histoire peut être touchante.)

 

Nous sommes donc dans notre barque avec notre rameuse souriante, et c'est bien vrai, ici elles rament avec les pieds. Pas pour impressionner les touristes mais simplement parce qu'elles font 6h de barques par jour et qu'à force, les ampoules aux mains ça fait mal... out simplement.

 

Elle pagaie avec une agilité telle qu'on dirait que c'est hyper simple mais on culpabilise quand même, de la laisser pagayer pendant que nous, on prend des photo set qu'on profite de ce moment magnifique.

 

Nous naviguons entre la végétation, les quelques pêcheurs sur leurs barques et les roches calcaires. Le temps est idéal est la pluie tombée quelques minutes auparavant, a rafraichi l'atmosphère.

 

Nous croiserons des barques à la queuelele de touristes ( tous francophones) une fois à l'aller et une fois sur le retour , pour le reste nous serons seuls pour notre plus grand plaisir. Notre rameuse met są lampe frontale et nous demande de faire attention. Nous passons dans une cave, dos baissé. Il ne faut pas être claustro, il fait nuit noir, elle nous montrera de petites chauves-souris. Tout est magnifique ici. Nous passons deux heures parfaite, et les paysages sont à couper le souffle.

 

Merci à notre gentille et souriante accompagnatrice de barque. Qui nous aura laissé essayer -en vain- de ramer, et nous aura montré, avec ses yeux émerveillés, les oiseaux, papillons, la roche „ en forme de tortue”, les pêcheurs de crabes … merci !

 

Après cette superbe balade, nous décidons de reprendre le vélo et c'est sur les petits chemins à travers les rizières que nous faisons notre petite balade.

 

C'est juste dingue cet endroit, et vraiment, on a l'impression d'être au paradis.

 

Si vous êtes au Vietnam, vraiment, allez à Tam Coc!

 

Nous irons manger le soir à 5 kms de là, dans un petit restaurent indien et rentrerons, exténués et la tête pleine de belles images, nous coucher dans nos lits.

 

Notre journée aurait pu s'arrêter là , mais voilà...

 

Jojo voit une petite bête sur le rideau de mon lit et l'écrase. Un mini cafard sûrement. Tiens encore un sur mon lit! Mais … c'est bizarre ça ne ressemble pas à un cafard. Un troisième, plus petit cette fois, sur son lit à lui. J'ai comme un gros doute et cherche sur le net …

 

CE SONT DES PUNAISES DE LIT!!!!!!!!

 

Il est 22H, ni une, ni deux,je préviens nos deux colocs de dortoirs -qui semblent plus dérangées par le fait de devoir bouger leurs affaires que par ces petites bestioles, elles ne doivent pas mesurer la gravité de la situation-

 

Nous allons à la réception, avec deux de nos petits cadavres. Le garde dort profondément dans son lit et sera réveillé en sursaut par nos „excuse me”. Il appelle le réceptionniste, nous irons constater ensemble. Les lits sont cleans mais les rideaux semblent infestés. ( Il faut savoir que ces petites bêtes peuvent faire des ravages sur le corps et surtout qu'on peut se les trimballer dans les affaires pendant des jour et des jours si ce n'est pas pris à temps.)

 

Le réceptionniste s'excuse plus que platement et nous demandera de rejoindre une autre chambre. Ils ferment celle ci pour la nuit.

 

Nous nous retrouvons donc dans une chambre spacieuse, rien que pour nous.

 

Douche, on enferme les vêtements qu'on avait sur nous dans un sac poubelle devant la porte, et on fera nettoyer ça demain. En attendant, inspection du lit, on ne sait jamais, et dodo.

 

Il pleut dehors et un orage furieux gronde dans le ciel, ça me rappelle les violents orages en Europe sous la tente, et même si je suis à la limite de la crise d'angoisse au fond de mon lit encore aujourd'hui , je relativise en me disant qu'ici au moins, c'est peut être moins risqué. Nous aurons du mal à trouve le sommeil, c'est vers 2h, quand l'orage se sera calmé et que je ne penserais plus à ces affreuses bestioles, que je finirai par m'endormir.

 

Mardi 23 Octobre

 

La nuit fût courte mais nous avons le temps ce matin, nous quitterons l'Auberge après les pancakes Ananas- Banane , sur notre Road'olphe, vide et léger comme une plume, vers 11 heures, pour aller visiter le temple Hang Mua.

 

Nous pédalons encore dans ce paysage magnifique de rizières et de pics karstiques. Un petit chemin nous amènera près du temple. Ici de grands panneaux „ stop parking” sur une zone de terre et deux femmes nous attendent. Des scooters sont garés et elles nous demandent de nous arrêter ici, et de payer l'équivalent d'un euro, le parking. Derrière nous , des autres vélos continuent et ne s’arrêtent pas. Je demande pourquoi nous, on ne peut pas passer. „ Hôtel, Hôtel” nous répondent les femmes. Un couple passe en vélo et les vietnamiennes demandent de s'arrêter. Le couple, moins dupe que nous, continuera są route en protestant un NON ferme. Nous repartons finalement, sans payer le parking, pour arriver à quelques 100 mètres de là, sur le parking gratuit du site. Wahou, on a faillis e faire avoir ( ok, un euro c'est rien, mais c'est toujours le principe du „touriste pigeon” qui nous déplait).

 

Nous payons l'équivalent de 1 euro 50 pour entrer. Cette fois, c'est une obligation.

 

Nous passons un petit pont, encore inondé de la pluie de cette nuit, pour découvrir un paysage splendide avec pour sommet un dragon en pierre, c'est là haut, le „temple du dragon”. Nous monterons les 450 marches pentues et raides, sous une chaleur accablante, entourés de touristes tout aussi transpirants que nous. Mais la montée vaut réellement cet effort là et nous découvrirons en haut, la vue imprenable sur les canaux et ses barques, la végétation et les pics karstiques. C'est magnifique.

 

Les plus téméraires montent sur les roches entourant le dragon, on ira nous aussi, mais quelques minutes seulement.

 

Nous redescendons prudemment les marches, pendant que d'autres n'en sont même pas à la moitié de l’ascension, et transpirent déjà énormément. Allez, courage!

 

 

 

Nous prendrons un repas en ville, dans un buffet vietnamien. On adore ça, parce qu'on peut choisir des plats typiques, et végétariens. Et comme on aime manger, on ressort systématiquement du buffet avec le ventre bien plein.

 

 

 

L'après-midi, rythmée entre pluie et accalmies , nous aura été bénéfique pour se reposer.

 

Le soir nous ressortons, sur notre tandem, à la recherche d'un restaurant. Ce n'est pas ce qu'il manque ici. Nous rentrerons tout juste, avant que la pluie ne retombe.

 

Mercredi 24 Octobre

 

Ce matin, il pleut (encore). Le réceptionniste de l'Auberge nous dit que la pluie cessera vers midi. Impossible pour nous de repartir à cette heure là, nous avons 75 kilomètres à parcourir et nous sommes attendu chez notre couchsurfing du soir: Lam et są famille.

 

Il est près de 10h et la pluie s'est calmée, nous y allons.

 

Même pas une demi-heure plus tard, une pluie torrentielle nous obligera à nous arrêter. Il nous est impossible de rouler: les caniveaux sont remplis, les camions éclaboussent à leurs passages et tous les vietnamiens, se sont réfugiés pour se protéger.

 

Le tonnerre gronde et les éclairs illuminent le ciel.

 

Quelques minutes plus tard, c'est déjà fini et nous repartons.

 

Nous arrivons près de l'appartement de Lâm vers 15h30, elle quitte le travail à cette heure là, elle devrait bientôt arriver.


Un homme sur un scooter s'arrête, son sourire fait apparaître une dentition abîmée et approximative. On lui sourit en retour et il nous lancera , fièrement un "Hello", suivi d'un beau "Mother Fucker?" En montrant son scooter. On rigole sur le coup, étonnés. Mais nous comprenons bien vite qu'il ne comprend pas ce qu'il nous a dit. Quelqu'un sans doute lui a appris ça "pour rire". Il repartira quelques minutes plus tard, content de cette rencontre. Parfois les situations sont un peu loquaces mais c'est aussi ça, la spontanéité. On en rigole encore.

 

Vers 17h30, voilà Lam qui arrive avec ses deux filles , son mari arrivera quelques minutes après.

 

Lam est professeur d'Anglais dans deux écoles, elle a deux filles : June ( parce qu'elle est née en Juin) qui a 7 ans et Nam ( veut dire champignon en Vietnamien) qui a 2 ans et nous salue dans un anglais bien prononcé. Trop chou.

 

Son Mari, Nam ( alors non, il y a une différence entre le prénom de son mari et de są fille, même si pour nous c'est pas évident du tout) , son mari donc par le aussi un Anglais et nous n'aurosn aps de difficulité à communiquer.

 

Lam accueille en cours du soir des jeunes garçons de 1à à 12 ans, qui semblent étonnés de nous soyons là, et lanceront à la porte d'entrée des „What's the Fuuuuuuck”, que Lam ne relèvera pas „ parce qu'ils ne savent pas la signification” d'après elle.

 

Après le cours d'Anglais, auquel nous participons, nous mangerons un repas typique vietnamien. J'avais expliqué à Lam que nous étions végétariens. Je mangerai du riz et des légumes verts, elle a fait des nems avec „un peu de porc” que Jojo goûtera. Elle nous propose un „œuf noir”. Elle nous explique qu’en fait l’œuf noir, c'est un œuf avec le fœtus à l'intérieur, eux ils adorent ça.

 

Par politesse je me contenterai de refuser poliment mais lorsqu'elle l'ouvre pour le mettre dans l'assiette de są plus jeune fille, je me suis retenue de ne pas vomir , beurk . Le fœtus est bien là, un bon gros fœtus que Nam mangera en faisant des „mmmh, miaaaam”.

 

Elle me demande pourquoi je suis végétarienne et me demande si je ne suis pas en manque de protéine, que je ne me sens pas faible … ( 7 000 Kms sur mon vélo ne sont pas suffisants à montrer qu'être végétarienne n'est pas un frein ? ) Je sens qu'à la réponse simple : „ parce que je suis contre la maltraitance animale”, elle ne comprend absolument pas. Ici, l'animal n'est pas considéré au même titre que l'Homme, l'animal est une marchandise. Leur oiseau , sur le balcon, en est une preuve. Il ne chante pas, et la seule chose qu'il essaye de faire, c'est de sortir de cette minuscule cage oppressante. Je suis bousculée par des coutumes qui ne sont pas les miennes. Mon cœur me dit d'ouvrir cette cage mais mon cerveau me l'interdit.

 

 

 

Quitte à être bousculés, je demande: „Mais alors , vous mangez du chien et du chat, c'est vrai ça ? „

 

La réponse que m'apportera Lam sera la suivante : „ Mais oui , c'est très bon, et on en mange. Mais pas souvent, car c'est cher. La viande de chien est la plus riche en protéine, et nous la mangeons pour les évènements ( Nouvel an du calendrier lunaire, mariages ou autres fêtes culturelles) „

 

 

 

Culturellement, c'est un peu rude pour nous , mais on aime pouvoir découvrir par nous même et on a la chance ce soir de pouvoir échanger sur une culture si différente de la nôtre.

 

 

 

Après le repas, Lam nous propose d'aller en ville, à 7 kilomètres de là, eux sur leur scooter, nous sur le vélo . On est fatigués mais nous ferons l'effort car cela semble leur faire plaisir.

 

Ils sont donc tous les 4 sur leur scooter et nous sur le tandem, je demande à Lam si elle a envie d'essayer le tandem, elle dit oui et finira sur la place arrière, sourire aux lèvres, de cette sensation de liberté et d'aventure. Elle nous confiera plus tard qu'elle aimerait vraiment faire un voyage, seule avec son mari, sur un vélo. Mais la vie est chère et ils ont un prêt sur 10 ans pour leur petit appartement. Impossible, dit-elle, pour le moment.

 

Pendant qu'elle se sent libre à l'arrière du vélo, je me retrouve sur le scooter, au bord de l'assise, les fesses serrées. C'était tranquille et sans effort mais inconfortable avec toute cette petite famille devant moi.

 

Nous resterons une petite heure sur la place centrale de la ville, a observer les badauds faire du roller, danser, profiter un peu.

 

Pour le retour, June, leur plus grande, sera assise sur le porte bagage arrière pendant les 7 kilomètres, ses petites mains accrochés à ma taille. Je ne suis pas rassurée mais finalement ici, c'est normal d'asseoir les enfants sur les porte-bagages.

 

Nous dormirons dans la pièce dans laquelle dort normalement Nam, le papa, et eux dormirons tous ensemble dans la chambre des filles et de maman.

 

Jeudi 25 octobre

 

A peine réveillés, les filles partent pour l'école et le papa pour le travail. Lam les emmène et reviendra, pour qu'on puisse discuter quelques minutes avant de nous éclipser à notre tour, Lam devant être au travail à 8h.

 

Nous pédalerons près de 70 kilomètres, nous trouvons un petit hôtel dans une petite ville, nous arrivons avant midi puisque partis tôt ce matin et mangerons riz, légumes verts et tofu pané avec boisson pour moins de 5 euros pour nous deux.

 

En nous rendant au supermarché, après avoir déposé nos affaires dans notre chambre, nous découvrons un grand hôtel de haut standing, et une piscine extérieure. Il fait super chaud et franchement, un petit plouf, ça nous dirait bien. On demande donc à la réception de cet hôtel s'il est possible d'aller faire un saut dans la piscine, le réceptionniste très accueillante, appellera un responsable : malheureusement non , il semble y avoir un soucis dans la piscine. Vrai ou faux ? Nous ne saurons jamais et ne goûterons pas à cette eau turquoise qui nous donne tant envie, dommage.

 

Une petite soupe de nouilles et au dodo.

 

Vendredi 26 Octobre

 

Nous ne faisons pas tant de kilomètres par jour, mais cette chaleur, nous fatigue un peu.

 

Ce matin, je sens que je suis fiévreuse et je pense que les climatisations à fond dans les endroits publiques ne m'aident pas.

 

Nous sommes attendus ce soir pour un couchsurfing chez Anh. Enfin c'est ce que nous pensions.

 

Son profil n'est que peu rempli mais nous pouvons lire dans ses avis que les gens sont accueillis chez elle ( avec ses parents) et qu'il sont un restaurant végétarien. Tous les avis semblent d'accord : l'accueil y est parfait.

 

Ça va nous rebooster un peu, en général les accueils chez les gens, ça nous redonne de la motivation.

 

Nous parcourons donc environs 76 kilomètres jusqu'à la classe d'anglais de son amie Duyen,dans la ville de Vinh, avec qui nous avons rendez-vous, jusqu'à l'arrivée d' Anh, initialement prévue à 18h.

 

La fièvre est montée et je n'ai qu'une envie : me reposer.

 

Malheureusement pour nous, à notre arrivée vers 15h30, Luyong, le gentil réceptionniste de la minuscule école d'Anglais nous dit que nous dormirons là, dans un des trois salles. Les cours se terminerons à 21h et nous pourrons installer nos affaires. Nous pouvons aller aux WC et prendre une douche : deux pièces relativement vétustes , partagées avec les voisins de cet endroit.

 

En temps normal, on se serait dit : c'est ça l'aventure! Mais dans mon état, je n'y arrive pas.

 

Duyen est gentille et nous propose de venir dans un de ses cours d'Anglais, dont les étudiants, qui ont la vingtaine, apprennent les bases. Nous aurons donc une petite demi-heure de „discussion” avec eux. Pas facile car ils ne comprennent que quelques mots.

 

Nous irons manger avec Duyen, elle a moins de vingt minutes pour partager son repas avec nous.

 

Anh, nous envoie un message pour dire qu'elle sera là après 20h, elle a des choses à faire avant.

 

Après le repas rapide de nouilles , Duyen nous propose de venir dans są deuxième classe pour „ dix à quinze minutes”. Nous finirons par rester tout le cours,d'une longue heure et demi, au milieu de ses étudiants. Je suis crevée, mes yeux sont brûlants, mon front aussi. J'ai du mal à me concentrer et à comprendre des phrases simples. Duyen, assise à son bureau, ne semble pas porter d'importance à son cours, elle nous laissera, parfois dans le silence le plus total, avec ses étudiants.

 

Ils veulent ensuite prendre des photos.

 

J'ai l'impression que cette soirée dure des plombes et il me tarde de pouvoir m'allonger.

 

Anh arrivera vers 20H30, je lui explique que je suis malade, fiévreuse et que j'ai besoin de me reposer. Elle insistera pour que nous rencontrions ses amis. Avant cela, elle nous fait remplir un papier concernant le „tourisme dans są région”, c'est pour son boulot. Nous sommes invités à aller boire un coup. ( Ça semble lui faire plaisir, je me force) A 50m de l'école, dans un bar, qui est en réalité un karaoké , la musique est à fond, impossible de pouvoir discuter, et ma tête est comme prise dans un étaux.

 

Nous en sortons finalement 5 minutes après. J'explique à Anh, encore une fois, que nous sommes fatigués. Elle insiste lourdement pour sortir, je refuserai et nous retournerons dans la classe d'Anglais. Ses amis partiront, insatisfaits de ne pas „faire la fête”. Désolés les gars, mais pédalez une journée entière, avec une fièvre et on verra ce que vous aurez envie de faire le soir. Ma patience commence à atteindre ses limites mais je ne suis pas au bout de mes peines lorsque Anh nous dit : „vous vous souvenez , je vous ai dit que j'avais besoin de vous” , En effet, elle nous a dit qu'elle faisait des cours de Français et a besoin de notre aide. Elle ne parle finalement pas un mot Français.

 

Elle nous sort deux énormes calepins, remplis d'exercices en Français, elle a besoin de nous pour faire ses exercices, utiles pour avoir son diplôme. Il est donc plus de 21h, il doit faire un peu plus de 39 ° dans mon corps, Jojo et moi sommes épuisés, mais pour lui rendre service, on ferra ses exercices. On passe plus 'd'une demi-heure à remplir, je finis un calepin, Jojo abandonne pour l'autre, deux fois plus gros. Anh nous sourit et nous demande de continuer. S'en est trop pour Jojo, il refuse poliment en lui montrant que je suis au bout de ma vie.

 

Anh , après un merci à peine audible, finira par quitter la classe d'Anglais, sans même un Au-revoir.

 

Nous ne la reverrons pas avant notre départ du lendemain.

 

C'est bien la première fois où nous avons l'impression d 'avoir été „utilisés” pour des services. Ce n'était pas une réelle rencontre, simplement un échange de services, et franchement … si c'était à refaire, ce serait non. On a la sensation d 'avoir été pris pour des cons.

 

La salle de classe est maintenant vide, nous nous ferons une petite place au milieu des chaises, et de la saleté que Jojo nettoie avec un balai trouvé dans un coin.

 

La moustiquaire est obligatoire ici, heureusement que nous en avons une d'ailleurs, sinon les moustiques se feraient un malin plaisir.

 

Il est 22h et nous nous couchons exténués et dégoutés de cette rencontre.

 

Dans la nuit, en revenant des toilettes, j’aperçois une araignée énorme au niveau de la tête de Monsieur, sur la moustiquaire. Rapide, elle s’enfuira et nous passerons plus d'une demi-heure à la chercher, en vain.

 

Nous finirons par en tuer une autre, dont nous pouvons observer aisément ses mandibules tellement elle est grosse, beurk. J'en frissonne encore.

 

Samedi 28 Octobre

 

Au petit matin, c'est un cafard qui jonchera le sol de la salle de classe.

 

Nous avions promis à Luyong, le gentil jeune homme de l'accueil, que nous prendrons le petit-déjeuner avec lui. Il arrive tout sourire vers 8h, nous sommes déjà prêts, affaires sur le vélo. Je suis toujours fiévreuse, malgré le paracétamol, et impatiente de quitter cet endroit. Nous lui dirons, désolés, que nous préférons partir et que j'ai besoin de dormir. Il est déçu et ça me fait mal au cœur d'annuler mais c'est au dessus de mes forces. Je penserai à lui une partie de la matinée, le pauvre, il avait l'air tellement content.

 

Nous annulons aussi le couchsurfing de ce soir, après hier, je n'ai pas envie, et j'ai juste besoin de pouvoir m'allonger dans un lit, me reposer et ne penser qu'à moi.

 

On mangera des petits gâteaux sur le chemin, en guide de petit déjeuner, l'objectif était d'arriver le plus tôt possible à notre prochain dodo. Nous trouvons un hôtel grand luxe à 50 kms de Vinh (qui m'ont paru une éternité) , vers 11h sous un ciel menaçant de pluie. Nous payons moins de 14 euros pour deux, pour une superbe chambre, avec une jolie salle de bain et une grande baie vitrée, ainsi un petit déjeuner „buffet” pour le lendemain matin.

 

On abuse un peu mais on va rester toute l'après-midi ici et autant s'y sentir bien. Le budget n'est pas entaché, sachant que deux bols de soupe de nouilles ici coûtent moins d'un euro, nous réussissons à ne pas dépasser le budget de 16 euros, trop fooooorts.

 

Je passerai donc la journée dans le lit à dormir, prendre du paracétamol et me soigner aux huiles essentielles. De toute façon, il pleut et il y a de l'orage dehors...

 

Nous sortirons le soir pour manger un bol de nouilles entre deux averses et hop, au dodo encore pour être en forme pour demain.

 

Dimanche 28 octobre

 

Un peu plus en forme qu'hier, la fièvre se dissipe doucement, nous sommes en route pour parcourir nos 91 kms du jour.

 

Bien évidemment, c'est toujours la saison des pluies et donc ce matin, c'est sous une belle grosse pluie que nous débutons la journée. Elle ne sera que de courte durée, et comme depuis quelques jours, laissera place au soleil.

 

Nous croisons encore la route de locaux avec leurs chapeaux coniques que j'aime tant, de buffles dans les rizières, de quelques chiens voulant nous suivre sur les routes et de „Hello” toujours aussi amicaux et énergiques.

 

Nous trouvons un hôtel dans une petite ville, il semble abandonné mais il y a bien une réceptionniste. L'hôtel coûte peu, et pour cause, c'est vétuste à souhait. Vérification de matelas au cas où des punaises de lit auraient eu envie d'y élire domicile ( des séquelles concernant les puces de lit ? Sûrement oui)

Près de la réception, des bocaux au contenu etrange attirent mon attention : de l'alcool avec serpent dans certains, insectes.dans les autres.

 

Nous irons manger dans un petit restaurant pour moins de 5 euros, c'est un bateau sur la rivière rejoignant la mer, très agréable.

 

Lundi 29 Octobre

 

Aujourd'hui sera une journée banale de voyage, une journée normale au Vietnam. Nous poursuivons notre chemin , et pédalerons nos 60 kilomètres tantôt sous la pluie torrentielle, tantôt sous le soleil, ce qui aura le bénéfice de sécher nos vêtements trempés par cette pluie abondante, qui ne dure jamais plus d'une heure.

 

Aujourd'hui encore, nous croisons bon nombre de scooters avec pour passagers, des cochons, poules ou encore chiens dans des cages parfois en acier, parfois en paille. A chaque fois, j'ai le cœur fendu, la mâchoire qui se sert et les yeux brumeux.

 

Mais aujourd’hui, et pour la deuxième fois au Vietnam, c'est un camion à ciel ouvert, arrêté sur le bord de la route, de l'autre côté, dont le „chargement” (car ce doit être comme ça qu'on appelle ces simples marchandises) se rempli de cages comme celles vues sur les scooters, dans lesquelles sont entassés des dizaines de chiens. Je n'ai aucune idée du nombre, mais je n'ai jamais vu un pareil camion de toute ma vie.

 

Le voyage à vélo , ça veut aussi dire : voir et pouvoir observer la vie des populations, et là, j'ai eu le temps de pouvoir les voir, ceux qui ont le regard triste, ceux qui sont apeurés, ceux dont on ne voit rien car ils sont écrasés par les autres, mais j'aurai pu détourner le regard, ne pas y prêter attention, je n'ai pas réussi, j'avais besoin de regarder, d'essayer de comprendre ce qui me semble incompréhensible. Quand bien même je ne les aurait pas regardé, je les aurait entendu , les pleurs de ces chiens, qui résonnent encore en moi.

 

Ce ne fut que quelques secondes, mais de longues secondes, plus que si nous nous étions trouvés dans un bus, ou une voiture, auquel cas, peut être, nous n'aurions peut être même pas prêté attention.

 

Ma gorge s'est nouée et mes larmes ont coulé sur mes joues, dans le plus profond silence pendant de longues minutes.

 

 

 

Nous arriverons en début d'après-midi à destination. Une superbe auberge, ouverte depuis 3 mois seulement. Ici , ce sont des petites cabanes qui servent de dortoir et de chambres, au milieu des plamiers et du sable, entre le lac et la mec à quelque 3 kms de là.

 

Un vrai petit paradis.

 

Nous décidons d'y rester deux jours, histoire de profiter un peu. En espérant que le beau temps soit de la partie. La saison des pluies, on aime pas ça.

 

L'équipe de cette auberge sont adorables et nous font nous y sentir bien.

 

Si vous êtes de passage à Dong Hoi, allez dormir à l'Auberge Barefoot, c'est vraiment un bel endroit, le dortoir est à moins de 5 euros par personne et on peut aussi profiter des happy hour.

 

 

 

Nous passerons l'après-midi et la soirée ici, à boire des bières, jouer au billard, parler avec Tea, une des souriantes vietnamiennes qui travaillent ici. J'étais déçue de notre dernière rencontre vietnamienne, qui ne nous a pas reboostée mais avec son sourire et są gentillesse, Tea aura eu le mérite de nous redonner un petit coup de motivation.

 

 

 

Mardi 30 octobre

 

Après une bonne nuit de sommeil, loin des bruits de la ville , avec pour garde du corps de chambre notre gentil „pooky” - ah oui , on ne vous a pas parlé de Pooky! Hier en arrivant ici, nous sommes accueillis par deux chiots, de sûrement moins de deux ans. L'un nous grogne dessus et l'autre, que nous avons surnommé Pooky, avant de savoir que son prénom est Mook, suit mes pas, są tête sur mes mollets. Non je n'ai pas eu peur! Il restera avec nous à chaque fois que nous serons ici. Je n'ai pas une attirance particulière pour les chiens mais je crois que ce voyage a ramolli mon cœur et que je les apprécie bien plus maintenant, Pooky en est la preuve. - Donc après une bonne nuit de sommeil, et un petit déjeuner dans cet endroit paradisiaque, nous décidons d'aller à la plage, à moins de 3 kilomètres.

 

Le gérant de l'auberge( tout aussi gentil que le reste de son personnel) nous conseille un coin sympa.

 

Arrivés, le fracas des vagues résonne d'un goût amer. Vide, il n'y a personne si ce n'est ces deux locaux, qui ramassent quelques plastiques sur la plage, pour arrondir leur fin de mois .

La plage est dévastée par des déchets, chaque vague semble vomir les horreurs que nous faisons subir à notre nature. Bouteilles en verre, morceaux de plastiques, brosses à dents, pailles, chaussures, ampoules... la liste est longue. Nous avons déjà vu des reportages sur les déchets rejetés par la mer , mais là, c'est devant nos yeux, et on ne peut pas le nier, c'est effroyable. Je pense  à cette vie marine que nous détruisons, à ces animaux qui ingèrent et meurent à cause de nos déchets.

Nous ne nous baignerons pas, la mer est déchainée et ces immondices de nous donnent clairement pas envie.

Pourquoi ne respectons nous pas cette nature ? pourquoi l'Homme ne se rend -il pas compte de tout ça ? 

80 % des déchets dans nos océans proviennent de nous, et se retrouvent ici... Triste réalité de l'être humain...


Pour midi, nous nous arrêtons dans un petit café à la déco "recyclée" et nature, comme on aime.Le Tree Hugger café est un endroit chaleureux où il fait bon manger des nems végétariens avec un jus d'ananas frais (avec paille en verre, zéro déchet ) accoudés au comptoir en terrasse.


Nous retournerons et passerons le reste de l'après midi à l'auberge, à discuter avec le staff, caresser pooky, boire des bières, manger local et jouer au billard. Le bonheur quoi. 

Merci à l'équipe de Barefoot homestay, C' était vraiment agréable de se sentir comme à la maison et c'est avec un petit pincement au coeur que nous en sommes partis.

Pooky
Pooky
Barefoot
Barefoot
Les délicieux nems végétariens
Les délicieux nems végétariens

Mercredi 31 Octobre

 

Ce petit séjour dans cette auberge aura été des plus bénéfiques pour nous, nous partons le cœur et l'esprit remplis de bonnes ondes, ces jolies rencontres sont toujours motivantes. C'est donc un peu triste que nous disons au revoir à l'équipe du barefoot homestay, ainsi qu'à pooky. Qui nous accompagnera jusqu'au bout de l'allée.

 

Nous parcourons quelques 94 kilomètres , avec une petite pause riz et légumes dans un bouiboui pour moins de 2 euros. ( Pour nous deux, oui!) pour arriver dans un petit village, dans lequel les hôtels ne manquent pas. Nous en trouvons un, pour un prix tout à fait abordable, avec piscine et petit déjeuner inclus. Elle est où l'arnaque ?

 

Aucune arnaque si ce n'est que la piscine, au 4ème étage, est plutôt froide et nous serons les seuls à nous y baigner, pour notre grand plaisir.

 

Nous trouvons un petit supermarché dans lequel nous achèterons une baguette de pain et de la „vache qui rit” , ce qui changera un peu de nos repas riz/nouilles.Ce n'est pas une baguette de boulangerie française, mais ça nous convient.Ici Baguette et vache qui rit sont hyper connus.

 

Jeudi 1 Novembre

 

Debout de bonne heure, nous allons au petit déjeuner. C'est un buffet volonté : Nouilles, ri,z, spécialités vietnamiennes à base de viande, œufs au plat … des petits pains et de la confiture attirent notre œil , et c'est avec ça que nous remplirons nos estomacs avant de repartir en direction de Hué à 71 kilomètres.

 

J'ai des maux de ventre avec crampes persistants depuis un bon moment déjà, et malgré mes prises médicamenteuses, ça ne passe pas et les crampes s’intensifient. J'avais un peu peur de me „faire soigner” à l'étranger mais là, je préfère consulter parce que ça devient handicapant.

 

Arrivés à Hué vers 14h, les affaires déposées à notre auberge, Jojo tient à m'accompagner à l'hôpital international à 15 minutes à pieds de l'auberge (et donc du centre ville).

 

L'hopital est très grand mais nous n'avons aucune difficulté pour trouver le pôle international.

 

La prise en charge est très rapide.

 

A l'accueil je dois remplir un papier en anglais pour dire pourquoi je suis là. Deux minutes plus tard,

 

je vois le médecin , qui parle français et a travaillé à Strasbourg. (Ça aide et c'est rassurant pour se faire comprendre). Il m’ausculte et me pose des questions sur mes symptômes. Malheureusement j'ai la mauvaise idée de lui dire que j'ai eu deux jours de fièvre précédemment et il m'entend tousser. ( Suite à cette foutue clim') Il me prescrit donc : Une prise de sang , dont une recherche parasitaire dengue et malaria ; une échographie abdo, une radio pulmonaire, une coproculture et une endoscopie. ( Euh, une endoscopie ? Est-ce vraiment nécessaire?)

 

Avec ma feuille de soin, je vais avant tout payer mes examens à venir et la consultation : -80€

 

EN 45 minutes top chrono, je passe l'ensemble des examens. Je crois qu'ils me font passer devant les locaux. Des traductrices, au français limité, sont là pour m'accompagner et l'une d'elle, restera pendant l'endoscopie.

 

Jojo est resté en salle d'attente. C'est la première fois que je fais une endoscopie et l'idée de me faire mettre une caméra dans la bouche jusqu'à l'estomac ne m'enchante que très peu.

 

L'assistant me demande de m'asseoir et d'ouvrir la bouche. Il m'injecte de la lidocaïne en spray dans bouche et en deux secondes, je sens que je suis endormie et j'ai des difficultés à déglutir avec des réflexes nauséeux importants. J'ai l'impression que je vais m'étouffer et commence à paniquer un peu. Ils m'allongent sur le côté, je ferme les yeux et tente de penser à autre chose, (ici pas de traitement calmant)  ils m'insèrent la caméra dans la gorge et les reflex nauséeux reprennent de plus belle. Ce moment n'aura duré que quelques minutes mais j'en garde un souvenir particulièrement désagréable.

 

Après résultat de mes examens ( la copro sera pour demain, on choisi pas ces choses là ) il s'avère que j'ai une gastrite et une bronchite légère.

 

Je dois revenir demain pou copro et prescription de médicaments.

 

 

 

En attendant, je ressors de l’hôpital avec Jojo , avec le fond de la gorge encore un peu endormi.

 

Nous irons manger quelques heures plus tard, puis resterons à l'auberge pour que je puisse me reposer un peu.

 

Vendredi 2 novembre

 

Après un petit-déjeuner à l'auberge. ( moins de 5 euros par personne pour une nuit en dortoir – que nous aurons pour nous tout seuls- avec petit déjeuner inclus , c'est plutôt pas mal) Je retourne donc faire ma copro à l'hôpital . Les résultats seront donnés dans 2 heures. En attendant, nous allons visiter le parc aquatique abandonné de Hué.

 

Nous arrivons donc au parc Hồ Thuỷ Tiên dans ce décor que certains qualifiaient d'”endroit post-apocalyptique”, une zone d'Urbex qui vaut vraiment le coup d’œil. Ce parc, dont la construction a débuté dans les années 2000, faute de fonds suffisants et n'a donc jamais été terminé mas tout de même ouvert en 2004, pour être abandonné un peu plus tard, faute d’attrait touristique.

 

 

 

Nous arrivons donc sur place, sur notre tandem car c'est à quelques 7 kilomètres du centre ville. Et rentrons, devant deux hommes , sans rien payer ( Nous avions lu que les vietnamiens se faisaient un business avec ce parc abandonné et réclamaient de l'argent à l'entrée.)

 

Nous nous frayons un chemin au milieu de ces feuilles de palmier sèches, gravats et restes de squatteurs. Dans les salles abandonnées,adossées au gradin de l'amphithéâtre, des graffitis et quelques tags remplissent les murs.

 

Il nous faut rouler un peu plus loin pour découvrir des toboggans aquatiques. Nous comprenons rapidement pourquoi ce parc n'a pas eu l'effet escompté : le parc semble assez vide d'attractions et il faut parcourir plusieurs mètres pour se rendre d'un endroit à un autre. Nous aimons imaginer qu'au milieu , dans cette eau peu profonde, qui était surement plus grand et plus profond à l'époque, des balades en pédalos pouvaient faire rejoindre une attraction à l'autre.

 

Nous grimpons dans les toboggans, rouillés, usés par le temps et manque d'entretien, pour prendre quelques photos et s'amuser , comme des enfants.

 

Quelques mètres plus loin encore, non loin d'un troupeau de zébus, c'est face à cet énorme dragon au corps de Varan que nous nous trouvons. Nous laissons le vélo en bas, le temps de découvrir l'intérieur, désaffecté, et de monter dans la gueule du dragon : une vue imprenable sur l'ensemble du parc.

 

Quelques touristes sont en contre bas, et nous voyons un local sur son scooter, qui leur demande de quitter les lieux. Il nous demandera aussi de quitter les lieux et nous accompagnera jusqu'à l'entrée principale pour s'assurer que nous partons. Il ne nous demandera pas d'argent et nous ne verrons pas le reste du parc, qui n'est pas beaucoup plus grand.

 

Plus tard, on apprendra que le parc commence à être interdit à la visite, compte tenu de la vétusté du lieu et de la dangerosité éventuelle de se prendre un morceau de dragon sur le coin du nez, ou de tomber des toboggans. Soit, mais nous avons eu la chance de pouvoir y rentrer et voir l'essentiel, d'autres se sont fait raccompagner, avant même d'avoir pu voir quelque chose. Nous aimons ce genre de visite, hors des sentiers battus.

 

 

 

Nous retournons ensuite à l'hôpital après une petite pause repas dans un restaurant végétarien, encore moins de deux euros pour nous deux pour du riz, tofu, légumes. Miam!

 

Je récupère donc mes résultats, rien de plus qu'hier: gastrite et bronchite ( ouf, soulagement. Note à moi-même : arrêter la bouffe épicée et les climatiseurs … ),et récupère mes médicaments à la pharmacie de l'hôpital ( qui me couteront environ 60 euros).

 

Ce petit tour à l'hôpital m'aura donc coûté pas loin de 140€, qui devront m'être remboursés par l'assurance.

 

Nous irons profiter ensuite de la piscine de l'hôtel d'en face, puisque l'auberge fait partie du complexe. Minuscule piscine mais piscine quand même. Il n'y a personne, Jojo profitera de l'eau pendant une petite heure pendant que j'écrirais dans mon carnet de voyage.

 

 

 

Nous passerons la soirée au centre ville, au balcon d'un bar, a observer la vie locale se mêlant à celle des touristes : musiques de rue, promeneurs, cuisiniers improvisés de Banh Mi ( demi baguette avec viande ou pâté et crudités– la baguette est importée à l'époque des colonies françaises, le goût plutôt industriel, est devenu typique ici- on vous cache pas que ça ne vaut pas une bonne baguette du boulanger ) dans leurs carrioles de vélo, glaciers, petits bouiboui typiques mélangés aux restaurants de „westernfood”.

 

Tiens, j'ai omis un détail, ici , tous les 30 mètres, un local en scooter s’arrête et nous demande sans discrétion aucune : „ Marijuana ? Coke ?” et vont jusqu'à sortir leurs sachets pour nous montrer. En pleine après midi et le soir bien évidemment. Ça devient lourd, au bout de 10 fois en quelques minutes. - info : le cannabis est illégal au Vietnam, mais les vendeurs font ça avec une indiscrétion déconcertante.-

 

Samedi 3 novembre

 

Aujourd'hui, rien de particulier en vue, c'est donc tranquillement que nous nous levons et prenons le petit déjeuner. Nous irons dans la Vieille ville pour visiter les fortifications qui l'entourent. 3 kilomètres nous séparent de cet endroit , mais nous décidons de marcher. Je d'affreuses crampes au ventre, qui me laissent difficilement tranquille pour marcher. ( Note à moi-même : bière ou antibio, il faut choisir)

 

Nous longeons la rivière des parfums et sommes alpagués tous les 10 mètres pour un tour en bateau. Il faut savoir que Hué n'est pas la ville de la tranquillité mais simplement une ville touristique où forcément, chacune essaye de faire son business. ( La ville vit principalement de la pêche et du tourisme)

 

Nous traversons le pont, où roulent des dizaines de scooters et quelques cyclopousse ( ces fameux vélos qui poussent des touristes confortablement installés.) On s'est d'ailleurs dit qu'il ne faudra pas quitter le Vietnam sans avoir essayé, quand même.

 

Nous arrivons devant la cité impériale : l'entrée est payante , hyper touristique ( des groupes se succèdent devant nos yeux), il faut en plus payer si on veut visiter les tombeaux , et d'après l'histoire de la guerre vietnamienne, le site a souffert de l'attaque américaine. Bon, on se décide finalement à ne pas y rentrer.

 

Nous rentrerons au centre après une petite marche aller retour jusqu'en vieille ville.

 

 

 

Ce midi, nous irons manger dans un restaurant type „américain” pour craquer pour des burgers végétariens. Le gérant du resto, Jennes, est français, d'origine Vietnamienne, et est venu s'installer à Hué pour ouvrir son business. Il a un homestay avec piscine et bar à deux kilomètres de là et nous propose d'aller dans la piscine gratuitement. Nous nous y rendons l'après-midi.

 

Il nous pose quelques questions sur notre voyage et finira par savoir que nous parcourons quelques pays déjà.

 

Faciné, il nous promet pour le lendemain matin qu'il demandera à ses cuistos de nous faire un pain :” mais attention, pas la baguette dégueulasse dans la rue, un vrai pain, un bon, bien français” . Il semble y tenir et le rendez-vous est fixé à demain matin.

 

Nous passerons une partie de l'après-midi dans la piscine de son homestay, gratuitement. La vie est belle pour nous, depuis quelques jours ,on fait trempette une fois par jour. Ça fait du bien, ça détend nos muscles et nos esprits.

 

Nous mangerons vietnamien, ce soir dans un restaurant du centre, ou les plats sont forcément plus chers que dans des petits bouiboui de villages.

 

Dimanche 4 Novembre

 

Levés de bon matin, et sous le soleil de Hue ( chanceux que nous sommes, nous n'avons pas eu de pluie de ce arrêt ici.) nous reprenons la route. Mais avant tout : allons chercher notre pain promis.

 

Ce n'est pas Jennes qui nous accueille mais un de ses employés, très souriant. Il me fait patienter quelques minutes et me ramène un sachet plastique énorme. Il a dû voir mon air choqué à l'arrivé de ce saint Graal. ( Je n'exagère pas, il fallait le voir pour le croire).

 

Le pain est encore chaud, et je remercie tout ce que je peux ce gentil jeune homme. ( J'enverrai un message à Jennes plus tard pour le remercier de ce geste amical)

 

Je sors, et m'empresse de montrer à Jojo : WAHOUUUUUU! Le pain chaud et farineux est aussi gros d'un bébé de quelques mois ( ça donne une idée ou pas ? ) On l'accroche solidement au vélo, pas question qu'il tombe, et nous pédalons donc sous une chaleur qui nous fait transpirer autant que ce pain dans son sachet plastique.

 

Ce midi , nous avons donc notre pain, et nous arrêterons en bord de route, après avoir croisé des shops de liquides jaunes dans des bouteilles en verre ou en plastique. Ça devait être de l'alcool de la région mais très franchement, on aurait dit du pipi dans des bouteilles. Bref, nous sommes donc là, avec notre pain et d'un coup de dents je croque fièrement dedans.

 

Là, vous allez me prendre pour une folle mais je crois que je n'ai pas mangé de pain aussi bon depuis que nous avons quitté la France, il était juste délicieux, croquant où il fallait, avec une mie fondante … d'écrire ces mots j'en salive encore.

 

Il n'aura pas fait long feu, et nous en mangerons la moitié.

 

Nous arrivons à Lang co que nous nous étions fixés, en bord de mer, après 66 kms. Nous trouvons des hôtels, et nous choisissons celui du côté mer, pour être à peu près surs de pouvoir y accéder depuis l’hôtel.

 

Le prix est plus que raisonnable mais nous comprendrons vite pourquoi : l’hôtel semble semi-abandonné, les tables recouvertes de nappes semblent être là depuis un moment, aucun autre touriste ne semble être ici, et nous avons même la piscine à débordement, avec vue sur la mer, pour nous tout seuls. Inutile d'entrer dans de grandes explications : nous passerons l'après-midi à barboter dans la piscine et un peu dans la mer.

 

Ce soir, nous trouvons un petit bouiboui dans lequel manger, un local, parlant un peu anglais , nous aidera à choisir notre „menu”. Nous demandons des „Noodles” Mais il faut vraiment qu'on arrête de demander des nouilles, parce que pour eux, ce sont les nouilles instantanées et ce ne sont franchement pas les meilleurs. Chaque sorte de pâte à son nom, c'est comme si nous demandions en France „une baguette” au lieu de n'importe quel autre pain.

 

Mes préférées ce sont les Bánh pho , des nouilles de riz plates et larges, dans un bouillon avec de la ciboulette, de l'oignon et un peu d'épices … miam.

 

Bref, notre plat de nouilles avec chou vietnamien n'est pas mauvais mais au moment de payer : 70 000 dongs. Le prix est deux fois plus cher que ce que nous payons habituellement et la fille du proprio le sait bien, elle nous regarde en coin, d'un air désolé.Nous entrons en négociation, avec le sourire, mais lui s'énerve et nous menace d'augmenter le prix à 90 000 dongs si nous ne payons pas. Nous refusons, des nouilles instantanées et du chou, pour ce prix là, c'est un prix touriste, et sous la menace, on n'aime pas ça. Nous finirons, après des négociations vaines, par payer 50 000 dongs ( le prix maximum -touriste- que nous mettons pour ce genre de plat) Le propriétaire n'essayera pas de nous rattraper et nous laissera filer. Nous éprouvons des remords d'avoir négocier pour „si peu” mais le principe du „touriste pigeon”, ça ne nous plait vraiment pas.

 

 

 

Lundi 5 Novembre

 

Ce soir nous serons à Hoi an. Dernière ville étape avant de prendre le bus direction Ho chi Minh, car le visa arrive à expiration dans 7 jours.

 

Depuis le début du Vietnam la route est relativement plate mais aujourd'hui , on aura sué. La route empruntant le tunnel est interdite aux vélos et nous devons donc passer par le col de Hải Vân . Ce col fait 21 kms de long et des côtes à 8% se succèdent . Beaucoup de touristes s'y rendent en bus ou en scooter pour avoir une vue incroyable. Nous c'est sur Road'olphe que nous transpirerons. Mais nous ne sommes pas les seuls. Nous croisons en sens inverse deux cyclotouristes australiens, qui arrêterons un cyclotouriste canadien devant nous. Ils sont partis de leur voyage il y a deux mois et se rendent jusqu'en Espagne, ou en France peut être.

 

Le canadien semble avoir plus de 55 ans, et roule avec są remorque. Nous savons peu de chose sur eux, le chemin est encore long jusqu'à Hoi an, nous devons continuer à gravir ce col.

 

Nous croisons un français sur un scooter qui s'arrêtera pendant notre pause „couvrons les bagages, il pleut”. Décidément, on en croise du monde aujourd'hui.

 

Nous nous ferons doubler par 3 cyclo sans bagages , deux français et un espagnol, avec qui nous discuterons à l'arrivée en haut du col.

 

Sylvain Manu et David sont en voyage au Vietnam et ont décidé de faire une petite portion ( pas la plus simple) sur des vélos loués. Leurs bagages, pris en charge par une compagnie , arriveront à destination en même temps qu'eux.

 

La montée du col est rude, et il pleuviote. Nous arrivons en haut du col, contents de nous mais trempés : sueur ou pluie ? Les deux assurément. En haut, la brume nous empêche de voir la vue ( tiens, ça nous rappelle les rizières en Chine) et on comprend pourquoi il s'appelle le „col des nuages”, mais la descente est impressionnante et magnifique avec vue sur la mer. On en prend plein les yeux.

 

Arrivés à Hoi an vers 14h30 et après 70 kms, on ira manger après avoir déposé nos affaires à l'auberge. Proche du centre ville, dortoir de 6 ( qui au final sera une chambre de 3) et petit déjeuner inclus illimité , pour moins de 5 euros par personne.

 

 

 

Hoi an est une ville classée au patrimoine de l'UNESCO depuis 1999.

 

Nous irons visiter le centre, qui est la vieille ville, le long du fleuve Thu Bon. C'était autrefois un port marchand important de l'Asie du Sud-est.

 

Cette ville,si charmante soit elle, est aussi très touristique.

 

Nous passerons l'après-midi à flaner, car ici et là, le marché de fruits et légumes, de vêtements pour touriste ( dont ces affreuses chemises bananes, que tous les touristes achètent.) occuperont notre temps. On réservera aussi notre bus pour Ho Chi Ming pour mercredi soir. Le bus prend 24h pour 1 000km... (au secours) mais la réceptionniste de l'agence nous assure que c'est ok pour le vélo. Nous payons l'équivalent de 15 euros par personne et un peu plus pour le vélo.

 

Aujourd'hui et comme chaque jour ici, les bateaux ornés de lampions, servent à balader les touristes sur le fleuve. Bien que très touristique, cet ambiance est magique : des lampions posés dans l'eau voguent sur le mouvement des vagues créées par les bateliers promenant les touristes sur leurs bâteaux lumineux. Romantique à souhait.

 

„Boat tour, Boat tour” nous entendrons toute la soirée.

 

Nous rejoindrons Manu et Sylvain (les français rencontrés dans la montagne ce matin) dans un bar et ferons la connaissance de Léa et son chéri, deux autres bretons en voyage en Asie du Sud est. On se donne rendez vous à Angkor, peut être.

 

Nous retournerons à notre auberge , notre coloc', un Néo zélandais d'une trentaine d'années n'est encore pas là et reviendra en pleine nuit, complètement bourré et donc très très bruyant.

 

Il ira même jusqu'à mettre de la musique avec ses écouteurs, qu'il oubliera de mettre dans ses oreilles , nous faisant profiter de są musique. La scène est assez drôle à partir de maintenant, notre coloc' s'est endormi en 2 secondes et nous tentons de le réveiller pour éteindre la musique, sąns succès. Jojo tentera le tout pour le tout, prendra son courage à deux main face à cet ours endormi et d'un geste bref et assuré, appuiera sur le bouton stop de la musique. L'ours se retourne et Jojo saute sur son propre lit pour échapper à ses griffes acérées. Bon e n réalité, il ne s'est absolument pas réveillé mais a simplement changé de position. On aura bien rit, et lui s'excusera le lendemain d'avoir été bruyant. S'il savait... 

 

Il nous explique aussi qu'il s'est fait volé l'équivalent de 70 euros qu'il avait dans son porte- feuille, par un „scooter taxi non officiel”, qui a profité de son état pour lui mettre une lumière bleue éblouissante dans les yeux au moment de payer, et lui a volé son argent.Il s'en est rendu compte seulement le lendemain matin.

 

 

 

Mardi 6 novembre

 

Aujourd'hui, nous irons au village écologique, à 4 km du centre. Ce village est un village d'agriculture, où aucune machine n'est utilisée, tout est fait à la main. C'est évidemment touristique et certains payent même pour arroser les plantes avec les arrosoirs typiques , portés à l'aide d'un bâton sur les épaules.

 

Nous rencontrerons des locaux, dont l'homme le plus âgé d'Hoi an, si on a bien compris à 101 ans. Un autre, souriant et curieux de nous, échangera à l'aide de gestes et de sourires . Un moment vrai, qui me fait oublier les touristes autour de nous. Un autre, intrigué par notre vélo, arrêtera są brouette pleine, pour échanger avec Jojo et toucher le vélo.

 

C'est très intéressant et malgré la chaleur si intense, nous apprécions réellement cette découverte et ces rencontres.

 

Nous irons ensuite à la plage, à un kilomètre de là. Bien plus touristique et donc plus propre que celles qui nous avons précédemment vu, nous y resterons et profiterons de baignades et de moments de repos.. Pas facile pour moi, mon maillot de bain est un peu lâche ( j'ai perdu près de 10 kilos depuis le départ du voyage) et donc forcément, à chaque vague, j'ai les fesses à l'air. Charmante! On a encore bien rit aujourd'hui.

 

Nous retournons à la ville ville de Hoi an, mais avant, l'appel de l'estomac nous demande de nous arrêter dans ce joli restaurant végan, dont la propriétaire est plus que souriante. Pas cher et très bon. Dommage que ce soit un peu loin de la ville. Mais nous avons découvert un restaurant végétarien local dans une petite rue, loin de la folie touristique. Pour moins de 3 euros pour deux, nous avons des assiettes bien garnies de riz, tofu et légumes et à chaque repas, c'est différent. Notre repère pour ce séjour à Hoi an, bien moins cher que tous les restos pour touriste, et tellement bon!

 

Au retour, des locaux sur deux barques, semblent faire une course. Nous nous arrêterons quelques minutes pour observer.

 

Nous irons aussi visiter le „pont japonais” , ce pont est un symbole national et il est même affiché sur le billet de 20 000 dongs.

 

Mercredi 7 Novembre

 

Ce soir , nous prenons le bus direction Ho Chi Minh. Le bus vient nous chercher à 17h30 à l'auberge, nous avons en attendant, le temps de nous faire à l'idée que nous allons passer 24h dans un bus. Nous n'avons pas fait grand chose ce jour.

 

17h15, une jeune femme arrive sur un scooter et demande à qui est ce vélo. Nous devons la suivre, le lieu de rendez-vous est fixé ailleurs. Nous roulons donc sur le tandem 2 ou 3 kilomètres pour arriver au point de rendez- vus d'une dizaine de touristes. La jeune femme me dit que nous sommes les seuls à aller jusqu'à Ho Chi Minh, et que ce n'est qu'un bus de touristes.

 

Arrivée du bus un peu avant 18h, les négociations sont ouvertes. Comme d'habitude, à la vue de ce grand vélo, on nous dit de suite : NON, ça ne rentrera pas. Malgré nos photos, ils refusent catégoriquement. Laissez nous essayer au moins! Dans les soutes, des tas de cartons ( ce genre de bus fait aussi le service postal sur le chemin) Après des négociations musclées, ils appellent leur boss, et le vélo finira … sur le toit du bus.

 

On aura les fesses serrées toute la nuit , tellement le bus est secoué. Je crois entendre même une gourde rouler sur le toit pendant des tournants ou des freinages. ( Ils roulent particulièrement mal et semblent d'ailleurs freiner à la dernière minute.)

 

Jeudi 8 Novembre

 

Il est 3h du matin, et l'ensemble des autres touristes descendent dans une cité balnéaire, plage de sable fin et cocotiers, entourés d'hôtels de luxe en tout genre. Nous sommes plus que nous dans le bus, qui récupèrera quelques locaux sur le passage.

 

A 5h du matin, le chauffeur nous dit qu'il faut changer de bus, mais qu'on peut attendre une heure dans ce bus ici. Nous patienterons, pendant que la femme de ménage s’affairera à nettoyer l'intérieur du bus, je l'aiderai à plier les plaids et remettre les rideaux.

 

Nous devons donc prendre un autre bus, le vélo descendu du bus, nous imaginons que cette fois , il pourra aller dans la soute. Il n'en est rien, il ira une fois de plus, sur le toit. Nous avons perdu la fameuse gourde en route cette nuit d'ailleurs. Merde!

 

Nous poursuivons donc notre route dans un autre bus ( les deux étaient des bus couchettes, mais les vietnamiens sont plus petits que nous, et c'est les jambes pliées que nous devons dormir.)

 

Nous sommes les seuls touristes, ce qui fait rire les locaux.

 

Nous ferons une pause repas vers midi. Et pas d'autre pause avant la fin de l'après-midi.

 

Il est près de 16h30 et nous commencerons sérieusement à être dans nos limites on a besoin de sortir , d'espace, de respirer l'air extérieur.

 

Nous arrivons en périphérie de Ho Chi Minh et la circulation est déjà plus qu’impressionnante. Ça bouchonne dans tous les sens, des dizaines de scooters, des voitures, des camions. C'est fou.

 

Un peu avant 17H30, nous arrivons à notre arrêt de bus. Une foule de locaux se presse, curieux de ce grand vélo avec des étrangers.

 Road'olphe va bien. Ouf!

 

Nous irons jusqu'à chez Régina, notre warmshower pour cette dernière ville au Vietnam. 5 kilomètres entourés de ces tonnes de scooters, qui slaloment et roulent comme des fous, nous arriverons entiers à destination. Régina vit ici avec ses deux enfants, dans une grande villa. Nous avions des indications pour notre arrivée ici. Le garde nous accueille et nous rentrerons dans la maison pour découvrir notre chambre privative avec salle de bain attenante, avec piscine extérieure.

 

Nous croiserons Régina brièvement, elle parle français.Elle rentre mais ressort directement pour aller à son cours de Yoga.

Nous irons manger, et irons nous coucher tôt, crevés de ces 24h de secousses.

Vendredi 9 Novembre

 

A notre réveil la maison semble vide, seule Stamp, la chienne de 9 ans, est dans le jardin.

 

Aujourd'hui, ce sera visite d'Ho Chi Minh.

 

Ho Chi Minh, autrefois la capitale vietnamienne et dotn le nom était Saïgon; a été renommée Ho Chi Minh en 1975 en l'honneur du fondateur du parti communiste vietnamien de la république démocratique du Vietnam. Cette ville est chargée d'histoire et notamment lors de la guerre du Vietnam.

 

Nous sommes donc allés au Musée du souvenir de guerre en centre-ville, dont l'entrée coûte actuellement 40 000 dongs par personne ( 1€50) . On ne va pas tout expliquer ici parce que finalement c'est un peu compliqué mais je vous invite à aller voir ce lien :http://youtu.be/a6KDF7n3ZXs , cette vidéo est assez simple pour aider à comprendre la guerre d’Indochine et du Vietnam.

 

Le musée est pour moi un incontournable à visiter. Tout est traduit en Anglais et assez simple à comprendre, agrémenté de photos de soldats, innocents, familles, enfants et adultes avec des handicaps lourds causés par l'agent orange (contenu dans l'herbicide lancé sur le Vietnam) Les photos sont assez trash, mais d'un côté c'était pas le pays des Bisounours. Il y a aussi dans ce musée des endroits dédiés aux ustensiles de torture utilisés dans les prisons à cette époque. C'était hyper intéressant, émouvant et comme dans chaque musée de guerre, on se demande comment il est possible que l'être humain puisse arriver à un tel degrés d’ignominie et de manque d’humanité. C'est effrayant et c'était il n'y a pas si longtemps. Cette guerre s'est terminée en 1975 et a duré 20 ans. 5 le monde est encore empli de guerres et de haine...

Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce musée , ce serait déplacé, mais il m'a beaucoup intéressé et c'est remplis d'émotions que nous en sortons.

 

Nous passerons aussi à la poste centrale et devant la cathédrale notre dame de Saïgon (en rénovation) , deux bâtiments aux allures européennes, au milieu de cette ville vietnamienne.On a pas été transcendé, surtout que la poste était pleine à craquée de touristes.

 

Nous décidons de rentrer , mais d'aller faire un tour par un super marché avant. Deux cyclopousses croisent notre passage et on se dit que c'est le moment de tester, avant de quitter ce pays. Évidemment, l'idée n'est pas de se laisser promener mais de réellement essayer? Jojo demande pour conduire le cyclopousse avec moi dedans. C'est ok et le conducteur nous suivra, assis bien tranquillement dans le cyclopousse de son compère. On adore, c'est drôle et les locaux nous regarde en riant, étrange de voir cette scène peu habituelle.

 

On aura roulé (enfin moi, j'ai juste profité, installée confortablement) un peu moins d'un kilomètre mais c'était rigolo.

 „Dis Doudou, on leur échange contre le tandem ?”

 

Nous rentrons en fin d'après-midi, en faisant un bout du chemin à pied, la chaleur est intense et sûrement contenue dans la ville par la pollution importante, créée par cette circulation incroyable et bruyante de scooters.

 

Sur notre route nous croiserons aussi des vendeurs ambulants ( sur des vélos) de plantes, cannes à sucre et poissons d'aquarium.

 

A notre retour nous croisons Régina chez elle, encore en coup de vent, elle a du travail et doit se rendre à l'hôpital pour son travail. Elle travaille au consulat Allemand ici et gère les problèmes rencontrés de ses compatriotes.

 

Ses enfants Connar 10 ans et Kyra 5 ans rentrerons avec Mrs Binch, la gouvernante. Kyra, est une petite fille pleine d'énergie et nous montre directement qu'elle a besoin de beaucoup d'attention. C'est une jolie enfant, à la peau chocolat et aux cheveux crépus. Connar, son frère, semble plus réservé et préfère s'enfermer dans ses dessins animés sur są tablette.

 

Mrs Binch est souriante et malgré la fatigue certaine, fera son maximum pour s'occuper au mieux de ces deux enfants, parfois ingrats avec elle.

Samedi 10 Novembre

 

Régina est rentrée dans la nuit, et m'explique qu'elle est fatiguée de cette vie là. Elle semble toujours être disponible pour les autres mais n'a finalement pas beaucoup de temps pour elle et pour souffler.

 

Ce matin, toute la famille est là. Nous sommes samedi et il n'y a pas école. Nous aviosn demandé à Gina si nous pouvions rester une nuit de plus, histoire de se reposer un peu et de profiter de nos derniers jours de Visa. Aucun souci pour elle.

 

Connar me montre ses tortues dans ses aquariums et me demandera si je désire l'accompagner à l'animalerie pour acheter les poissons. Je sens que ça lui ferait plaisir et l'accompagne. Sur le chemin, il me raconte un peu l'histoire atypique de są famille. Originaires d'Allemagne, ils ont déménagé en Afrique lorsqu'il était encore petit. Là haut, ils ont adopté są sœur, et sont venus vivre au Vietnam, tous les 4. Kyra a donc grandi ici, au Vietnam. Les parents se sont séparés mais tous deux habitent à Ho Chi Minh. Connar n'aime pas tellement vivre ici , mais l'année prochaine, la famille changera de pays et ils se rapprocheront sûrement de l'équateur.

 

C'est tellement incroyable de voir à quel point on peut avoir des vies différentes. Et même s'ils semblent avoir beaucoup de chose, je n'envie pas leur situation.

 

Nous passerons une bonne partie de la matinée à jouer avec les enfants, Kyra s’amusera même à me „maquiller”. Jojo et elle iront faire un tour dans la piscine.

 

Je n'ai malheureusement pas trop l'occasion de discuter avec Gina, elle semble occupée et n'a pas trop de temps à nous accorder. C'était le deal, et elle avait bien prévenu avant notre arrivée.

 

Nous nous séparons au moment du repas, chacun sort pour aller manger en ville. Nous irons manger au restaurant végétarien au bout de la rue, pour la troisième fois depuis que nous sommes là. Pas cher et plutôt bon.

 

Puis rentrerons un peu plus tard pour prendre le temps de planifier la suite de notre voyage : le Cambodge!

 

Demain nous passerons la frontière, notre visa a été fait par internet et espérons ne pas nous faire soutirer trop d'argent par les douaniers corrompus. ( On a lu beaucoup de témoignages concernant des „frais” factices demandés par les douaniers, mais eux seuls ont le pouvoir de nous faire passer et il sera difficile de faire quelque chose contre ça.)

 

Nous imprimons donc nos Visas et préparons notre route pour les jours à venir. Nous devrions mettre 4 jours jusqu'à Phnom Penh, la capitale.

 

Nous avons un total kilométrique, depuis le début de notre aventure de 7 967 kms, nous allons donc passer les 8 000 kms avant la sortie du Vietnam.

 

Dimanche 11 Novembre

 

Nous quittons Régina et ses enfants. Elle s'excusera de ne pas nous avoir accordé de temps.


C'est quelques 76 kms qui nous séparent de la frontière du Cambodge, que nous atteindrons sous une chaleur torride et un soleil de plomb.

 Le traffic intense d'Ho Chi Minh se calme au fur et à mesure de l'avancée vers l'ouest.

Notre dernier repas au Vietnam sera accompagné des sourires et de la curiosité des locaux dans le petit bouiboui en bord de route. 


Voilà maintenant presque un mois que nous sommes arrivés au Vietnam et déjà il nous faut le quitter. C'est passé tellement vite et malgré certains moments rudes, nous gardons un très bon souvenir de ce pays, à la culture si différente et aux sourires de ses habitants.

Le pays a été marqué par la guerre, la famine et maladies créées par l'agent orange et malgré tout, ils sont joyeux et si souriants, et nous lancent des "hello" et signes de mains constamment. 

Et même si j'ai du mal à cautionner certaines coutumes concernant les animaux, j'ai aimé ce pays et ses habitants vont me manquer.


Nous passons la frontière sereinement et sans encombre, et nous nous trouvons maintenant aux portes de la frontière Cambodgienne.


Merci Vietnam, un jour on se reverra...